Numéro 1257 - 22.09.2013 - 18 Tishri 5774       Imprimer

Alerte Infos

Nidal Amar, un tueur civilisé et non violent

C'était un homme calme, civilisé, compréhensif.

C'est ainsi que Nijat Khourmata, l'épouse de Nidal Amar qui a assassiné le sergent Tomer Hazan décrit son mari.

Elle prend toutefois ses distances par rapport aux actes de son mari, soulignant "qu'il n'a pas vécu avec elle depuis deux ans et n'est revenu que récemment rendre visite à ses filles."

Selon Khourmata, son mari ne disposait ni de permis de séjour, ni de permis de travail en Israël.
Elle affirme qu'Amar n'était préoccupé que par le sort de son frère emprisonné et le fait "qu'ils n'avaient pas d'argent". Et d'ajouter, "mon mari n'était pas violent".

Ranin, la fille du meurtrier, se dit aussi "bouleversée" par l'acte de son père:
"le seul problème avec mon père était l'argent; il nous disait souvent qu'il nous aiderait toujours, quoiqu'il arrive, et que nous soyons civilisées".

Bat Yam - Assassinat de Tomer Hazan: tensions entre juifs et arabes sur la question des travailleurs palestiniens illégaux

Habituellement complet le samedi soir, le restaurant Tszachi, à Bat Yam, est resté portes closes et si l'on demandait à la foule en colère massée devant l'établissement, il demeurerait définitivement fermé, après le meurtre du sergent Tomer Hazan.

Le jeune homme travaillait dans ce restaurant avec le palestinien qui l'a piégé avant de l'assassiner.

Pour une mère de famille cliente régulière du restaurant, "la police savait que le propriétaire employait illégalement des palestiniens sans permis de travail, pourtant elle n'a jamais rien fait, pourquoi? Nos enfants sont en danger ici".

D'autres étaient persuadés que les arabes du restaurant venaient de Yaffo – Jaffa – ou tout au moins des villages à l'intérieur de la "ligne verte".
Un groupuscule tente de lancer en vain un slogan "mort aux arabes, Bat Yam est juive", un slogan qui ne prend pas et ils sont rapidement repoussés aux limites du rassemblement.

Le propriétaire est clairement mis en cause par la population qui n'a pas hésité à l'inscrire sur des pancartes: " le sang est sur tes mains".
Les propos se rapprochent cependant des pires moments de la seconde intifada, alors que juifs et arabes de Bat Yam et de Yaffo étaient au bord de tensions extrêmes. Sans violences toutefois.
Du moins tant que la presse sera présente.

"Nous sommes tous à blâmer pour laisser les palestiniens venir ici parmi nous; aujourd'hui c'était Tomer, demain cela pourra être n'importe quel enfant", dit avec colère un jeune homme avant de se fondre dans la foule.

Selon Tszachi Antebi, le propriétaire, le tueur avait bien un permis de travail.L'enquête tranchera.

Israël - Tomer Hazan : un meurtre pour un échange

Tomer Hazan , 20 ans, un soldat de Tsahal , entré en Cisjordanie a été assassiné près de Qalqilya.

Son corps a été découvert samedi matin, après qu'il ait été officiellement déclaré disparu vendredi à 22 heures; il n'avait plus donné signe de vie à sa famille depuis le matin.

L'enquête qui a mobilisé notamment la quasi totalité des moyens du Shin Bet dans la région s'est rapidement orientée vers Nadal Amar, un résident palestinien de Beit Amin près de Qalqilya, qui travaillait dans le même restaurant que Tomer Hazan.

Les deux hommes ont pris ensemble un taxi pour se rendre dans l'implantation juive de Sha'arei Tikva, située près du village de Nadal Amar .
Arrêté, Amar a très vite avoué le crime et conduit les enquêteurs à l'endroit où était enseveli le corps du jeune israélien, un puits et sept mètres de terre.

Nadal Amar projetait d'échanger le corps du soldat contre la libération de son frère, Nur al- Adin Amar, incarcéré en Israël depuis 2003; membre du Tanzim, une branche armée du Fatah, il serait impliqué dans un certain nombre d'attaques terroristes.

Plusieurs membres de la famille du meurtrier ont également été arrêtés, ils auraient pu participer à l'enlèvement de Tomer Hazan – six hommes, selon l'agence de presse palestinienne Ma'an.

On ne sait pas encore pourquoi Hazan celui-ci a suivi son meurtrier; ou comment il a été attiré jusqu'à l'endroit où il a été tué; il sera inhumé dimanche au cimetière militaire de Holon.

Les projets ou tentatives d'enlèvements de soldats israéliens se sont multipliés ces derniers mois.


A LA UNE

Toulouse - Menaces de mort à l'école juive Ohr Torah

Lundi 16 septembre à 14h42, à l’école Ohr Torah à Toulouse - anciennement Ozar Hatorah, tristement connue pour l’attentat antisémite commis le 19 mars 2012 par Mohamed Merah qui y assassina 3 enfants et un adulte - la secrétaire recoit un appel téléphonique.

Lorsqu’elle demande à son interlocuteur l’objet de son appel, il lui répond : « je suis le cousin de Mohamed Merah et je vais venir vous tuer ce soir » puis il met fin à la conversation.

La secrétaire prévient immédiatement le responsable du SPCJ (Service de Protection de la Communauté juive) à Toulouse, qui prend aussitôt contact avec les services de Police et se rend sur place. Les dispositifs préventifs sont immédiatement déployés et une plainte est déposée.
Des équipes de policiers sont affectées à la surveillance de l’école et une enquête est diligentée par la Sureté Départementale.

Selon ces services et la Gendarmerie, l’auteur de l’appel est localisé en Haute-Saône (70).
Il s’agirait d’un certain Lucien Abdelfohra, jeune homme d’une vingtaine d’années. Il est interpelé le jeudi 19 septembre à son domicile, placé en garde à vue puis déféré le vendredi 20 septembre devant le parquet de Vesoul.

Il est ensuite écroué dans l’attente de son jugement en comparution immédiate par le Tribunal correctionnel de Vesoul. Il a reconnu les faits au cours de ses auditions.

L’école est régulièrement la cible de tels appels et menaces; grâce aux dépôts de plaintes systématiques, un certain nombre d’auteurs des faits sont arrêtés et jugés. Le préjudice psychologique de tels actes pour le personnel, les enseignants, les élèves et leurs familles est très important.
Le travail de deuil et de reconstruction après l’horreur vécue en mars 2012 en est très affecté. (Source : SPCJ)


DIPLOMATIE

AIEA - Les coulisses du rejet de la résolution arabe sur le programme nucléaire israélien

Une fois n'est pas coutume mais presque : une résolution présentée par les pays arabes lors de la conférence annuelle de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique relative aux capacités nucléaires d'Israël a été rejetée vendredi.

Le vote est le résultat d'une intense activités diplomatique américaine, mais également israélienne; les diplomates de l'état hébreu n'ont en effet pas ménagé leurs efforts pour convaincre les pays africains et latino-américains, des pays auxquels le Premier ministre Benjamin Netanyahou a parfois adressé lui-même des mémorandums.

Adoptée, la résolution n'aurait eu aucun effet contraignant; elle incluait cependant un appel à Israël à adhérer au traité de non -prolifération nucléaire et à accepter de placer ses installations nucléaires sous la supervision des Nations Unies.
Israël était notamment inquiet des répercussions du vote de ce texte au regard de la question du nucléaire iranien et celle des armes chimiques syriennes.

Une résolution analogue avait été rejetée de justesse en 2010 et cette fois ci le résultat est plus tranché : 51 voix contre (dont dont les États-Unis , les 28 pays de l'Union européenne , ainsi que la Norvège , la Suisse, l' Australie , la Nouvelle-Zélande , le Canada , le Japon et la Corée du Sud) et 43 voix soutenant le texte (outre les pays arabes et musulmans, la Russie, la Chine, l'Afrique du sud).

Dix sept représentants sont sortis de la salle pour ne pas prendre part au vote, sur instruction de leur gouvernement.
Des pays qui traditionnellement soutenaient de telles résolutions se sont abstenus où n'ont pas prix part au vote – l'exemple le plus marquant étant celui du Kenya.

Les deux années précédentes, les pays arabes s'étaient abstenus de tout projet de résolution en raison des pressions américaines, et de l'instabilité en Egypte autrefois très active contre la politique nucléaire d'Israël.


TERRORISME

Nairobi : bras de fer entre l'armée et les terroristes liés à Al Qaïda autour d'un centre commercial appartenant à des israéliens

Les rebelles somaliens liés à Al –Qaïda affirmaient samedi soir que les terroristes retranchés dans le centre commercial WestGate de Nairobi – un centre commercial qui appartient à des hommes d'affaires israéliens – refuseraient toute négociation, après l'attaque meurtrière qui a fait près de 40 morts, dont deux ressortissantes francaises.

"Le Gouvernement du Kenya tente de négocier avec nos moudjahidines dans le centre commercial, mais ils ne négocieront pas", tel est le message du groupe somalien al Shabab, appartenant à la nébuleuse Al Qaïda sur son compte Twitter.
C'est donc un bras de fer qui s'engage entre les services de sécurité du Kenya et les terroristes.

Les assaillants sont donc restés dans le centre commercial et samedi soir, les tirs s'étaient calmés; l'armée a verrouillé non seulement le bâtiment mais tout le quartier.
Environ dix otages seraient détenus par les terroristes, sur un niveau du centre, le reste du bâtiment semblant sécurisé.

Des dizaines de personnes continuaient à s'extraire de cachettes de fortune dans le centre commercial, un lieu prestigieux essentiellement fréquenté par les kenyans fortunés et les expatriés.

La chaine de télévision qatarie Al Jazeera affirmait avoir reçu une revendication de l'attaque provenant du groupe djihadiste al Shabab., un groupe qui avait à plusieurs reprises, depuis deux ans, menacé le gouvernement kenyan d'actes de terrorisme d'envergure, depuis que le pays avait dépêché des troupes en Somalie pour combattre l'insurrection islamiste. Une revendication identique parvenait tard dans la soirée à la BBC.

Le centre commercial Westgate affiche des boutiques de marques prestigieuses; il est – en totalité ou partiellement, il est encore difficile de le dire – la propriété d'investisseurs israéliens.
Ainsi le quotidien Haaretz a pu s'entretenir avec "l'un des propriétaires israéliens", Alex Trajtenberg, qui a refusé de se livrer à tout commentaire.

Selon des sources au ministère israélien des Affaires étrangères, trois citoyens israéliens qui se trouvaient dans le centre commercial au moment de l'attaque ont pu s'échapper et ont été recueillis à l'ambassade israélienne de Nairobi.
Trois autres - dont une femme, cachée dans un magasin - auraient été secourus par les forces de sécurité kényanes et évacués vers leur ambassade.
Aucun autre ressortissant israélien ne serait plus présent sur place.

Selon Moshe Noiman, israélien résident de Nairobi, les terroristes auraient demandé aux personnes qu'ils croisaient "si elles étaient musulmanes" et ceux qui "répondaient non prenaient une balle".

Un témoin, présent au centre commercial au moment de l'attaque, a affirmé avoir entendu les assaillants affirmer que "seuls les non musulmans seraient visés".
" Ils ont dit aux musulmans de se lever et de partir, qu'ils étaient en sécurité et que seuls les non-musulmans seraient visés".

Une version que semble confirmer un autre témoin, Jay Patel , caché à un étage supérieur du centre commercial et qui a déclaré avoir vu une partie des assaillants avec un groupe de personnes :" les assaillants parlaient puis certains otages se sont levés et sont partis, les autres ont été abattus".

Les hommes armés étaient armées de fusils d'assaut de type AK -47, de grenades.
"Ils sont arrivés et ont jeté une grenade. Tout le monde s'est mis à courir et ils ont commençaient à tirer sur les gens qui se sauvaient "relate un témoin direct de l'attaque.
Une attaque qui semble avoir débuté devant le centre commercial, dans un café appartenant lui aussi à un israélien.

Une quinzaine de personnes auraient été tuées par les tirs à l'entrée même du centre commercial. Des enfants blessés ont été évacués par les agents de sécurité du centre dans des "caddies" du supermarché.
L'hôpital de la ville serait saturé par le nombre de blessés évacués – plus de cent cinquante – et a du faire appel à des établissements de la région.

En 2002, onze Kenyans et trois Israéliens ont été tués lorsque des kamikazes ont jeté une voiture chargée d'explosifs contre un hôtel de Mombasa, Kenya, appartenant à un israélien..

Quelques instants .auparavant, deux missiles, tirés depuis des lanceurs mobiles, manquaient de peu un avion de la compagnie israélienne Arkia, transportant plus de 270 passagers et membres d'équipage israéliens, au moment du décollage du vol de l'aéroport de Mombasa.


Lire aussi...

Israël - Très chères vacances

Les vacances en Israël, c'est sympa quand on en a les moyens. Et les vacances en Israël sont de plus en plus réservées aux plus fortunés, comme en témoigne l'étude mondiale du site Hotels.com qui classe l'hotellerie israélienne parmi les plus chères du monde avec un prix moyen de chambre supérieur à celui de la Suisse, des USA, de l'Italie ou de la France.

Ainsi, Israël est le sixième pays le plus cher au monde en termes de prix moyens des chambres d'hôtel.
La capitale, Jérusalem, est une des villes touristiques les plus chères au monde, avec une augmentation de 9 % des tarifs hôteliers au cours du premier semestre 2013.

Seuls cinq pays (Oman, l'ile Maurice, le Brésil, la Russie) pratiquent des prix moyens supérieurs à ceux des hôtels israéliens.

Avec des prix élevés, et une qualité de service très moyenne, Israël a plongé cette année au 53è rang de l'Index mondial de la compétitivité en matière de tourisme et de ses services – soit une chute de 17 places en 3 ans.

Le prix moyen d' une chambre d'hôtel en Israël est de 142 € ( environ 800 shekalim) - supérieur à celui de la Suisse , la Norvège , l'Australie, la Suède, les Etats-Unis , Italie , France , Pays-Bas et d'autres pays .
Le prix moyen d'une chambre en Espagne est inférieur d'environ 40%, et de moitié en Irlande ou en Angleterre.

A Jérusalem, le prix moyen de la chambre (128 €, environ 720 shekalim) , et est plus cher qu'une chambre d'hôtel à …Hong Kong , Chicago , Nice, Sao Paolo , Saint-Pétersbourg , Munich, Abu Dhabi, Rome , Florence, Toronto , Barcelone, Tokyo , Le Cap, Bruxelles, Vienne , Dublin, Amsterdam , Prague , Madrid, Berlin et ..la liste est encore longue

L'indice semestriel d'Hotels.com est l'un des classements mondiaux les plus importants dans le monde de l'hôtellerie, et considéré par les professionnels comme l'un des plus pertinents.
Des dizaines de milliers d'hôtels sont étudiés, classés, catégorisés.
Jérusalem est ainsi, en termes de prix des chambres d'hôtels, au même rang que Paris ou Venise, …si ce n'est qu'entre un hôtel de 4 ou 5 étoiles parisien, et un hôtel des mêmes catégories en Israël, il y a un monde.

Il y a 40 ans : la guerre de Kippour à travers les yeux des juifs de Diaspora

Le déclenchement de la guerre du Kippour a suscité une impressionnante vague de soutien à Israël parmi les juifs du monde entier : don du sang, engagement de nombreux volontaires dans l'armée israélienne, jusqu'aux batailles rangées pour défendre l'état hébreu.

Alors qu'Israël commémore le quarantième anniversaire de la guerre de Kippour (2250 morts côté israélien), le quotidien Haaretz est allé fouiller ses archives pour rappeler comment fut vécu ce conflit tragique non pas dans les rues israéliennes mais du côté des communautés juives dans le monde.

La couverture de Haaretz dès les premiers jours du conflit reflétait la consternation et l'effroi qui se sont emparés des communautés juives, et leur empressement à s'organiser pour manifester leur soutien.
Le 7 octobre 1973, c'était déjà le jour d'après – la veille, les armées égyptiennes au sud, et syriennes au Nord, avaient attaqué par surprise Israël alors que les synagogues, pleines à craquer, étaient encore en prière -.

Les tensions couvaient déjà dans les rues de New York.
Sur la Cinquième Avenue de Manhattan, les membres de la Ligue de défense juive en moto et casques s'opposent aux Arabes manifestant devant le bureau de la délégation d'Israël aux Nations-Unies.

Les manifestants pro-israéliens d'un côté de la rue noient les cris des manifestants pro-arabes avec des chansons en hébreu. La police doit intervenir pour éviter que la situation ne dégénère.

En France, les Juifs religieux n'ont découvert ce qui se passait qu'à leur retour de la synagogue. Eliyahu Maissy, le correspondant de Haaretz écrit le 7 octobre que "les Juifs français sont sous le choc et suivent les batailles en direct".

Alors qu'Israël qui intensifie sa riposte et réussit à renverser la situation militaire sur le terrain, le pays se retrouve de plus en plus isolé sur la scène diplomatique; Haaretz suit avec optimisme les débats de l'Organisation sioniste mondiale qui tentent de déterminer comment la communauté juive mondiale pourrait apporter son soutien ; il raconte comment les ambassades israéliennes à travers le monde sont" inondées" par les appels des bénévoles, les gens qui font la queue pendant trois heures sur la soixante-septième Rue à New York pour donner du sang..

Chez les Juifs américains, le soutien" enthousiaste" a même dépassé celui qui avait soulevé la communauté lors de la guerre des Six Jours, en 1967.
Le chiffre d'un milliard de dollars pour le coût de la guerre a filtré mais à peine trois jours après le début des combats, les Juifs de New York ont rassemblé quelque 25 millions de dollars au cours de rassemblements, dans les synagogues et les salles publiques.
La communauté juive de Chicago n'est pas en reste et lance une campagne avec l'objectif de rassembler, elle aussi, 25 millions de dollars.

Pendant la première semaine des combats, plus de 500 volontaires juifs des États-Unis et du Canada, désireux de servir dans l'armée israélienne, donnent à l'aéroport de Londres d'où ils partent" l'allure d'une base militaire".

Les Juifs d'Union soviétique, bien qu'ils doivent faire preuve de prudence car le Kremlin est allié à l'Égypte et à la Syrie, n'ont pas montré de moins de courage ni d'audace que les soldats israéliens sur les champs de bataille.
Ils envoient des messages de soutien, témoin celui écrit le 10 octobre par 45 Juifs de Moscou au gouvernement israélien et aux Israéliens," nos chers frères et sœurs, une autre aventure militaire tragique des dirigeants arabes assoiffés de guerre a commencé pour Yom Kippour et se terminera par une tragédie pour leur propre peuple. Nous sommes avec vous dans ces moments critiques".

Dans son éditorial du 9 octobre, Haaretz souligne l'importance du soutien de la diaspora au cours de cette période de crise, non seulement en termes pratiques mais aussi politiquement, la pression du public des communautés juives ayant réellement aidé Israël à résister à son isolement dans l'arène internationale.

" En Grande-Bretagne, et même en France, des points de vue, des opinons différentes ont été exposées à l'opinion publique", écrit l'éditorialiste, ajoutant qu'aux États-Unis, partisans juifs et non-juifs d'Israël ont été un contrepoids essentiel face aux lobbyistes pro-arabes.

Jérusalem : transformer un conflit politique en guerre de religions

L'Autorité palestinienne, en meme temps qu'elle participe à des discussions avec Israël, intensifie ses attaques contre le monde juif sur la question du Mont du Temple.

Politiquement, il s'agit d'une stratégie constante visant à écarter de ce lieu tout lien avec le peuple juif et Israël.
Vis-à-vis du monde arabe, il s'agit de montrer que les palestiniens "défendent les lieux saints islamiques contre un complot d'Israël".

L'Autorité palestinienne, et les médias qu'elle contrôle, ont donc lancé une virulente campagne en fin de semaine dernière, qui a débuté par la déclaration d'un porte parole du gouvernement de Ramallah, selon lequel "les visites des juifs sur le Mont du Temple font partie d'un programme israélien visant à judaïser et à diviser le site dans le but de reconstruire le Temple".

Les médias palestiniens décrivent les visiteurs comme des " hordes de colons et d'extrémistes juifs qui donnent l'assaut à la Mosquée Aqsa pour la profaner . "

La tension monte à Jérusalem et la police a interpelé des dizaines de Palestiniens impliqués dans les affrontements de ces dernières semaines. Certains font désormais l'objet de mesures d'éloignement du Mont du Temple prises par un tribunal de Jérusalem, mais ces mesures n'ont pas calmé la situation.

Il apparait désormais clairement que l'escalade est organisée et entretenue par l'Autorité palestinienne (AP).

La semaine dernière, un groupe lié au Fatah, le parti de Mahmoud Abbas a appelé les "Fedayin a mener des opérations contre Israël" à partir de la fin de la semaine pour protester contre les visites juives sur le Mont du Temple.

La direction de l'AP n'a, pour l'instant, ni commenté – et encore moins pris ses distances – cet appel.
Il est encore difficile d'apprécier si cette menace est réelle ou s'il s'agit de rhétorique.

Mais elle doit prise en compte dans le contexte de cette campagne palestinienne qui vise finalement interdire l'accès du Mont du Temple aux juifs.

En permanence, Mahmoud Abbas tente de ramener la question palestinienne au centre de l'échiquier politique régional-mondial, passablement bouleversé depuis un an entre l'opération militaire israélienne contre Gaza pour faire cesser les tirs sur le sud du pays, la question du nucléaire iranien, la guerre civile syrienne et l'attaque chimique du mois d'août.

La reprise des négociations entre Israël et l'Autorité palestinienne apparaîtrait presque secondaire au regard de l'actualité mondiale.
A l'inverse, la décision d'Abbas de reprendre les négociations avec Israël ne fait pas l'unanimité ni parmi les factions radicales palestiniennes, ni à Gaza, ni même parmi les membres du Fatah son propre parti.

On lui reproche notamment d'avoir abandonné ses conditions préalables (notamment le gel complet des implantations juives).

La campagne sur le sujet du Mont du temple permet non seulement de détourner l'attention des coulisses des négociations, mais également d'apparaître comme le seul "défenseur" des lieux saints musulmans – dans un monde arabe auquel il reproche son inaction sur le sujet.

Enfin, et à usage interne, cette campagne permet de dépeindre Israël comme un pays qui ne respecte aucune des religions présentes sur son territoire.
Une bonne raison pour exiger le contrôle des lieux saints musulmans (y compris le mont du Temple) et Jérusalem-est au prétexte qu'Israël viole les lois et conventions internationales.

Mais une situation qui pourrait échapper au contrôle de ses instigateurs : en 2000, une campagne similaire de Yasser Arafat avait débouché sur une vague de violences qui avait donné naissance à la seconde intifada, l'intifada d'El Aqsa.

Fermer la fenêtre