Numéro 1230 - 07.04.2013 - 27 Nisan 5773       Imprimer

A LA UNE

La diplomatie chinoise s'immisce entre israéliens et palestiniens

La coïncidence des agendas diplomatiques est ce qu'elle est : Mahmoud Abbas et Benjamin Netanyahou sont tous deux en visite officielle en Chine au meme moment.

Mahmoud Abbas a été accueilli lundi par le Président Chinois Xi Jinping à Pékin, alors que Benjamin Netanyahou était à Shangaï pour le volet économique de sa visite.

Abbas quittera la Chine mardi tandis que Benjamin Netanyahou arrivera à Pékin mercredi pour y rencontrer Xi Jinping.

La Chine a profité de la visite des deux protagonistes du conflit israélo palestinien pour affirmer sa volonté de joueur un rôle plus important sur l'échiquier politique et diplomatique de la région.

D'ailleurs les chinois ont également un plan de paix en quatre points qu'ils viennent de dévoiler lundi.
Sans surprise, celui-ci demande la création d'un état palestinien dans les frontières d'avant 1967 avec Jérusalem est comme capitale, demande la fin de "la colonisation " et l'arrêt des violences contre les civils, en réaffirmant le droit d'Israël à "vivre en sécurité des ses frontières", et la nécessité de résoudre le conflit par la négociation.

Un plan qui ne comprend rien d'autre donc, que les différents plans internationaux sur le sujet.
Mais qui marque la volonté de la diplomatie chinoise qui se propose d'abriter une rencontre entre Abbas et Netanyahou si les deux hommes le désirent.

Le Premier ministre chinois qui a rencontré Mahmoud Abbas lundi a réaffirmé son soutien à la création d'un état palestinien, promettant des investissements importants dans les projets palestiniens et se proposant de contribuer à la stabilité régionale.

La Chine n'a jamais été très active dans cette région du monde mais ces dernières années ont marqué un changement d'orientation : une quête de nouveaux marchés assortie d'une volonté d'un poids accru de sa diplomatie.

Pékin a d'ailleurs des relations fortes avec l'Autorité palestinienne autant qu'avec Israël, même si les attaques israéliennes sur la Syrie ont créé quelques turbulences – la Chine étant un allié traditionnel de Bashar Al Assad.
Evitant de critiquer Israël, le porte parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying, s'est dit "opposé à l'emploi de la force et à la violation de la souveraineté de la Syrie".

Le même Hua a affirmé par ailleurs que la Chine pouvait être "un facilitateur au Proche orient" et pouvait contribuer à la reprise des négociations de paix.

La Chine a reconnu un "Etat palestinien" dès 1988, quatre ans avant l'établissement de relations diplomatiques avec Israël.

Aucun dirigeant israélien ne s'était rendu en Chine depuis Ehud Olmert en 2007, et Benjamin Netanyahou devrait profiter de son séjour pour signer plusieurs contrats économiques importants dans différents domaines, de l'agriculture à la Hi Tech; la sécurité et la défense devraient également donner lieu à des accords avec notamment un projet d'entrainement des forces de sécurité chinoises et la ventre de drones.

Les échanges entre la Chine et l'état hébreu s'établissent à 8 milliards de dollars, et Benjamin Netanyahou entend leur faire franchir un pallier significatif.

Frappes aérienne sur la Syrie : pour Israël, un calcul périlleux qui n'est pas un choix

Le mouvement s'amplifie : sous la pression iranienne, et probablement sans le vouloir totalement, Bashar Al Assad transfère des armes de hautes technologies aux milices du Hezbollah qui combattent pour lui sur le terrain de la guerre civile.

Ces armes sont ce que les stratèges israéliens appellent des "changing games", des armes capables de changer " les règles du jeu", c'est-à-dire de modifier l'équilibre des forces au détriment d'Israël et au profit de la milice chiite installée face à Israël au sud Liban, et désormais en Syrie.

L'entrepôt attaqué est apparemment une base isolée des zones d'habitation, utilisée par les miliciens d'Hassan Nasrallah comme centre d'entrainement au maniement de ces nouvelles armes, mais également de sites de transit avant les livraisons vers le Liban.

LA Syrie dispose de nombreux sites identiques localisés près de Damas, là où sont localisées les poches de populations alaouite et chiites libanaises.

Les survols du territoire libanais par la chasse israélienne, avec des simulations d'attaques, étaient un avertissement clair : "nous connaissons vos intentions et nous ne vous laisserons pas faire", montrant que les attaques pouvaient s'exercer au départ des convois, en Syrie, aussi bien quà leur destination, au Liban.

L'attaque de dimanche n'a pas été menée via l'espace aérien libanais, mais "de loin", peut être même depuis la mer – l'on sait qu'Israël dispose de tels missiles air-surface, les "Popeye", extrêmement précis ou les "Popeye turbos", capables de transporter des charges explosives sur plus de 1500 kms de portée. Un avertissement clair à l'Iran : la république islamique n'est pas hors de portée.

Parmi les armes dont Israël interdit le transfert figurent les missiles Scud D, basés sur les missiles russes Scud, améliorés par les syriens grâce à des financements iraniens.
Ces missiles peuvent être équipés de charges chimiques lancées à plus de 700 kilomètres.

Les armes visées par les bombardements n'étaient pas équipées de têtes chimiques selon le Pentagone, mais elles en avaient la capacité.

Les missiles de précision et longue portée qu'Assad a tenté de transférer au Hezbollah étaient en capacité de menacer les installations militaires et civiles depuis le nord jusqu'à Eilat; ils peuvent être activés depuis l'intérieur du Liban – les bases du Hezbollah par exemple – selon des modalités qui rendent quasi impossible leur détection par les avions israéliens, et donc leur interception.

Le seul système d'interception efficace dans ce cas est la batterie anti missiles Arrow, à condition qu'elle ne soit pas saturée par une multitude de tirs simultanés, ce qui explique que le Hezbollah ait tout intérêt à recevoir le plus de missiles possibles.
Assad a commencé ces livraisons d'armes à la milice chiite avant même le déclenchement de la guerre civile syrienne – essentiellement des Scud.

Israël le sait mais n'a pas agi contre ces transferts en raison de l'opposition de Washington à une frappe aérienne, qui craignait, à l'époque, une déstabilisation du Proche orient à l'époque – une opinion qui n'a plus cours aujourd'hui.

D'autres armes sont également susceptibles de menacer la supériorité israélienne, et notamment de limiter sa capacité à intervenir au Liban, en direction des implantations militaires du Hezbollah.

Il s'agit de batteries extrêmement mobiles de missiles anti aériens, notamment les fameux SA-17 russes que la Syrie a décidé d'acquérir après le bombardement de sa centrale nucléaire par Israël en 2007.
La Russie continue à livrer les SA 17 pour dissuader toute intervention occidentale, comme avait pu le faire l'OTAN en Libye.
Les SA 17 limiteront la capacité d'action d'Israël au Liban, c'est là la raison essentielle pour laquelle Assad tente de les livrer au Hezbollah.

Mais les plus dangereuses de ces armes avancées vendues par la Russie à la Syrie dans le contexte d'aujourd'hui restent les missiles sol-mer, anti navires, notamment les "Yakhont".

Si les Hezbollah a déjà en sa possession des missiles sol-mer fournis par l'Iran, ceux-ci, du type de ceux qui ont touché un navire israélien durant la seconde guerre du Liban en 2006, sont désormais largement obsolètes.
Il en va autrement du Yakhont : une portée de 300 kilomètres, la capacité de voler à très haute altitude, et une grande précision grâce à un système de guidage GPS : tiré depuis la Syrie ou le Liban, aucun navire israélien ne serait plus à l'abri.
Il a la capacité de voler à quelques mètres seulement –donc difficilement détectable - : alors qu'Israël débute l'exploitation de vastes gisements gaziers en mer, aucune de ces installations ne serait plus en sécurité.

Ces systèmes qu'Assad livre au Hezbollah, il n'en a pas l'utilité pour combattre la rébellion sur le terrain.
Si il se maintient au pouvoir, il sait qu'il pourra les "récupérer".

Les révélations les plus précises sur les attaques israéliennes des deux derniers jours ne sont pas venues d'Israël ou d'un des pays du Proche orient, mais… des Etats Unis !
Au cours de l'attaque contre un convoi de missiles SA 17 en janvier, Washington avait gardé le silence, tout en donnant l'impression de juger l'attaque justifiée.

Durant sa visite en Israël, Barack Obama avait clairement affirmé qu'il ne voulait pas de bouleversement de l'équilibre militaire ou stratégique au Proche orient, et donc de transferts d'armes avancées au Hezbollah – une position réaffirmée par le secrétaire d'Etat à la Défense, Chuck Hagel le mois dernier lors de sa rencontre avec Moshe Ya'alon.

Cette fois ci, Washington s'assure de distiller les informations sur l'attaque israéliennes aux médias, en précisant quelles étaient les cibles.
Une façon de soutenir l'action israélienne et d'affirmer clairement aux alliés d'Asssad – Iran, Chine, Syrie en tête – que "toutes les options sont sur la table".

Et Mary redevient Miriam

Mary Gale vient, à 86 ans, d'écrire ses Mémoires. Un bel age pour retrouver son passé.
Surtout lorsque ce passé est celui de Miriam Zimmerman, occulté pendant soixante-dix ans.

Mary Gale est canadienne, plus précisément elle l'est devenue immédiatement après guerre.
Internée avec sa mère et sa sœur à Buchenwald, elle a épousé Arthur Gale, un Canadien qui dirigeait le camp de personnes déplacées en Pologne où les trois femmes avaient été dirigées après la libération du camp de Buchenwald.

Elles ont eu de la "chance" en quelque sorte, Rose, Helen et Mary.
Blondes, aux yeux bleus, elles pouvaient facilement passer pour des Polonaises et c'est ce qu'elles ont fait jusqu'à la fin de la guerre.

Mary a à jamais enfoui en elle la vérité, la vérité qui a failli la tuer.
Car avant la guerre, Mary n'était autre que Miriam, une jeune fille épanouie et heureuse de la bonne bourgeoisie juive de Lodz, en Pologne. Mais "j'ai vu tant de choses horribles, écrit-elle.
J'ai vu tant de morts. C'est incroyable tout ce que cela peut faire à un jeune esprit".

La plupart des membres de sa famille, dont son père, ont été tués pendant la Shoah.
Alors Miriam a décidé, pour survivre, de devenir Mary, jeune polonaise.
"Personne ne pouvait penser que j'étais juive tellement j'avais l'apparence d'une non-juive", raconte-t-elle.
Ce qui ne l'a pas empêché d'être arrêtée par les Allemands, une seule fois.

Elle aurait pu en mourir. À la libération du camp de Buchenwald, elle pesait à peine 36 kilos.
Une fois, sortie du camp, remise sur les rails – au moins physiquement -, soutenue par l'amour de son mari, elle n'a pas pu se résoudre à retrouver son identité première.

"Il m'est difficile, dit-elle, d'expliquer pourquoi j'ai gardé le secret sur mon identité juive si longtemps. Pendant la guerre, j'étais devenue complètement paranoïaque. J'en étais arrivée au point de m'interdire de penser que j'étais juive car cela équivalait à signer mon arrêt de mort.".
Cette paranoïa et cette obsession du secret l'ont poursuivie toute sa vie.
"Être juive signifiait pour moi ne jamais revenir".

À partir de là, elle est devenue Mary Gale pour tous, et excepté à son mari, elle n'a jamais dit à âme qui vive qu'elle était juive.
"Pourtant, je savais de façon rationnelle que j'étais en sécurité ici au Canada.
Mais, il n'empêche, cela ne pouvait pas sortir car cette vérité-là, c'était la vérité qui pouvait me tuer définitivement."

Pour ses 80 ans, elle participe à un voyage à Varsovie.
"Mais même là, se souvient-elle, ça a été plus fort que moi. Je me suis tenue à l'écart du groupe, à l'endroit où mon père a été tué et je pensais au-dedans de moi : je ne pourrai jamais dire qui j'étais".

Même à son fils, Tom, elle n'en a jamais rien dit.
Pourtant, celui-ci, après un terrible accident de voiture, s'est tourné vers le secours de la spiritualité et a rencontré… le judaïsme.
Il s'est converti et s'appelle désormais Gershon et vit aujourd'hui en Israël et mène une vie de Juif orthodoxe.
Est-ce pour lui qu'aujourd'hui, finalement, les mots ont pu sortir ou grâce à lui ? Elle ne peut pas le dire.


Turquie-Israël

Jérusalem : négociateurs turcs et israéliens seraient proches d'un accord

Une délégation turque est en Israël depuis dimanche – la première visite d'officiels de haut niveau depuis 2010 – pour poursuivre les négociations sur la réconciliation entre les deux pays et l'indemnisation des familles des victimes de l'arraisonnement du Mavi Marmara.

Et les deux équipes de négociateurs seraient parvenues à un accord acceptable par les deux parties.

La délégation turque est conduite par le Vice Premier ministre Bülent Arınç et le sous secrétaire aux Affaires étrangères, Feridun Sinirlioğlu.
Officiellement, les négociations, qui se sont déroulées à Jérusalem, se sont concentrées sur les sommes qui seront versées aux familles des turcs tués dans la prise du navire par l'armée israélienne.

L'écart était important puisque les familles attendaient un million de dollars chacune alors qu'Israël offrait 100 000 $.
Finalement, l'accord prévoirait une indemnisation modulable selon l'âge de la victime, la situation économique de la famille.
Israël aurait également accepté d'envisager d'indemniser les 70 personnes qui avaient été blessées.

Selon des sources proches des négociateurs, un accord était proche lundi en fin de journée.

Les autres aspects du dossier, notamment les poursuites entamées contre les officiers supérieurs israélien en poste en mai 2010, au moment de l'arraisonnement du navire auraient été abordées comme la question du blocus de Gaza – un point que les israéliens ne souhaitaient pas négocier, Benjamin Netanyahou ayant accepté d'alléger le blocus mais pas de le lever.

Ces négociations sont la suite directe d'un appel téléphonique du Premier ministre israélien au Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, à la fin de la visite de Barack Obama en Israël.
Benjamin Netanyahou avait alors présenté des excuses pour "des erreurs opérationnelles intervenues durant l'assaut "donné au navire.


SYRIE

Assad peut-il renoncer au statu quo avec Israël

Pour la Syrie, les attaques aériennes israéliennes sont des déclarations de guerre, a estimé le ministre de l'information syrien, Omran al-Zoabi.
Reste à savoir si elles seront suffisantes pour modifier le statu quo qui prévaut entre la Syrie et l'état hébreu depuis la fin de la guerre de Kippur.

En tous cas, ces attaques sont désormais un dilemme pour Bashar Al Assad, tant sa marge de manœuvre est étroite.

Il ne peut que constater que le ciel syrien est devenu un Open Sky – Ciel ouvert – pour les avions de chasse israéliens qui montrent qu'ils peuvent intervenir en Syrie comme ils le veulent sans être inquiétés. Un peu comme cela a été le cas au Liban.

Intentionnellement ou pas, Israël est devenu un allié de fait des rebelles syriens – un allié qui agit alors que la communauté internationale reste les bras ballants face aux massacres de civils et à a question des armes chimiques.

Israël a ainsi reçu le soutien des Etats-Unis, de la Grande Bretagne, de l'Allemagne, et de plusieurs autres pays occidentaux – seule la France et reste silencieuse.

Le gouvernement syrien n'a d'ailleurs pas perdu de temps pour accuser Israël de collusion avec les "terroristes".

Au-delà de cette rhétorique, les possibilités d'action de Bashar Al Assad sont extrêmement limitées.
Ouvrir un front avec Israël, ou même tirer de manière sporadique, légitimerait une action aérienne à large échelle de l'état hébreu, le régime syrien n'y survivrait pas.

Pousser le Hezbollah à lancer des attaques contre Israël paraîtrait plus probable.
L'organisation chiite et son véritable dirigeant, l'Iran, doivent tout faire pour préserver le potentiel militaire du Hezbollah, ce qui signifie qu'ils ne doivent donner à Israël aucun prétexte pour qu'il s'en prenne, de façon massive, aux stocks d'armes – et notamment de missiles – des "fous de Dieu".

L'avenir d'Assad est incertain; la seule façon pour l'Iran de préserver sa présence dans la région est de garder intact le Hezbollah et ses capacités militaires.

Une nouvelle guerre avec Israël l'affaiblirait durablement et n'aurait pas d'impact sur la guerre civile syrienne, si ce n'est que le Hezbollah devrait limiter son soutien sur le terrain au dictateur syrien, pour se consacrer à un affrontement avec Israël.

La troisième option serait diplomatique; elle consisterait à pousser la Russie à entamer une guerre diplomatique contre Israël.
Mais Etats-Unis et Russie ont un accord tacite de non intervention sur la Syrie,dès lors qu'il s'agit des "lignes rouges".
Tout au plus Moscou pourrait inciter Washington à limiter les interventions israéliennes.

Les premiers soutiens occidentaux qui se sont manifestés au regard des bombardements israéliens limitent d'avance les capacités diplomatiques de la Russie, sauf à l'isoler davantage sur le dossier syrien.
Le statu quo diplomatique persistera donc, sauf si les interventions israéliennes se multipliaient.

La question n'est donc pas de savoir si Israël devra faire face à des représailles – un risque très limité -, mais si ces attaques auront un effet direct ou indirect et sur les positions des grandes puissances occidentales en matière militaire ou diplomatique, si elles mèneront à une confrontation diplomatique majeure entre la Russie et les Etats-Unis, ou si elles pourraient avoir un effet, dans le monde arabe, sur le soutien dont bénéficient la rébellion syrienne – si Israël apparaissait par trop comme son principal allié objectif.


ETATS-UNIS

Ultimatum de Bashar Al Assad aux États Unis

Le président syrien Bachar al-Assad a averti lundi que toute action israélienne en territoire syrien s'apparenterait désormais à une déclaration de guerre.

Le journal koweïtien Alrai affirme que Bachir Al-Assad a envoyé une lettre à Washington, par l'entremise de la diplomatie russe, pour avertir que toute nouvelle action militaire israélienne entraînerait une réponse immédiate.
Assad dit attendre une réponse des responsables américains dans les 24 heures.

Dimanche, la chaîne de télévision libanaise Al Mayadeen - considérée comme proche du régime du président syrien -, a cité un responsable syrien selon lequel le pays avait placé des batteries de missiles visant Israël à la suite des frappes aériennes prêtées à Israël contre une installation militaire de Damas.

Plus tôt dans la journée, le ministre syrien de l'Information, Omran Zoabi, a annoncé que ces frappes aériennes contre trois cibles dans la banlieue de Damas "ouvraient la porte à toutes les possibilités".

Pendant ce temps, des sources indiquent qu'Israël a pris des mesures pour apaiser le président Assad lundi, l'assurant que les frappes aériennes autour de Damas visaient surtout les missiles iraniens à destination du Hezbollah libanais.

Le quotidien israélien Yedioth Ahronoth a ainsi mentionné que les responsables israéliens ont informé Assad par voie diplomatique, que l'État hébreu n'avait pas la moindre intention de s'immiscer dans la guerre civile en Syrie.


ONU

Le Qatar pousse les pays arabes à faire payer au Canada son soutien à Israël

Les pays arabes s'organisent pour isoler le Canada à l'ONU, en représailles aux prises de positions de son gouvernement.

C'est encore le Qatar qui est à la manœuvre, tentant de rassembler 115 voix parmi les pays votant à l'Assemblée générale de l'ONU pour obtenir que le siège de l'Organisation Internationale de l'Aviation Civile (ICAO), qui établit les règles internationales régissant l'aviation commerciale soit transféré de Montréal vers la capitale d'un pays du Moyen Orient en 2016 – quand sera rediscutée la localisation de l' ICAO.

Les ambassadeurs des pays arabes à l'ONU se sont par ailleurs réunis fin avril à New York pour définir des voies d'actions contre le gouvernement canadien dans les principales organisations internationales.

Stephen Harper, le Premier ministre canadien, comme son gouvernement, apportent un soutien fort à Israël et maintiennent des relations diplomatiques très étroites avec l'état hébreu.

Le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, avait, en avril, irrité les dirigeants arabes en rencontrant la ministre israélienne de la justice, Tsipi Livni, à Jérusalem-Est, que les palestiniens revendiquent comme capitale.

Le Canada à fait savoir, par la voix d'un porte parole de Baird, Joseph Lavoie, qu'il défendrait " becs et ongles" l'implantation de l'Organisation Internationale de l'Aviation Civile à Montréal.
"Le Canada ne s'excusera pas pour sa politique étrangère basée sur des valeurs",, a déclaré Lavoie.
(Photo : Stephen Harper)


MONDE JUIF

David De Rothschild prend la présidence du Conseil d'administration du Congrès Juif Mondial

Deux représentants de grandes dynasties du monde de la banque font leur entrée au Conseil d'administration du Congrès juif mondial.

Chella Safra, de Sao Polo, au Brésil, sera la prochaine trésorière du Congrès Juif Mondial, alors que David de Rothschild prend la présidence de son conseil d'administration.

L'assemblée plénière du Congrès juif mondiale a par ailleurs, sans surprise, réélu Ronald Lauder à la Présidence de l'organisation internationale.

Robert Singer, un ancien dirigeant exécutif de l'ORT mondial, a été nommé au plus haut poste professionnel de l'organisation : Vice Président et directeur exécutif.

Ronald Lauder est l'héritier de la famille Lauder, qui possède la géant mondial des cosmétiques, Estee Lauder; il est Président du CJM depuis 2007.
Sa fondation, la " Ronald S. Lauder Foundation" œuvre à la reconstruction des communautés juives en Europe centrale et de l'est.
il est membre de la plupart des grandes organisations juives américaine ou internationales, la conférence de Président, le "Joint", le KKL, l'ADL (Anti-Defamation League) ou l'université Brandeis. Il a également été ambassadeur des Etats-Unis en Autriche.

Chella Safra, 62 ans, est une figure de l'importante communauté du Brésil de ces dernières décennies. Elle est membre de l'exécutif brésilien du Keren Hayessod.

David De Rothschild a été président du Fonds Social Juif Unifié et de l'Appel Unifié juif de France avant de prendre la Présidence de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

Né à New York où ses parents avaient fui le nazisme; après la nationalisation de la Banque familiale par le gouvernement français gauche en 1981 , il a créé une nouvelle banque d'affaires Rothschild et Cie et dirige également les activités bancaires de la branche anglaise de la famille NM Rothschild & Sons depuis la réunion des deux établissements.


HISTOIRE

Moshe Hirsch, le rabbin de Yasser Arafat

Lorsqu'il est mort à Jérusalem le 2 mai 2010, le rabbin Moshe Hirsch était connu pour la fonction de Conseiller aux affaires juives de Yasser Arafat, un poste qu'il avait exercé jusqu'à la disparition du leader palestinien.

Moshe Hirsch, né à Brooklyn en 1923, a grandi dans un judaïsme orthodoxe - mais pas "haredi".

C'était un garçon jovial et plein d'esprit qui aimait jouer au punchball, un jeu dérivé du baseball. Excellent étudiant, il a fait des études rabbiniques à la prestigieuse Yeshiva de Lakewood dans le New Jersey. La légende veut que son colocataire n'ait été autre que celui qui deviendra le "rabbin chantant", Shlomo Carlebach.

Le point qui aurait fait "basculer sa vie", s'est produit lorsque le Rabbi Aharon Katzenellenbogen de Jérusalem a demandé au chef de la Yeshiva de Lakewood de lui envoyer son meilleur élève pour le marier à sa fille.

Aharon Katzenellenbogen était l'un des deux fondateurs, l'autre étant Rabbi Amram Blau, de Neturei Karta (littéralement, "les gardiens de la ville" en araméen).
Le groupe basé à Mea She'arim était le résultat d'une scission en 1937 du parti politique haredi Agoudat Israel, qui n'était pas jugé suffisamment anti-sioniste par certains de ses membres.

Neturei Karta s'est constitué comme une secte non-hassidique avec des membres descendant des étudiants du Gaon de Vilna, le "Sage" de sa génération qui au 18ème siècle prit la tête de l'opposition au hassidisme.

Dans les années 1950, des survivants de la Shoah créèrent des communautés Neturei Karta à New York, en France et en Angleterre mais Jérusalem est resté le centre de leurs institutions appelées collectivement Torah Veyira (Torah et la crainte de Dieu).

L'opposition de Neturei Karta à l'État d'Israël vient moins du fait qu'il est un État laïc ne fonctionnant pas selon la loi juive, mais plutôt que l'acte d'établissement de cet État vient à l'encontre d'un des principes de base du judaïsme, à savoir que les Juifs ne seront rétablis dans leur patrie qu'avec la venue du Messie.

Moshe Hirsch, désigné comme le meilleur élève de sa yechiva, est donc parti à Jérusalem où il a épousé la fille de Rabbi Katzenellenbogen, mais il n'est jamais devenu citoyen israélien.
Il a vécu à Mea Shearim et a gagné sa vie comme marchand d'étrogim (cédrats), l'une des quatre plantes rituelles utilisées au moment des fêtes de Souccot.

Contrairement à d'autres groupes orthodoxes antisionistes, les Neturei Karta ont donné à leur opposition une couleur très politique tendant publiquement la main aux Palestiniens et aux autres ennemis d'Israël pour exprimer leur soutien à la lutte contre le sionisme.

Le rabbin Moshe Hirsch, considéré comme le "ministre des Affaires étrangères" officieux de Neturei Karta, s'est fait une spécialité d'actions provocatrices, devenant par exemple un des confidents de Yasser Arafat, alors que celui-ci n'était encore que chef de l'OLP en exil à Tunis.

Il a aussi envoyé une délégation de représentants de Neturei Karta à Téhéran en 2006 pour participer à une conférence négationniste.

La haine que ses activités suscitaient chez les Juifs sionistes, particulièrement en Israël, ne semblait lui inspirer que de l'obstination à poursuivre son action - même après qu'un adversaire lui ait jeté de l'acide au visage dans les années 1990, lui faisant perdre un œil.

En 2004, alors que Yasser Arafat était dans le coma dans un hôpital parisien pendant deux semaines, Moshe Hirsch a conduit une délégation en France et organisé une veillée de prière à son chevet pour son rétablissement.

Lorsqu' Arafat est mort quinze jours plus tard, en novembre, Moshe Hirsch et un certain nombre de ses compagnons ont assisté aux funérailles du "Vieux" à Ramallah.

Au moment de sa mort, il y a trois ans, le rabbin Moshe Hirsch souffrait déjà de la maladie d'Alzheimer depuis plusieurs années et c'est son fils aîné, le rabbin Israël Meir Hirsch qui avait repris beaucoup de ses responsabilités.


KNESSET

Knesset - Un projet de loi veut limiter l"émiettement électoral

Les Travaillistes, Meretz et Shas dénoncent une atteinte à la démocratie et une restriction des droits de l'opposition.

Le Comité ministériel des lois a approuvé ce lundi le projet de loi parrainé par Likoud Beitenou sur une nouvelle gouvernance, qui vise à rendre le gouvernement moins vulnérable aux votes de défiance.

Ce projet de loi permettrait de rehausser le seuil électoral à 4% de la population - contre 2% actuellement - en mettant les petits partis, y compris les listes arabes, dans une situation d'impuissance politique.

La loi, si elle est adoptée, limitera également le nombre de ministres dans le gouvernement à dix-neuf et un maximum de quatre vice-ministres.

La première clause du projet de loi crée également des dispositions plus sévères pour l'adoption des motions de censure que les partis d'opposition utilisent fréquemment - quasiment une fois par semaine.
Ainsi, il préconise la signature d'au moins soixante-et-un membres de la Knesset pour pouvoir présenter une motion, les signataires devant par ailleurs proposer un autre schéma de coalition.

S'ils sont incapables de former un nouveau gouvernement, le projet de loi stipule que le gouvernement en place restera au pouvoir, et ce même si la motion est votée.

Ces dispositions ont soulevé des critiques unanimes de la part des partis de l'opposition qui y voient une gouvernance "dictatoriale", octroyant la toute-puissance aux grands partis et privant les petites formation de représentativité.

La chef de l'opposition, Shelly Yachimovich, (Travailliste) a qualifié cette initiative d'"atteinte à la démocratie" et déploré le manque de réactions à la Knesset.
Yitzhak Cohen, membre du parti orthodoxe Shas, également dans l'opposition, voit dans cette proposition une grave violation du processus démocratique : "Ce n'est pas une amélioration de notre système de gouvernement. C'est tout le contraire: la coalition s'enferme dans une dictature".

Le député Michal Rozin (Meretz) relève pour sa part la tentative de renforcer les prérogatives du gouvernement au détriment du statut de la Knesset qui "s'affaiblit de plus en plus dans sa capacité à contrôler le gouvernement".

Plus surprenant, le parti centriste Yesh Atid qui fait partie de la coalition, a également exprimé des réserves sur le texte.

Il rappelle pourtant que "la nécessité d'un changement fondamental du système de gouvernement pour aboutir à une plus grande stabilité politique faisait partie de son programme" mais, souligne le communiqué publié par le parti, "changer le système de gouvernement est une question vaste et grave qui nécessite un dialogue entre tous les partis , avec des experts juridiques. Il n'est pas nécessaire d'agir à la hâte.".


ECONOMIE

États Unis : l'explosion du Houmous israélien

Le houmous est devenu tendance aux États-Unis grâce à Sabra Dipping Co, le leader israélien des pois chiches écrasés.

Le phénomène est suffisamment important pour etre relaté en bonnes pages par le très sérieux Wall Street Journal.

Sous le titre "Le houmous à la conquête de l'Amérique", le quotidien économique américain décrit la nourriture la plus populaire du Moyen-Orient comme une délicieuse et saine préparation "à tremper et à tartiner" à base de pois chiches, faible en graisses et riche en protéines, de quoi séduire les papilles – et le ventre - du consommateur public américain avide de nourriture plus saine.

En 2012, les ventes de "crèmes à tartiner" aromatisées réfrigérées - un segment dominé aujourd'hui par le houmous - ont totalisé 530 millions de dollars (chez les détaillants de produits alimentaires aux États-Unis, une hausse de 11% par rapport à l'année précédente et de 25% par rapport à 2010.

À elles seules, les ventes de houmous Sabra ont été estimées à environ 315 millions de dollars l'an dernier.

Le houmous Sabra est déjà fabriqué en douze saveurs mais la société a ouvert un centre de recherche et de développement dans son usine de Richmond pour améliorer encore ses produits.
Selon la société, ce centre est le premier du genre dans le domaine des préparations pour "crèmes à tartiner".

Le succès des Houmous Sabra est dû aussi à une politique marketing et de commercialisation agressive, avec une campagne nationale de publicité à la télévision et des événements dans les grandes villes et les centres commerciaux où près de 10.000 paquets de 28 grammes ont été distribués chaque jour.

La question fondamentale reste de savoir si, comme les israéliens, les Américains ont appris à "essuyer" leur assiette de houmous avec un morceau de pita coincé entre les doigts.


COMMUNIQUE

Élections à la Présidence du CRIF - Communiqué de Gil Taïeb

Mes chers Amis
Je souhaite vous faire part de ma décision de retirer ma candidature à la présidence du CRIF.

Je m'étais porté candidat pour défendre l'importance du militantisme populaire dans cette campagne, et faire entendre la voix de ceux qui aspirent à être plus investis dans les défis à venir.

J'ai exprimé, dans ma profession de foi, avec l'ardeur et la sincérité que vous me connaissez, l'urgence du changement et des combats très durs que nous devons livrer ensemble pour faire reculer les graves périls qui menacent les Juifs de France.

Vous avez été nombreux à me témoigner votre soutien et je veux vous en remercier.
Dans un souci d'efficacité et d'unité, j ai décidé de mettre mon énergie et la force de mes convictions, au service de celui qui sera le plus à même de porter notre message, car il y a urgence ! Une équipe efficace doit, au plus vite, étre mise en place.

Au fil de mes rencontres et après mûre réflexion j'ai jugé qu'il était plus utile et légitime de mener ces combats aux côtés de Roger Cukierman, auquel je me rallie donc sans hésitation.

J' ai eu le plaisir de travailler à ses côtés lors de son mandat précédent.
J' ai encore en tête certaines des grands événements que nous avons organisés ensemble comme la grande manifestation contre l'antisémitisme dans les rues de Paris en 2002 et la journée de l' amitié France Israël au Parc des expositions de la porte de Versailles.

Il a toujours été un homme d action et vous savez tous combien cela est essentiel à mes yeux.

Son expérience, son autorité, sa droiture, son écoute et son courage nous seront nécessaires durant les trois prochaines années pour faire entendre puissamment la voix du CRIF dans l'opinion publique Française.

Je vous invite tout comme moi à le soutenir et à donner à sa candidature, tout le succès qu'elle mérite de recueillir, le 26 mai prochain pour préparer à ses côtés le Crif de demain.

Gil Taieb

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