Numéro 1229 - 04.05.2013 - 24 Iyyar 5773       Imprimer

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Alerte Info - Bombardement israélien en Syrie

Le silence total a été conservé 24 heures.
Ce sont d'abord des sources américaines qui ont révélé les faits, repris samedi matin sous couvert d'anonymat.

L'aviation israélienne aurait mené des attaques en Syrie vendredi aux premières heures de la matinée.

Ce n'était pas des armes chimiques - au centre de toutes les préoccupations depuis deux semaines- qui étaient visées, mais un convoi d'armes de haute technologie destinées au Hezbollah.

Des "changing games", c'est-à-dire des armes de nature à modifier sensiblement l'équilibre des forces et la supériorité militaire israélienne. De source israélienne, il s'agirait de missiles sol-sol de longue portée.
On ne sait pas encore si l'attaque a été menée depuis l'espace aérien syrien ou libanais.

La décision aurait été prise lors d'une réunion secrète du cabinet de sécurité israélien jeudi soir, alors que Benjamin Netanyahou avait, à plusieurs reprises au cours de ces dernières semaines, averti la Syrie qu'il n'accepterait aucun transferts d'armements conventions ou non conventionnels qui modifierait l'équilibre des forces en faveur du Hezbollah – ou d'autres groupes radicaux.
Il semble que, par ailleurs, un entrepôt d'armes situé en Syrie, mais dédié au Hezbollah ait été détruit.

Le Liban avait fait état, jeudi et vendredi, d'un fort accroissement de l'activité de la chasse israélienne au dessus du sud de son territoire.
Selon la presse libanaise, notamment Al Manar, la chaine de télévision du Hezbollah, 8 appareils israéliens seraient entrés vendredi dans l'espace aérien libanais, suivis de plusieurs autre vagues puis de deux avions qui auraient survolé le sud Liban – où se situent les bases importantes du Hezbollah – et auraient "poussé" jusqu'à Beyrouth, pendant plus de 3 heures.
Des appareils qui auraient également mené des attaques ciblées sur le sud Liban, sans qu'aucune certitude ne puisse être établie.

En janvier, une attaque aérienne sur un convoi d'armes sur la frontière syro libanaise avait été imputée à la chasse israélienne, une attaque jamais confirmée ou infirmée par Israël.

L'ambassadeur syrien à l'ONU, Bashar Jaafari, déclarait pour sa part "n'être au courant d'aucun bombardement israélien en Syrie", tout comme, Khalaf Muftah, du ministère syrien de l'information qui accusait Israël, sur la télévision du Hezbollah, de mener "une guerre psychologique pour préparer une agression contre la Syrie".

Un des dirigeants des forces rebelles syriennes, Qassim Saadedine, confirmait l'attaque sur un convoi d'armes destinées au Hezbollah, tout en reconnaissant "qu'il n'avait pas d'indications sur la localisation précise de l'attaque".

Le Président libanais, Michel Suleiman, a condamné l'attaque israélienne, appelant "la communauté internationale à faire pression sur Israël pour obtenir la fin des attaques et des violations de l'espace aérien libanais".
Le Liban n'a jamais été capable - et n'en a pas eu la volonté – de mettre un terme au contrôle de fait du Hezbollah sur le pays, et à la reconstitution de ses stocks d'armes, pourtant prévue par les accords de paix entre les deux pays.

En début d'après midi, Amos Gilad, du ministère israélien de la défense, niait qu'Israël ait officiellement confirmé ce bombardement, déclarant par ailleurs qu'il pensait que "Le Hezbollah n'était pas intéressé par l'armement chimique mais plutôt par des armes conventionnelles de haute technologie".
Justement ce qui aurait été la cible du bombardement.

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