Numéro 1209 - 22.03.2013 - 11 Nisan 5773       Imprimer

A LA UNE

Shalom, je suis désolé

Je suis désolé d'insister auprès de vous.

Je sais que vous êtes submergé voire même harcelé de sollicitations.
Mais il nous reste encore des personnes qui n'ont ABSOLUMENT RIEN pour passer les Fetes de Pessah.

Ainsi, à la veille de Pessah :
89 Familles - 37 Personnes isolées
n'ont pas de quoi faire le moindre achat,
et vont probablement se retrouver sans matsot.

Votre don, quel qu'en soit le montant, nous est indispensable.
Si vous ne pouvez faire un don, alors peut-être avez vous la possibilité de nous faire un prêt
que nous vous rembourserons sous 60 jours, car il est indispensable pour nous de les soutenir
Précisez-nous simplement s'il s'agit d'un don ou d'un prêt.

Je suis confus d'insister à ce point, mais nous n'avons pas le choix.
Les familles sont tout simplement dépourvues de tout, et nous répandons sans cesse depuis deux jours : NON ! Nous ne pouvons pas

Avec toutes mes excuses pour cette relance
Hag Saméah,
Ed-Hayim Knopfer
Président de l'Association Tikva Market

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Abbas serait pret à un accord secret avec Netanyahou

L'Autorité palestinienne pourrait adoucir ses conditions préalables à toute reprise des négociations directes de paix avec Israël.

Le changement d'attitude du Président le l'Autorité palestinienne ( AP) figurerait dans la liste des points à aborder avec Barack Obama durant sa visite à Ramallah.

Selon le New York Times qui s'est procuré le document, Abbas aurait confié à Obama qu'il se satisferait d'une promesse privée, secrète, du Premier ministre israélien concernant le gel des implantations juives comme suffisante pour reprendre les discussions avec Israël.

Benjamin Netanyahou ne serait ainsi embarrassé par aucune déclaration publique.
Cependant, une autre pré condition fixée par les palestiniens est l'acceptation, au préalable, des frontières de 1967 –guerre des Six jours - pour les négociations.

Une condition rejetée avec constance par le Premier ministre israélien.
Abbas aurait également assuré au Président américain que l'AP n'avait pas l'intention d'user du nouveau statut d'etat non membre à l'Onu pour poursuivre Israël devant la cour internationale de Justice…sauf si Israël lançait son programme de constructions en zone "E1", le "corridor" entre Jérusalem est et Maale Adoumim.

Le Pape et le rabbin, à quatre mains

Un livre co écrit par le nouveau Pape, francois et un rabbin argentin va connaitre une réédition dans une version traduite, pour la première fois, en anglais, a indiqué l'éditeur de l'ouvrage, Image Books.

"Au Paradis et sur Terre" sera cette fois ci édité sous la signature du Pape François, et non du Cardinal Jorge Bergoglio comme l'était la première édition, et sera diffusée essentiellement en Amérique du Nord.

Le Cardinal Bergoglio avait écrit le livre avec Abraham Skorka, directeur du séminaire rabbinique d'Amérique latine à Buenos Aires; il s'agit d'une série d'entretiens qui couvrent une large varié de sujets, tels que la croyance en D.ieu, la Shoah, l'avortement, l'homosexualité ou encore le fondamentalisme religieux.

Le livre était aussi, dès sa parution, présenté comme un effort pour renforcer la dialogue inter religieux.
Le Cardinal Bergoglio a publié onze ouvrages dans sa langue natales, l'espagnol.

Un tribunal européen reconnait le caractère criminel du Hezbollah

Dans une décision qui pourrait avoir des répercussions importantes pour les opérations du Hezbollah en Europe, un tribunal chypriote a jugé un homme coupable d'avoir participé à tentative d'attentat visant des touristes israéliens en vacances à Chypre

Hossam Taleb Yaacoub, un Suédois possédant également la nationalité libanaise, a été déclaré coupable de cinq des huit accusations portées contre lui, y compris la participation à une organisation criminelle. La peine sera prononcée lors d'une audience ultérieure.

La décision des trois juges qui composaient la cour, reconnaît formellement l'existence de preuves démontrant que "le Hezbollah agit comme une organisation criminelle", ont-ils écrit dans leur rapport.
Hossam Taleb Yaacoub, arrêté en juillet 2012 dans la ville portuaire de Limassol, avait déjà admis le mois dernier être un membre du Hezbollah, envoyé à travers l'Europe dans des missions de surveillance de touristes israéliens et d'organisations juives.

Le tribunal a rejeté ses arguments selon lesquels il ignorait la raison pour laquelle ses commanditaires lui avaient demandé de surveiller les horaires des vols en provenance et à destination d'Israël ainsi que les déplacements et lieux d'hébergement des touristes israéliens à Chypre.
Cette condamnation est susceptible de donner un nouvel élan aux efforts visant à faire reconnaître le Hezbollah comme une organisation terroriste par l'Union européenne.

Émanant d'une instance judiciaire, elle aurait plus de poids aux yeux des juristes de Bruxelles, qu'une déclaration d'un gouvernement ou un rapport des services de renseignement.

Elle vient, en quelque sorte, légitimer de manière incontestable les accusations du gouvernement bulgare sur l'implication du Hezbollah dans l'attentat meurtrier de Burgas en juillet 2012.

Jusqu'à aujourd'hui, les vingt-sept Européens, peinant à se mettre d'accord – il leur faut se prononcer à l'unanimité –, ont résisté à la pression d'Israël et des États-Unis qui leur demandent avec insistance d'inscrire le Hezbollah sur la liste des organisations terroristes.

Ce jeudi encore, Barak Obama, en visite en Israël, lors de son discours devant des 'étudiants israéliens juifs, arabes et chrétiens a affirmé : "Tout le monde doit déclarer que le Hezbollah est un groupe terroriste".
Le fait que Hossam Taleb Yaacoub soit un citoyen européen, ayant agi clandestinement depuis la France, les Pays-Bas et Chypre, apporte un argument supplémentaire.

Les Européens y seront-ils sensibles ?
Et particulièrement la France qui "renâcle à prendre" cette décision, prétendant qu'il est "nécessaire de garder les lignes de communication ouvertes" avec le groupe chiite libanais qui est aussi, selon llle, "une force majeure dans la politique et les services sociaux au Liban".


ANALYSE

Des roquettes sur Sderot - Le message du Hamas

La question de savoir qui a tiré les quatre roquettes qui ont touché Sderot durant la visite de Barack Obama en Israël ne présente aucun interet.

Quatre mois après la fin de l'opération Pilier de Défense, le Hamas a montré, de facto, sa capacité à contrôler le tirs sur Israël depuis la bande de Gaza, alors que pendant des mois, l'organisation islamiste mettait en avant son incapacité à "tenir" les groupes radicaux de l'enclave.

Ces groupes sont toujours à Gaza et n'ont lancé aucune roquette depuis le cessez le feu conclu en novembre, preuve que le Hamas à "la main" sur l'ensemble des opérations militaires de la bande de Gaza.

Et même si les tirs ont été revendiqués par un groupuscule salafiste, nul doute qu'ils n'ont été effectués avec l'accord du Hamas, qui, s'il l'avait voulu, l'aurait empêché.

Il est certain que si les tirs se sont produits pendant la visite de Barack Obama en Israël et à Ramallah, ils ne sont en rien le fruit d'une coïncidence hasardeuse.
Il ne s'agit pas seulement de prouver que les palestiniens de Gaza peuvent perturber n'importe quel évènement qui se produirait en Israël ou de l'Autorité palestinienne, mais les tirs sonnent également comme un avertissement alors que le cabinet israélien vient tout juste d'être formé en début de semaine.

Le Hamas veut ainsi montrer qu'il peut peser dans la définition des règles régionales, et que rien d'important ne peut advenir entre Israël et les palestiniens sans qu'il ne soit directement impliqué.

D'autant que ces tirs interviennent après deux évènements significatifs; le premier est le tir d'un missile de moyenne portée sur Ashkelon en mars, le premier tir depuis le cessez-le-feu.
Le second est la déclaration d'un porte parole du Hamas affirmant qu'il n'accepterait pas "les atteintes israéliennes au cessez-le-feu" – en référence aux tirs israéliens sur les palestiniens qui tentent d'approcher de la barrière de séparation entre Israël et Gaza.

Depuis la fin des hostilités entre Israël et Gaza, le Hamas n'a de cesse de réduire cette portion de territoire dans laquelle Israël se réserver le droit d'opérer en territoire palestinien pour préserver sa sécurité.

Mais le Hamas doit manœuvrer en douceur, notamment en raison d'une relation qui se tend avec l'Egypte, garante des accords de trêve avec Israël.
Israël, en raison de ces accords, mais également de la présence de Barack Obama, dispose d'une marge de manœuvre infime en matière de représailles : limiter les entrées de marchandise par le point de passage de Keren Shalom, des représailles donc essentiellement économiques.

Le ministère de la Défense israélien annonçait d'ailleurs jeudi soir réduire la zone de pêche autorisée pour les pêcheurs palestiniens de Gaza - une zone de pêche dont l'élargissement faisait partie de l'accord entre Israël et le Hamas.

Les jours à venir diront si les tirs étaient conjoncturels, où le signe de la volonté du Hamas de provoquer une nouvelle escalade après quatre mois d'accalmie.


Chronique

Hi Tech - Maantek expliqué à Obama

Saeed Kharouf, 26 ans, a parcouru un long chemin depuis Beit Hanina, le quartier de Jérusalem où il a grandi.

Il a étudié à l'Université américaine de Beyrouth, travaillé chez Intel aux États-Unis et, tout en terminant sa maîtrise au Technion de Haïfa, il est actuellement employé en tant qu'ingénieur à l'usine israélienne Intel de Haïfa.

Jeudi, le président des États-Unis visitait une exposition au Musée d'Israël tout spécialement conçue pour lui exposer quelques-unes des réalisations les plus réussies en matière de haute-technologie. Leur particularité est qu'elles ont été élaborées à partir de projets de coopération "bi-nationale", associant ingénieurs israéliens juifs et arabes.

L'une d'elles, le projet Maantek, est une initiative du bureau du président Shimon Peres qui vise à faire recruter des Arabes israéliens particulièrement qualifiés dans l'industrie israélienne florissante de la haute-technologie.

Saeed Kharouf faisait partie de ceux qui ont pu rencontrer le président américain.
"Bien sûr que j'avais hâte de le rencontrer ! J'étais un peu nerveux", a-t-il reconnu.
"Mais je pense qu'il est expert pour briser la glace. Il était souriant ce qui nous a permis de nous sentir un peu plus à l'aise."
Il n'a pas hésité à confier à Barak Obama que son rêve était d'être un jour le PDG d'Intel - ou à défaut à la tête d'une plus petite entreprise de haute-technologie.
Obama lui a répondu en riant : "Et pourquoi pas?"

Pour Saeed, Maantek permet d'intégrer les étudiants arabes dans la population active et de créer des liens avec le monde du travail.
Mis à part Intel, trente autres sociétés multinationales opérant en Israël, collaborent à ce projet.
"Ils aident les étudiants avec des conférences, des ateliers, des préparations aux entretiens, tout ce dont vous avez besoin pour réussir", relève le jeune ingénieur.

"Maantek est vraiment très important pour les gens comme moi.
Honnêtement, j'ai réellement rencontré quelques difficultés avec la langue (l'hébreu) et la culture quand j'étais en recherche d'emploi", a-t-il ajouté.
Il sait qu'il aurait pu plus facilement trouver du travail aux États-Unis ou au Liban mais, après une première expérience à l'étranger, il a préféré rentrer et rester proche de sa famille. Il partage son temps entre Haïfa et Jérusalem.
"Je pense que nous pouvons être des exemples pour les jeunes afin qu'ils puissent trouver la motivation pour travailler dur. J'espère que mon succès leur ouvrira la voie.

Cela est extrêmement important pour le développement du pays et pour les peuples arabes.
Nous devons inciter les jeunes à étudier et à être en mesure d'apporter des changements qui pourraient un jour changer le monde."

Interrogé sur les aspects plus politiques de la visite de Barak Obama dans la région, comme par exemple le type de changement qu'il espère, ce qui pourrait pousser les dirigeants israéliens et palestiniens à retourner à la table de négociation, Saeed Kharouf élude : "Je préfère rester concentré sur mon travail. Je laisse ce genre de problèmes aux politiciens.".


DIPLOMATIE

A Ramallah, le subtil changement de la doctrine américaine

Barack Obama en déplacement à Ramallah a expliqué à Mahmoud Abbas qu'il ne soutenait pas la position palestinienne qui consistait à fixer des conditions préalables à la reprise des négociations avec Israël.

S'exprimant lors d'une conférence de presse à Ramallah, Obama a indiqué que les palestiniens ne devraient pas attendre à un gel des implantations pour entamer des discussions, ajoutant que éles positions politiques israéliennes étaient complexes, et qu'il ne fallait pas s'attendre à une résultion des problèmes en une nuit".

Pour le Président Obama, si "le résultat des négociations est dans les conditions préalable, il n'y a plus rien à négocier".
Obama avait débuté son Premier mandat en demandant aux israéliens le gel des implantations pour faciliter les négociations de paix, une demande que les palestiniens ont faite leur.

Mais quand Benjamin Netanyahou a annoncé un gel temporaire des constructions, les palestiniens, les palestiniens ont estimé le geste insuffisant et ont refusé les discussions directes, point de départ des tensions israélo-américaines.

La visite du dirigeant américain amorce un tournant clair de la position américaine à l'égard d'Israël: marquée par une arrivée empreinte de sourires et de traits d'humour, poursuivie par les références du Président américain aux liens du peuple juif avec sa terre, tout est fait pour démontrer une offensive de charme à l'égard d'Israël.

Une offensive qui a l'air de fonctionner dans l'opinion publique israélienne qui a reçu un accueil très chaleureux, même si il en faudra probablement plus pour convaincre les israéliens.

Cette chaleur qui a été visible en Israël était absente de la visite à Ramallah.
Mahmoud Abbas, s'exprimant après le Président américain, s'est livré à de vives critiques d'Israël, affirmant que de nombreux palestiniens "ne croyaient plus à une solution à deux états".
" La paix ne peut se faire à travers la violence, l'occupation, les implantations, les arrestations, et la négation du droit au retour des palestiniens", a asséné le Président palestinien.

Mustafa Barghouti, un responsable palestinien, s'est livré sur la BBC à une charge contre Barack Obama après sa déclaration sur le gel des implantations, n'épargnant pas Israël, qualifiant son gouvernement de "plus raciste et plus extrémiste jamais connu dans l'Histoire d'Israël".

Mais la réalité reste que la demande palestinienne d'un gel des implantations pour entamer les négociations de paix n'a plus le soutien des Etats-Unis, le Président américain estimant que seules les négociations "résoudraient cette question", même si les Etats-Unis considèrent toujours l'extension de ces implantations comme "non constructive et inappropriée".
"Si nous pouvons redémarrer les négociations, alors la possibilité d'un accord existe vraiment" a estimé le dirigeant américain.

Barack Obama a fait un parallèle entre ses filles, les jeunes israéliens et palestiniens : " il a été un temps ou mes filles n'auraient pas pu avoir les même possibilités dans leur propre pays que d'autres jeunes filles", faisant référence à situation des afro américains aux USA; selon lu, si les choses ont pu changer aux Etats-Unis, "elles peuvent changer ici aussi".

Barack Obama a néanmoins répété que les USA voulaient "un état palestinien viable, indépendant, avec une contigüité géographique, en paix aux côtés d'Israël; les palestiniens méritent leur état", a-t-il conclu sans omettre de rappeler que son pays figurait parmi les plus gros "contributeurs à l'Autorité palestinienne".

Et dans ce domaine, Obama n'a pas manqué de blâmer le Hamas pour "la misère à Gaza", une misère entretenue "car le Hamas refuse de renoncer à la violence, car le Hamas se focalise sur la destruction d'Israël au lieu de construire la Palestine de demain".
Le Président américain a également condamné les tirs de roquettes sur Sderot, estimant qu'il était "de la responsabilité du Hamas de les empêcher".


AUTORITE PALESTINIENNE

Obama à Ramallah - La manifestation anti américaine tourne au rassemblement anti Abbas

Initialement, la manifestation se focalisait en une protestation contre la visite de Barack Obama et les prisonniers palestiniens... aux États-Unis.

Hommes et des femmes scandent des slogans anti-américains et anti-israéliens, accompagnés de sympathisants européens venus par solidarité.

Une femme de Jérusalem, tient dans ses mains une photo de son fils.
Ahmad Ajaj purge une peine de 115 ans dans un pénitencier en Californie après avoir été reconnu coupable d'implication dans l'attentat de 1993 contre le World Trade Center.

"Ahmad est innocent", jure son frère Omar.
"Nous voulons envoyer un message à Obama : mon frère n'a rien à voir avec ce qui s'est passé en Amérique. Il était là par hasard.".
Derrière Omar, les manifestants scandent des slogans beaucoup moins innocents : "L'Amérique est la tête du serpent" et "rentre à la maison, toi le Satan".

À onze heures, lorsque l'hélicoptère présidentiel amorce sa descente, les manifestants se dirigent d'un bloc vers la Muqata, le palais présidentiel de Mahmoud Abbas, emmenés dans une marche plus déterminée par les chants revendicatifs entonnés par… le jeune Omar Ajaj :
"Les gens veulent des RPG, pas de la coordination [de sécurité entre policiers palestiniens et israéliens] ni de la CIA" ou encore :
"Il n'y a pas de voie pour la résistance pacifique, des balles et des missiles seulement".

À mi-chemin du palais présidentiel, cinq rangées de policiers palestiniens en uniforme noir empêchent les manifestants de passer.
Une autre rangée coupe le cortège en deux.

Entre les deux groupes, un barbu brandit une pancarte sur laquelle est écrit en anglais :
"Ici, c'est l'État de Palestine. Interdiction d'entrer".
"Honnêtement, après le veto américain lors du vote à l'ONU sur l'État palestinien, vous n'êtes pas le bienvenu ici Obama", apostrophe un homme qui dit travailler comme chauffeur de taxi à Ramallah.

Nancy, une new-yorkaise entre deux âges, portant un T-shirt blanc avec un grand drapeau palestinien, déclare fièrement qu'en tant qu'américaine, elle se sent "responsable de l'expulsion des Palestiniens de leur terre".
"Obama est pire que Bush parce que lui, il sait, il n'est pas ignorant comme George Bush. Il sait ce que fait l'argent américain pour Iron Dome.
Il sait ce que signifie la zone E1. Il a compris la situation en Palestine mais il est d'une hypocrisie totale.".

Si Nancy comprenait l'arabe, elle aurait remarqué que, derrière elle, les chants ont commencé à changer.
La manifestation anti-Obama prend rapidement la voie d'une démonstration radicalement anti-Abbas.
Les hommes de la sécurité en civil sont de plus en plus nerveux et le ton monte entre les jeunes et certains hommes, plus âgés.

Les apostrophes fusent : "À bas le régime militaire", crient les jeunes à l'adresse des policiers. "Liberté, où es-tu ?
"Abbas, qu'est-ce qui cloche chez toi? Qu'a donc fait Obama pour toi ?".
"Le président américain est venu ici pour diviser les Palestiniens", soutient Saïd Qasrawi, le porte-parole du Bloc islamique à l'Université Bir Zeit.
"Il a dit qu'il n'y aura pas de paix avec le Hamas et qu'il ne peut pas soutenir l'Autorité palestinienne tant que le Hamas est présent. Nous, nous disons : Il ne peut pas y avoir de paix tant que l'entité usurpatrice Israël est présente.
Nous sommes les vrais propriétaires de la terre et les sionistes doivent rendre la terre à ses propriétaires authentiques.".

Un homme à côté d'un magasin de vêtements, lève les doigts en V de la victoire et crie : "Vive Abou Hussein !".
"Qui est Abou Hussein", s'étonne un photographe immortalisant le cliché.
"Obama. Barak Hussein Obama", lance le vieil homme en souriant triomphalement.


CHRETIENS D'ORIENT

Les chrétiens d'Irak sur les traces de la communauté juive : l'exil

Après dix années d'attaques et de persécutions, un pretre irakien reconnait que la période dorée de la communauté chrétienne touche à sa fin.
Peut-etre allons-nous devoir suivre les traces de nos frères juifs, déclare-t-il.

Mgr Pios Cacha pense que la situation de la population juive d'Irak - autrefois une communauté prospère de plusieurs dizaines de milliers de personnes, aujourd'hui quasiment inexistante - résume assez bien le sort possible des chrétiens d'Irak.

La grande majorité de ces Chrétiens d'Irak fait partie de l'Église chaldéenne de Sako, une église de rite oriental reconnue par Rome qui utilise l'araméen, l'ancienne langue parlée en Judée du temps de Jésus.

En 2003, l'intervention américaine en Irak a certes mis fin au règne du dictateur Saddam Hussein, mais elle a aussi transformé le pays en un immense champ de bataille entre insurgés et troupes étrangères, déclenchant une vague d'attentats et d'assassinats dans laquelle les chrétiens ne sont pas seulement pris entre deux feux, mais se retrouvent pris pour cibles.

L'attaque la plus sanglante contre leur communauté a eu lieu le 31 Octobre 2010 lorsque des militants islamistes ont fait irruption dans l'église Notre-Dame de Salut, tuant quarante-quatre fidèles et deux prêtres à Bagdad.
Pour Mgr Pios Cacha, cette attaque "a brisé à jamais la raison d'être de notre présence dans ce pays. C'est une catastrophe qui a conduit à vider le pays de ses chrétiens".

Entre 2003 et mai 2012, quelque 900 chrétiens ont été tués à travers tout le pays tandis que 200 autres ont été enlevés, torturés et finalement libérés contre des rançons exorbitantes, selon Hammurabi, une organisation irakienne pour les droits de l'homme.
On estime qu'un million à 1,5 millions de chrétiens vivant en Irak avant 2003.

Mais après les attaques répétées des groupes islamistes, il n'en resterait qu'environ 500.000, dont deux tiers ont dû quitter leurs maisons pour d'autres régions en Irak.

"Sur les 300 églises qui existaient en Irak, il n'en reste que 57 qui elles-mêmes constituent des cibles", selon Louis Sako, le patriarche nouvellement élu de l'Église catholique chaldéenne, la plus grande église chrétienne en Irak.
Tout cela bien que les Chrétiens soient une des minorités ethniques et religieuses représentées au gouvernement - un ministre - et au Parlement irakien, avec cinq députés et des conseillers provinciaux à Bagdad, à Ninive et à Bassorah.

L'avenir de la communauté chrétienne d'Irak est suspendu au climat de violence et d'instabilité qui mine le pays, et à la capacité du pouvoir à assurer sa sécurité et à protéger ses droits, sa liberté de culte et ses traditions.
Mais l'autre facteur important - qui contribue à l'exode des jeunes- est le manque de perspectives et d'emplois.

"Les années à venir seront très difficiles pour tous les groupes de chrétiens au Moyen-Orient et dans le monde arabe", prédit Saad Sirop Hanna de l'église Mar Yussuf dans le centre de Bagdad.
"Je ne sais pas jusqu'à quel point les dirigeants politiques du printemps arabe sont assez matures pour comprendre ce défi", s'interroge-t-il exprimant également la crainte que les Chrétiens puissent être pris en étau dans le conflit entre musulmans sunnites et chiites, qui pourraient faire de la surenchère "sur leur dos" et reléguer cette communauté, il y a peu encore prospère, dans les livres d'histoire …comme l'a été la communauté juive irakienne.


ANTISEMITISME

Hollande- L'antisémitisme du Moyen Age

Manfred Gerstenfeld , un spécialiste israélien de l'antisémitisme aux Pays bas, vient de publier une étude dans les médias hollandais; il affirme qu'il y a aujourd'hui dans le pays, plus d'habitants avec des orientations néo nazies qu'il n'y en eut durant la seconde guerre mondiale.

L'étude, menée par des chercheurs allemands, montre par ailleurs que près de 40% des hollandais estiment qu' "Israël mène une guerre d'extermination contre les arabes palestiniens".

Gerstenfeld reprend également une enquête de 2003, menée en Europe, dans laquelle Israël était désigné comme le second pays le plus dangereux, immédiatement après l'Iran.

La publication du rapport intervient alors que la télévision hollandaise a interviewe, en début de mois, plusieurs jeunes immigrés d'origine turque, qui affirmaient leur admiration pour Hitler "car il avait tué les juifs", exprimant publiquement leur haine des juifs. (Voir notre édition du 11 mars 2013).

Gerstenfeld , qui multiplie les exemples de ce type dans son enquête, estime que "ces attitudes diaboliques suggèrent que des millions de hollandais sont revenus mentalement au Moyen âge".

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