Numéro 1179 - 08.01.2013 - 26 Tevet 5773       Imprimer

A LA UNE

Le philanthrope juif qui a redécouvert Nefertiti

Le buste de la reine égyptienne Néfertiti, datant de 3400 ans, est au coeur d'une exposition berlinoise.

"La lumière d'Amarna : 100 ans après la découverte de Néfertiti" le 100e anniversaire de sa découverte, et s'offre le luxe de connaître enfin la vérité sur les fouilles qui ont mené à cette inestimable trouvaille.

Le buste de la femme de l'ancien Roi-soleil égyptien Akhénaton a été découvert en 1912 mais jusqu'à présent peu de gens connaissaient le rôle joué dans son exhumation par James Simon.

Homme d'affaires berlinois, protecteur des arts et membre éminent de la prospère communauté juive berlinoise d'avant-guerre, c'est lui qui a financé les travaux d'excavation ayant conduit à la sublime découverte.

La propriété de la "reine Néfertiti" a fait l'objet d'une guerre diplomatique incessante de plusieurs décennies entre l'Égypte et l'Allemagne. Depuis sa découverte et son apparition en 1913 à Berlin, le buste n'a jamais quitté la capitale allemande malgré les réclamations de l'Égypte qui exigeait son retour.

Or James Simon a plusieurs fois rappelé aux dirigeants du musée allemand auquel il avait confié le buste qu'ils avaient pris l'engagement de le restituer au cas où l'Égypte le demanderait.
Mais les directeurs du musée de Berlin ont refusé. Décédé en 1932, Simon était bouleversé par ce qu'il considérait comme une trahison de leur part.

Encore aujourd'hui, le sort du buste de Néfertit ne semble faire aucun doute pour les responsables allemands.
Selon le ministre d'État allemand à la Culture, Bernd Neumann, il n'y a pas de confusion sur l'endroit auquel le vestige antique appartient :
"Néfertiti fait partie du patrimoine culturel mondial, dit-il. Elle est un symbole des musées de Berlin comme lieu unique pour les cultures du monde."

Israël -Rapport Shapira : incurie grave au sommet de l'Etat

L'enquete du controleur d'Etat Yossef Shapira sur le rapport Harpaz, un faux fabriqué pour bloquer la nomination de Yoav Galant au poste de chef d'État-major alors qu'il était pressenti pour succéder à Gaby Ashkenazi, met en cause les plus hauts niveaux de l'état.

Pour Shapira, ce faux n'aurait jamais existé sans la guerre qui empoisonnait les relations de Gabi Ashkenazi avec son supérieur direct, le ministre de la Défense, Ehud Barak.

S'il ne s'agissait pas de la sécurité d'Israël et d'une des périodes, 2009-2011, où Israël a eu à affronter des conflits majeurs – l'opération Plomb durci, l'accostage du Mavi Marmara, la montée en puissance de la menace iranienne –, on pourrait en rire.

Deux responsables au plus haut niveau de la hiérarchie militaire et civile, se font des "mauvais coups" comme des enfants dans la cour d'école.
De chaque côté, leurs partisans encouragent les belligérants, et multiplient les coups bas.
Et celui qui est censé siffler la fin de cette partie déplorable, se contente d'observer en attendant que "ça passe".

D'après le rapport du contrôleur de l'État, l'ancien chef de l'état-major, Gabi Ashkenazi porte néanmoins l'essentiel de la responsabilité dans cette affaire, ne serait-ce que pour avoir oublié que tout premier gradé de Tsahal qu'il était, il avait un "patron", Ehud Barak et ce, quels que soient les sentiments qu'il avait à son égard.
Son adjoint, le colonel Erez Weiner, son "âme damnée", marchera sur ses traces et sera l'exécutant des basses œuvres, notamment de la mise en orbite du rapport Harpaz.

Ehud Barak n'est pas épargné.
En effet, pour se "venger" d'Ashkénazi, il a tout simplement bloqué la quasi-totalité des 170 nominations d'officiers et officiers supérieurs recommandés par le chef d'État-major.
En violation flagrante du règlement, il a nommé un sous-chef d'état-major général, en le plaçant au-dessus d'Ashkenazi et a repoussé pas moins de 150 rendez-vous avec des officiers de Tsahal, retardant ainsi le processus de nomination du successeur du Chef d'État-major.

Très sobrement, le contrôleur de l'État, note que l'hostilité et la méfiance qui s'étaient installées entre les deux hommes, ont porté atteinte à l'intérêt national.

Le summum a été franchi avec Boaz Harpaz, un ancien officier, familier d' Ashkenazi, approché par le fameux Erez Weiner pour rédiger un faux rapport qui porte son nom, un faux monté de toutes pièces pour tenter d'influencer la nomination du successeur de Gaby Ashkénazi.

Benyamin Netanyahou est sévèrement critiqué pour son incapacité à résoudre la querelle qui a paralysé pendant deux ans les relations de travail entre les bureaux du ministre de la Défense et du chef d'état-major général.

Déjà au printemps 2010, quand il était clair que les équipes de Barak et d'Ashkenazi étaient en guerre, et alors que se profilait l'éventualité d'une attaque contre l'Iran, "le Premier ministre aurait dû intervenir sans délai en vue de résoudre la crise", écrit Yossef Shapira.

L'enquête sur l'affaire Harpaz doit "non seulement examiner le document et la manière dont il a été fabriquer, mais aussi s'intéresser a l'atmosphère qui a permis sa création", avait défini Benny Gantz, l'actuel chef d'État-major en 2011.

Il semblerait que cet objectif soit atteint, même si cela doit faire des vagues au sommet de l'État, deux semaines à peine avant les élections.
Il reste maintenant au bureau du Procureur général de décider si des poursuites doivent être engagées.
L'armée pourrait elle aussi avoir à statuer sur le comportement de certains officiers comme par exemple le colonel Erez Weiner.

Du terrorisme palestinien à la CIA

Un militant néo nazi allemand, que sa haine des juifs a amené à aider le commando palestinien de Septembre noir dans la prise d'otages et le meurtre d'athlètes israéliens lors des Jeux Olympiques de Munich en 1972 a été recruté par la CIA.

Willi Pohl, également connu sous le nom de Willi Voss est âgé aujourd'hui de 68 ans.

Quelques jours après le massacre de Munich, Voss, connu comme un militant particulièrement actif de la mouvance néo nazie est arrêté par la police allemande, en possession d'un stock d'armes; il est accusé d'avoir fourni une aide logistique importante au commando palestinien qui a tué les 11 athlètes israéliens.

Dans des circonstances non révélées, Voss s'évapore et gagne secrètement Beyrouth au Liban.
Il est alors recruté par Jihaz el-Razd, le service de renseignement du Fatah.

En 1975 cependant, en mission pour l'OLP à Belgrade, Voss décide de changer de camp : il découvre que la voiture dans laquelle lui et son amie de l'époque circulaient a été bourrée d'armes mais surtout de substances explosives instables, à son insu, alors que ce véhicule devait lui servir à plusieurs déplacements eu Europe.

Selon Voss, intercepté en Roumanie, il a été laissé en liberté – la Roumanie soutenait l'OLP –les policiers saisissant tout de même la voiture et les explosifs.

Arrivé à Belgrade, en Yougoslavie, Voss se rend immédiatement à l'ambassade américaine, s'identifie comme agent du the Jihaz el-Razd et déclare être prêt à offrir ses services aux Etats Unis.

A l'occasion de la parution de ses Mémoires, Voss, dans une interview au quotidien allemand Der spiegel, affirme avoir été recruté à ce moment par la CIA, sous le nom de code de Ganymède.

Son officier traitant aurait alors demandé à Voss de retourner se mettre au service de l'OLP et de Septembre Noir et de fournir aux services de renseignements américains des informations sur l'activité des groupes terroristes palestiniens, y compris les plus extrémistes comme ceux d'Abou Daoud, d'Abu Nidal ou Abu Jihad, qui dirigeait le renseignement palestinien.

Voss affirme avoir fourni à la CIA de nombreuses informations, des documents (qu'il photographie au quartier général du the Jihaz el-Razd à Beyrouth) et avoir aidé à déjouer des attentats en Europe et aux Etats Unis.
Voss aurait aussi permis d'identifier les réseaux néo nazis et leurs connexions avec le terrorisme palestinien.
Il est aujourd'hui retiré en Allemagne où il a publié plusieurs ouvrages.


LIBRE OPINION

La souveraineté de l'état d'Israël en question, par Shmuel Trigano

La campagne pour les élections israéliennes entre dans une phase accélérée et nous donne à voir une série de passages à l'acte lourds d'enseignements.

Deux politiciens dont l'histoire ne retiendra pas les hauts faits, Tsipi Livni et Ehoud Olmert, avaient déjà donné le ton il y a quelques semaines, en avançant que voter pour Natanyahou engagerait le pays dans une confrontation avec les alliés occidentaux d'Israël qui promeuvent la cause de l'Etat de Palestine qu'ils projettent.

Joignant le geste à la parole, ces politiciens n'ont pas hésité à donner à leur point de vue une portée internationale en multipliant aux Etats Unis et en Europe leur condamnation de la politique de leur propre pays et en désignant bien sûr leur principal rival à la vindicte de l'opinion internationale. Ils accréditent ainsi la délégitimation en cours de l'Etat d'Israël.

Mais il y eut plus ces jours ci où se produisirent deux événements inquiétants justement pour la souveraineté de l'Etat d'Israël.

Shimon Peres est sorti du domaine de ses attributions de président pour se désolidariser du premier ministre devant tous les ambassadeurs étrangers accrédités, en faisant l'apologie de Mahmoud Abbas comme "partenaire de paix" pour parler comme le jingle bien connu.

Le surlendemain on a pu entendre dans le cadre de la conférence annuelle des ambassadeurs d'Israël à l'étranger des voix s'élever pour critiquer la décision du gouvernement de relancer la construction dans les faubourgs de Jérusalem, une décision violemment condamnée par l'Union Européenne.

Or un ambassadeur, comme un président, aux fonctions honorifiques, ne doivent en aucun cas adopter des positions de la politique politicienne, et encore moins devant des puissances étrangères pour faire, de surcroît, l'apologie d'une puissance avec laquelle le pays est en conflit.

Ce n'est un secret pour personne par ailleurs que les États européens et les États Unis interviennent massivement dans le débat politique et la société civile israéliennes à travers le financement de toutes sortes de pseudo ONG et de courants politiques opposés à Natanyahou afin de peser sur le débat public et orienter l'évolution des choses dans le sens de leurs intérêts politiques et donc de la cause palestinienne.

Ce qui est fondamentalement en jeu dans ces élections, dont les résultats fixeront le destin d'Israël dans les années à venir, c'est à mon sens avant tout la souveraineté de l'Etat d'Israël non seulement au dehors mais aussi au dedans, à travers la capacité des Israéliens de résister à un règlement imposé qui ne sert pas la survie et la continuité du peuple juif et qui pourrait être gros d'une guerre de survie ultérieure.


TEL AVIV

Université de Tel Aviv : les étudiants arabes ne supportent pas les arabes pacifistes

Le blogueur de la paix, l'égyptien Maikel Nabil Sanad, est devenu célèbre en affichant sur son blog des opinions pacifistes jugées pro israéliennes après la chute d'Hosni Moubarak.

Il avait passé dix mois en prison en 2011 en raison de ses prises de positions mais également de son combat contre l'enrolement forcé des jeunes égyptiens dans l'armée.

Invité en Israël la semaine dernière, il a été chahuté et insulté par des manifestants arabes israéliens lors d'une apparition mercredi soir à l'université de Tel Aviv.

Lors d'une assemblée d'étudiants de toutes nationalités, des étudiants arabes israéliens ont interrompu son intervention, le "maudissant" en arabe à plusieurs reprises, le mettant au défi de répondre à des questions sur le conflit israélo-palestinien et "l'occupation israélienne."
L'un d'entre eux lui a reproché de n'avoir pas prévu de se rendre à Ramallah.

Le service de sécurité de l'Université les a finalement évacués de la salle après que l'un d'entre eux ait sauté sur la tribune, l'invectivant : "Cela te plaît que les Juifs t'applaudissent ?" et le traitant finalement de traître.

Maikel Nabil Sanad est resté calme malgré le tumulte ; il a répondu à ses contradicteurs avec un dicton populaire égyptien : "Hausser le ton est une preuve de votre faiblesse". Il a par ailleurs été pris à partie, de façon plus respectueuse, par un autre étudiant arabe (non israélien) qui l'a accusé de se livrer à de l'activisme pro-israélien mais qui s'est aussi quasiment excusé du comportement des perturbateurs, "injustifiable" à ses yeux.

Le blogueur égyptien et militant des droits de l'Homme a réaffirmé que le but de son voyage en Israël était de mettre ses pas dans ceux du défunt président égyptien Anouar el-Sadate, (qui a visité Israël en 1977 et signé un traité de paix en 1979) et de "mettre fin au monopole que les gouvernements ont sur les processus de paix".

Il dit vouloir promouvoir des relations pacifiques entre Israël et l'Égypte, facteur essentiel pour le développement d'une véritable démocratie en Égypte.
Enfin de son point de vue, Hosni Moubarak ou Mohamed Morsi, il s'agit du même combat: une dictature échangée contre une autre.

Maikel Nabil Sanad est actuellement étudiant en maîtrise de politique publique à l'université d'Erfurt en Allemagne mais il est surtout connu comme un des héros du printemps arabe égyptien.
En 2009, il a fondé le Mouvement contre le service militaire obligatoire en Égypte.
Il a finalement été libéré de prison après une grève de la faim de 130 jours et l'intervention de l'ONG UN Watch Rights.


DEFENSE

Israël - Fuir le pays pour fuir l'armée

Le leader spirituel du parti Shas, le rabbin Ovadia Yossef, a conseillé aux étudiants orthodoxes des yeshivot de quitter le pays plutot que se soumettre au service militaire.

" Nous serons obligés de quitter la terre d'Israël pour libérer les étudiants des yeshivot" de leurs engagements à l'égard de l'armée.

Selon Ovadia Yossef, "nous sommes entourés de gens haineux, des ennemis qui méprisent la Torah"; le chef du Shas a vivement critiqué les "politiciens que veulent incorporer nos étudiants dans l'armée; quand deviendront ils érudits si ils sont dans l'armée?"

Dans la foulée, le rabbin appelle "ceux qui croient en la Torah, à voter pour les candidats des partis orthodoxes" pour lutter "contre ce grave danger".

Shas, par le jeu des alliances politiques qui suivront inévitablement les résultats des prochaines élections législatives du 22 janvier, espère encore pouvoir peser dans une future coalition pour infléchir la tendance au regard de la question de l'enrôlement des jeunes orthodoxes dans l'armée.

Les leaders du parti laissaient entendre la semaine dernière qu'ils pourraient "lâcher" la coalition Likoud-Israël Beitenou pour rejoindre un bloc du centre, d'autant que le parti s'est prononcé, dans la même temps, pour "une solution à deux états" dans le conflit israélo-palestinien.

Mais dans le monde haredi, tout le monde ne partage pas l'avis d'Ovadia Yossef : plusieurs dizaines de jeunes othodoxes se sont présentés la semaine dernière au centre du service national à Jérusalem, répondant ainsi à une convocation pour accomplir leur service militaire.

Selon le gouvernement, environ 2000 jeunes orthodoxes servent déjà dans l'armée, ce qui faciliterait ensuite leur intégration dans le monde du travail –alors que le taux de chômage dans cette population est largement au dessus de la moyenne nationale.

L'annulation de la loi Tal par la cour Suprême en févier 2012 avait créé un vide juridique sur la question du service national des jeunes orthodoxes.
Après avoir démantelé la commission qui devait "plancher" sur un nouveau texte de loi sur le sujet, le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait annoncé une révision de la loi restée sans suite.

La question de l'enrôlement des jeunes haredim dans l'armée devient aujourd'hui la pierre angulaire de la fracture entre laïcs ou sionistes religieux, et le monde orthodoxe dans la société israélienne.


SECURITE

Israël-Sécurité : la troisième intifada, on y est déjà

Jusqu'à présent, le commandement de l'armée israélienne a veillé à ne pas exagérer la signification de la vague récente, mais croissante, de troubles dans les territoires palestiniens. Une perception qui pourrait cependant rapidement changer.

En effet, selon le colonel Yaniv Alaluf , commandant de la région d'Etzion, la 3è Intifada a déjà débuté.
"Nous ne sommes pas au bord d'une troisième Intifada", déclare l'officier "nous y sommes et nous nous préparons à de plus en plus d'affrontements".

S'adressant aux soldats et aux réservistes basés dans cette région militaire, Alaluf a estimé que "si l'armée ne fait pas face à des milliers de manifestants armés de kalachnikov, cela n'en diminue pas le caractère sérieux de la situation".

Alaluf, un des officiers de plus haut rang des unités déployées dans les territoires palestiniens est pessimiste pour l'avenir : " le processus conduit par Abu Mazen – Mahmoud Abbas, ndlr – va prendre fin pour laisser place aux positions traditionnelles du Hamas", prédit-il.
"Abbas tente de survivre au printemps arabe d'une façon qui ne permet plus les négociations avec Israël".

Alaluf n'écarte pas la possibilité qu'Israël ait à conduire, très prochainement, une nouvelle opération militaire à Gaza ou à faire face à une détérioration générale de la situation dans la région et à ses frontières, exprimant une inquiétude au passage dans cette situation : Israël pourrait manquer de réservistes.

Tout n'est cependant pas noir dans le tableau : l'officier estime qu'Israël a les moyens de faire face à la menace terroriste – il ne croit d'ailleurs pas à une poussée des actes terroristes ou des attaques suicides qui ont accompagné chacune des intifada précédentes.
"Une troisième intifada ne ressemblera pas aux deux premières, car nous sommes mieux préparés".

Dans le même registre, le chef du Shin Bet, s'exprimant devant les ambassadeurs israéliens, estimaient lui que "les chances d'une 3è intifada à grande échelle étaient très minces", ajoutant cependant que, selon lui, Israël devrait faire face " à des troubles populaires de masse de plus en plus importants".

D'après lui, Abbas veut "réellement rependre les négociations avec Israël, mais là où elles se sont arrêtées avec Ehud Olmert" en 2008.
Cohen a aussi insisté sur l'importance du partenariat sécuritaire avec l'Autorité palestinienne, le qualifiant de " bon partenariat qui doit être poursuivi".


AUTORITE PALESTINIENNE

Les pays arabes mettent l'Autorité palestinienne en cessation de paiement

Le gouvernement de l'Autorité palestinienne est pratiquement en cessation de paiement par la faute des pays arabes.

En effet, la plupart d'entre eux les centaines de millions de dollars d'aide promis.

Salam Fayyad, le Premier ministre palestinien, est on ne peut plus clair : "la crise financière sans précédent que connaît l'Autorité palestinienne va transformer rapidement 50% de la population palestinienne, c'est à-dire 4 millions de personnes, en pauvres".

Environ 1 million de Palestiniens qui dépendent des salaires du gouvernement "sont sous la menace de basculer sous le seuil de pauvreté", a-t-il ajouté.
Le poste budgétaire mensuel le plus conséquent est en effet celui du paiement des salaires des fonctionnaires.
Ceux-ci représentent 150.000 personnes dont 60.000 pour la seule bande de Gaza.

Salam Fayyad explique qu'il a réussi à payer la moitié des salaires de novembre en obtenant un prêt bancaire sur la garantie d'une promesse faite par la Ligue arabe de couvrir les sommes qu'Israël pourrait retenir en guise de représailles pour le nouveau statut obtenu de l'ONU. Mais l'argent des États arabes n'est jamais venu et ni le reste des salaires de novembre ni celui de décembre ne seront pas payés.

L'Autorité palestinienne doit déjà plus de 1,3 milliards de dollars aux banques locales et ne peut obtenir davantage de prêts.
De même les fournisseurs privés auxquels elle doit aussi des centaines de millions de dollars, ont cessé pour certains de faire affaire avec le gouvernement.

Le Premier ministre palestinien accuse "les États arabes de ne pas avoir tenu leurs promesses d'aide, conformément aux résolutions Ligue arabe", tandis que les pays européens et les États-Unis, eux, ont tenu tous leurs engagements à l'exception de 200 millions de dollars retenus par le Congrès américain l'année dernière.

"L'échec de l'Autorité en Cisjordanie palestinienne vient de son impossibilité à tenir nombre de ses promesses, couplée avec les récentes concessions israéliennes au Hamas", estime le Premier ministre palestinien.

Le vice-président de la Ligue arabe, Mohammed Sbeih, a reconnu dimanche que l'Autorité palestinienne était dans une "situation critique".
Il a écrit, dit-il, aux États membres leur demandant de payer les 100 millions de dollars promis.

Des protestations répétées ainsi que des grèves d'avertissement contre les difficultés économiques ont lieu en Cisjordanie.
Ce dimanche, le syndicat a décidé d'intensifier son mouvement appelant à quatre jours de grèves au cours des deux prochaines semaines.


EGYPTE

Egypte - Mohamed Morsi et les juifs : un test dans les prochains jours

La Hilloula de Yakkov Abuhatsira, qui devrait se dérouler en Egypte cette semaine , sera le premier test grandeur nature du traitement que le nouveau gouvernement issu des Frères musulmans fera de la tradition juive dans le pays.

Des pèlerins juifs du monde se réuniront à cette occasion autour du sanctuaire de ce mystique juif marocain enterré dans le delta du Nil.
Quelques sarcophages en ruine - et un contingent d'officiers de la sécurité égyptienne - entourent le monument funéraire de Rabbi Ya'akov Abuhatzera, à la périphérie de la ville de Damanhour.

La structure est une réplique de l'édifice original en forme de dôme dont on peut voir la pierre rouge d'origine à travers des fissures dans le revêtement en plâtre jaune.

À l'intérieur du sanctuaire se dresse la pierre tombale du rabbin avec son épitaphe en araméen. L'espace est envahi par l'odeur du foin accroché au lustre et éparpillé sur le sol, ce qui suggère que le sanctuaire peut parfois être utilisé par des agriculteurs locaux.

Yaacov Abuhatzera (1806-1880), né dans la région de Tafilalet au sud-est du Maroc au début du 19ème siècle, était un adepte des pratiques ascétiques dans le Sahara mais il était aussi un chef communautaire charismatique et l'auteur de plusieurs textes mystiques.

Sentant venir sa fin prochaine, celui qu'on appelait aussi Abir Yaacov ("Prince Jacob") s'est mis en route à un âge avancé pour un long périple à travers le Maghreb vers Jérusalem.
En cours de route, il atteint Damanhur, au sud d'Alexandrie, où il doit faire halte en raison de problèmes de santé.

La communauté juive retranchée dans la ville venait d'endurer une succession de pogroms dans les années 1870 sur de fausses accusations de meurtre rituel, une réplique de l'Affaire de Damas (1840).
Durant son séjour, le rabbin est devenu un personnage vénéré, non seulement par les Juifs, mais aussi par les musulmans pour lesquels il était un wali, un saint homme.

Lorsqu'il décède, le 4 Janvier 1880, son tombeau est très rapidement devenu un lieu de pèlerinage pour les Égyptiens, Juifs comme musulmans.

Son petit-fils n'est autre qu'Israël Abuhatzeira, plus connu sous le nom de Baba Salé qui lui aussi a fait le voyage du Maroc (Rissani) en Israël. Il s'est installé dans les années 1950 à Netivot où sa tombe est devenue, à son tour un lieu de pèlerinage depuis sa disparition en 1984.

La Hilloula marquant l'anniversaire de la mort de Yaacov Abuhatsira est la seule commémoration dédiée à une personnalité juive en Égypte.
Pendant des décennies, les restrictions imposées par Gamal Abdel Nasser avaient empêché le pèlerinage historique de Damanhur.

La paix entre Israël et l'Égypte a rouvert le sanctuaire aux visiteurs.
Au cours de la dernière décennie, une coalition d'islamistes et de militants de gauche a mené campagne pour interdire aux Juifs de se rendre sur le sanctuaire.

En 2004, un tribunal égyptien a révoqué la désignation historique du site et, en 2009, le pèlerinage a été restreint.

L'an dernier, en 2012, il a tout simplement été annulé et vingt-cinq terroristes qui prévoyaient de s'attaquer aux pèlerins, ont été arrêtés. Beaucoup d'Égyptiens le voient comme un vestige indésirable des Accords de Camp David.

À quelques jours seulement du pèlerinage annuel, on ne sait pas quelle sera la position adoptée par le nouveau pouvoir islamiste en Égypte.
Une décision de bloquer le pèlerinage annuel de Damanhur préfigurerait les sentiments du régime à l'égard des juifs.


IRAN

L'Iran isolé par l'effritement de l'Axe du Mal

La Syrie et le Hezbollah ne seraient pas en mesure de se joindre au combat si Israël décidait de frapper l'Iran.

Une information qui, si elle s'avérait exacte, diminuerait considérablement la capacité de riposte iranienne en cas d'attaque israélienne sur ses installations nucléaires.

Selon un rapport du ministère des Affaires étrangères qui a été présenté aux diplomates israéliens lors d'une conférence à Jérusalem, le délitement du régime en Syrie et l'affaiblissement consécutif de la milice du Hezbollah au Liban, empêcheront ces deux alliés indéfectibles de l'Iran d'attaquer Israël.

L'armée syrienne est très érodée par deux ans de guerre civile.
Le Hezbollah, par une sorte d'effet domino, pourrait également rester en dehors de la mêlée afin de ne pas mettre en jeu sa domination militaire et politique actuelle sur le Liban, dans un paysage géopolitique incertain, d'autant que son principal bailleur de fonds – et d'armes –, le président syrien Bachar al-Assad, est aujourd'hui quasiment incapable de le soutenir.

Les deux années de guerre civile qui ont décimé l'armée syrienne, ont en effet coupé les lignes de ravitaillement vitales du Hezbollah qui empruntaient jusqu'alors les voies terrestres en provenance d'Iran via la Syrie, empêchant ainsi le flux constant de missiles et d'armes conventionnelles d'arriver jusqu'à la milice chiite.

Dans le même temps, le Hezbollah, devenu une partie importante de l'establishment politique du Liban – beaucoup plus que pendant la deuxième guerre du Liban – aurait beaucoup plus à perdre qu'en 2006 à un conflit avec Israël.

La position israélienne qui consiste à marteler que le gouvernement libanais est responsable des décisions du leader du groupe chiite, Hassan Nasrallah, semble porter ses fruits aux yeux de la classe politique libanaise qui n'a pas hésité à le critiquer ouvertement pour avoir lancé un drone au dessus du territoire israélien ( une "provocation" qui met en danger le Liban, pour la majorité de la classe politique libanaise).

Les développements récents au nord d'Israël pourraient donc annoncer rien moins que l'effritement du fameux "Axe du Mal", selon l'expression de l'ancien président George W. Bush, en prélude à sa riposte militaire aux attentats du 11 septembre 2001.

Selon le rapport, et en fonction de ces différentes données, en cas d'attaque du Hezbollah contre Israël, l'état hébreu pourrait lancer une opération massive au Liban pour éradiquer, une fois pour toutes, la menace sur sa frontière nord.


JORDANIE

Jordanie - Le fantasme du 3è Temple

Un ministre jordanien accuse Israël de préparer une partition du site de la Mosquée d'Al Aqsa, dans la vieille ville de Jérusalem.

Pour Abdul Salam Abadi, le ministre jordanien des Affaires islamiques, Israël veut redessiner les contours de la Mosquée et du Mont du Temple pour construire le troisième temple.

S'exprimant devant une délégation d'ecclésiastiques australiens, Abadi a déclaré avoir reçu des "instructions du pouvoir Hachémite" (le pouvoir royal jordanien, ndlr) pour sauvegarder le caractère arabe et islamique de Jérusalem.

La Jordanie a étendu en 1950 sa souveraineté à Jérusalem Est et à la Cisjordanie de l'époque; elle continue à administrer les lieux saints musulmans érigés sur le Mont du Tempe.

Selon le quotidien jordanien Al-Ghad, Abadi aurait déclaré qu'il recherchait "le soutien des résidents de Jérusalem pour une résistance ferme aux attaques répétées d'Israël contre les lieux saints musulmans de Jérusalem".

Les autorités religieuses musulmanes (le Waqf) qui administrent la mosquée d'Al Aqsa, le Dôme du rocher et leurs esplanades, interdisent aux juifs de prier sur le Mont du Temple.


TUNISIE

Tunisie - La rhétorique antisémite imprègne le quotidien

Dans la vague qui a suivi le printemps arabe, le parti Ennahda, une branche des Frères musulmans, a été portée au pouvoir en Tunisie.

Avec plus de 40 % de votes aux élections législatives, Ennahda administre désormais le pays et fait mine de s'inquiéter d'une flambée de manifestations antisémites que l'on retrouve conduites par des personnalités du monde religieux.

Sous le régime de l'ancien Président Ben Ali, la Tunisie était considérée comme un pays "occidentalisé", avec des positions considérées comme "libérales" dans des domaines comme l'éducation, le droit des femmes ou la tolérance religieuse.

Son attitude à l'égard des juifs était notamment tolérante… tant que ceux-ci reconnaissaient la prééminence de l'Islam, des juifs qui par ailleurs jouaient un rôle très actif dans l'économie du pays et son développement.

Jusque dans un passé pas si lointain, les juifs étaient considérés comme des "Dhimmis", des citoyens de seconde zone, tolérés, devant s'acquitter de taxes spécifiques et portant des signes distinctifs signalant leur appartenance religieuse.
Ce n'était pas une étoile jaune mais ca y ressemblait.
L'interdiction de posséder des biens immobiliers, d'accéder à certaines professions, les attaques dont ils étaient l'objet rappelle, avant l'heure la situation des juifs sous leur "premier statut" édicté par Vichy.

Après l'indépendance de la Tunisie, en 1957, si l'on ne peut absolument pas qualifier le premier Président, Habib Bourguiba de pratiquer l'antisémitisme d'état, celui-ci n'a rien pour stopper, sur "le terrain", les attaques dont étaient victimes les juifs, au quotidien.
Dans ses Mémoires, Albert Memmi note que la police arrivait toujours après que la "foule ait fini de piller et d'incendier".

La guerre des Six jours vit une vague sans précédent d'attaques contre les juifs, avec notamment l'attaque de la grande synagogue de Tunis – dont les sefer Torah furent brûlés.
C'est à cette époque que s'enclencha le départ de la majorité des juifs tunisiens : avec une population estimée à 100 000 âmes en 1948, la communauté juive compte aujourd'hui 2000 membres, principalement installés à Djerba.

La période récente a, à nouveau, vu se développer de virulentes attaques contre les derniers juifs de Tunisie, notamment de leaders islamistes radicaux, sans provoquer de réaction notable des autorités.
Durant la visite du Premier ministre de Gaza, Ismail Hanyeh, la foule a scandé "mort aux juifs" à l'aéroport et dans les manifestations organisées pour accueillir le leader du Hamas.

Nous rapportions dans notre édition du 23 décembre le prêche d'un imam dans sa mosquée de Rades – sud de Tunis -, Sheikh Ahmed al-Suhayli, accusant les juifs de répandre la corruption sur la planète, et appelant à "stériliser les femmes juives".

Son sermon, délivré le 30 novembre, a largement été repris sur Internet et sur la chaine Hannibal TV, une chaine populaire.
Des condamnations ont été affichées par les organisations de défense des Droits de l'Homme, mais aucun commentaire, aucune condamnation n'a été entendue de la part du gouvernement ou d'officiels tunisiens.

Selon le quotidien londonien Al-Quos al-Arabi qui rapportait ce prêche, depuis la chute de Ben Ali, les attaques contre les juifs se sont multipliées.
Et de rappeler qu'en février 2012, les islamistes rassemblés pour accueillir l'iman égyptien Wagdi Ghanaim chantaient "mort aux juifs".

Un mois plus tard, en mars, un sheikh salafiste appelait les jeunes tunisiens à "se former pour tuer les juifs".

Et en novembre dernier, 4 libyens et un policier tunisien étaient arrêtés alors qu'ils planifiaient l'enlèvement d'un jeune juif tunisien.

Les Salafistes tunisiens, portés par les succès des frères musulmans dans le monde arabe et notamment aux élections législatives tunisiennes, mettent la pression à travers le pays, et se heurtent partout aux forces libérales de la société, pour imposer l'adoption de la Charia.
L'antisémitisme virulent est une partie intégrante de leur action doctrinale.

Rashed Ghannouchi, le leader d'Ennahada, a exprimé à plusieurs reprises son désir de parvenir à un "modus vivendi" avec les salafistes, sans condamner leurs appels antisémites- le même Ghannouchi n'était d'ailleurs pas en reste quant aux déclarations antisémites dans le passé.
Israël est aussi sur tous les agendas politiques tunisiens depuis que, dans le premier projet de constitution, figurait une clause "criminalisant toute normalisation " avec l'état juif.

Une formulation épinglée par les organisations de Défense des Droits de l'Homme, notamment Human Right Watch.
On ne sait toujours pas si cet article figurera ou pas dans la rédaction définitive de la constitution tunisienne.

De sources fiables, l'aile radicale d'Ennahda aurait bloqué la nomination d'une personnalité juive au poste de ministère du tourisme. Il serait agi pour les "modérés" du gouvernement, notamment le Premier ministre Hamadi Jabali, de démontrer que la Tunisie n'était pas antisémite; celui-ci aurait poussé la désignation de Rene Trabelsi, Président de la communauté juive de Djerba et agent de voyages, à ce portefeuille ministériel.

Pourtant, pour les extrémistes musulmans, mais aussi pour les salafistes, il parait acquis – comme en Egypte – qu'un gouvernement dirigé par les frères ne sanctionnera pas l'antisémitisme.

Ce serait, pour eux, qui voient l'antijudaïsme comme une valeur du Coran, le principal acquis du printemps arabe.
(Photo : un drapeau israélien sert de paillasson dans les toilettes de l'aéroport de Carthage- Tunis;une photo envoyée par un de nos lecteurs en déplacement en Tunisie).


MONDE JUIF

En Jamaïque, conversion et mariages mixtes sont l'avenir de la communauté juive

L'assimilation et l'émigration constituent les principaux défis pour l'une des plus anciennes communautés de l'hémisphère occidental.

Marie Reynolds s'est immergée dans les eaux vives de bains minéraux à Kingston, qui lui a servi de mikveh pour parachever sa conversion au judaïsme et lui permettre de devenir officiellement membre de l'une des plus anciennes communautés juives de l'hémisphère occidental, la communauté juive jamaïcaine.

L'avenir de la petite communauté juive métissée – pas plus de 200 âmes, comme le souligne son chef de file, Ainsley Henriques - pourrait bien dépendre de ces juifs qui choisissent de le devenir.
Marie Reynolds, avant sa conversion, avait étudié le judaïsme depuis plus d'une décennie. Elle est aujourd'hui membre de la chorale et soliste à la Congrégation Shaare Kahal Kadosh Shalom, seule synagogue de la Jamaïque.

Cette psychothérapeute pour enfants, âgée de 52 ans, dit avoir été attirée sur le judaïsme dans les années 1990 pour… avoir un jour de repos ! Finalement une visite en 1998 au Museum of Jewish Heritage de New York, lui a donné un profond sentiment de connexion au judaïsme.

"Je me sentais comme si je revenais à la maison", dit-elle.
Un an ou deux après sa visite au musée, elle découvre que la famille de sa belle-mère est juive, ce que son mari ignorait totalement.
Compte tenu de l'histoire séculaire de la communauté juive en Jamaïque, il n'est pas étonnant que le mari de Marie Reynolds ait des racines juives.

Ainsley Henriques, 73 ans, qui porte les chapeaux multiples de chef de la communauté, historien et consul honoraire d'Israël, estime que près de 10% des Jamaïcains ont une ascendance juive.
"Nous avons semé nos graines loin", déclare Joseph Matalon, 67 ans, dont la famille, arrivée de Damas, en Syrie, au 20e siècle, est "nouvelle" en Jamaïque.

Mais Matalon craint aussi que ne s'expriment certains préjugés raciaux dans les nombreuses revendications jamaïcaines à une ascendance juive.
"Ici, il est important d'être blanc ou en tous cas d'avoir la peau claire", explique-t-il.
"Dans un pays où les habitants sont à 90% noirs, affirmer que son arrière-grand-père était juif, c'est aussi sous-entendre qu'on est blanc."

Marie Reynolds, elle, ne prétend pas avoir des racines juives, ou plutôt elle n'en sait rien.
Les racines juives de la Jamaïque sont profondes.
Certains conversos - Juifs forcés de se convertir pendant l'Inquisition mais continuant à pratiquer le judaïsme en secret – sont peut-être arrivés sur l'île avec Christophe Colomb en 1494 et au cours de ses voyages ultérieurs.

En 1577, les Juifs étaient libres de vivre et de travailler sur l'île mais c'est seulement lorsque les Britanniques ont conquis la Jamaïque en 1655 qu'ils furent autorisés à pratiquer leur religion ouvertement et à établir une communauté juive, des synagogues et des cimetières.
Commerçants, médecins, avocats, comptables, artistes, entrepreneurs et représentants du gouvernement, ils participèrent largement à l'essor de l'activité économique de l'île.

La première synagogue fut construite à Port-Royal dans les années 1600 puis détruite par un tremblement de terre en 1692 qui a rasé une grande partie de la région.

En 1849, nombreux étaient les Juifs qui siégeaient dans l'Assemblée jamaïcaine, celle-ci ne se réunissait jamais à Yom Kippour.
Lorsque la Jamaïque a obtenu son indépendance de la Grande-Bretagne en 1962, son premier ambassadeur aux États-Unis était un homme d'affaires juif et avocat, Neville Ashenheim.

Au plus fort de la vie de la communauté, en 1881, les Juifs représentaient 4,5% de la population de la Jamaïque et comptait 580.000 âmes (17,5% de la population blanche). Aujourd'hui, les Juifs ne représentent plus qu'une petite fraction des 2,6 millions de Jamaïcains.

La communauté n'a ni mohel ni mikve,et aucun commerce casher.
La plupart des cérémonies qui ont lieu sur l'île (bar-mitsva, mariages) sont le fait de résidents partis à l'étranger et qui reviennent le temps de faire la fête, ou d'étrangers qui choisissent ce lieu "exotique" pour donner du cachet à leur événement.

Mais l'an dernier, la synagogue Shaare Shalom a embauché son premier rabbin à temps plein en plus de trois décennies, Dana Evan Kaplan, avec l'objectif d'amener l'assemblée vers plus de pratique et d'accroître ses connaissances.

Malgré le taux de mariages mixtes élevé, la plupart des enfants de ces mariages sont élevés comme Juifs et les conversions sont nombreuses.
Rien qu'au cours de sa première année en tant que rabbin, Dana Evan Kaplan, a supervisé dix-huit conversions, ce qu'il voit comme "l'un des facteurs de la vitalité et le salut du judaïsme jamaïcain.".

Des travaux sont en cours pour référencer, nettoyer et restaurer les treize cimetières juifs de l'île dont un seul est encore en activité.
Et pour Marie Reynolds, l'avenir de la communauté passe aussi par là, le maintien du patrimoine de la communauté : "Les Juifs jamaïcains ont grandi en tant que chrétiens, dit-elle, mais ils reviennent à leurs racines juives et, comme eux, la Jamaïque se transforme".
(avec TofIsraël)


POLITIQUE

Israël : alcool et cigares, l'ancien chef du Shin Beth tire à vue sur le gouvernement

Dans un entretien en fin de semaine par le quotidien israélien Yedioth Aharonoth, l'ancien chef du Shin Beth, Yuval Diskin, n'a pas de mots assez durs contre le duo aux commandes du gouvernement israélien, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense, Ehud Barak, qui pourraient fort bien être reconduits après les élections du 22 janvier.

Yuval Diskin revient sur un événement qui avait déjà été révélé il y a deux mois dans l'émission d'investigation de la deuxième chaîne israélienne, Uvda ("Fait") : une réunion au siège du Mossad en 2010, au cours de laquelle le Premier ministre et le ministre de la Défense, après avoir ordonné aux Forces de défense israéliennes de se préparer à une attaque contre l'Iran, s'étaient heurtés à l'opposition résolue de l'ex-chef d'état-major Gabi Ashkenazi et du chef du Mossad de l'époque, Meir Dagan, opposition telle que l'ordre ne fut pas exécuté.
L'ancien chef du Shin Beth y rajoute sa touche personnelle.

Il décrit, au-delà de l'opposition frontale entre les hommes, ce qui lui est apparu dans le comportement de Netanyahu et de Barak lors de cette réunion comme "un manque total de respect pour les gens présents" :
Netanyahou et Barak fumant le cigare avec ostentation devant leurs subordonnés, le ministre de la Défense se versant des verres d'alcool, les chefs du Mossad dans leurs chapeaux blancs…

Contrairement à son ami Meir Dagan, Yuval Diskin ne s'est pas opposé pas un projet d'une frappe des réacteurs nucléaires de l'Iran.

Diskin estime qu'une guerre avec l'Iran est inévitable ; il lui semble seulement que Netanyahou et Barak "s'en vont en guerre" pour des motifs inappropriés, d'ordre "messianique" et qu'ils seront, selon lui, incapables de gérer la crise qui ne manquera pas de s'ensuivre.
l y rajoute un jugement moral : les deux hommes sont pas dignes de mener Israël à la guerre contre l'Iran.

Ce qui semble émerger de ses propos, c'est le climat délétère qui régnait entre les hommes dans toute la chaîne de commandement et l'impréparation critique des forces israéliennes, ce qui s'est révélé, dit-il, dans la gestion de la crise de la flottille pour Gaza (qui a conduit à l'abordage du Mavi Marmara).

De ce point de vue, il ne ménage pas ses critiques à l'égard de l'ancien chef d'état-major, pourtant son ami, Gaby Ashkénazi dont l'opposition à l'attaque de l'Iran n'était, selon lui, qu'une façon de masquer son échec.

Il lui semble par ailleurs "inouï' que Barak et Netanyahou aient envisagé d'entrer en guerre contre l'Iran, sans dicsussion au Conseil des ministres ni au Cabinet restreint de sécurité.

D'où il ressort que le Premier ministre et le ministre de la Défense ont complètement échoué à gagner la confiance des mêmes subordonnés qu'ils auraient eu à "mener au combat" le moment venu.
Avec un bémol cependant : cette réunion avait lieu en 2010 et aucun de ceux qui s'en sont fait l'écho, de manière critique, ne sont plus aux commandes.
Ces deux dernières années ont-elles suffi à inverser la tendance ?


ARCHEOLOGIE

La Gueniza afghane surgit des zones talibanes

Des manuscrits très anciens, rédigés en caractères hébraïques sauvés de grottes situées dans un bastion des talibans au nord de l'Afghanistan, viennent de parvenir en Israël.

Ils fournissent la première preuve physique de l'existence d'une communauté juive prospère, il y a mille ans, dans ces régions d'Asie centrale.
Datés d'à peu près un millier d'années et conservés au fil des siècles par les conditions sèches et ombragées des grottes, ces manuscrits sont arrivés en Israël la semaine dernière.

Ils mentionnent des noms typiquement juifs et évoquent la vie des Juifs dans l'ancienne Perse du 11e siècle.

Écrits en caractères hébraïques anciens, en araméen, en arabe de Judée et en langue judéo-persane de l'époque, "le yiddish des Juifs persans", selon Haggai Ben-Shammaï, le directeur de la Bibliothèque nationale, ils couvrent toute la gamme des expériences de vies, y compris des commentaires bibliques, des lettres personnelles ou encore des documents financiers ; ils contiennent en outre un commentaire encore jamais mis à jour du Livre d'Esaïe par un exégète du Xe siècle, Saadia Gaon.

C'est l'utilisation du judéo-persan ainsi que la datation au carbone 14 qui a permis d'en vérifier l'authenticité.

"Nous avons de nombreuses sources historiques sur les communautés juives ayant vécu dans cette région", explique le Dr Ben-Shammaï.
"Mais c'est la première fois que nous avons une grande collection de manuscrits qui représente la culture de ces Juifs et atteste de leur présence dans cette partie du monde persan au début du XIe siècle, sur un lieu central de la route commerciale dite de la soie reliant la Chine à l'Occident".

Ces anciens manuscrits ont été découverts par hasard dans une grotte occupée par des renards il y a environ deux ans dans le nord de l'Afghanistan.
Ils étaient dissimulés dans une "genizah", l'endroit où l'on enterre les écrits contenant les noms de D-ieu, qu'il est interdit de jeter, selon la loi juive.

Sans préciser le montant de la transaction pour les vingt-neuf documents qu'elle a pu acquérir, la Bibliothèque nationale, qui a été contactée par des marchands d'antiquités, espère bien pouvoir mettre la main sur ce qui reste des documents dont la quantité n'est pas révélée.
En attendant, elle s'apprête à mettre ces manuscrits à la disposition du public en les publiant sur Internet.

Selon les chercheurs, la "Genizah afghane", la plus éloignée d'Israël jamais retrouvée, représente la plus grande archive mise à jour depuis la découverte de la "Genizah du Caire" dans une synagogue égyptienne il y a plus de 100 ans.

Les Juifs afghans de l'époque médiévale vivaient, selon le Dr Ben-Shammaï, en grande partie comme les autres Juifs dans le monde musulman, une «minorité tolérée» relativement mieux traités que sous domination chrétienne.
Ils étaient 40.000 à la fin du 19e siècle, renforcés par les Juifs perses qui avaient fui une conversion forcée.

La plupart ont émigré après la création d'Israël en 1948, n'en laissant que 5.000 sur place. Aujourd'hui, un seul homme juif reste en Afghanistan tandis que 25.000 autres vivent dans l'Iran voisin.

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