Numéro 1162 - 25.11.2012 - 11 Kislev 5773       Imprimer

A LA UNE

La France pourrait voter en faveur de la demande palestinienne à L'ONU.

Des sources diplomatiques françaises indiquaient en fin de semaine que Paris soutiendra la demande palestinienne devant l'Assemblée générale de l'ONU, où l'Autorité palestinienne tentera d'obtenir ce que le Conseil de sécurité a bloqué : l'obtention – la reconnaissance – du statut d'état observateur non membre, un statut semblable à celui du Vatican.

La demande a toutes les chances d'être acceptée puisque les pays arabes, non alignés ou soutiens de la démarche palestinienne sont largement majoritaires; devant l'Assemblée générale, aucun veto ne peut s'appliquer.
Sans dire explicitement comment la France voterait, le ministre Français des Affaires étrangères a indiqué que le pays "confirmait le soutien" à la demande palestinienne.

Il a d'ailleurs déclaré devant un groupe de sénateurs : " je voudrais vous rappeler la proposition 59 du candidat François Hollande, qui déclare qu'il devrait y avoir reconnaissance internationale d'un état palestinien".
Cette remarque pourrait tenir lieu d'intention de vote du gouvernement.

Bertrand Delanoë, maire de Paris, a déclaré soutenir la démarche palestinienne

Fils du Hamas : un ennemi barbare

Mosab Hassan Yousef , le fils de Sheikh Hassan Yousef, un des fondateurs du Hamas s'est exprimé vendredi sur la deuxième chaine de télévision israélienne.

Ses propos résonnaient comme ceux d'un habitant du sud, après des semaines de tirs de roquettes. L'interview s'est déroulée depuis un lieu tenu secret, aux Etat Unis où il réside, à peine deux jours après la signature du cessez le feu entre Gaza.

Pour l'ancien combattant du Hamas, "il ne faut pas oublier que notre ennemi est barbare, il utilise les femmes et les enfants comme des boucliers".
Pour Mosab Hassan Yousef, le Hamas "est né pour détruire, il ne construira jamais rien, ils sont incapables de bâtir un état palestinien"; il dit espérer que leurs mensonges "sauteront un jour aux yeux des palestiniens".

Le fils du fondateur du Hamas a quitté les rangs de l'organisation islamiste officieusement en 1997, puisqu'il a alors commencé à travailler pour les services de renseignements israéliens, le Shin Bet.
En 2007, après avoir permis d'éviter dizaines d'attentats et l'arrestation de nombreux dirigeants clandestins du Hamas, Yousef a demandé l'asile politique aux Etats Unis et s'est converti au christianisme.

Interrogé sur la récente opération militaire, il estime que "seul l'avenir dira qui a vraiment gagné", estimant que l'important était qu'il y ait eu un cessez le feu et qu'il faudrait "tout réévaluer en fonction de ce qui arrivera".

Au sujet de la stratégie israélienne – bombardements aériens plutôt qu'offensive terrestre", il a dit penser " que ce n'était pas le bon moment pour une opération terrestre".
Pour lui l'option doit "rester sur la table: il ne 'agit pas de ré occuper Gaza, ou d'aller dans des zones très habitées mais Israël pourrait devoir contrôler les zones frontalières, celles par où le Hamas introduit les armes".

Yousef a déclaré ne pas être étonné par les tirs sur Tel Aviv mais, selon lui, "les renseignements israéliens savaient que le Hamas avait cette capacité", estimant que "l'organisation islamiste avait des capacités qu'elle n'avait jamais eues et qu'il faudra en tenir compte".

"Parmi les palestiniens pauvres et peu instruits, le crédit du Hamas a augmenté, mais je suis sur que le Hamas ne pourra jamais amener la paix aux palestiniens", a-t-il ajouté.

Pour lui, la solution passe par l'éducation : "expliquer aux palestiniens que les israéliens ne sont pas l'ennemi du peuple, ils verront qu'Israël a fait plus pour les palestiniens que quiconque".

A un moment particulièrement poignant, Yousef a choisi de parler directement à son père, qui l'a publiquement renié il y a deux ans.
"Je suis sur que des gens du Hamas, des gens comme mon père, écoutent l'émission. Je leur dis: ce n'est pas courageux de sa cacher derrière des enfants pour tirer des missiles.

Israël a totalement quitté Gaza en 2005, le champ de bataille est à l'extérieur des zones habitées; si le Hamas avait du courage, ils seraient sortis de la bande de Gaza au lieu de s'y cacher comme des rats".
Yousef n'a plus communiqué avec ses parents deux ans, lorsqu'il a publié un livre "coup de tonnerre" : Fils du Hamas. Il dit considérer n'avoir "plus de famille aujourd'hui".

Réagissant aux vidéos sur lesquelles on voit des habitants de Gaza, collaborateurs supposés d'Israël abattus dans la rue, puis l'un deux trainé demi nu derrière une moto, il estime que "le Hamas pense qu'il peut briser la population par la terreur; la plupart des gens exécutés pour collaboration avec Israël n'ont rien à voir avec Israël".
Yousef a conclu l'entretien en souhaitant, en hébreu, Shabbat Shalom aux téléspectateurs.

Des troupes américaines dans le Sinaï

Selon le site DebkaFile, spécialisé dans le renseignement militaire, les Etats-Unis déploieraient des troupes dans le Sinaï égyptien la semaine prochaine.

Barack Obama aurait pris cet engagement pour engager l'acceptation du cessez le feu par le Premier ministre israélien.

Le sujet aurait été traité lors d'une conversation téléphonique entre les deux hommes, quelques heures avant que l'accord ne soit annoncé au Caire mercredi soir, à peu près au moment auquel s'est produit l'attentat contre un bus de Tel Aviv.

Une de préoccupations principale du Premier ministre israélien était d'assurer, en sortie de crise, la résolution du problème de la contrebande des armes vers la bande de Gaza.

Ces armes, des résidus de stocks libyens, mais également et essentiellement des matériels livrés par l'Iran, transitent par le Soudan vers l’Égypte, la péninsule du Sinaï – que l’Égypte ne contrôle plus – avant d'être introduites à Gaza par les tunnels de contrebande.
Benjamin Netanyahou aurait affirmé "que les hostilités dureraient tant que cette question n'aura pas été résolue".

Les américains auraient à plusieurs reprises tenté d'obtenir d'Israël qu'il accepte comme garantie l'engagement de Mohamed Morsi, le Président égyptien, qu'il lancerait une offensive contre la trafic d'armes avant la fin du mois.

Netanyahou et Barak étaient prêts à accepter, jusqu'à ce que des rapports des services de renseignements leur démontrent que l'Egypte n'avait pas la capacité militaire de mener de telels opérations.

Quand la secrétaire d'Etat Hillary Clinton est arrivée à Jérusalem mardi, elle a assuré que les USA avaient décidé d'accélérer la mise au point d'un système électronique sophistiqué qui assurerait une protection efficace des frontières du nord Sinaï et du Canal de Suez.
Il permettrait aussi de "verrouiller" la route de Philadelphie à travers laquelle passent les trafiquants d'armes.

Cela impliquerait d'un déploiement de civils et militaires américains dont Benjamin Netanyahou était sur qu'il faudrait des mois pour obtenir l'val des autorités égyptiennes, un temps pendant lequel Gaza aurait tout loisir de reconstituer son stock de roquettes.
C'est à la suite de cette objection que Barack Obama aurait obtenu l'accord des autorités égyptiennes pour un déploiement de troupes américaines pour contrôler la route de l'approvisionnement en armes de la bande de Gaza.

Netanyahu aurait à ce moment donné son accord pour un cessez le feu annoncé quelques heures plus tard par Mohamed Morsi et Hillary Clinton.
Selon Debka, les troupes seraient à pied d'œuvre au cours des prochaines 48 heures.

Si des armes en provenance d'Iran sont interceptées, il s'agira de la première action militaire américaine contre la république islamique.
L'accord égyptien, si le déploiement s'avère être réel, signifierait également que l'Egypte reste engagé par le traité de paix avec Israël et accepte que les Etats-Unis interviennent pour assurer la sécurisation de l'état hébreu.

Cet accord, si il se confirme, battra en brèche les affirmations du Hamas clamant qu'il a obtenu, dans le cadre du cessez le feu, la fin totale du blocus de Gaza.

Si les forces américaines se déploient réellement, cela pourrait signifier la fin d'une "arrière cour" de Gaza, hors de toute atteinte pour Israël car située en territoire égyptien, la péninsule du Sinaï.
C'est probablement là que se déroulera le dernier round de l'opération Pilier de Défense.
En dépit du sérieux de DebkaFile, on peut s'interroger cependant sur l'information.
Une des constantes des régimes islamistes, est de refuser la présence de troupes étrangères sur son territoire (cf les citriques violentes au sujet de la présence de troupes occidentales, même sous mandat de l'ONU au Koweït, lors de la guerre du Golfe, en Irak ou encore en Afghanistan)


ANALYSE

Les groupes liés au Fatah de Mahmoud Abbas revendiquent des tirs sur Israël

Plusieurs groupes appartenant au Fatah, le parti de Mahmoud Abbas, ont affirmé samedi avoir tiré sur Israël durant l'opération Pilier de Défense.

Un porte parole de la branche armée du Fatah, les Brigades des martyrs d'Al Aqsa, a affirmé, masqué, que ces militants du Fatah avaient tiré 516 roquettes sur Israël.

Affirmant que les groupes liés au Fatah continueraient " à défendre le peuple palestinien contre les crimes israéliens" (un de ses responsables, Mohamed al-Zaini,aurait été tué par une attaque israélienne alors qu'il lançait des roquettes), il a également déclaré qu'au sol, des membres se trouvaient "aux côtés des autres factions palestiniennes" et appelé Mahmoud Abbas et Khaled Meshaal à mettre 'fin immédiatement à la division entre le Fatah et le Hamas".

Selon lui, le Fatah se "félicite de l'attentat contre un bus à Tel Aviv mercredi" –qui a fait 21 blessés.

Selon Abbas Zaki, membre du Comité central du Fatah, Mahmoud Abbas "ne serait pas contre la résistance armée à Gaza".

" Nous avons donné de la légitimité et un sens politique à ces roquettes; j'ai une grande sympathie pour le Hamas, D-ieu les bénisse. D-ieu bénisse le Hamas, le Djihad islamique et tous ceux qui ont décidé de mourir pour l'amour de Gaza".


TERRORISME

Egypte - Les salafistes égyptiens controlent les terroristes du Sinaï

Selon le journal pan-arabe Al-Hayat, les dirigeants du groupe terroriste Jihad islamique égyptien ont tout fait pour dissuader les groupes armés djihadistes et salafistes basés dans le Sinaï d'attaquer Israël…

Les deux groupes djihadistes salafistes contactés, Ansar Beit al-Maqdis et Ahl al-Sunna wal Jamaa, avaient envisagé de passer, eux aussi, "à l'action" et attaquer Israël par des tirs de roquettes sur les villes israéliennes en solidarité avec la "résistance palestinienne".

L'intention était de provoquer une riposte israélienne dans le Sinaï ce qui aurait poussé l'Égypte à s'impliquer dans le conflit armé en cours et aurait embrasé la région.

Virage à 180 degrés.
Le cessez-le-feu, entré en vigueur depuis hier mercredi, impose au président égyptien issu des Frères musulmans, Mohamed Morsi (adoubé sur la scène internationale pour son rôle de médiateur), de tenir son nouveau rang de garant de l'accord : il ne peut pas afficher son incapacité à contrôler le Sinaï.

Magdy Salem, un important leader djihadiste égyptien, s'il a bien confirmé à Al-Hayat que des contacts avaient été pris entre les différents groupes du Sinaï, s'est toutefois refusé à préciser si c'était à la demande des représentants du gouvernement.

"Eu égard à la gravité de la situation, ces groupes se sont engagés à ne pas lancer de roquettes sur Israël depuis le Sinaï", a-t-il ajouté.
Magdy Salem a nié que des roquettes aient été tirées depuis le Sinaï pendant cette semaine de combat même si, a-t-il admis "il y a eu quelques actions individuelles ici et là".


BANDE DE GAZA

Gaza - Le Hamas calme la frontière avec Israël

La police du Hamas a procédé à l'évacuation de plusieurs dizaines de palestiniens de la zone frontière avec Israël.

Ce mouvement, suffisamment rare pour être signalé, intervient après la mort d'un habitant de Gaza tué dans cette zone par l'armée israélienne, le premier mort de l'après cessez le feu.

Cette évacuation se produit après intervention des négociateurs égyptiens, qui ont enjoint israéliens et palestiniens de "toute faire pour préserver le cessez le feu".

Les soldats israéliens ont ouvert le feu alors que plusieurs dizaines de palestiniens tentaient de briser la barrière de défense, certains d'entre eux leur jetant des pierres.
Après trois coups de semonces tirés en l'air, les soldats ont ouvert le feu.
Le Hamas a dénoncé l'incident, mais reconnu que l'accord " prévoyait d'empêcher les gens de s'approcher de la barrière de séparation".

Omar Qdeish, témoin et parent de l'homme tué, a confirmé qu'Anwar Qdeih, l'homme abattu, était monté sur la barrière pour planter un drapeau du Hamas; les soldats ont tiré 3 fois en l'air".

Selon un porte-parole de l'armée, 300 manifestants ont tenté de "prendre d'assaut" la barrière qui sert de frontière.
Devant leur refus d'obtempérer aux injonctions de se retirer, les soldats ont tiré des coups de semonce, puis visé les jambes des manifestants".

Israël allège le blocus de la bande de Gaza

Israël a commencé à appliquer les mesures d'allègement du blocus de Gaza, prévues par l'accord de cessez le feu avec le Hamas.

Un des dirigeants du bureau politique du Hamas, Mousa Abu Marzouk, a pour sa part déclaré que l'accord signé n'empêcherait pas la contrebande d'armes.

"Les armes sont notre protection et nous n'avons pas d'autres solution pour nous en procurer" a commenté Marzouk, qui a confirmé que les pourparlers indirects – via la médiation égyptienne – entre Israël et l'organisation islamiste reprendraient lundi pour préciser les modalités d'application du cessez le feu.

Selon les résidents de Gaza, les fermiers dont les terres touchent la frontière ont été autorisés à se rendre sur leurs terres, le long de la frontière; de même, on notait que les pêcheurs ont pris prendre la mer, ce que leur interdisait le blocus maritime auparavant.

Ils ont été autorisés à naviguez jusqu'à 11 kilomètres de côtes environ, soit le double de ce qu'était la zone de pêche autorisée avant l'opération Pilier de Défense.

Pour, Mahfouz Kabariti, Président de l'association de pêche de Gaza, " Cela nous donne une plus grande chance de faire une meilleure pêche, même si la zone est limitée".(Gaza compte environ 3500 personnes qui vivent de la pêche).

Israël et le Hamas devraient maintenant négocier les conditions d'ouverture de cette frontière fermée par l'état hébreu – et l'Egypte – après le coup de force du Hamas qui l'a conduit au pouvoir en 2007.

Dans le même temps, plusieurs résidents ont confirmé avoir pu entrer dans la zone tampon le long de la frontière, un no man's land qu'Israël entendait préserver pour éviter les infiltrations et les enlèvements de soldats.

Nidal Abu Dakka, un fermier de Gaza, a confirmé au site Ynet s'être rendu dans son champ le long de la frontière : "les soldats m'observaient mais il ne s'est rien passé", affirme-t-il, en ajoutant qu'il a intention de "planter et du blé et de l'ordre le plus tôt possible".
Dans d'autres zones dépourvues de champs cultivables, le Hamas empêchait les abords de la zone frontière.

Un officiel israélien confirmait samedi qu'Israël ne maintiendrait pas cette zone tampon" mais "se réservait le droit d'agir en cas de comportement suspect".


EGYPTE

Égypte - Mohamed Morsi réveille la Place Tahir

Il semble que l'armée commence à intervenir en soutien aux manifestants de la Place Tahir qui protestent contre le coup de force du Président égyptien Mohamed Morsi, issu de la confrérie des Frères musulmans.

Des groupes d'officiers ont été vus distribuant des tracts durant les manifestations, affirmant "la légitimité est de votre côté, nous protègerons le pays".

Plusieurs médias, dont le journal de langue arabe basé à Londres Al-Quds Al-Arabi, rapportent que les militaires affirmaient, vendredi, que "l'armée devait prendre position face au coup de force de Morsi qui s'arroge les pleins pouvoirs".

Opposants et soutiens de Morsi se sont violemment affrontés vendredi et samedi.

Les magistrats égyptiens – réputés relativement indépendants – ont pris la tête de la contestation dénonçant une "attaque sans précédent contre la justice"; le Club des juges d'Alexandrie a annoncé entamer une grève ouverte pour protester contre le décret qui fait que les décisions de Morsi ne sont plus contestables devant aucune juridiction.

Les magistrats ont repris le slogan populaire de la révolte contre Hosni Moubarak "Le peuple veut la chute du régime".

Des personnalités et structures laïques et libérales organisent une manifestation mardi prochain place Tahir; les Frères musulmans ont annoncé l'organisation d'une contre manifestation à proximité.

Le décret pris jeudi par Mohamed Morsi, ouvre le fait qu'il lui donne les pleins pouvoirs, empêche toute action en justice contre ses décisions.
Il a pris une décision analogue, le rendant "inamovible", concernant le comité de la Constituante, chargée de rédiger la nouvelle constitution égyptienne, et dominé aux trois quarts par les islamistes – les laïcs et libéraux l'ont peu à peu quitté, pratiquant la politique de la chaise vide.


MONDE JUIF

Venezuela - Contre Israël, l'antisémitisme toujours

Une cinquantaine de manifestants qui protestaient jeudi contre l'opération militaire israélienne à Gaza se sont rassemblés devant la grande synagogue de Caracas, la plus grande du Venezuela.

La confédération des juifs du Venezuela indique que les manifestants ont jeté des pierres et des "pétards" dans le bâtiment, interrompant les activités et causant un début de panique alors que des slogans antisémites étaient scandés à l'extérieur.

La communauté a appelé le gouvernement à assurer la protection du lieu de culte et le ministère de l'Intérieur vénézuélien annonçait qu'il allait déployer des forces de police autour du bâtiment.

Il n'y avait pas de tradition d'antisémitisme au Venezuela, Hugo Chavez en a fait une réalité.

Pressions physiques ou économiques, campagnes antisémites orchestrées par la radio nationale ou les sites internet chavistes, menaces: si la communauté juive du venezuela comptait environ 30 000 membres au début du mandat de Chavez, il n'en resterait qu'une dizaine de milliers, les autres ont fui vers les Etas Unis (où ils peuvent obtenir le statut de réfugiés politiques), vers Israël ou d'autres destinations.


NOUVELLES BREVES

Nouvelles brèves, 9 dépeches

ISRAËL : Pilier de Défense, l'objectif caché - Attaque contre une école palestinienne - Le Parti travailliste veut Tsipi Livni - Iron dome a couté 30 millions de dollars - La natation israélienne se distingue - MAROC - Al Qaeda recrute - HAMAS : menaces contre Israël en cas d'attaque sur l'Iran - HAMAS – HEZBOLLAH : l'impasse – SYRIE: violents combats près de Damas

ISRAËL -PILIER DE DEFENSE, L'OBJECTIF CACHE
Selon le New York Times, l'objectif de l'opération Pilier de Défense était de tester les capacités offensives du Hamas et du Djihad islamique pour évaluer leurs capacités à ouvrir un front au sud d'Israël en cas d'attaque sur l'Iran.

ATTAQUE CONTRE UNE ECOLE PALESTINIENNE
Des habitants d'implantations juives de Cisjordanie/Judée Samarie s'en sont pris, à grands jets de pierre, à une école palestinienne près de Naplouse. L'armée israélienne, arrivée sur place, les a dispersés; il n'y eu aucun blessés mais l'école a subi d'importants dommages.

ISRAEL - LE PARTI TRAVAILLISTE VEUT TSIPI LIVNI
Shelly Yachimovich, la dirigeante du parti travailliste, a appelé Tsipi Livni à rejoindre son parti plutôt que d'en créer un nouveau – qui serait crédité de neuf sièges dans les sondages.
"Ceux qui veulent remplacer Netanyahou doivent s'unir", pour éviter le morcellement de l'opposition, a expliqué Yachimovich.

ISRAEL - IRON DOME A COUTE 30 MILLIONS DE DOLLARS
Les interceptions réalisées par le système anti missiles Iron Dome durant la semaine de conflit avec Gaza ont couté de 25 à 30 millions de dollars, selon le gouvernement.

SPORT - LA NATATION ISRAELIENNE SE DISTINGUE
Lors des championnats d'Europe qui se déroulent en France, à Chartres, le nageur israélien Guy Barné s'est octroyé la démaille d'argent du 50 mètres dos.
Gal Nevo qui avait remporté vendredi la médaille de bronze du 200 mètres nage libre est remonté sur le podium pour la même médailles lors des épreuves du 400 mètres nage libre.

MAROC - AL QAEDA RECRUTE
Les autorités marocaines ont affirmé avoir démantelé une cellule qui recrutait de jeunes marocains pour les emmener s'entrainer au Mali dans les camps d'Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqma).
Selon le ministre de l'intérieur cette cellule était active dans plusieurs villes dont Casablanca.

HAMAS : MENACES CONTRE ISRAËL EN CAS D'ATTAQUE SUR L'IRAN
Selon le numéro deux du Hamas, Moussa Abu Marzouk, les israéliens "doivent maintenant réfléchir à deux fois avant d'attaquer l'Iran. Ils savent que nous pouvons toucher Tel Aviv et bombarder le sud du pays pendant des jours", menaçant ainsi l'état hébreu d'ouvrir un front en cas d'intervention militaire contre l'Iran.
Selon Marzouk, le Hamas disposerait d'un stock de roquettes "pour encore plusieurs semaines de combats".

HAMAS – HEZBOLLAH : L'IMPASSE
La guerre civile syrienne a provoqué une impasse des relations entre Hamas et Hezbollah, a affirmé Osama Hamdan, représentant du groupe terroriste de Gaza au Liban.
Le Hamas, après avoir soutenu le régime de Bashar Al Assad, s'en est écarté – pour éviter le ressentiment de la rue arabe – alors que le Hezbollah reste un indéfectible soutien du régime de Damas.

SYRIE – VIOLENTS COMBATS PRES DE DAMAS
De violents combats se sont déroulés samedi pour le contrôle d'un aéroport militaire dans la région de Damas entre rebelles et forces loyales au régime de Bashar Al Assad.
Les rebelles contrôleraient "une grande partie" de l'aéroport militaire de Marj el-Soltane.
Au sud de Damas, les quartiers qui servent de base aux rebelles ont subi des barrages d'artillerie. Les combats auraient fait 56 victimes samedi, et 40 000 en vingt mois de guerre civile.


Lire aussi...

Pilier de Défense : dans la lignée de cent-vingt ans de guerre

Il ne fallait pas s'attendre à obtenir les signes d'une réussite militaire incontestable à l'opération Pilier de Défense pour y mettre fin.

Le mouvement sioniste, puis Israël, sont en état de guerre avec les états ou populations voisines depuis maintenant environ 120 ans.

Les émeutes de 1929 – des émeutes sanglantes pour l'accès au kotel durant lesquelles les arabes tuèrent 135 juifs et en blessèrent plus de 300 – en passant par la guerre d'Indépendance, la guerre des Six jours, la guerre de Kippour…il s'agit des mêmes guerres, seul le nom les différencie.
"Pilier de Défense" s'inscrit, comme les autres, dans cette guerre qui n'est pas près de s'achever.

L'élimination de chefs du Djihad ou du Hamas, les succès d'Iron Dome n'en sont que des avatars qui, fondamentalement, ne changeront rien.
Il n'y avait donc pas d'image de "victoire définitive" à attendre.
Israël reste sous la menace d'environ 200 000 missiles et roquettes, sur les fronts nord et sud.

Les voisins arabes ont compris deux choses de ces conflits successifs : ils ne peuvent pas surpasser la puissance aérienne d'Israël, et les populations civiles sont vulnérables.

C'est ce constant qui a amené les pays arabes et les groupes terroristes à constituer des stocks hallucinants de roquettes et missiles.
Pilier de Défense a au moins eu le mérite d'apporter une réponse à cette menace des voisins arabes: la combinaison d'un excellent réseau de recueil d'informations, des pilotes de chasses extrêmement performants, une nouvelle technologie, Iron Dome, permet de contenir cette menace.

Ainsi donc Pilier de Défense n'est qu'un chapitre de cette guerre que livrent les voisins arabes à Israël pour l'éradiquer de la région: dans trois mois, dans un an, dans deux, la situation se répètera, identique à elle-même.

Pilier de Défense : Hamas 1 - Abbas, 0

La semaine dernière, Mahmoud Abbas, le Président de l'Autorité palestinienne a interrompu un voyage en Suisse en raison de l'escalade entre Gaza et Israël.

Mais depuis qu'il a regagné Ramallah, Abbas a été incapable de faire ou proposer quoique ce soit au regard de la situation, à part un discours critiquant les opérations militaires israéliennes, et dépêcher un responsable du Fatah dans la bande de Gaza.

La demande d'Abbas de réunir en urgence un sommet arabe au sujet de "l'agression israélienne" n'a rencontré que des oreilles totalement sourdes, comme ses appels à la communauté internationale pour faire condamner Israël.

Les responsables égyptiens qui se retrouvaient hier avec les dirigeants de la Turquie et du Qatar n'ont même pas songé à l'inviter, au contraire des dirigeants du Hamas et même du Djihad islamique.
Les visites d'autres dirigeants arabes, tunisiens, ou de la Ligue Arabe, démontrent à quel point Abbas est devenu quantité négligeable pour le monde arabe.

Marwan Barghouti, le très populaire dirigeant palestinien emprisonné en Israël pour de multiples attentats, dans u communiqué de presse publié depuis le fond de sa cellule, avait enjoint Abbas de se rendre à Gaza; mais le Président palestinien, bouté hors de Gaza par le coup de force du Hamas en 2007, a de bonnes raisons de rester à l'écart de Gaza.

Les dirigeants terroristes ont pratiquement interdit de séjour Mahmoud Abbas, tant qu'il ne renoncera pas au processus de paix avec Israël – et, accessoirement, arrête les emprisonnements de militants du Hamas dans les territoires palestiniens.

Selon Mahmoud Zahar, un leader du Hamas, la principale menace pour Abbas serait les fidèles de Mohamed Dahlan, l'ancien homme fort de la sécurité palestinienne, qu' Abbas a banni.

Les délégations arabes qui se succèdent à Gaza considèrent qu'elles n'ont aucune raison de parler à Abbas, qui ne joue aucun rôle à Gaza
Il tente donc désespérément de faire croire qu'il peut être utile dans la conclusion d'un cessez le feu, laissant même entendre qu'il était totalement impliqué dans les médiations en cours –dont il est, en fait, totalement absent.

Dans ses différents discours, Abbas a violemment critiqué Israël, à qui il fait porter l'entière responsabilité de la violence à Gaza. D'un autre côté, il laisse désormais les partisans du Hamas organiser des rassemblements de solidarité à Ramallah– ce qui leur était interdit auparavant, s'abstenant de tout critique à l'égard de l'organisation terroriste, et notamment au sujet des tirs de roquettes sur le sud d'Israël – tirs qu'il condamnait dans le passé.
Tout en surfant opportunément sur sa demande d'unité palestinienne, sous sa direction.

Abbas apparaitra certainement dans quelques semaines comme le grand perdant de cette semaine de guerre.

Et tôt ou tard, il est fort probable qu'Israël devra, directement ou indirectement, discuter avec le Hamas qui a remis la question palestinienne au centre de l'attention internationale, ce qu'Abbas n'était pas parvenu à obtenir.

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