Numéro 1156 - 16.11.2012 - 2 Kislev 5773       Imprimer

A LA UNE

Manipulation: quand la presse fait son show à Gaza

L'opération militaire israélienne Pilier de Défense a la vertu de pouvoir guérir quasi instantanément les membres du Hamas blessés par les attaques israéliennes. (Vidéo colonne de droite)

Plus sérieusement, que peuvent faire les malheureux journalistes en reportage à Gaza lorsqu'il n'y a pas assez de victimes palestiniennes?

Eh bien, ils en inventent, et la BBC, régulièrement épinglée pour ses reportages tendancieux ou manipulés vient d'être à nouveau prise la main dans le sac.

Durant une émission qui a suivi l'élimination d'Ahmed Jabari, pendant une interview, la chaine de télévision britannique diffuse un reportage live; on y voit un homme (blouson beige, tee shirt noir), visiblement blessé lors d'une attaque israélienne, transporté vers une ambulance pour être évacué.

Quelques minutes plus tard dans le même reportage – le journaliste n'y a probablement pas prêté attention – on voit le même homme, bien perché sur ses deux pieds, qui a rapidement récupéré de ses blessures, en train de donner des ordres.

L'histoire ne dit pas si cette manipulation de l'information s'apprend dans les écoles de journalisme.
(Images et commentaires Honestreporting)
VOIR VIDÉO COLONNE DE DROITE

Tel Aviv et la symbolique du bouton rouge

Après les alertes de jeudi et vendredi, la ville blanche reste suspendue à la décision du Hamas.

Pour nombre d'habitants de Tel Aviv, la guerre c'était ailleurs, au sud.
Mais la situation pourrait changer si le Hamas en décide ainsi.
Sans avertissement, la "guerre du sud" pourrait devenir la "guerre de Tel Aviv".

Quoiqu'il en dise, le Hamas, après l'élimination de son chef militaire le plus influent est déstabilisé, sa hiérarchie militaire affaiblie.
En choisissant, après quatre ans de retenue relative, de prendre l'initiative de tirs revendiqués contre Israël, l'organisation islamiste vient de provoquer un changement des règles du jeu entre elle et l'Israël, règles qui permettaient aux deux protagonistes des allers et retours dans les escalades.

"Coincé" par les groupes radicaux de Gaza, le Hamas va devoir faire un choix qui peut lui couter cher, en termes humains, mais également lui coûter le pouvoir, si il décidait d'utiliser les missiles iraniens Farj-5, d'une portée de 70 kilomètres, qui permettent d'atteindre Tel Aviv, une autre "ligne rouge" pour Israël.

Pour la première fois depuis les vagues d'attentats suicides, la ville pourrait redevenir une cible pour les islamistes.

Si le premier tir sur Tel Aviv avait été revendiqué par le Djihad islamique, qui dispute depuis des années, le leadership de la bande de Gaza au Hamas, les tirs qui ont déclenché les sirènes à Tel Aviv vendredi ont été revendiqués par le Hamas.

Les dirigeants israéliens, l'armée, comme la population, sait, depuis des années, que le Hamas a les moyens d'atteindre Tel Aviv.
Mais des moyens limités et sérieusement entamés par les attaques de l'armée de l'air israélienne.
Une telle attaque était cependant inévitable alors que les islamistes radicaux, comme le Hamas, cherchaient une réponse qui lave l'affront de l'élimination de trois chefs militaires.
Les silos de missiles longue portées du Hamas ont, pour partie, été détruits.

"Aujourd'hui, nous avons visé des cibles stratégiques du Hamas avec précision" a déclaré Benjamin Netayahou mercredi, tandis qu'Ehud Barak ajoutait " la plupart des missiles Farj ont été détruits".
Mais pas tous et la menace est implicite si le Hamas décidait de les utiliser.
Immédiatement après l'élimination d'Ahmed Jabari, l'aviation israélienne a attaqué les bâtiments et bunkers de Fajr-5 pour bien faire comprendre que leur utilisation conduirait à une nouvelle escalade des réponses israéliennes.

La décision d'intensifier les attaques sur Tel Aviv n'est pas simple puisqu'elle entrainerait sans nul doute une riposte israélienne massive, coûteuse en vie humaine chez les Gazaouis – des gazouis qui pourraient imputer la responsabilité de leur souffrance au Hamas; une riposte qui, contrairement à l'opération Plomb Durci de décembre 2008, serait d'amplitude plus large géographiquement sur le terrain.

C'est en raison du caractère limité de Plomb durci que le Hamas a pu se maintenir au pouvoir; une large offensive israélienne pourrait bouter l'organisation islamiste hors du pouvoir.

Selon la presse israélienne, police et services de secours auraient été placés en état d'alerte maximum dans toute la région de Tel Aviv.

L'opération que mène Israël, basée sur des attaques aériennes, perdra en efficacité au bout de quelques jours : les premières attaques touchent leurs cibles, les suivantes permettent de 'perfectionner" le travail en tirant parti des erreurs de l'adversaire.
La stratégie devient quasi inopérante (quant aux résultats) et dangereuse (quant aux "dommages collatéraux ") au bout de quelques jours.
A ce stade, il n'y a que deux issues : un cessez le feu ou une opération terrestre.
Rien ne serait pire qu'une situation balançant entre ces deux issues.

L'homme clé d'un cessez le feu sera Mohamed Morsi, le président égyptien, qui a critiqué Israël dans des termes particulièrement virulents depuis 3 jours.
Il n'empêche que Morsi a besoin de calme sur sa frontière sud, et ne tient pas plus que cela à une escalade avec Israël.
Une escalade qui pourrait d'ailleurs le priver de l'aide américaine sans laquelle l'économie égyptienne, moribonde, ne survivrait pas plus de quelques semaines.
Le risque pour Morsi vient de l'intérieur : de larges manifestations anti israéliennes en Egypte l'obligerait à durcir le ton à l'égard d'Israël.

Pilier de Défense : en finir avec les stéréotypes sur l'opération israélienne

L'opération militaire israélienne qui a débuté avec l'élimination d'Ahmed Jabari est une situation complexe qui a généré, dans la presse de multiples analyses stéréotypées.
Pour en finir avec les idées recues....

ISRAËL N'A PAS DE STRATÉGIE

C'est probablement vrai, mais il est fort probable que personne ne soit capable d'avancer une vision stratégique sur la question de Gaza.
Gaza n'est pas un problème soluble : le territoire est virtuellement "indépendant", n'est pas occupé, dispose depuis plus d'un an d'un point de passage (via l'Egypte) qui rend le blocus israélien bien moins opérant qu'à l'ère Moubarak (qui maintenait fermé le point de passage de Rafah).

Les observateurs et commentateurs oublient trop souvent qu'Israël et Gaza sont en guerre, avec un gouvernement de Gaza dont la charte fondatrice prévoit la destruction de l'état juif.
(Comme l'ont à plusieurs reprises déclaré des responsables du Hamas, les trêves ne sont que des étapes nécessaires avant l'étape finale, la "destruction de l'entité sioniste")

Il est probable qu'un état palestinien indépendant, aux côtés d'Israël, serait rapidement amené au bord de la guerre civile, puis de l'implosion, par l'incorporation de la bande de Gaza -sauf à considérer une solution à trois états.

LES PRÉOCCUPATIONS DE NETANYAHOU ET BARACK SONT AVANT TOUT ÉLECTORALES

Les préoccupations électoralistes seraient à l'origine de l'offensive israélienne, trois mois avant les élections générales.

Tout le monde peut avoir cette idée en tête, toutes les escalades de tirs en provenance de Gaza n'ayant entrainé, jusqu'à présent, que des "représailles" formelles d'Israël, des attaques aériennes suivies rapidement de trêves généralement conclues sous les auspices de l'Egypte.

Benjamin Netanyahou et Ehud Barak, dont on ne peut pas dire légitimement qu'ils sont dépourvus de toute préoccupation électorale, savent toutefois que le possible résultat de telles offensives peut rapidement avoir un effet boomerang : que les opérations militaires s'enlisent, qu'il n'y ait pas de vainqueur "net", et le prix électoral à payer sera élevé.

Considérons les choses sous un autre angle.
Un million d'israéliens vivent depuis des années sous le feu incessant des tirs de Gaza (entre 750 et 1000 roquettes par an, soit entre 60 et 90 tirs par mois) qui perturbent totalement leur vie quotidienne, entraine des troubles psychologiques graves chez les enfants, gangrène la vie économique, une situation que ces résidents, qui sont aussi des électeurs, trouvent depuis longtemps intolérable et la réponse du gouvernement insipide et sans effet.

Or les élections sont faites pour cela : elles permettent - exercice de base de la démocratie- aux électeurs, de faire entendre leurs problèmes, et obligent les hommes et femmes politiques qui se soumettent au suffrage universel à y être plus réceptifs.

Benjamin Netanyahou vient juste de comprendre qu'Israël n'était pas seulement Jérusalem et Tel Aviv mais que les habitants du sud pesaient aussi d'un poids électoral non négligeable, et qu'ils étaient exaspérés par l'absence de solution à leur problème quotidien essentiel : les tirs de roquettes.

Si le fait que le gouvernement soit obligé de se préoccuper du problème d'un millions de ses citoyens est électoraliste, alors oui, la décision des dirigeants israéliens est électoraliste.

Tout le monde considérait que le fait que Tel Aviv puisse être touchée par des roquettes constituait la "ligne rouge" pour le gouvernement : la ligne rouge vient de se déplacer au sud de 70 kilomètres.

LE HAMAS SE SENT FORT

Le Hamas semble avoir commis plusieurs erreurs "de calcul".
Les islamistes ont estimé le moment venu de s'engager ouvertement dans des tirs contre Israël, pariant sur le fait que l'état hébreu n'irait pas au-delà de représailles habituelles pour ne pas compromettre ses relations avec l'Egypte - dont le gouvernement a désormais des liens étroits avec le Hamas.

Les récents succès diplomatiques du Hamas, au détriment de l'Autorité palestinienne (la visite de l'émir du Qatar, celle annoncée du Premier ministre turc ou de l'émir de Bahreïn) l'ont aussi amené à penser que la fin de son isolement diplomatique lui procurerait le soutien politique d'acteurs régionaux majeurs, avec un "coût diplomatique" élevé pour Israël en cas d'opération militaire.

Il est également probable que le Hamas n'avait pas prévu un changement aussi rapide de la riposte israélienne : l'état hébreu a "switché" d'attaques sporadiques à une action radicale, l'élimination d'un personnage clé de l'appareil militaire et terroriste islamiste.
Jabari est un artisan de la prise du pouvoir du Hamas à Gaza en 2007, il a organisé les "troupes" du Hamas pour en faire une quasi force militaire, mais il était aussi l'architecte des opérations suicides de la seconde Intifada, comme de l'enlèvement de Guilad Shalit.

Parmi les israéliens ou dans les médias (notamment le quotidien Haaretz), quelques voix se font entendre pour expliquer qu'Israël a tué "la mauvaise personne".
Jabari aurait été en charge du maintien du calme de la bande de Gaza et aurait été "virtuellement" un allié d'Israël.
Force est de constater qu'aucun de ces commentateurs ne formule d'objection morale, éthique, ou tactique sur la question des éliminations ciblées.

Jabari a peut être, exécutant les ordres du gouvernement du Hamas, travaillé à contenir les groupes radicaux lorsqu'on le lui demandait; mais cette volonté du Hamas était "tactique", Jabari était avant tout le chef militaire d'un groupe terroriste impliqué dans les attentats contre des civils, l'enlèvement de Guilad Shalit sur le territoire israélien.
Israël est donc fondé à la considérer comme un ennemi.

L’ÉGYPTE A ADOPTE UNE POSITION FERME
La situation de l'Egypte n'est pas confortable : son attitude permettra de savoir à la fois si elle reste un partenaire du traité de paix signé avec Israël, pouvant agir pour prévenir une escalade, ou un allié fidèle du Hamas prêt à jeter de l'huile sur le feu.
Également de savoir si Le Caire reste un allié des USA (avec son milliard et demi de dollars d'aide à une économie égyptienne à la dérive) .
Une situation inconfortable car son engagement aux côtés du Hamas ne fait pas oublier que les tirs qui ont tué des policiers et des soldats égyptiens au cours des deux dernières années provenaient de groupes radicaux de Gaza, aujourd'hui alliés du Hamas (voir notre article de ce jour)

Une situation qui pourrait devenir encore plus inconfortable si, comme avant-hier, des tirs sur Israël en provenance du Sinaï égyptien se multipliaient.
L'appel de Barack Obama à Mohamed Morsi venait à point pour rappeler les fondamentaux de la diplomatie américaine.

En dépit d'un communiqué délirant de la présidence Egyptienne (Barack Obama serait tombé d'accord avec Morsi pour reconnaître que l'agression israélienne devait être stoppée), aux antipodes de celui de l'administration américaine, Obama aurait clairement fait comprendre au Président égyptien que le dossier de Gaza pourrait avoir de plus larges implications sur les relations israélo-égyptiennes, mais également sur les relations egypto-américaines.


DIPLOMATIE

Situation à Gaza : la France tente une médiation

Le Président Hollande a entamé des discussions directes avec Benjamin Netanyahou et d'autres dirigeants pour éviter une escalade de la violence dans la bande de Gaza, a indiqué le Premier ministre Jean-Marc Ayrault.

"Il est temps d'arrêter cette escalade, dangereuse pour la sécurité d'Israël et son peuple, dangereuse pour le peuple palestinien" a indiqué le Premier ministre français lors d'un déplacement à Berlin.

Selon Jean Marc Ayrault, la France aurait pris des contacts directs avec Mohamed Morsi, le Président égyptien, ainsi qu'avec le Premier ministre israélien.

Plus tôt dans la journée, Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères estimait que "la violence ne réglera rien alors qu'un nouveau conflit menace autour du territoire côtier de la bande de Gaza", ajoutant " J'appelle à la retenue parce que dans une région qui est déjà très troublée, ce serait une catastrophe qu'il y ait encore une escalade.
Israël, bien sûr, a le droit à se défendre, mais on n'arrive à rien en pratiquant un regain de violence.
Les Palestiniens ont droit à un Etat, il faut répéter cela, Israël a droit à la sécurité, mais ce n'est pas par la violence qu'on peut régler les problèmes".

Il y a trois jours le quai d'Orsay avait publié un communiqué condamnant " fermement les tirs de roquette dirigés depuis Gaza contre la population du sud d’Israël"
"Ces attaques sont inacceptables et nous appelons les parties à la plus grande retenue afin d’éviter toute escalade supplémentaire" ajoutait le communiqué qui se concluait par une inquiétude réaliste : "dans ce contexte, la France reste plus que jamais préoccupée par la dissémination d’armes vers Gaza".

Obama-Morsi : dialogue de sourds

Dans une conversation téléphonique avec son homologue égyptien Mohamed Morsi, le président américain a renouvelé sa condamnation des tirs de roquette à partir de Gaza et réaffirmé le droit d'Israël à l'autodéfense.

Dans un souci de préserver l'accord de paix israélo-égyptien, Barack Obama a demandé à Mohamed Morsi de ne pas prendre de mesures qui ne feraient qu'aggraver les tensions avec Israël.

Un haut responsable américain a ajouté que si le président Obama regrettait la décision égyptienne de rappeler son ambassadeur à Tel-Aviv pour consultation au Caire, cette réponse égyptienne aux événements en cours était relativement mesurée et non irréversible.
Washington estime en effet que l'Égypte doit jouer un rôle modérateur, agir pour freiner l'escalade et rétablir la stabilité régionale.

Ce même responsable a indiqué Israël n'avait pas prévenu les États-Unis de son plan visant à assassiner le chef de l'aile militaire du Hamas, Ahmed Jabari ou de la date d'une quelconque opération à Gaza.

Cependant, le conseiller israélien à la sécurité nationale Yaakov Amidror, en visite au début de la semaine aux États-Unis n'avait pas caché à ses interlocuteurs de la Maison Blanche qu'Israël était prêt à mener une action militaire à Gaza.

Par ailleurs, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a transmis dans un message aux États-Unis que si Israël préférait éviter une escalade continue, il procèderait à cette opération aussi longtemps que nécessaire pour mettre un terme aux attaques de missiles contre sa population.

Avant de parler avec Morsi, Obama s'était entretenu avec Benjamin Netanyahu
Un communiqué de la Maison Blanche rapporte que "le président a exhorté le Premier ministre israélien de faire tous les efforts pour éviter les victimes civiles. Les deux hommes ont convenu que le Hamas doit cesser ses attaques contre Israël pour permettre à la situation de désamorcer", ajoute le communiqué.

En réponse, Morsi a dit qu'il faisait tout ce qui était en son pouvoir "pour arrêter l'agression israélienne et arrêter le carnage", avertissant "Israël doit comprendre que nous n'accepterons pas l'agression qui affecte négativement la sécurité et la stabilité de la région".

Les ambassadeurs de France et Grande Bretagne à Kyriat Malachi

L'ambassadeur de France, Christophe Bigot s'est rendu à Kyriat Malachi, la ville dans laquelle trois israéliens ont été tués par des roquettes tirées depuis Gaza.

Il a tenu à exprimer "sa solidarité avec les victimes israéliennes" des attaques à la roquette.

Accompagné du consul général de France, il s'est ensuite rendu à Ashdod et Ashkelon où ils ont rencontré les communautés françaises de ces villes.

Son collègue britannique, s'est également rendu dans la même ville, visitant l'appartement occupé par les trois victimes : "j'ai vu les effets dévastateurs de ces roquettes, j'ai vu des familles anéanties" a déclaré le diplomate visiblement ébranlé par sa visite.


DEFENSE

Israël-Défense : 16 000 réservistes déjà rappelés

Israël vient de rappeler 16 000 soldats réservistes.

Dans le même temps, plusieurs unités de l'armée font mouvement vers la frontière avec Gaza.
Parmi ces troupes, figurent des parachutistes, les brigades d'élite Kfir et Givati, et plusieurs brigades de tanks.

Parallèlement, les différents échelons de commandement de la Brigade Gaza et des unités du commandement sud ont tenu plusieurs réunions jeudi pour faire le point sur la situation et se coordonner en cas de "feu vert" à une intervention terrestre.

Les porte-paroles de l'armée ont diffusé à la presse plusieurs communiqués sur la concentration des troupes, comme pour prévenir le monde que l'armée israélienne était prête à une action d'envergure au sol si les tirs sur Israël continuaient.

Ehud Barak a déclaré à la presse considérer que les "tirs dans la région centrale de Gush Dan et sur Tel Aviv constituaient une escalade pour laquelle le Hamas devaient se préparer à payer le prix".

Le Hamas recherche visiblement la confrontation, affirmant qu'après "avoir tenu 22 jours durant l'opération Plomb durci", les islamistes "pouvaient aujourd'hui tenir beaucoup plus longtemps".


EGYPTE

Le paradoxe égyptien : des soldats kidnappés et vendus aux groupes terroristes du Sinaï

Selon une source égyptienne, il est très probable que trois policiers égyptiens et un officier supérieur de la police soient détenus par des groupes radicaux palestiniens dans la bande de Gaza.

Les quatre hommes ont été enlevés dans le Sinaï en Février 2011, lors de la révolte contre l'ancien président Hosni Moubarak.

L'information provient de sources liées aux services de sécurité égyptiens.
Il semble probable qu'une force composée de Bédouins et d'extrémistes islamistes ait enlevé les quatre hommes à proximité de la ville d'El Arish, dans le nord du Sinaï.
Ils étaient alors en poste pour sécuriser la frontière égyptienne avec Gaza.

La même source avance que les otages ont ensuite été vendus à l'organisation terroriste se présentant sous le nom de l'armée de l'islam (Jaish al-Islam, liée à Al Qaeda), dirigée par Mumtaz Durmush.

L'Armée de l'Islam, affiliée au mouvement salafiste et au Jihad mondial, est basé à Gaza, mais intervient aussi largement dans le Sinaï.

Le but de ces enlèvements prolongés est de faire pression sur les dirigeants égyptiens pour libérer des islamistes radicaux emprisonnés, et de faire lever les restrictions à la libre circulation de Muhammad al-Zawahiri.

Ce dirigeant du Jihad islamique égyptien et plus jeune frère du numéro un d'Al-Qaïda, préconise la méfiance à l'égard du régime de Mohammed Morsi, et la guerre religieuse contre les Juifs et Israël.

Des sources égyptiennes soupçonnent les responsables du Hamas d'être impliqués dans cet enlèvement.
Le commandant Ayman Nofal, arrêté par les autorités égyptiennes pour avoir infiltré le territoire égyptien et fomenté des attentats terroristes en 2008, fait partie des suspects. Il a profité du soulèvement populaire de l'année dernière pour s'évader de prison et rejoindre la bande de Gaza.

Les familles des officiers enlevés reprochent aux dirigeants égyptiens d'avoir négligé l'enquête et de tenter d'obtenir la libération de leurs proches grâce aux liens étroits du nouveau régime avec le Hamas.
Ils condamnent également le président Morsi, lui-même membre des Frères musulmans, pour avoir refusé de rencontrer les familles des otages, l'accusant de se dérober de sa responsabilité d'assurer la sécurité des officiers égyptiens.

C'est au côté de ces groupes terroristes que Mohamed Morsi a décidé de ranger son pays dans le conflit qui oppose Israël au Hamas


ANNONCE

La fin du monde

Les Mayas la prédisent le 21 décembre 2012 et l'effervescence est à son comble dans certains milieux. L'apocalypse est-elle de retour

Le Collège des Etudes Juives de l'Alliance Israélite Universelle vous invite à découvrir ce qu'en pense le judaïsme, le dimanche 18 novembre, de 10h à 18h, à l'occasion d'un colloque international sous la direction de Shmuel Trigano.

Quels évènements sont censés annoncer "la fin des temps" ?

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EUROPE

Pilier de Défense : l'Angleterre et l'Allemagne soutiennent, Laurent Fabius balance

Le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, a condamné les tirs de roquettes sur Israël, faisant porter la responsabilité de l'escalade au Hamas.

"Je condamne fermement les tirs du Hamas et d'autres groupes sur Israël" a déclaré Hague, ajoutant " le Hamas porte l'essentiel de la responsabilité de la crise actuelle, en créant une situation insupportable pour les habitant du sud d'Israël".

Le responsable de la diplomatie anglaise demande que les "groupes terroristes cessent immédiatement leurs tirs sur Israël" et demandent aux pays qui ont de l'influence sur le Hamas à agir en ce sens.

Hague a exprimé sa "profonde préoccupation sur la situation à Gaza" qui souligne, selon lui, la fragilité de "la situation sur le terrain et la nécessité de parvenir rapidement à une solution à deux états qui permettent aux israéliens et aux palestiniens" de vivre en paix.
Il a toutefois mis en garde les autorités israéliennes sur la "perte de sympathie" qui pourrait suivre une opération terrestre.

"Il est évident qu'Israël a le droit légitime de se défendre et de protéger ses citoyens contre les tirs de roquette en provenance de Gaza" a déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle ajoutant qu'il était nécessaire "que chacun contribue à faire baisser la tension, nous devons prévenir le pire".
Le ministre allemand s'exprimait lors d'une conférence de presse donnée à Paris.

Jeudi, Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères estimait que "la violence ne réglera rien alors qu'un nouveau conflit menace autour du territoire côtier de la bande de Gaza", ajoutant " J'appelle à la retenue parce que dans une région qui est déjà très troublée, ce serait une catastrophe qu'il y ait encore une escalade.
Israël, bien sûr, a le droit à se défendre, mais on n'arrive à rien en pratiquant un regain de violence".
autrement dit, Israël a le droit de se défendre, mais il il utilise ce droit, il a tort.


INTERNET

HamasBumperStickers : la guerre aussi dans les réseaux sociaux

Qu'elle parvienne ou pas à stopper les tirs provenant de Gaza sur le sud du pays, l'opération Pilier de défense est déjà remarquable par la guerre qui se déroule sur les médias sociaux, Facebook, Twitter et dans ce que l'on appelle la blogosphère.

Jeudi, Israël paraissait mener le combat : l'un des tweets les plus populaires (le second sujet le plus lu dans le monde de Twitter) était #HamasBumperStickers (Hamascolléaupare-chocs), une très populaire série de post tragicomique au détriment du Hamas (par exemple, il faut 2587 pignons et boulons pour assembler une voiture, mais un seul pignon pour epariller une voiture du Hamas sur la route".

#HamasBumperStickers devance largement #PrayforGaza, le hashtag préféré des anti israéliens.

L'armée comme le bureau du Premier ministre israélien utilisent depuis longtemps les médias sociaux pour véhiculer leurs messages et savent que certains agrégateurs peuvent toucher des centaines de milliers de personnes.

Pour être sur que le message d'Israël soit clairement porté, le ministre de la diaspora et de la diplomatie, Yuli Edelstein, coordonne une vaste offensive sur Internet, qui mobilise des milliers d'activistes,qui eux-mêmes diffusent à travers des mailing list, des pages Facebook, le message d'Israël; dans plusieurs dizaines de langues.

L'armée israélienne a quasiment utiliser Twitter pour déclarer son offensive; immédiatement après que le dirigeant de la branche armée du Hamas, Ahmed Jabari, ait été tué, Tsahal diffusait l'information ainsi qu'une vidéo montrant l'opération, conseillant même aux dirigeants du Hamas de "ne pas se montrer les prochains jours".

C'est aussi via Twitter qu'a répondu le Hamas " nous atteindrons vos leaders où qu'ils soient, quoiqu'ils fassent, vous avez ouvert les portes de l'enfer".

La bataille se poursuit, les uns mettant en avant les attaques contre un million de civils du sud d'Israël et leur insupportable quotidien, les autres l'attaque "d'hommes et femmes innocents à Gaza".


SOCIETE

Haïfa : les étudiants arabes rendent hommage à Ahmed Jabari, les étudiants juifs interdits de rassemblement

Comme nous l'indiquions dès hier, les étudiants arabes de l'université de Haïfa ont organisé sur le campus un rassemblement silencieux à la mémoire d'Ahmed Jabari.

Les manifestants, pour la plupart des arabes israéliens, ne portaient ni banderoles ni drapeaux.

Certains d'entre eux indiquaient que le rassemblement était tenu "à la mémoire de leur chef d'état major".
Plusieurs dizaines d'étudiants juifs ont fait face au rassemblement, chantant la Hatikva.

Le rassemblement des étudiants arabes dispersé, les vigiles de l'université sont venus expliquer aux contre-manifestants juifs que leur rassemblement n'était pas autorité, et qu'ils risquaient des sanctions disciplinaires.

Plusieurs de ces étudiants confiaient leur étonnement à la presse israélienne " les étudiants arabes sont restés 20 minutes rassemblés, ils auraient le droit et nous non?".
L'administration de l'université a expliqué que le face à face entre les deux groupes pouvait dégénérer, raison pour laquelle elle avait dispersé le groupe d'étudiants juifs.

Le Maire de Haïfa, Yonah Yahav, a adressé une lettre au Président de l'Université lui demandant de "prévenir toute opération de propagande" dans l'enceinte universitaire, ajoutant "qu'il était indigné qu'un tel rassemblement ait pu être autorisé en soutien à des organisations terroristes".

A Tel Aviv, ce sont 200 étudiants arabes qui ont manifesté pour protester contre les opérations militaires israéliennes; à l'université hébraïque de Jérusalem, manifestants arabes et étudiants juifs se sont faits face sans incidents.


SANTE

La détresse psychologique des habitants du sud d'Israël

Les affrontements répétés dans le sud d'Israël et les tirs de roquettes constants sur les villes limitrophes de la bande de Gaza n'ont pas seulement mis physiquement en danger les habitants de ces régions, mais ont également eu un effet dévastateur sur leur santé psychologique.

L'Association ERAN, qui travaille à donner les premiers soins en matière de soutien psychologique, a signalé une augmentation de 22% du nombre d'appels d'israéliens vivant dans le sud du pays le week end dernier, au cours duquel une pluie de roquettes s'est abattue sur le sud du pays - plus de 150 selon l'armée.

Tamar Auerbach, directeur des services sociaux au sein du Conseil régional Eshkol, a déclaré dimanche que les services sociaux dans le Sud en général, et au sein du Conseil régional Eshkol en particulier, ont été très débordés, procurant des solutions immédiates aux victimes souffrant d'anxiété et de traumatismes.

Une unité de soins spéciaux a été créée pour fournir un traitement immédiat aux personnes souffrant d'anxiété.
"Nous nous trouvons dans l'obligation d'agir auprès des habitants dont la situation semble se détériorer continuellement. Nous arrivons dans la ville immédiatement après qu'une roquette y ait explosé et commençons à offrir un traitement immédiatement ", a déclaré Tamar Auerbach.

Amira Haim, directeur du district sud du Ministère de l'Education, a expliqué que les enfants dans le sud vivaient dans une réalité qui n'est rien d'autre qu'une "urgence de routine", un état d'urgence permanent.
Selon elle, pédagogiquement, il était important de maintenir un calendrier cohérent capable de rentre l'apprentissage possible.

Même dans les écoles maternelles, les activités sont menées pour aider les enfants à surmonter l'anxiété, y compris des ateliers avec des poupées et des chansons aidant les enfants à surmonter la peur du système d'alarme, Tseva Adom, avertissant de l'envoi d'une roquette.

"Encore aujourd'hui, un petit garçon de 4 ans a déclaré qu'il était heureux qu'il pleuve enfin, parce que la pluie saurait éteindre le feu des Qassams. Telle est la réalité qu'il connaît ", a déclaré Haïm.

Certains enfants ont appelé la hotline de l'Association ERAN, qui répond en hébreu, en russe et en arabe, pour demander qui les protégerait "si Tsahal répond [aux tirs de roquettes] et que la situation empire".

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