Numéro 1142 - 03.10.2012 - 17 Tishri 5773       Imprimer

A LA UNE

Jérusalem - Nouvelle profanation anti-chrétienne

A Jérusalem, sur la porte du couvent Saint-François, tout près du Cénacle et non loin de l'abbaye de la Dormition, des vandales ont tagué à la peinture bleue des graffitis insultant Jésus.

"Jésus, fils de p...", " Jésus batard", sont les inscriptions qui figurent à côté du slogan "Price Tag" -
"Prix à payer" qui semblerait indiquer que les coupables font partie de cette frange minoritaire d'israéliens ultranationalistes qui par cette expression indiquent qu'ils se vengent de démantèlement d'implantations juives en Cisjordanie.
Quand ils ne s'en prennent pas aux chrétiens, ils n'hésitent pas à s'en prendre à l'armée, comme à plusieurs reprises l'année dernière.

Si le graffiti, fort gênant pour les autorités israéliennes dans ce haut lieu touristique, a été effacé en milieu de matinée, La police israélienne a confirmé l'incident.

Il s'agit de la troisième profanation anti-chrétienne depuis le début de l'année.
En septembre, après l'évacuation de l'avant-poste de Migron, la porte du monastère catholique de Latroun avait été incendiée et la phrase "Jésus est un singe" avait été taguée; en février, c'est le monastère de la Croix, situé près de la Knesset, qui avait été profané par des graffitis.

Alors qu'il rendait visite à d'importants rabbins à l'occasion de la fête de Souccot, le président de l'Etat d'Israël, Shimon Peres, a condamné la profanation.
Ces actes "vont à l'encontre de la morale et des valeurs du judaïsme et font mal à l'Etat d'Israël", a-t-il précisé.

Alors qu'Israël a toujours fait de la protection et de la liberté de culte des chrétiens un point essentiel de sa relation aux minorités, ce nouvel acte irresponsable met l'état hébreu en difficultés vis à vis du monde chrétien.
Ce qu'a très bien compris le négociateur en chef palestinien, Saeb Erakat, qui a commenté l'incident en dénonçant le "racisme" israélien, évoquant "une culture de haine et de racisme qui après 45 ans d'occupation s'est généralisée chez les Israéliens".

Encore une flottille vers Gaza

Une nouvelle flottille transportant des activistes pro palestiniens fait route vers Gaza.

Israël, par la voix du ministère des Affaires étrangères a indiqué "en suivre la progression".
Rien à voir cependant avec l'armada de 2010 : il s'agirait d'un navire à bord duquel se trouverait une poignée de suédois.

Comme les précédentes, il s'agit de "protester contre le blocus de la bande de Gaza" par Israël.

Le navire, baptisé "Estelle" et naviguant sous pavillon suédois est arrivé en Italie et devrait prendre la direction de Gaza dans les prochains jours.
Il s'agit d'un "résidu" de l'initiative de juin dernier : plusieurs navires devaient gagner l'enclave palestinienne depuis différents ports européens, et mener une vaste campagne de mobilisation, opération qui fut un échec.

"Estelle" transporte probablement le matériel lié à une initiative canadienne, 'l'arche de Gaza", qui prévoit de construire, à Gaza même, un bateau qui transporterait les exportations gazaouies au delà de la bande.

Parmi les activistes, presque tous suédois, figure un israélien expatrié, Dror Feiler, déjà présent sur les navires de la flottille 2010.
D'après le ministère israélien des Affaires étrangères – qui "piste" le navire depuis son départ de suède -, à bord, les activistes seraient "une poignée", tous habitués des actions anti israéliennes.

Le ministère fait par ailleurs remarquer que plusieurs gouvernements étrangers ont émis des "avertissements", déconseillant à leurs ressortissants de se joindre à la flottille.

Dans une interview donnée à la mi septembre à l'agence palestinienne de presse Ma'an, Mahmoud Zahar, un des dirigeants et cofondateurs du Hamas, estimait pourtant "que la bande de Gaza était libre de toute occupation" et déclarait que "n'importe quel visiteur de n'importe quel pays peut nous visiter comme il le veut".
Dans la même déclaration, il accusait l'autorité palestinienne et l'Egypte d'avoir imposé "un siège" au territoire administré par l'organisation islamiste (voir notre édition du 20.09.2012).
Pour les autorités israéliennes, la réponse sera simple: conformément aux lois internationales, le navire sera intercepté si il tente de passer en force.

Witold Pilecki, infiltré à Auschwitz

Soixante-ans après sa mort, la Pologne espère retrouver le squelette de Witold Pilecki

Ce héros de la résistance serait le seul homme à s'être volontairement fait déporter à Auschwitz, pour pouvoir s'infiltrer dans le camp.

L'invasion de la Pologne par l'Allemagne, le 1er septembre 1939, marqua le début de la Seconde Guerre mondiale.
Pilecki avait alors 38 ans. Il s'engagea dans la résistance et vit plusieurs de ses compagnons déportés vers le camp d'Auschwitz, que les nazis utilisèrent d'abord comme camp de concentration et de travail pour les combattants polonais.

Des rumeurs circulaient sur les méthodes utilisées par les Allemands contre les prisonniers.
Pour en avoir le cœur net et informer la résistance, Pilecki décida de se faire déporter dans le camp.

A cette fin, il se fit volontairement prendre dans une rafle menée par des SS dans une rue de Varsovie, alors qu'il transportait de faux papiers pour cacher sa véritable identité.
C'est sous le nom de Tomasz Serafinski qu'il entra à Auschwitz, où il reçut le matricule 4859.

Grâce au réseau de résistance clandestin qu'il mit sur pied dans le camp, Pilecki survécut au froid, aux travaux forcés, aux passages à tabac et à la fièvre typhoïde.

Les informations qu'il transmit à ses alliés à l'extérieur, premiers témoignages de l'intérieur d'Auschwitz, tenaient sur des bouts de papier cachés dans les vêtements de ceux qui quittaient le camp ou dans les champs à proximité.
A l'aide de mots codés, il y reportait les noms des prisonniers battus à morts, exécutés ou gazés.

Durant sa détention, il prépara une révolte, mais, jugée trop risquée, elle fut finalement abandonnée.
En avril 1943, estimant que les nazis n'allaient pas tarder à découvrir ses activités, Pilecki s'évada, profitant de travaux forcés nocturnes qui avaient lieu au-delà de la clôture de fils barbelés.

Une fois en dehors du camp, il écrivit trois rapports décrivant la réalité de ce qui s'y passait. Il y décrivit, entre autres, la scène suivante:
"Ils dirent à l'un d'entre nous de courir vers un point éloigné de la route, puis ont immédiatement envoyé à ses trousses un homme armé d'une mitrailleuse, qui le tua.
Dix de nos compagnons, choisis au hasard, furent abattus alors qu'ils marchaient, pour leur 'responsabilité collective' dans cette 'fuite' que les SS avaient eux-mêmes organisée".

Mais son témoignage, pourtant si précieux, ne fut pas pris en compte.
Le gouvernement polonais en exil et plusieurs capitales européennes reçurent ses comptes rendus sur les chambres à gaz, mais peu y crurent.

Après son évasion, il rejoignit le plus important mouvement de résistance polonais: l'Armia Krajowa. Il combattit en son sein lors de l'Insurrection de Varsovie, en 1944.
En 1947, il fut arrêté par le ministère de la Sécurité intérieure polonais, créé sous l'impulsion soviétique, et destiné à lutter contre les opposants au régime stalinien.

Après avoir été torturé, il fut condamné à mort lors d'un simulacre de procès, faussement accusé d'espionnage et de projet d'assassinat. Il fut exécuté d'une balle en 1953.

Des années plus tard, les communistes polonais reconnurent que l'accusation avait été forgée de toutes pièces.
Un codétenu a témoigné des tortures qu'il subit: il se rappelle l'avoir vu effondré, ne pouvant lever la tête à cause de sa clavicule brisée.
Lors de son procès, il cachait ses mains parce que les communistes lui avaient arraché les ongles. Il avait confié à sa femme n'avoir plus la force de vivre davantage.

Cet été, plus de 100 squelettes ont été exhumés d'un charnier afin d'identifier des résistants polonais, dans le cadre d'une politique de réhabilitation par la Pologne de ses héros de guerre.

En 2006, l’ordre de l’Aigle blanc, plus haute décoration polonaise, fut attribué à titre posthume à Witold Pilecki.


JERUSALEM

Jérusalem - Apple ne connait pas la capitale israélienne

Le nouveau système de cartographie d'Apple, Plans, n'affiche pas Jérusalem comme capitale de l'Etat d'Israël, indique l'hebdomadaire The Algemeiner.

Le programme qui remplace le célèbre Google Maps dans le nouveau système d'exploitation d'Apple qui équipe les derniers iPhone, iOS6, indique pourtant les capitales de tous les autres pays du monde.

Autre particularité de Jérusalem dans le programme, précise-t-il: le système d'horloge international qui en fait partie, liste Jérusalem sans la rattacher à aucun pays, à la différence des autres villes qui y figurent. Apple n'a pas répondu à la demande de commentaires du Jewish Telegraphic Agency.

En juillet dernier, une crispation avait déjà eu lieu autour de la capitale israélienne: le site Internet créé par la BBC à l'occasion des Jeux olympiques ne mentionnait pas la qualité de capitale de l'Etat hébreu pour Jérusalem, alors qu'elle citait Jérusalem-Est comme capitale de la Palestine.

Après une plainte formelle du Bureau du Premier ministre israélien, la BBC finit par qualifier Jérusalem de "Siège du gouvernement" d'Israël.


TERRORISME

France - Un texte de loi pour poursuivre les francais qui partent s'entrainer au Djihad

Le Conseil des ministres devait examiner ce mercredi, à la lumière des tueries de Toulouse et Montauban un projet de loi antiterroriste qui viserait clairement les citoyens francais partant s'entrainer au Djihad, ainsi que la propagande en ce sens sur les sites internet.

Alors que l'arsenal législatif qui permet de poursuivre les auteurs d'actes terroristes est large, rien ne fait de l'entrainement au Djihad un délit.
Rappelons que les services de renseignements français estiment à plusieurs dizaines le nombre de français dans ces camps.

Un chiffre qui pourrait être sous évalué: on vient d'identifier deux français dans les rangs d'Al Qaida- Maghrb islamique (Aqmi, qui détient des otages français) au Mali, et en septembre, le professeur Jacques Beres, cofondateur de Médecins sans Frontières, rapportait avoir soigné deux djihadistes français en Syrie (notre édition du 11.09.2012).

Selon les services français, de retour des camps d'entrainement, ils sont surveillés, fichés, entendus, mais rien ne permet d'aller plus loin.
Ce qui a été le cas pour Mohamed Merah.

Selon un policier de l'antiterrorisme, même si il faudra apporter la preuve du séjour dans ces camps d'entrainement, "on pourra agir".
L'autre volet du texte de loi concerne les sites internet : les responsables de sites de propagande faisant l'apologie du terrorisme, appelant à la haine ou au djihad seront visés.


BANDE DE GAZA

Les tunnels brouillent Hamas et gouvernement égyptien

Depuis des années, l'économie de la bande de Gaza fleurit grace aux tunnels.

On estime à plus d'un millier le nombre de ces tunnels qui relieraient Rafah avec la péninsule du Sinaï sous contrôle égyptien, permettant de faire transiter des cigarettes aux voitures neuves en pièces détachées, en passant par les armes, et de la drogue.

Le passage de ces marchandises est d'ailleurs taxé par le Hamas, ce qui constitue une de ses principales sources de revenus.

Mais après l'attaque du 5 Août - menée par une quarantaine d'islamistes - qui a provoqué la mort de 16 garde-frontières égyptiens, le gouvernement aurait fait fermer des dizaines de tunnels, certain qu'ils avaient été utilisés pour cette attaque.

Après la visite d'une délégation d'officiels du Hamas auprès du gouvernement Egyptien, Mahmoud Zahar – un des principaux dirigeants du groupe islamiste - a avancé la "possibilité de la fermeture des tunnels de Rafah après l'ouverture d'une frontière commerciale".
Selon lui, Hamas et gouvernement égyptien seraient "parvenus à un accord signé comme entre n'importe quels autres pays".

Et certains au Hamas de prennent à rêver d'une zone de libre échange qui aiderait l'économie gazaouie à contrecarrer le blocus israélien.
Malgré l'assurance du Hamas d'empêcher un flux massif de sa population vers l'Egypte, Le Caire, craint de se voir submerger par les réfugiés qui quitteraient la bande de Gaza.

De son côté Salah Bardaweel, -comme tous les leaders du Hamas- assure que ces tunnels sont le seul moyen de faire parvenir dans la bande de Gaza les produits de première nécessité.

Alors que les prix de certains biens augmentent, le gérant d'un supermarché a déclaré au site The Media Line, qu'il n'y avait aucune pénurie, en raison d'importants stocks existant dans les villes.
Tout en ajoutant que des produits pourraient manquer si la destruction des tunnels se poursuivait.

Malis la situation empire rapidement : pour la première fois depuis l'élection de Mohamed Morsi à la présidence égyptienne, les palestiniens de Gaza ont manifesté mardi le long de la frontière égyptienne, contre la destruction de ces tunnels.

La plupart de ces manifestations étaient organisées par le Hamas qui, s'abstient, lui, de critiquer le gouvernement égyptien.
"O peuple et président d'Egypte, jusqu'à quand imposerez vous un blocus à Gaza?", pouvait-on lire sur une des pancartes.

Selon Abu Marzouk, un des dirigeants du bureau politique du Hamas "n'ont pas changé de manière significative entre Moubarak et Morsi".


HAMAS

Khaled Meshaal : et demain peut etre ....

Le dirigeant du Hamas en exil, Khaled Mechaal, a confirmé qu'il ne serait pas candidat à sa succession, tout en précisant … qu'il pourrait revenir plus tard à la direction de l'organisation islamiste.

Alors qu'il se trouvait à Ankara pour la convention du Parti pour la justice et le développement, au pouvoir en Turquie depuis 2002 – où il eut droit à une standing ovation -, Mechaal a indiqué qu'il maintenait sa décision de rester à l'écart des élections à venir pour la direction du Hamas, "au moins temporairement".

Selon lui, les rumeurs de divergences d'opinions entre le "camp de Gaza", mené par Ismaël Haniyeh, et lui, sont fausses.

Mas l'on sait que la direction du Hamas a Gaza a, depuis plusieurs mois, violemment attaqué Mechaal: elle lui reproche pêle-mêle une attitude "moins extrémiste" que la ligne traditionnelle du mouvement islamiste (avec par exemple sa signature de l'accord de Doha, sa volonté de "donner une chance" aux négociations avec Israël ou son ralliement au mot d'ordre de "résistance populaire pacifique").

Pas si différent des autres, il a rappelé devant la foule les objectifs du Hamas.

"Nous nous engageons à libérer notre terre et à reprendre Jérusalem, à démanteler les colonies et à ramener les réfugiés, à libérer les prisonniers incarcérés par l'occupant sioniste et à établir un véritable Etat palestinien avec une véritable souveraineté, malgré l'ennemi", a-t-il dit, avant de préciser que la "résistance" était le seul moyen, pour les Palestiniens, de recouvrer leurs droits.

Quant au Premier ministre de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan, il a affirmé que son pays était décidé à s'élever contre "le terrorisme d'Etat" d'Israël.


IRAN

Iran - Valse de turbans après l'échec iranien en Syrien

Entre l'ayatollah Khamenei, Guide suprême de la Révolution islamique, et le général Qassem Souleimani, chef des forces spéciales des Gardiens de la Révolution islamique, la tension est extreme, indique le London Times.

Téhéran fait les frais de son engagement auprès de Bachar el-Assad: le Times anglais révèle que le régime iranien a transféré près de 10 milliards de dollars à son allié syrien, ce qui, dans le contexte des sanctions occidentales, pèse lourd sur l'économie du pays, mais aussi que rien ne va plus entre deux figures de l'Iran.

Dirigeant des dangereuses Force Al-Qods, branche de l'organisation paramilitaire des Gardiens de la Révolution chargée des opérations à l'étranger, Souleimani avait assuré Khamenei que ses combattants auraient raison des insurgés syriens.

"Souleimani avait promis à Khamenei qu'il renverserait la situation en Syrie. Il n'a pas atteint ses objectifs", a résumé, pour le Times, une source du milieu de la défense occidentale.

L'ingérence iranienne n'a effectivement pas apporté la victoire à Assad, en dépit d'abondantes livraisons d'armes, la présence directe ou indirecte – à travers le Hezbollah - de combattants, ou encore l'afflux de capitaux.

Alors que les massacres se poursuivent, les rebelles, soutenus quant à eux par l'Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie, mais aussi, de façon moins directe, par les Occidentaux, tiennent bon et marquent des points.

Souleimani pourrait bien faire les frais de cet échec militaire: Khamenei, dont dépendent directement les Pasdarans, pourrait l'évincer dans un futur proche, estiment les analystes.

Et la facture de 10 milliards de dollars ne devrait pas passer inaperçue dans le budget fragilisé de la République islamique, alors que l'économie du pays plie sous les sanctions (voir notre article dans l'édition du jour).

Mais outre la préservation d'un équilibre géopolitique, qu'attend Téhéran de la Syrie en échange de ce soutien si couteux? Selon plusieurs sources, Assad se serait engager à attaquer Israël si l'Etat hébreu décide de lancer des frappes contre l'Iran.

Unique en Iran, la contestation ouvrière

Fait unique en république islamique d'Iran, une pétition d'ouvriers contre la dégradation de la situation économique a recueilli des milliers de signatures.

Quelques 10.000 noms ont été alignés sur cette pétition adressée au ministre du Travail. Cette protestation, peu commune par le danger qu'elle fait courir à ses signataires, témoigne d'un mécontentement croissant parmi la classe ouvrière qui subit les turbulences d'une situation économique de plus en plus chaotique face au renforcement des sanctions occidentales.

Pendant des semaines, ce manifeste a été diffusé en secret dans les usines et les ateliers.

Si les dirigeants iraniens semblent conserver un large soutien public dans la crise du nucléaire face aux pays occidentaux et leurs alliés, la pétition et les manifestations de rue sporadiques concernant la crise économique montrent l'émergence d'une dichotomie croissante entre un sentiment de fierté nationale – qui concerne la question de la technologie nucléaire - et le ressenti des difficultés économiques.

La monnaie iranienne, le rial, a atteint son plus bas niveau historique face au dollar, ce qui devrait continuer à faire monter les prix des biens importés.
Et cela même si les responsables iraniens espèrent que l'Iran pourra surmonter les sanctions en privilégiant des marchés tels que la Chine et l'Inde.

Le mois dernier, Mahmoud Ahmadinejad, le Président iranien a reconnu que l'Iran faisait face à des “obstacles” pour écouler son pétrole, tout autant que pour effectuer les transactions financières internationales permettant les paiements et encaissements des opérations d'importation – d'exportation.

Plusieurs responsables ouvriers ont mis en garde le gouvernement contre les risques sociaux importants si l'état ne trouvait pas les moyens de soutenir les salaires et de maîtriser les prix. “Les travailleurs n'en resteront pas au niveau de pétitions, ils vont aller vers des manifestations de rue", confiait l'un d'entre eux.

“Une augmentation vertigineuse des prix cette année a effacé les hausses des salaires des travailleurs qui n’ont augmenté que de 13% cette année" indique la pétition - faisant référence à une inflation galopante-, qui ajoute que : “des millions de travailleurs ne peuvent pas payer leurs loyers."

En partie en raison des sanctions, des produits de base comme certains produits laitiers ont doublé, le riz ou la viande (principaux composants de la cuisine traditionnelle iranienne) ont augmenté de 50%.
Les rapports officiels indiquent un taux d'inflation proche de 23%, alors que la semaine dernière, le président du Parlement l'estimait à 30%.
De même, le taux de chômage officiel de 12%, est estimé par certains économistes comme dépassant les 30% de la population active.

“Ce n'est pas l'idéologie qui est le maillon faible du système au pouvoir en Iran", a déclaré Sami al-Faraj, directeur du Centre d'études stratégiques du Koweït.
"C'est l'économie, un élément important du printemps arabe qui n’a certainement pas échappé à l'Iran."

La question du soutien de la classe ouvrière au pouvoir en place est cruciale : les ouvriers ont apporté un soutien populaire vital à la révolution islamique de 1979, et au parti des mollahs au pouvoir lors des émeutes de 2009 après la réélection contestée d'Ahmadinejad.
Les signataires de la pétition sont issus de plusieurs régions du pays et de plusieurs secteurs d'activités; les ouvriers du secteur pétrolier, qui reçoivent des salaires plus élevés, n'y figurent pas.

Les responsables iraniens n’ont fait aucun commentaire sur la pétition, qui n'a été rapportée que par l'agence semi-officielle Irna, plutôt favorable aux réformes économiques.

Certains membres du parlement ont indirectement manifesté leur soutien en affirmant que “des salaires plus élevés étaient nécessaires”.


MONDE ARABO MUSULMAN

En Arabie saoudite, Ikea efface les femmes

Ikea a effacé les femmes de son catalogue destiné à l'Arabie saoudite, a révélé la version suédoise du journal Metro.

Le Metro suédois (à l'origine des autres versions internationales) a comparé les épais catalogue du célèbre spécialiste du mobilier, et constaté une particularité de l'édition saoudienne: les femmes n'y figurent pas. Les scènes sont identiques à celles que l'on voit dans les autres éditions, mais les personnages féminins ont été effacés.

Ikea, qui dispose de magasins en Arabie saoudite, y a bénéficié d'une très forte croissance au cours des cinq années passées: "à deux chiffres", selon les déclarations de l'entreprise.

On imagine qu'elle n'a pas voulu la ralentir en s'opposant aux pratiques locales, dans un pays où la mixité est prohibée dans de nombreux cas.
Le contraste entre les deux royaumes est extrême: en Suède, l'égalité des sexes est poussée à son paroxysme. Comme l'on pouvait s'y attendre, les révélations du quotidien ont choqué la population, forçant le groupe à s'excuser.

Il "regrette ce qui s'est passé et comprend que les gens soient bouleversés", a-t-il indiqué dans un communiqué de presse. "Nous allons naturellement revoir nos routines et nos procédures de travail pour nous assurer que cela ne se reproduise plus".

La ministre chargée des affaires européennes, Birgitta Ohlsson, a qualifié l'incident de "carrément moyenâgeux !" sur son compte Twitter.


INTERNATIONAL

Gilad Shalit et le FC Barcelone énervent les palestiniens

Gilad Shalit a été invité par son club de football préféré, le FC Barcelone, à assister en Espagne au match qui l'opposera le 7 octobre au Real Madrid.

Des Palestiniens et nombre de leurs soutiens s'y opposent.

Le soldat franco-israélien enlevé par détenu des membres du Hamas pendant plus de cinq années aura la chance d'assister à la rencontre entre les deux équipes les plus prestigieuses d'Espagne. Il sera un des invités d'honneur du Barça et recevra une médaille du club.

Une source au sein du club a indiqué à l'AFP que cette invitation n'avait rien de particulier.
"Nous avons reçu une demande d'invitation de la part d'un ancien ministre israélien pour cette personne, et le club a décidé de l'inviter comme il le fait pour beaucoup d'autres", a-t-elle dit.

Pourtant, elle a déclenché de fortes protestations dans le camp palestinien.
"L'invitation de Gilad Shalit est un autre camouflage des crimes sionistes avec le sport pour prétexte.
Comment un honorable club sportif, qui appelle à la culture et à l'humanité, peut-il inviter un meurtrier et un criminel comme Shalit pour l'honorer et le remercier?", s'est ainsi interrogé, dans un communiqué, une organisation de prisonniers à Gaza.

La mobilisation des pro palestiniens s'explique en partie par le fait que le FC Barcelone est le club de football le plus populaire dans les territoires palestiniens, que ce soit dans la bande de Gaza ou en Cisjordanie.
Les Palestiniens menacent de boycotter le club catalan s'il ne revient pas sur son invitation.

L'ambassadeur palestinien en Espagne, Moussa Amer Odeh, a déclaré que "Shalit a tiré depuis un tank à Gaza et a fait des blessés, la plupart d'entre eux étaient des civils", selon le journal El Pais.
"Il n'a pas été kidnappé, c'était un prisonnier de guerre", a-t-il ajouté.

Des activistes appelant au boycott d'Israël menacent de mettre en place d'importantes manifestations devant le stade Camp Nou, où se déroulera le match.

"Pour bien faire comprendre que le Barça ne prend aucunement position à travers cette invitation dans le conflit israélo-palestinien, nous rappelons qu'en 2011, le vice-président du club Carles Villarubi avait reçu le leader palestinien Mahmoud Abbas et lui avait fait visiter les installations du club", indique-t-on au Barça.


ANTISEMITISME

Venezuela - Hugo Chavez combat son adversaire politique en maniant l'antisémitisme

Le 7 octobre prochain auront lieu les élections présidentielles au Venezuela, sur fond d'enthousiasme populaire, d'antisémitisme et de violence.

Celui qu'e l'on pensait inamovible, Hugo Chavez, au pouvoir depuis 14 ans, voit son poste menacé par le jeune Henrique Capriles Radonski.

Le challenger, leader du parti Justice d'abord, gouverneur de L'État de Miranda, est en nette progression dans les sondages, en partie grâce à une intense campagne de terrain.

Certains d'entre eux le placent même devant celui qui brigue son quatrième mandat. Des centaines de milliers de partisans sont venus le soutenir lors de son dernier meeting.

Si Capriles se décrit comme un "catholique fervent", sa mère est juive, rappelle le Times of Israel, et son père, bien qu'élevé en catholique, a des origines juives sépharades.
Sa grand-mère maternelle a passé 20 mois dans le ghetto de Varsovie et ses grands-parents ont été tués dans le camp d'extermination de Treblinka.

Les origines juives de Capriles n'ont pas échappé aux partisans de Chavez, qui se sont livrés à de violentes attaques antisémites, notamment par voie de presse.

Le Centre Simon-Wiesenthal s'en est indigné et a condamné un article qui décrit l'ascendance juive du challenger, ce qui ferait de lui, selon son auteur, un disciple secret du sionisme, définit comme "le sentiment le plus pourri exprimé par l'humanité" .

L'Anti-Defamation League s'est également exprimé sur cette montée de l'antisémitisme chez une frange des partisans du président actuel.
"Un antisémitisme flagrant et tenace est utilisé par le président Chavez et son appareil d'Etat comme un instrument de division politique", a indiqué dans un communiqué le directeur de l'organisation, Abraham Foxman.

Samedi dernier, trois partisans de Capriles ont été tués par balles, alors qu'ils participaient à un rassemblement dans l'Etat de Barinas.
Il n'y avait pas de tradition d'antisémitisme au Venezuela, Chavez en a fait une réalité.

Pressions physiques ou économiques, campagnes antisémites orchestrées par la radio nationale ou les sites internet chavistes, menaces: si la communauté juive du Venezuela comptait environ 30 000 membres au début du mandat de Chavez, il n'en resterait qu'une dizaine de milliers, les autres ont fui vers les Etas Unis (où ils peuvent obtenir le statut de réfugiés politiques), vers Israël ou d'autres destinations.


ARCHEOLOGIE

Ils ont vécu en paix en Israël

Une découverte archéologique récente en Israël fait espérer le meilleur pour le futur, dans une région chroniquement bouleversée par les conflits depuis plusieurs décennies.

Ainsi, il semblerait que la Terre sainte soit la seule région de la planète où les premiers Homo Sapiens et les Hommes de Neandertal ont cohabité pacifiquement il y a plus de 80 000 ans.

Les archéologues qui travaillent au nahal Me'arot sur le Mont Carmel – un des derniers sites classés par l'Unesco au catalogue de son patrimoine mondial - ont en effet mis en évidences la preuve d'une coexistence côte à côte de ces lignées proches, et peu être même de croisements, selon le Times of London qui relate les travaux des archéologues.

Les découvertes du nahal Me'arot démontrent que sur certains sites, des outils propres à chacune des sous espèces ont été retrouvés mélangés, preuve d'une cohabitation "apaisée".

La théorie précédemment en vigueur évoquait une relation qui était le résultat de viols entre des groupes qui se combattaient en permanence.

"Si ces croisements entre l'Homo Sapiens et l'Homme de Neandertal ont eu lieu, c'est ici que cela s'est passé", commente Daniel Kaufman, un archéologue travaillant sur le site.

Les recherches ont montré que le patrimoine génétique des individus de Neandertal représente selon les cas de 1 à 4 % des gènes européens, soutenant ainsi l'idée d'un croisement "pacifique" entre les deux sous espèces.

Fermer la fenêtre