Numéro 1101 - 10.04.2012 - 18 Nisan 5772       Imprimer

A LA UNE

Les jeunes d'origine maghrébine en France : absentéisme scolaire, déshérence et démission des parents

Force est de reconnaitre qu'une grande partie des jeunes d'origine maghrébine ne jouit pas de l'attention nécessaire de la part de leurs parents.

A 14-15 ans à peine, Ils traînent dans la rue jusqu‘à une heure tardive de la nuit tandis que le père est plongé dans son sommeil. De jour, s'il n'est pas au café avec ses amis, on le trouve errant sur la place publique, ne sachant quoi faire de son temps.

La mère quant à elle passe son temps à se promener dans les centres commerciaux ou au marché au lieu d'accompagner ses enfants à la bibliothèque la plus proche, peu importe son niveau d'instruction, car ceci n'est pas et ne doit pas être un critère ni une excuse.

Il est même des familles qui décident de leur propre chef que l'année scolaire est finie et rentrent au pays avec leur progéniture avant la fin des cours et ne reviennent qu'après la rentrée scolaire d'une semaine ou deux.

Face au manque d'autorité et à l'absentéisme scolaire, la rue avec tous ses aléas et ses dangers devient l'espace naturel pour ces jeunes désœuvrés.

La voix des représentants des instances musulmans est pratiquement inaudible sauf dans les occasions religieuses ou lorsqu'ils se disputent un poste ou une influence. Pire encore, Ils s'érigent en interlocuteur au nom d'une communauté qui ne les a même pas élus.

En résumé, ces jeunes dans leur majorité souffrent d'un mal identitaire. Ils sont des émigrés au pays des parents dont ils portent même la nationalité. Et dans le pays qui les a vus naître, ils sont perçus comme des immigrés.

Ces jeunes français en mal de repères se retrouvent coincés entre une famille démissionnaire, une société qui les rejette et un pays d'origine dont l'unique contribution est de leur délivrer un passeport.

Bien sur, quiconque aurait écrit ce texte aurait soulevé un tollé en France, et serait probablement tombé sous le coup de la loi.
En l'occurrence, il n'y a aucun risque, le texte provient du site en Français d'Al Manar, la télévision du Hezbollah, sous la plume de Samia Mebarki (Al-Manar, 05.04.2012)

Gunter Grass, l'ancien nazi révisionniste bouge encore

La décision israélienne d'interdire l'entrée de son territoire à l'écrivain allemand Gunter Grass n'est que symbolique, elle existait de facto.

En effet, la loi israélienne stipule que tout allemand né en 1928 doit demander un visa d'entrée dans le pays, visa qui n'est obtenu que si l'intéressé n'a rien à voir avec le IIIè Reich.

Grass, né en 1927, a obtenu le prix de Nobel de littérature en 1999, à 72 ans. Mais ce n'est qu'en 2006 qui révèle son passé d'ancien nazi volontaire.

Enrôlé dans les jeunesses hitlériennes, il demande, à 15 ans, à s'engager dans les sous-marins, mais rejoint à l'âge de 17 ans la 10e Panzerdivision SS Frundsberg des Waffen-SS en octobre 1944.
À la fin de la guerre, il est fait prisonnier par les Américains et libéré en 1946

Gunter Grass est un révisionniste a sa façon : il défend sans coup férir l'idée d'un double génocide: 6 millions de juifs et 6 millions d'allemands.

Dans ces conditions, on comprend mieux certains passages de son poème comme le premier paragraphe où il se qualifie de survivant.
Il a souvent dénoncé la politique du gouvernement israélien qu'il juge "agressive" et "belliqueuse".

Au sujet des attentats du 11 septembre 2011, il déclare que la "réaction américaine, c'est beaucoup de tapage pour 3000 blancs tués".

Présidentielles égyptiennes : Amr Moussa a-t-il des racines juives

Les prochaines élections présidentielles qui se profilent en Égypte drainent leur lot de rumeurs visant à discréditer tel ou tel candidat.

Et en la matière, les valeurs sures restent de révéler les liens d'un candidat avec les Etats-Unis, ou avec une filiation juive.

Ainsi, plusieurs sites d'informations égyptiens rapportent cette semaine, qu'Amr Moussa, auraient des "racines juives"-assertion censée être "insultante".

Amr Moussa, diplomate de formation, a représenté son pays à l'ONU; il a ensuite été ministre d'Affaires étrangères sous la présidence d'Hosni Moubarak de 2001 à 2011; il a quitté ses fonctions pour assurer le secrétariat général de la ligue arabe jusqu'en 2011.

Il est considéré comme un candidat "crédible" par les pays occidentaux.

Son père se serait marié à une femme - Rakia Ibrahim, une artiste- ayant des racines juives; son demi-frère aurait changé son nom et vivrait en Israël. Celui-ci, né Ali, serait devenu Ilaï.

L'équipe de campagne d'Amr Moussa s'efforce de limiter "les dégâts" de cette révélation qui circule sur les réseaux sociaux. Ils ont bien entendu, nié l'information, et menacé de poursuites judiciaires les médias qui reprendraient l'information, tout comme la "source" de la rumeur.
Le secrétariat d'Amr Moussa a publié un communiqué déclarant que "Pierre, son demi-frère, est né d'une femme française et chrétienne".

Un autre candidat est la cible d'attaques récentes, le populaire salafiste Hazem Salah Abu-Ismail, dont plusieurs sites internet affirment que la mère est américaine – ce qui l'empêcherait d'être candidat.
Selon Abu-Ismail, sa mère serait titulaire d'une "carte verte" (un titre de séjour américain) mais pas d'un passeport.

Mais le ministère égyptien de l'Intérieur s'est empressé de publier un communiqué précisant que Nawal Abdel-Aziz, la mère du candidat était entrée en Egypte en 2010 avec son passeport américain.

Amr Moussa, dans le dernier sondage réalisé la semaine dernière arrive en tête des intentions de vote, avec plus de 30% des suffrages, Abu-Ismail arrive en seconde position avec 28%, loin devant le candidat des Frères musulmans qui n'est crédité que de 1,7% des suffrages.

Israël : histoire de dengue

Le ministère de la Santé israélien a tiré la sonnette d'alarme au sujet d'un possible développement de la Dengue en Israël.

La dengue est une maladie connue auparavant sous le nom de fièvre tropicale.
Selon les chercheurs, ce n'est qu'une question de temps pour que cette maladie tropicale pénètre de manière plus importante les frontières d'Israël.

Le Professeur Eli Schwartz, directeur du Centre de médecine des maladies tropicales au Centre médical Sheba à Tel Hashomer, a récemment publié un article dans lequel il notait que des Israéliens avaient été contaminés par le virus à l'étranger et l'avaient ramené en rentrant "au pays".

Le cumul de ces cas et de l'augmentation exponentielle du nombre de moustiques en Israël pourraient provoquer un développement de la maladie dans le pays, bien qu'aucun cas de propagation importante n'ait encore été signalé.

Les moustiques de type Tigre asiatique sont soupçonnés d'être arrivés via le nord d'Israël en 2002, en provenance d'Europe orientale. En 2010, on en a même signalé à Jérusalem.

Leur piqûre est à peine plus douloureuse que celle d'une variété ordinaire, mais le virus de la dengue peut causer des saignements gastro-intestinaux et une perte de fluides corporels, un choc anaphylactique et peut même entraîner la mort.

Un seul décès israélien a été signalé au cours de la dernière décennie, mais la croissance du tourisme en Extrême-Orient a conduit à des centaines de cas diagnostiqués en Israël chaque année, - dont plusieurs dizaines de cas graves nécessitant une hospitalisation.
La Thaïlande est un des pays les plus touchés (s'agissant de la dengue), et 120.000 Israéliens s'y rendent chaque année.

L'équipe de Schwartz a également présenté un rapport sur l'épidémie israélienne d'une autre maladie virale propagée par le moustique tigre d'Asie – le Chikungunya. Elle provoque des fièvres importantes, des maux de tête, parfois des douleurs articulaires continues et une atteinte irréversible aux poumons.

Les chercheurs ont cartographié la propagation des moustiques en Israël.
On les trouve principalement à Haïfa, à Tel Aviv et dans d'autres villes du centre du pays, telles que Modiin et Jérusalem. Sur les 42 personnes atteintes de dengue diagnostiquées entre 2008 et 2010, 27 (66%) vivaient dans des zones où des moustiques ont été trouvés.

Les chercheurs appellent également à la mise en quarantaine des personnes soupçonnées de cas de dengue ou de chikungunya pendant la période d'incubation de cinq jours avant l'apparition des symptômes, afin de prévenir l'extension de la maladie en Israël.

Le rapport de l'équipe Schwartz évoque également des risques de propagation du paludisme, principale cause de décès en Afrique. La maladie avait éclaté en Grèce en Septembre 2011.




France - Eva Joly : Gaza et Auschwitz, c'est la meme chose

Pour Eva Joly, candidate écologiste à l'élection présidentielle, Gaza est un camp de concentration à ciel ouvert.

Interrogée sur Europe 1 par Jean-Pierre Elkabbach à propos d'un texte de Nathalie Arthaud - elle-même candidate à l'élection présidentielle sous l'étiquette Lutte ouvrière – publié sur le site EuroPalestine, Eva Joly a déclaré "signer" ce texte.

Arthaud avait écrit : "mon parti, Lutte Ouvrière, a toujours dénoncé avec détermination la politique du gouvernement d'Israël qui pousse les Palestiniens hors de leurs terres, enferme les populations derrière des barbelés et des murs de béton et des kilomètres de barbelés, qui transforment les territoires palestiniens en camps de concentration à ciel ouvert, et en particulier dans le cas de Gaza".

"J'ai visité Gaza avec une délégation du parlement européen en 2008 et, réellement, ils sont enfermés, que ça soit vers la mer -la distance sur laquelle ils sont autorisés à pêcher est extraordinairement réduite-... ils ne peuvent pas cultiver les terres, et la communication est tout à fait contrôlée", a commenté Eva Joly.

Interpellée sur le fait qu'elle soit d'accord où pas, la candidate écologiste a répondu "oui, je signe cela".
Nouvelle question : "un camp de concentration alors?" "C'est un mot très fort. Mais ils sont enfermés", confirme-t-elle.

France - Francois Bayrou dénonce l'emprisonnement arbitraire des palestiniens aux frontières par Israël

Le 15 avril débutera l'opération Bienvenue en Palestine: plusieurs milliers de voyageurs en provenance de différents pays tenteront de se regrouper à l'aéroport de Ben Gourion, pour se rendre dans les territoires palestiniens.

Israël avait en 2011, empêché des groupes de participants d'embarquer dans leur pays d'origine – en prévenant nominativement qu'ils seraient refoulés, la compagnie aérienne dans ce cas doit rapatrier le passager refoulé à ses frais – et placé les autres en rétention avant de les expulser.

La France a exprimé son "inquiétude" devant les risques d'incidents et déconseillé à ses ressortissants d'y participer.

Europalestine a écrit à plusieurs candidats à la présidentielle; pour l'instant, seuls Nathalie Arthaud – Lutte ouvrière – et François Bayrou ont répondu.

Son équipe de campagne a transmis en son nom une réponse publiée sur le même site; nous la reproduisons in extenso.

"C’est une belle initiative dont vous nous faites part.
Il est intolérable que des projets pacifiques soient bloqués de la sorte, avec l’accord du gouvernement français.
Certes, Israël doit pouvoir assurer sa sécurité.

Mais l’emprisonnement arbitraire aux frontières est une injustice vécue au quotidien par les palestiniens, qui se sentent privés de leur liberté.
François Bayrou ne portera aucune entrave aux projets pacifiques que vous souhaitez mener.
Antoine Alhéritière - Équipe de campagne de François Bayrou "


DEFENSE

Israël - Changements stratégiques dans la politique de riposte en cas d'attaques du pays

Benny Gantz, le chef d'Etat major de l'armée israélienne, vient de dévoiler les nouveaux choix stratégiques en matière de riposte aux attaques que subiraient le pays, mais également ses citoyens à l'étranger.

Ainsi, toute attaque sur le sud du pays se traduira par des représailles contre les infrastructures du Hamas, que celui-ci soit impliqué ou non dans les tirs, puisqu'il administre la bande de Gaza; Israël considère que l'organisation islamiste qui gère le territoire est responsable du maintien de l'ordre sur son territoire.

De même, toute attaque en provenance du Liban sera suivie d'une riposte contre les bases et installations du Hezbollah dans ce pays.

Pour la première fois, Israël établit une règle de riposte concernant les attaques qui visent les représentants israéliens à l'étranger, et les menaces sont claires : "tout acte terroriste commis par des iraniens entrainera une réponse rapide contre Téhéran".

Israël s'appuie donc sur les enquêtes menées après les attentats à Bakou, New Delhi et Bangkok pour mettre clairement en cause la république islamique et la menacer d'actions de rétorsion.

S'exprimant au cours d'une visite d'une base militaire sur ces attentats à l'étranger, Gantz a déclaré " Nous savons qui est à l'origine de ces attaques et ceux qui sont derrière ces attentats doivent savoir que nous poursuivrons tous ceux qui s'en prennent à des civils israéliens ou des juifs, qu'ils soient à Gaza, au Liban ou ailleurs".

Israël-Défense : transformer les insectes en drones

En matière de drone, le défi consiste à faire toujours plus discret, plus indétectable.

Des chercheurs israéliens travaillent à transformer des insectes en drones.

Plutôt que de construire des avions sans pilote de plus en plus petits, aujourd'hui de quelques centimètres de longueur - ce qui nécessiterait une maitrise de la miniaturisation des plus avancées -, l'équipe de chercheurs a choisi d'utiliser ce que la nature a modelé pendant 300 millions d'années d'évolution.

Les scientifiques ont commencé par étudier, à l'aide de deux caméras très précises, comment les insectes utilisent leurs muscles pour bouger pendant leur vol. Ils ont ensuite implanté des électrodes dans certains de leurs muscles, pour analyser les signaux électriques reçus.

Ils ont pu ainsi faire correspondre les impulsions électriques qui traversent leur corps aux mouvements effectués dans les airs.
Ces recherches, dirigées par le professeur Daniel Weihs et le docteur Gal Ribak, tous deux du Technion, sont financées par l'armée américaine.
Elles ont pu bénéficier des avancées scientifiques de plusieurs autres laboratoires dans le monde.

Mais qu'en est-il de la souffrance des animaux servant aux expérimentations ? Existe-elle ?
"Je ne pense pas", a répondu Ribak, "et je ne pense pas que quelqu'un en soit vraiment sûr".
Son collègue Weihs est du même avis:
"Après l'implantation des électrodes, nous ne pensons pas qu'il puisse y avoir de souffrance, puisque le signal électrique est un signal naturel que l'insecte produit lui-même", a-t-il expliqué.
" Nous nous contentons de dire à l'insecte quand il doit se mouvoir, en utilisant ces signaux".


ETATS-UNIS

Les Etats Unis interviennent secrètement en Iran depuis trois ans

Alors que Barack Obama offre actuellement un compromis qui permettrait à l'Iran de poursuivre un programme nucléaire civil, le Washington Post rapporte qu'au cours de ces trois dernières années, la CIA est intervenue directement et indirectement en république islamique.

Ces interventions auraient consisté en des opérations de surveillance mais également en du soutien aux opérations au sol.
Ainsi, des drones de surveillance furtifs ont pénétré profondément en Iran.

Selon le rapport, les drones de la CIA ont survolé des dizaines de sites à travers l'Iran, faisant des centaines de passages au-dessus des installations suspectes, jusqu'à ce qu'un drone RQ-170 se soit écrasé à l'intérieur des frontières de la République islamique en décembre 2011.

D'actuels et d'anciens responsables du renseignement américain ont indiqué que la collecte de renseignements a renforcé l'opinion, au sein de l'administration américaine, que l'obtention d'une bombe nucléaire faisait partie des projets de l'Iran.

Des responsables de l'administration Obama affirment en outre que l'amélioration du renseignement renforce également la position de Washington sur des négociations nucléaires avec l'Iran.

Par ailleurs, le journal le New Yorker a indiqué que les américains entrainent des membres du groupe d'opposition iranien Moudjahidin-e-Khalq sur un site près de Las Vegas.

Selon des rapports précédents, Israël aurait coopéré avec ce groupe, responsable d' attaques contre des scientifiques nucléaires iraniens. Des membres de l'organisation, connue sous le nom de MEK, ou Moudjahidines du peuple d'Iran, ont intercepté des conversations téléphoniques et des messages en Iran, qui ont ensuite été traduits et partagés avec les responsables du renseignement américain.

D'autres sources ont confirmé un rapport précédent affirmant que le Mossad israélien a également été impliqué dans le financement des unités de formation du MEK, afin de cibler les centrales électriques et les sites nucléaires iraniens.

Le Congrès des États-Unis recevrait également un nombre croissant d'appels pour supprimer le MEK de la liste des organisations terroristes du Département d'Etat américain.

Dans les années soixante-dix, le MEK était un groupe d'étudiants marxistes lié à l'assassinat de six citoyens américains et était partie intégrante de la révolution qui a conduit à la chute du Shah d'Iran.
Mais, depuis quelques années, le groupe mène une guerre sanglante contre les mollahs au pouvoir. En 1997, il fut néanmoins classé comme organisation terroriste par le Département d'Etat américain.

Toutefois, selon Hersh, en 2002 le MEK a obtenu une certaine crédibilité internationale en révélant publiquement et avec précision que l'Iran avait commencé l'enrichissement d'uranium dans un souterrain secret. Les liens entre le MEK et les services de renseignement occidentaux se seraient également renforcés après la chute du régime irakien en 2003.

La formation des membres du MEK aurait pris fin avant la prise de fonction d'Obama.
Selon des responsables, les fonds ont été secrètement transmis à un certain nombre d'organisations dissidentes, pour la collecte de renseignements et, en définitive, pour mener des activités contre le régime iranien. Directement, ou indirectement, le MEK a reçu des armes et des informations.
Certaines opérations secrètes conjointes se poursuivraient aujourd'hui en Iran.


ALLEMAGNE

Gunter Grass Persona non grata en Israël

Le ministre de l'Intérieur Eli Yishai a déclaré le Prix Nobel de littérature allemand Günter Grass, Persona non grata en Israël.

Cette décision rapide intervient après la publication d'un poème dans lequel il critique le programme nucléaire de l'état hébreu et dit considérer l'Etat juif comme" une menace pour la paix dans le monde, une paix déja fragile" – commentant ainsi les menaces d'intervention israéliennes contre les installations nucléaires iraniennes.

Elie Yishai a ainsi commenté sa décision : "Ses poèmes attisent les flammes de la haine contre Israël et le peuple israélien, favorisant ainsi l'idée qu'il n'a pas changé depuis l'époque où il a porté l'uniforme SS. Ses poèmes déformés ne sont pas les bienvenus en Israël".

Elie Yishai a indiqué que Gunter Grass ne serait pas autorisé à entrer en Israël s'il demandait à le faire.

Le poème, publié dans trois quotidiens européens a attisé de vives critiques en Allemagne et partout dans le monde, le journal allemand Die Welt a par exemple appelé Gunter Grass "l'éternel antisémite."
On pouvait y lire "Grass est le prototype de l'antisémite instruit. Il est traqué par la culpabilité et le sentiment de honte et entraîné par le désir de peser sur l'histoire."

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a également critiqué Gunter Grass, déclarant : "La comparaison honteuse qu'il fait entre Israël et l'Iran en dit très peu sur Israël, mais en dit long sur M. Grass.
C'est l'Iran, et non Israël, qui approuve le massacre syrien.

C'est l'Iran, et non Israël, qui jette des pierres sur les femmes, interdit les homosexuels et se coupe brutalement de dizaines de millions de ses citoyens".

L'historien Tom Segev, qui a à plusieurs reprises interviewé Grass estime dans Haaretz que celui-ci est "plus pathétique qu'antisémite" ajoutant "la comparaison entre Israël et l'Iran est injuste car contrairement à l'Iran, Israël n'a jamais menacé d'effacer de la carte un autre pays.
Gunter Grass, pour sa part, a expliqué qu'il visait le gouvernement de l'Etat juif, et non le pays dans son ensemble.

L'Iran a salué la publication du poème de Grass.
Dans une lettre adressée à "l'écrivain distingué Günther Grass", le vice-ministre de la Culture Javad Shamaqdari félicite l'écrivain allemand pour avoir "dit la vérité".
On a les amis qu'on mérite!

Ce qui doit etre dit

nous publions ci dessous une traduction que nous espérons aussi fidèle que possible du texte de Gunter Grass qui n'a, pour l'instant, pas été publié en francais.

Pourquoi me taire, pourquoi taire trop longtemps
Ce qui est manifeste, ce à quoi l'on s'est exercé
dans des jeux de stratégie au terme desquels
nous autres survivants sommes tout au plus
des notes de bas de pages

C'est le droit affirmé à la première frappe
susceptible d'effacer un peuple iranien
soumis au joug d'une grande gueule
qui le guide vers la liesse organisée,
sous prétexte qu'on le soupçonne, dans sa zone de pouvoir,
de construire une bombe atomique.

Mais pourquoi est-ce que je m'interdis
De désigner par son nom cet autre pays
Dans lequel depuis des années, même si c'est en secret,
On dispose d'un potentiel nucléaire en expansion
Mais sans contrôle, parce qu'inaccessible
À toute vérification ?

Le silence général sur cet état de fait
silence auquel s'est soumis mon propre silence,
pèse sur moi comme un mensonge
une contrainte qui s'exerce sous peine de sanction
en cas de transgression ;
le verdict d' "antisémitisme" est courant.

Mais à présent, parce que de mon pays,
régulièrement rattrapé par des crimes
qui lui sont propres, sans pareils,
et pour lesquels on lui demande des comptes,
de ce pays-là, une fois de plus, selon la pure règle des affaires,
quoiqu'en le présentant habilement comme une réparation,
de ce pays, disais-je, Israël
attend la livraison d'un autre sous-marin
dont la spécialité est de pouvoir orienter des têtes explosives
capables de tout réduire à néant
en direction d'un lieu où l'on n'a pu prouver l'existence
ne fût-ce que d'une seule bombe atomique,
mais où la seule crainte veut avoir force de preuve,
je dis ce qui doit être dit.

Mais pourquoi me suis-je tu jusqu'ici ?
parce que je pensais que mon origine,
entachée d'une tare à tout jamais ineffaçable,
m'interdit de suspecter de ce fait, comme d'une vérité avérée,
le pays d'Israël, auquel je suis lié
et veux rester lié.

Pourquoi ai-je attendu ce jour pour le dire,
vieilli, et de ma dernière encre :
La puissance atomique d'Israël menace
une paix du monde déjà fragile ?
parce qu'il faut dire,
ce qui, dit demain, pourrait déjà l'être trop tard :
et aussi parce que nous - Allemands,
qui en avons bien assez comme cela sur la conscience -
pourrions fournir l'arme d'un crime prévisible,
raison pour laquelle aucun
des subterfuges habituels n'effacerait notre complicité.

Et admettons-le : je ne me tais plus,
parce que je suis las de l'hypocrisie de l'Occident ; il faut en outre espérer
que beaucoup puissent se libérer du silence,
et inviter aussi celui qui fait peser cette menace flagrante
à renoncer à la violence
qu'ils réclament pareillement
un contrôle permanent et sans entraves
du potentiel nucléaire israélien
et des installations nucléaires iraniennes
exercé par une instance internationale
et accepté par les gouvernements des deux pays.

C'est la seule manière dont nous puissions les aider
tous, Israéliens, Palestiniens,
plus encore, tous ceux qui, dans cette
région occupée par le délire
vivent côte à côte en ennemis
Et puis aussi, au bout du compte, nous aider nous-mêmes.


HISTOIRE

Artur Carlos Barros Basto, le Dreyfus portugais

Artur Carlos Barros Basto fut un héros de la première guerre mondiale et l'un de ceux qui ont contribué à renverser la monarchie portugaise en 1910, pour fonder la République.

C'était aussi un descendant de marrane et bientôt, le fondateur de la nouvelle communauté juive portugaise après 400 ans d'absence juive dans le pays.
Né en 1887, c'est seulement dans les années 20 qu'Arthur Carlos de Barros Basto apprend de son grand-père ses racines juives.
Il part alors pour Tanger et se convertit formellement au judaïsme.

Aux rabbins qui ignoraient la présence de marranes au Portugal, il dit se sentir juif et ne procéder, à travers sa conversion, qu'à une "formalité".
A son retour au pays, il établit la première congrégation juive du Portugal depuis l'expulsion des juifs en 1497.

ll fonde ainsi une école talmudique, un journal communautaire, Halapid, et la synagogue Makor Haim. Ce fut une renaissance après des centaines d'années de clandestinité marrane.
On appelait alors Barros Basto "l'officier prophète", il avait également pris un nom hébraïsé: Abraham Israel Ben-Rosh.

Confiant dans la liberté de culte accordée par la République, Barros Basto partit à la recherche des juifs cachés du Portugal et fonda à Porto sa Yeshiva, organisa une communauté, une vie juive, et des cérémonies de circoncision.

En 1928 néanmoins, le Portugal connaît une nouvelle révolution qui ramène l'Eglise dans les allées du pouvoir.
La liberté des juifs s'en trouve réduite, les prêtres voyant d'un mauvais œil le mouvement de Barros Basto cherchant à ramener de "nouveaux chrétiens" à leurs racines.

A partir des années 30, un gouvernement fasciste prend le pouvoir.
Barros Basto est accusé et reconnu coupable de circoncision et d'homosexualité.

Les circoncisions qu'il organise dans la communauté juive ont été caractérisées comme des "rituels homosexuels avec des jeunes âgés de 17 et 18 ans, qui ont été forcés d'exposer leur organe sexuel". Barros Basto fut alors privé de son titre militaire et de sa pension.

Celui qu'on appelle encore le Dreyfus portugais, ne s'est jamais remis de cette humiliation publique.
Son mouvement a perdu de sa force et s'est quasiment effondré.
Dans les années 1940 et 1950, il connaît presque la misère.

Ignacio Steinhardt, un Israélien qui a émigré du Portugal, a écrit une biographie de Barros Basto. Il y témoigne de la grandeur de l'homme.
En 1961, Barros Basto meurt, incognito. Il fut enterré au cimetière d'Amarante, le village où il est né, vêtu de son uniforme militaire, avec ses médailles et le drapeau national.

Puis vient le 25 Avril 1974 et la révolution de velours au Portugal, qui met fin au pouvoir du dictateur Marcelo Caetano.
En 1975, Léa Barros Basto, sa femme, demande au nouveau Parlement de rendre justice à son mari. Sans succès.
Après la mort de la veuve, la fille du couple prend le relais, sans plus de résultats.
Mais la liberté au Portugal fait essaimer les mouvements de marranes qui reviennent à leurs racines.

Et il y a quelques mois, la petite-fille de Barros Basto, Isabel Ferreira Lopes, fait une nouvelle demande au Parlement portugais :
"Mon grand-père a été victime de l'antisémitisme des années 1930.

J'ai demandé au Parlement de le réintégrer dans l'armée afin de rétablir son nom, je crois que c'est ce qui va se passer, parce qu'il y a maintenant un très large consensus dans la société portugaise. Les politiciens, des journalistes, l'association du barreau et les citoyens en général ont compris la nécessité de modifier une décision antisémite de l'époque."

Il semble que tous les partis politiques au Portugal estiment cette demande justifiée et soient prêts à l'accueillir.

Le président de la commission en charge de l'étude du dossier, Fernando Negrao, a indiqué que le nom de Barros Basto est une question de grande importance et "nécessite une discussion en profondeur".

La petite fille de Barros Basto espère qu'enfin justice lui sera rendue :
"Dans ma famille nous sommes très fiers de mon grand-père. Si nous parvenons à faire reconnaître son nom, cela signifierait que nous avons gagné une bataille qui a été menée pendant trois générations.
Pour ma grand-mère, ma mère et moi, cela signifie que nous allons enfin obtenir une certaine compensation pour les souffrances sans fins de mon grand-père, et que notre amour pour lui sera parvenu à faire justice."


RELIGIONS

Israël - Les coptes égyptiens de retour en Israël pour le pèlerinage de Paques

Des centaines de coptes d’Égypte sont arrivés en Israël pour un pèlerinage de Paques à Jérusalem.

Ce voyage avait été interdit, pendant des années, par le patriarche copte. Mais depuis la mort de Shenouda III, le 20 mars au Caire, rien ne les empêchait de venir, si ce n'est la désapprobation officieuse du gouvernement.

Shenouda III fut pendant 40 ans le chef spirituel de la plus grande communauté chrétienne du Moyen-Orient, estimée à environ 10% de la population égyptienne. Il avait publié un édit interdisant les pèlerinages en Israël tant que Jérusalem serait "occupée" par Israël.

Pour autant, la communauté orthodoxe copte en Israël est estimée à 2500 personnes environ, principalement à Jérusalem, avec une petite communauté à Nazareth.
Et surtout, il semblerait que l'interdiction n'ait jamais été pleinement efficace.

D'après un représentant d'Air Sinaï, une filiale d'Egypt Air, contrairement à ce qu'a prétendu la télévision égyptienne, le nombre global de pèlerins coptes cette année n'est pas plus grand que l'an dernier.

En outre, d'après le secrétaire général de la communauté orthodoxe copte, 500 à 1000 Coptes viennent en Israël chaque année et certains pèlerins auraient fait le chemin vers la Terre Sainte à chaque Pâques depuis le traité de paix entre Israël et l'Egypte en 1979.
Il ne s'agit toutefois que d'une "goutte d'eau" parmi les 125 000 chrétiens qui se rendent en Israël pour Pâques.

Mais l'Eglise orthodoxe copte, d'après le patriarcat de Jérusalem, ne se détournerait pas de ces pèlerins, bien qu'elle ne puisse leur donner la communion. Quant à l'édit, même après la mort du patriarche, il resterait en vigueur. Mais les pèlerins, très motivés, seraient surtout des personnes âgées de villages pauvres d'Egypte, qui ont économisé de longues années pour faire ce voyage.


ECONOMIE

Économie - La Grèce veut vendre des actifs aux investisseurs israéliens

Dans le cadre des mesures d'austérité engagées pour réduire sa dette, le gouvernement grec cherche à privatiser un certain nombre d'activités industrielles jusqu'alors détenues par l'état.

Ainsi, la Grèce souhaite céder près d'un tiers de ses participations dans l'OPAP, la société de loterie et paris (une des plus grosses d'Europe), ainsi que d' Hellenic Petroleum –un géant de la filière pétrolière très implanté dans les Balkans et les pays du pourtour méditerranéens, également producteur d'électricité).

Costas Mitropoulos, le directeur de l'agence de privatisation est actuellement en Israël à la recherche d'investisseurs.

Il a déclaré aux médias israéliens que 12 ports, plus de 30 aéroports ainsi que des projets d'infrastructure – une autoroute reliant un port grec à la Turquie –sont également offerts à des investisseurs étrangers.
L'agence de privatisation espère céder 20 milliards d'euros d'actifs d'ici à 2015, et 50 à l'horizon 2020.

Selon Mitropoulos, des investisseurs israéliens auraient déjà manifesté leur intérêt pour un certain nombre d'activités "privatisables", notamment la compagnie gazière nationale DEPA, ou le projet de développement de l'ancien aéroport international d'Athènes.

Mais d'autres sociétés israéliennes étudieraient des projets tels que la compagnie de traitement des eaux d'Athènes et Thessalonique, ou des sociétés d'état liées à la défense.

Mitropoulos a commenté en précisant que 80% des grecs soutenaient le programme de privatisation, qui, selon lui, permettrait de créer des dizaines de milliers d'emplois et d'augmenter le PIB grec d'un point.


CRIMINALITE

Israël - Criminalité : les responsables de l'organisation caritative Hazon Yeshaya interpelés par la police

La police israélienne a arreté plusieurs dirigeants de l'organisation Hazon Yeshaya.

Les dirigeants de l' organisation caritative, Hazon Yeshaya, sont soupçonnés par la police israélienne d'avoir détourné des sommes importantes provenant de dons.

La police a arrêté le responsable de l'association ainsi que neuf autres personnes.
Ils sont soupçonnés d'avoir détourné des dons destinés à l'achat de nourriture pour des personnes en situation de grande précarité.
En réalité, s'ils achetaient bien ces produits, ils les revendaient ensuite aux personnes en difficulté.

Créé en 1997, le réseau Hazon Yeshaya fournit des milliers de repas chauds tous les jours, y compris à des survivants de la Shoah en difficulté.

L'organisation a également joué un rôle dans le transfert d'indemnités de l'Allemagne aux survivants de la Shoah, a précisé la police ce qui conduit les commentateurs à estimer que l'argent des survivants de la shoah a également été détourné.

Ce sont des plaintes de donateurs qui ont alerté les autorités israéliennes.
L'unité anti-fraude de la police a alors mis en place une opération sous couverture, active pendant plusieurs mois, qui a conduit aux arrestations dimanche.

Les bureaux de l'organisation, à Jérusalem, ont été perquisitionnés par la police et des documents ont été saisis.
"Cette organisation caritative est considérée comme une des plus importantes du pays", a commenté la police.
"Elle reçoit des dizaines de millions de dollars de donateurs de l'étranger".


DANS LA PRESSE

Présidentielle 2012: pour qui vont voter les juifs, les catholiques, les protestants, les musulmans

Y a-t-il un vote juif ou catholique ou protestant ou musulman….

Les politologues interrogés répondent par l'affirmative. Malgré la laïcisation de la société française, la variable religieuse reste déterminante dans le vote des citoyens.
Elle renforce des tendances historiquement lourdes. Depuis quelques années, elle subit des inflexions, confirmées dans les intentions de vote pour la prochaine élection présidentielle que révèlent les enquêtes d'opinion.

Le virage à droite du vote juif

Très minoritaire (moins de 1% de l'électorat), le vote juif n'est plus spontanément identifié à la gauche émancipatrice et assimilatrice, héritière des combats révolutionnaires, adversaire de la droite antisémite et stigmatisante de l'entre-deux guerres et de Vichy.

Sous la Ve République, la position du général de Gaulle sur Israël ("sûr de lui et dominateur") et la diplomatie pro-arabe de la France avaient puissamment contribué à cette méfiance pour la droite de l'électorat juif. Celui-ci avait largement participé aux victoires de François Mitterrand en 1981 et 1988.

Cette situation a changé.
Le vote juif est plus hétérogène qu'autrefois. Il s'est rapproché de la droite traditionnelle.
Selon Jérôme Fourquet, politologue spécialiste des études d'opinion à l'Ifop, le basculement s'est produit au début des années 2000 avec l'éclatement de la seconde Intifada dans les territoires palestiniens et la recrudescence des actes antisémites, d'origine arabe, dans une société française devenue la transposition du conflit moyen-oriental.
En 2002, la communauté juive avait voté pour Jacques Chirac et même Alain Madelin, de préférence à Lionel Jospin.

Nicolas Sarkozy, par sa politique sécuritaire, par son parti-pris pro-israélien et pro-américain, a achevé de convertir à la droite cet électorat juif auquel, comme Président, il n'a cessé de donner des gages.
Au premier tour de la présidentielle de 2007, il avait obtenu 45% des voix juives, soit quatorze points de plus que sa moyenne nationale.
En 2012, les instituts de sondage ne donnent pas de chiffres sur les intentions de vote d'une communauté juive numériquement très faible. Mais ils s'attendent à une confirmation assez large du vote Sarkozy.

Les catholiques, à droite toute toujours

La proximité avec la droite est encore plus forte dans l'électorat catholique. De 50% à 60% d'électeurs français se définissent comme catholiques, dont 14% comme "pratiquants".
Leur comportement électoral est d'autant plus frappant à étudier qu'il s'écarte de la moyenne nationale.
"Plus on est catholique pratiquant, plus on vote à droite, notamment vers l'UMP, et avec une prime très nette à Nicolas Sarkozy", observe Jérôme Fourquet.

Quand il rassemble autour de 28% des intentions de vote de l'ensemble des Français au premier tour, le président sortant "monte" à 34% chez les catholiques non pratiquants et à 45% chez les pratiquants.
A l'inverse, le candidat socialiste François Hollande ne recueille que 16% des intentions de vote des catholiques pratiquants (24% des non-pratiquants).
La tendance s'amplifie au second tour: Nicolas Sarkozy réunirait 70% des suffrages des pratiquants et même 55% des non pratiquants.

Cette préférence à droite de l'électorat catholique —probablement accentué par la variable de l'âge (l'électorat catholique est plus âgé que la moyenne)— remonte à loin dans l'histoire politique de la France, depuis la Révolution et les combats laïques des XIXe et XXe siècles.

Elle s'identifie à des "valeurs" d'ordre, de sécurité, de légitimité.
Au delà des préoccupations communes (emploi, éducation) qui sont prioritaires, les principaux "marqueurs" du vote catholique sont, selon les spécialistes, la défense de la famille, le choix de l'école privée, le refus de l'euthanasie active et de la revendication homosexuelle (mariage gay, adoption).

Ce vote Sarkozy dans l'électorat catholique justifie le discours du président sur la "laïcité positive". Il confirme la stratégie "droitière" de Patrick Buisson, son conseiller qui, il y a quelques mois encore, avait organisé un déplacement présidentiel au Puy-en-Velay, haut lieu de pèlerinage, où Nicolas Sarkozy avait exalté le patrimoine chrétien de la France.

Il reste que le candidat doit rester attentif à la façon de s'adresser à cet électorat. En juillet 2010, le discours de Grenoble sur la délinquance et les Roms avait provoqué de fortes réticences dans la hiérarchie catholique. "Sa cote de popularité n'avait toutefois pas diminué chez les catholiques en général, se rappelle Jérôme Fourquet.

La baisse, dans ce segment de l'électorat, avait eu lieu bien avant, au moment de la polémique sur la nomination de Jean Sarkozy à la tête de l'Epad de la Défense et le double salaire d'Henri Proglio."

Dans cet électorat, le candidat centriste François Bayrou ne jouit plus de la "surcote" dont il avait bénéficié en 2007, mais il reste un peu au dessus de la moyenne nationale: il est à 15% chez les catholiques pratiquants et à 12% chez les non-pratiquants. Il y a cinq ans, il était à 27% chez les pratiquants contre 20% en moyenne nationale.

Le rapport avec Marine Le Pen et le Front national bouge également. A l'époque de la montée en puissance de Jean-Marie Le Pen, il existait une corrélation forte entre la pratique catholique et le rejet du vote Front national. C'est moins vrai aujourd'hui. Le vote catholique n'est plus aussi hermétique aux idées frontistes.

Le passage de témoin entre Jean-Marie Le Pen et sa fille Marine explique sans doute ce glissement, l'autre raison étant probablement liée à la question de l'immigration et aux peurs provoquées dans la population catholique par l'influence grandissante de l'islam.

Quoiqu'il en soit, Marine Le Pen est à 13% des intentions de vote chez les catholiques pratiquants —très légèrement en dessous de la moyenne nationale— et à 18% chez les catholiques non-pratiquants.

Des disparités régionales dans le vote protestant

Longtemps classé à gauche, le vote protestant (entre 2 et 3% de l'électorat) a également opéré un basculement à droite, comme le montre la récente enquête de l'IFOP pour l'hebdomadaire Réforme du 31 mars 2012. Nicolas Sarkozy figure loin devant ses concurrents. Il est victorieux dans les intentions de vote des protestants au deuxième tour par 53,5% contre 46,5% à François Hollande.

On peut avancer plusieurs facteurs d'explication: le vieillissement de cette population, le poids croissant des protestants évangéliques, et aussi, comme pour une partie de l'électorat catholique, le fait que "certains protestants perçoivent assez mal que l'islam tienne le haut du pavé dans le débat public" (Jerôme Fourquet).

Mais on doit relever, dans ce vote protestant, de fortes disparités régionales. Ainsi François Hollande ne recueille que 13% des intentions de vote du premier tour chez les protestants luthériens, plus traditionnels, de l'Est de la France (Alsace et Lorraine), mais il est à 37% dans le Sud (Drôme, Ardèche, etc) d'obédience plus réformée et plus progressiste.

Nicolas Sarkozy est respectivement à 35% dans l'Est et à 31% dans les zones protestantes du Midi cévenol. Quant à Marine Le Pen, elle rassemblerait 28% des électeurs protestants de l'Est et seulement 9% dans le Sud.

Le vota à gauche massif des musulmans

Reste le vote musulman, estimé à 5% de l'électorat. Il est très marqué par l'abstention. Moins de la moitié des musulmans se déplacent pour aller voter, ce qui est la traduction électorale de leur faible niveau d'intégration dans la société française. Mais il est très homogène et très marqué à gauche. Selon les derniers sondages d'intentions de vote, 80% des électeurs musulmans s'apprêteraient à voter François Hollande au second tour de l'élection dans le cadre d'un duel avec Nicolas Sarkozy.

Ce vote massif pour la gauche est ancien. Celle-ci bénéficie de son image émancipatrice et décolonisatrice. Le débat récurrent sur la place de l'islam dans l'espace public renforce aussi le réflexe anti-droite. L'islam reste perçu par ses membres comme une minorité marginalisée et stigmatisée et, à cet égard, la droite au pouvoir porterait une grande responsabilité. Si le Front national reste l'ennemi numéro un, l'image de Nicolas Sarkozy est très écornée.

Si on ne peut nier la place du facteur religieux dans le vote des 22 avril et 6 mai prochains, on doit relever que ces électorats religieux demeurent très minoritaires. Avec 14 % de catholiques pratiquants, 2 % à 3% de protestants, 5 % à 6 % de musulmans, moins de 1% de juifs, cet électorat religieux forme à peine 30% de l'électorat. Nous sommes bien loin des États-Unis.
Henri Tincq/ Slate.fr / 08.04.2012

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