Numéro 1082 - 06.03.2012 - 12 AdarI 5772       Imprimer

A LA UNE

France - Francois Fillon : viande casher ou hallal, des traditions d'un autre temps

Le Premier ministre, Francois Fillon, vient d'apporter une surprenante contribution au débat lancé par le Front National et Marine le Pen au sujet de la viande casher ou hallal, et d'une facon plus générale de l'abattage rituel.

Selon François Fillon, qui précisait s'exprimer " à titre personnel et no en tant que Premier ministre", l'abatage rituel ne correspond plus à rien.
Il propose d'ailleurs aux juifs, comme aux musulmans, de revenir sur "ces traditions ancestrales".

S'exprimant sur Europe 1, il a estimé que "les religions devaient réfléchir au maintien de traditions qui n'ont plus grand chose à voir avec l'état de la science, de la technologie ou les problèmes de santé".
"Il y a des traditions (…), qui ne correspondent plus à grand-chose alors qu'elles correspondaient dans le passé à des problèmes d'hygiène", a expliqué le Premier ministre.

Richard Prasquier, Président du Crif, s'est dit "choqué" par les propos de François Fillon : "la déclaration de François Fillon est stupéfiante", a déclaré à l'AFP Richard Prasquier ajoutant "Même s'il dit que c'est à titre personnel qu'il s'exprime, quand on est Premier ministre, on a une parole officielle. Nous sommes dans un pays de séparation de l'Eglise et de l'Etat".

A l'UMP même, la prise de position ne fait pas l'unanimité.
La secrétaire nationale Salima Saa, s'est déclarée "attristée de voir s'étaler des jugements négatifs et dévalorisants sur les musulmans de France".

Pour sa part, Alain Juppé a pris ses distances en déclarant : " J'ai déjà dit que le choc des civilisations n'était pas ma tasse de thé. Je pense que le problème de la viande halal est un faux problème en réalité, qu'il y a d'autres vraies questions qu'il faut se poser".
Nicolas Sarkozy s'était prononcé en faveur de "l'étiquetage de la viande en fonction de la méthode d'abattage".

François Fillon a défendu cette position tout en réfutant tout risque de stigmatisation des juifs ou des musulmans: "On ne peut demander à la fois la traçabilité de tous les produits et ne pas souhaiter que les Français sachent ce qu'ils mangent".

Le Premier ministre devrait recevoir très prochainement une délégation du Consistoire

Libye : des tombes juives et chrétiennes profanées

Après avoir été la ville symbole de l'opposition libyenne, Benghazi, dans l'est du pays, pourrait devenir le symbole le plus fort de l'intolérance islamiste dans le pays.
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Le gouvernement libyen a du en effet présenter des excuses après que des hommes armés ait détruit des tombes de soldats britanniques et italiens tombés durant la seconde guerre mondiale, au cours d'un acte de vandalisme clairement tourné contre les non musulmans, comme le montre une vidéo amateur tournée pendant le saccage.

Ce film, posté sur Facebook, montre un groupe d'hommes assez nombreux renversant des tombes a Un des homme précise "c'est une tombe chrétienne" alors qu'il "déracine" une pierre tombale tandis qu'un autre ajoute "ce sont des chiens".

Plus loin dans le film, on voit un homme mettre à terre une tombe marquée d'une étoile de David, portant un nom : A. Weiss.
Selon le Jerusalem post, il s'agirait d'un des neuf soldats – sept juifs et deux arabes – du régiment palestinien enterrés dans ce cimetière, tué le 5 novembre 1943.

En Libye,de violents affrontements avaient opposé durant la seconde guerre mondiale, troupes allemandes et italiennes aux soldats britanniques et à ceux du Commonwealth.

Ces hommes, présentés comme des salafistes intégristes, ont agi à visage découvert et se sont même filmés.

L'affaire tourne au scandale en Grande Bretagne – alors que soldats anglais et français ont été à la pointe du soutien apporté aux rebelles libyens- et le Conseil national de transition (CNT) libyen a été contraint de présenter des excuses et de promettre de poursuivre les coupables, précisant "que ces actions n'ont rien à voir avec l'Islam".

Les islamistes extrémistes, en dépit du soutien occidental qui a été apporté à la "révolution libyenne", sont opposés à toute présence non musulmane sur le sol libyen – même dans une tombe.

Le CNT peine à asseoir son autorité sur les groupes salafistes dont certains ont constitué de véritables milices, et dont l'audience s'est accrue depuis la chute de Khadafi.

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IRAN-NUCLEAIRE

L'Iran aurait procédé à des essais nucléaires depuis 2010

Selon les révélations du quotidien allemand Die Welt, le programme nucléaire iranien serait clairement un programme militaire, bien plus avancé que ne le laissent penser les déclarations officielles américaines.

Le quotidien rapporte, en effet, que l'Iran s'est rapprochée de la Corée du Nord pour mener à bien ses tests – La Corée du nord, dont la position est également critique au regard de l'Agence Internationale de L'Energie Atomique (AIEA), même si ce pays vient d'accepter un moratoire sur ses essais nucléaires en échange d'une aide alimentaire des USA.

Ainsi, selon Die Welt, au moins un des essais nucléaires réalisé en 2010 par la Corée aurait été réalisé pour le compte de l'Iran.

Le quotidien affirme se fonder sur des sources issues des services de renseignement occidentaux et affirme que ce - ou ces- test, bat en brèche les déclarations américaines récentes selon lesquelles il n'y aurait pas de preuve formelle que l'Iran cherche à se doter d'armes nucléaires.
Ces révélations interviennent alors que l'AIEA laisse de plus en plus transparaître l'idée d'un échec de ses négociations avec Téhéran.
Des éléments détaillés des essais nucléaires coréens ont été publiés dans la revue scientifique "Nature" dès 2010.

D'après cet 'article, étayé par le physicien nucléaire suédois Lars-Erik de Geer, " les données recueillies et la présence des radio-isotopes montrent l'explosion d'une bombe nucléaire", de Geer ayant identifié deux explosions différentes en avril et mai 2010 et concluait que "les types et quantités d'isotopes détectés démontrent clairement que la Corée du nord teste des matériels et techniques pour développer sa production d'armes nucléaires".

A la lumière de ces informations, l'accord intervenu entre les Etats Unis et la Corée du nord prend toute son importance: le pays pourrait sortir de la chaine de prolifération qui soutient la filière nucléaire iranienne, même si Hillary Clinton évoquait un "pas modeste".


CULTURE

Paris - Exposition : les Juifs dans l'orientalisme

Exposant des oeuvres de plus de cinquante artistes, l'exposition Les Juifs dans l'Orientalisme, présentée au Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme du 7 mars au 8 juillet 2012, propose un parcours mettant en évidence la représentation du des juifs dans l'art, sur une période de près d'un siècle et s'étalant de 1832 à 1929.

Au début du XIXème siècle, conséquence de l'affaiblissement de l'empire Ottoman et de la présence de troupes militaires française et anglaise dans le bassin méditerranéen, l'Orient ouvre peu à peu ses portes…

Immédiatement, quantités d'artistes, écrivains et peintres en tête, se lancent à la découverte du Maroc, de l'Algérie, de la Tunisie…Même si pour Delacroix, Gérôme ou Chassériau, les thèmes de la synagogue, du shabbat ou des fêtes religieuses sont de véritables sources d'inspiration, pour chacun d'eux, ce sont les noces juives qui sont au centre de toutes leurs attentions.
Couvrant les centaines de pages de leurs carnets de croquis, certaines de ses études donneront naissance à de véritables chefs-d'œuvre, comme la " Noce Juive " d'Eugène Delacroix, qui occupe une place centrale dans l'exposition.

Mais pour les artistes et les voyageurs, l'Orient ne se limite pas qu'aux seules rives du Maghreb. Il s'étend bien au-delà jusqu'à l'Egypte, la Turquie, la Mésopotamie et bien sûr la Terre sainte.

Sans doute en raison du long abandon dont elle a été victime, la ville de Jérusalem est très souvent représentée de manière romantique, comme le montrent les " Vues de Jérusalem " de David Roberts ou de Thomas Seddon.
Et les riches découvertes archéologiques que l'on ne tarde pas à découvrir dans cette région, berceau de l'humanité, vont elles aussi largement contribuer à développer l'imaginaire des artistes. Joseph, Esther, Salomé prennent place au centre de compositions théâtrales tandis que les éditions illustrées de la Bible rencontrent un engouement sans précédent.

Avec l'affaire Dreyfus et le climat antisémite qui règne en Europe à la fin du XIXème siècle, le mouvement sioniste de Théodore Herzl est lui aussi accompagné d'une dimension artistique et culturelle visant à établir une sorte de continuité entre l'Israël biblique et sa prochaine résurrection dans un Orient contemporain.

Les mouvements artistiques en vogue à l'époque – Art nouveau et Symbolisme en tête, seront très largement sollicités pour véhiculer cet espoir millénaire.

" Les Juifs dans l'Orientalisme "
Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme, du 7 mars au 8 juillet 2012. Tarifs, horaires et réservations sur www.mahj.org.


DEFENSE

Israël - Shmuel Tankus

Shmuel Tankus, qui fut le cinquième commandant de la marine de guerre israélienne est décédé dimanche.

Peu connu du grand public, il est selon l'ancien commandant de la "Navy", Ami Ayalon, "un homme extraordinaire qui a frmé des générations de marins, dans l'armée, mais également dans la marine marchande", ajoutant que Tankus avait apporté "une contribution incroyable à l'état d'Israël".

Tankus est né à Jaffa en 1915, bien avant la création d'Israël et a étudié à Herzlia.
Adolescent, il aidait à l'accostage des bateaux qui amenaient les nouveaux immigrants en Palestine et participa, plus tard, à la construction du port de Tel Aviv.

Il a servi comme conseiller naval de la Hagannah puis comme enseignant à l'école navale de Haïfa –il est d'ailleurs l'auteur des premiers guides de navigation en hébreu.

Durant la seconde guerre mondiale, Shmuel Tankus entrainait les commandos de la Haganah aux manœuvres navales en "terrain' hostile.
Nommé responsable de la formation dès la création de la marine israélienne, il devient chef des opérations en 1950 puis commandant de la marine en 1954, poste qu'il occupa jusqu'en 1960, avant d'être nommé à la tête de l'académie militaire.

Sous sa direction, la marine de guerre israélienne fit des progrès considérables, avec la modernisation de la flotte et le développement des premiers missiles Gabriel.
Shmuel Tankus a été enterré lundi à Haïfa.

Israël - Défense : de nouvelles bombes anti bunkers

L'industrie militaire israélienne vient de présenter de nouvelles bombes anti bunkers.

IMI (Israel Military Industry) a ainsi mis en avant les bombes "MPR-500" capables de pénétrer des murs ou sols renforcés.

Cette nouvelle prend toute son importance dans le contexte de la tension avec l'Iran, et d'une future action israélienne contre les installations nucléaires iraniennes.

IMI aurait en particulier réussi ces derniers mois à améliorer de manière considérable l'efficacité de ces missiles, qui pourraient désormais pénétrer des structures de béton renforcé de plus de 20 centimètres.

Le renforcement de la précision de la bombe permet de réduire également les dommages qu'elle cause à un rayon de 2 à 3 mètres- contrairement à d'autres qui causent plus de destructions dans leur sillage –également car elles n'explosent pas avant leur impact sur leur cible.

Le poids des MPR-500, 250k, leur permet d'être transporté parles avions de chasse israéliens. Des essais récemment réalisés démontrent qu'elles sont capables de pénétrer des bunkers à cloison renforcée ainsi que des caches d'armes enterrées.


BANDE DE GAZA

Gaza - Le blackout énergétique : une histoire de gros sous

Le dirigeant du Hamas, Ismaïl Haniyeh, a accusé l'Egypte de porter la responsabilité de la pénurie d'électricité qui frappe la bande de Gaza.

Depuis la mi-février, les habitants de Gaza ne disposent que de six heures d'électricité par jour.

Afin de parer aux critiques qui s'élèvent contre son mouvement, aux commandes dans la bande de Gaza, Haniyeh a désigné le responsable de cette situation dans son dernier discours hebdomadaire: l'Egypte.
Car c'est bien le voisin égyptien qui approvisionne de son pétrole la centrale qui produit l'électricité de la zone.

Selon Haniyeh, l'Egypte exige que le pétrole destiné à la bande de Gaza transite par le point de passage Kerem Shalom, contrôlé par les Israéliens, et fait pression sur le Hamas pour y parvenir.

Mais le chef du mouvement islamiste s'y oppose, refusant l'intermédiaire israélien, l'augmentation du tarif et la perte de la taxe sur le pétrole qui en découleraient, puisque c'est l'Autorité
palestinienne qui collecte les taxes sur les biens en provenance d'Israël.

Reuters précise que, selon des sources officielles, l'Egypte entend ainsi se venger du trafic sur le pétrole égyptien auquel se livre le Hamas, à travers les tunnels de contrebande.
D'après ce qu'indique Haniyeh, les Egyptiens demandent un dollar par litre d'essence pour reprendre leurs livraisons.

"Est-il raisonnable que Gaza demeure sous blocus un an après la chute du régime du tyran?", a demandé Haniyeh, évoquant Hosni Moubarak, destitué par le Printemps arabe.
Son mouvement pourrait se tourner vers l'Iran ou l'Algérie pour se fournir en pétrole, a-t-il annoncé.


SYRIE

Syrie - Facebook permet des contact surprenants

Facebook permet parfois, en dépit des critiques que l'on peut formuler sur ce média social, des contacts surprenants.

Ainsi, des éléments de l'opposition syrienne libre, les opposants au régime de Bashar Al-Assad

ont laissé un message sur la page Facebook du Brigadier - Général Yoav Mordechai's, un des porte-parole de Tsahal : " nous voulons chasser Assad et son régime, moderniser la Syrie en promouvant la liberté de penser et de culte, nous ne voulons pas la guerre avec Israël et ne sommes définitivement pas intéressés par le plateau du Golan", affirme Abdul Khader.

Ce à quoi a répondu Yoav Mordechai en arabe " merci pour votre message, nous espérons tous la paix et l'accomplissement de nos souhaits de sécurité de paix et de coexistence".
Commentaire de Khader : " Assad a intérêt à ce qu'Israël soit inquiet de la montée de l'opposition syrienne, mais nous voulons vraiment la paix".


JORDANIE

Dur, dur d'etre palestinien en Jordanie

La Jordanie a décidé d'alléger les sévères restrictions qui pèsent sur les Palestiniens de la bande de Gaza vivant sur son territoire.

C'est en Jordanie que se trouve le plus important groupe de réfugiés palestiniens: ils sont près de deux millions à y vivre.

Ils ont tous la nationalité jordanienne, sauf un peu moins du quart d'entre eux, constitué par les Palestiniens originaires de la bande de Gaza.
Eux ne peuvent obtenir qu'un passeport temporaire jordanien, qui ne leur octroie pas l'ensemble des droits dont bénéficient les citoyens jordaniens.

Jusqu'à il y a encore peu de temps, la Jordanie excluait notamment les Palestiniens originaires de la bande de Gaza de pratiquement toutes les professions: ils n'avaient accès qu'aux travaux manuels ou aux emplois de l'agriculture. Ils n'avaient pas non plus le droit d'être propriétaires de leurs appartements.

Mais les choses devraient nettement s'améliorer pour les Gazaouis, si l'on en croit les responsables du ministère de l'Intérieur jordanien: l'appareil sécuritaire du pays a maintenant l'autorisation de valider certaines demandes de regroupement familial, ce qui permettra à des habitants de la bande de Gaza de venir s'installer en Jordanie pour retrouver des membres de leur famille.

Autre nouveauté: les mariages entre Gazaouis et Jordaniens pourront dorénavant se faire sans autorisation de sécurité.

Si Amman allège actuellement les restrictions pesant sur les Gazaouis vivant en Jordanie, particulièrement dans le domaine de l'emploi, elle ne le fait pas sans inquiétude.

Alors que l'économie du royaume hachémite subit les contrecoups de la révolte syrienne et les interruptions de l'approvisionnement du pétrole égyptien, et que le pouvoir est ébranlé par les ondes de choc du Printemps arabe, le taux de chômage a atteint les 12,1% à la fin de l'année 2011.

Et côté Gazaouis, l'intégration ne se fait pas non plus sans douleur: ils sont accusés par les habitants des territoires palestiniens d'abandonner leur terre aux Israéliens.


ETATS-UNIS

USA - Le dernier gangster juif

D'anciens dossiers secrets du FBI publiés par le New York Daily ont révélé la vie extraordinaire de Julius Bernstein, celui qu'on appelait le dernier gangster juif de New York.

Connu sous le nom de Spike, il a réussi à éviter la prison pendant plus de 40 ans bien qu'il ait consacré sa vie au crime organisé comme membre de l'une des cinq grandes familles de la Mafia : la famille Genovese. «J'ai été un voleur toute ma vie», s'était vanté Bernstein, peu avant sa mort en 2007, à 85 ans. A la fin de sa vie toutefois, Bernstein était devenu informateur pour le FBI.

Né à Brooklyn en 1922, Bernstein a grandi dans un quartier italien et juif où ont opéré de grands gangsters juifs comme Meyer Lansky et Bugsy Siegel ainsi que les Italiens Charles (Lucky) Luciano et Louis (Lepke) Buchalter. Bernstein fut aussi un grand ami du mafieux Matthew Ianniello.

Ses activités mafieuses furent diverses. Tout commence dans les années 60, avec la "protection" de la première épicerie de la famille Sbarro, devenue une grande chaîne de restaurants. En 2004, elle rapportait à Bernstein 20 000 dollars par an. En 1971 surtout, la famille Genovese prend le contrôle de syndicats de travail et Bernstein se voit confié le syndicat des chauffeurs de bus scolaires.

Il en fit un revenu régulier illégal, et, piochant partout où il l'a pu, les propriétaires de compagnie de bus, les faiseurs d'uniforme, les cliniques médicales, pendant 35 ans son salaire annuel s'est élevé à 216 000 $.

Accumulant la confiance des uns et des autres, Bernstein devint ainsi le gestionnaire des opérations du chef de la famille Genovese, Frank (Funzi) Tieri.

Puis vint juillet 2005 et son arrestation à l'âge de 82 ans pour corruption syndicale et extorsion. Et alors même qu'il devint informateur pour le FBI, il aurait recueilli 20 000 dollars d'un propriétaire d'une compagnie de bus. Ainsi, Bernstein serait resté un escroc toute sa vie.

USA - Le Kotel à Brooklyn

A partir du 1er avril, dans le Musée des Enfants juifs de Brooklyn, affilié au mouvement Loubavitch, les visiteurs pourront poser la main sur les pierres du Kotel - mur des Lamentations.

Ou, pour être plus exact, sur une reproduction du mur, qui se veut particulièrement fidèle.

"Nous avons photographié les pierres à haute résolution", explique le dirigeant d'une des deux sociétés de design engagées pour cette mission quasi-biblique.
"Nous les avons ensuite analysées par ordinateur et utilisé les résultats pour sculpter le mur".

Et les points communs ne se limitent pas à leur ressemblance.
A l'instar de ce qui se fait au Kotel, les visiteurs pourront aussi glisser des petits papiers avec leurs prières - les kvitels en yiddish - dans les fentes du mur en ciment.

Tous les messages seront rassemblés une fois par semaine et envoyés en Israël jusqu'à la vieille ville de Jérusalem, où un rabbin loubavitch se chargera de les placer entre les pierres du Mur occidental.

A ceux qui dénoncent le sacrilège qu'ils voient dans cette entreprise, le directeur du musée, le rav Gershon Eichorn, répond que cette réplique n'est pas faite pour y prier, mais pour "aider les enfants à se connecter au judaïsme". Il faut dire que les Loubavitch sont coutumiers du fait: il existe dans le monde une douzaine de répliques de la maison du Rabbi de Loubavitch, située au 770 Eastern Parkway, à Brooklyn.

Lors de la cérémonie d'inauguration, deux grands enfants israéliens ont déjà pu faire l'expérience de cette connexion au judaïsme: le ministre de la Diplomatie publique et des affaires de la diaspora, Yuli Edelstein, et le directeur général d'El Al, Eliezer Shkedi.


EUROPE

Lettonie : 71500 juifs exterminés plus tard, on glorifie la toujours les bourreaux

Le président de la République de Lettonie, Andris Berzins, a provoqué une polémique en défendant la parade militaire annuelle qui commémore les combats de la Légion lettonne – inféodée et dirigée par les nazis- , contre l'URSS.

Chaque 16 mars, la capitale lettonne fête la Journée du légionnaire.
Bien que cette commémoration ne soit pas officielle, un défilé militaire célèbre la victoire de la Légion lettonne sur l'armée russe.
Ce qui pose problème, c'est que ces légionnaires se battaient sous commandement nazi: la Légion lettonne était alors une unité de la Waffen SS.

Lorsque les nazis lancèrent l'opération Barberousse, par laquelle ils envahirent l'URSS, nombreux sont les Lettons qui les accueillir en libérateurs à leur arrivée.
L'occupation allemande prenait en effet la suite de l'occupation soviétique: comme convenu dans le Pacte germano-soviétique signé en 1939, l'URSS avait placé la Lettonie dans sa "sphère d'influence" au début de la guerre, avant de l'occuper totalement en 1940. Ont suivi, entre autres, purges et déportations vers la Sibérie.

Mais les soldats de la Légion – 140 000 hommes – ne firent pas que lutter contre les Soviétiques.
Ils prêtèrent également main forte aux nazis pour massacrer des Lettons, dont de nombreux Juifs.
71 500 Juifs ont été tués en Lettonie durant la Shoah.

Berzins a déclaré que les vétérans de la Légion lettonne méritaient le respect plutôt que la condamnation.
"Ils ont été enrôlés dans la Légion allemande fasciste. Ils étaient guidés par l'idéal de la défense de la Lettonie. Les Lettons de la Légion n'étaient pas des criminels", a ajouté le président letton.

Le directeur du Centre Simon Wiesenthal, Efraim Zuroff, a quant à lui appelé le gouvernement à mettre fin au "scandale" de la parade.
"Célébrer tous les ans l'invasion nazie, c'est comme célébrer les massacres des victimes des nazis – Juifs, communistes, Tsiganes et handicapés mentaux", a-t-il dénoncé.

République tchèque - L'usine de Schindler menacée de destruction

L'usine d'Oskar Schindler, dans laquelle il a organisé le sauvetage de plus d'un millier de juifs, est menacée de destruction.

Située dans la ville de Brnenec, en Tchéquie, une partie de l'usine doit déjà être démolie, car en très mauvais état, la question se pose pour les autres bâtiments.

Il est aujourd'hui extrêmement difficile d'identifier les propriétaires des bâtiments –aucun n'est d'ailleurs enregistré dans les registres officiels; avant la guerre, ils appartenaient à une famille juive, les Loew-Beer.

Selon le quotidien tchéque Mlada fronta Dnes, l'Institut Heritage chercherait à faire classer le site en tant que "bâtiment du patrimoine culturel", et chercherait à savoir si l'état d' une partie des bâtiments permettrait de les sauver de la démolition.

Le maire de Brnenec, Blahoslav Kaspar, espère lui obtenir, au moins, l'ouverture d'un musée qui rappellerait le rôle de Schindler et de l'usine dans le sauvetage des juifs.

Une autre usine de Schindler à Cracovie –Pologne – a déjà été transformée en musée et attire de nombreux touristes, en particulier depuis la sortie du film "La liste de Schindler".


HISTOIRE

L'Assuérus d' Esther, monarque Achéménide

En cette période de Pourim, il est possible de réfléchir aux Rois Achéménides et d'évoquer l'identité du Roi Assuèrus dont on parle dans la Méguila d'Esther,

En effet, ces ces Rois achéménides ont favorisé un retour d'exil et la reconstruction du Temple de Jérusalem durant les périodes des IVè et Ve siècle avant l'ère chrétienne.

Le Nom
Le nom du monarque Perse Assuèrus inscrit dans la Méguila, vocalisé dans la Bible Aḥašwērōš est attribué par Hérodote à un monarque de la période des guerres médiques, Xerxès I (485-465 B.C.)

Le rabbinat donne la même attribution, quoique certaines variantes suggèrent Artaxerxès I (465- 424 B.C.) Les Néher proposent aussi Artaxerxes II (404- 358 B.C.) ( voir: Neher, Histoire Biblique du Peuple d'Israel ed. Maisonneuve 1988 p.613)
Certains commentaires de Ezra et Nehemia l'attribue à Darius II (424-404) ou Artaxerxes II (404-358)

Signification du nom Assuèrus :

Xerxes est épelé sur les stèles, x-šy-a-r-š-a ou sous différentes variantes Babyloniennes (Cullough : 1984 Encyclopedia Irania) Ce nom en vieux persan, Xšaya-ṛšā, peut être lu comme composé de la forme verbale "diriger, guider" combinée à un qualificatif ṛšan- "héros."
Ce qui signifierait: "héros qui guide les héros".

Les édits d'Assuerus

Selon Ezra différents monarques Perses ont signé des édits ordonnant la reconstruction du Temple de Jérusalem.
Le fondateur de l'empire Achéménide, Cyrus (580-530 B.C.) Puis Darius I (521-485 B.C.) Xerxes I (485-465 B.C.) et Artaxerxes I (465-424 B.C.)
La politique Perse Achéménide fut donc assez favorable au retour des minorités Juives sur leurs anciennes terres.

La Méguila d'Esther illustre les dangers encourus par les populations minoritaires soumises aux cabbales sous législation Achéménide.
Esther mais aussi le Livre d'Ezra et le Livre de Néhémie donnent des précisions sur les Rois Achéménides et leurs relations avec le Peuple Juif.
Daniel également, dont le tombeau est honoré actuellement par la population de l'ancienne capitale achéménide, Suse/ Shush.

Dans les deux Livres Ezra et Néhémie les anciens exilés et les bâtisseurs du temple, sont contrés par les cabbales aux périodes de Cyrus, Darius, Xerxès et Artaxerxes.
Le premier des monarques qui inaugure une politique en faveur de la population Juive de l'Empire Achéménide est Cyrus (Ezra 1: 11 – VI : 1 - 6) qui finance par décret la première année de son règne (539-530 B.C.) le retour à Jérusalem des exilés et restitue les ustensiles du Temple annexés par Nabuchodonozor. (Ezra I, 1-4)

Les premiers actes liturgiques accomplis à Jérusalem se font sans Temple (Ezra III: 1- 11)
Malgré les pressions exercées sur les monarques achéménides, Ezra ramène en cinq mois de Babylone à Jérusalem une partie du Peuple Juif, la septième année du règne d'Artaxerxes, avec la bénédiction du Roi Achéménide (Erza VII :7).

Le monarque Achéménide lui donne nominativement autorisation d'emmener de l'or et du bois pour la construction du Temple et accorde une indépendance judiciaire et religieuse à Ezra, lui permettant de nommer des juges et d'enseigner la Torah.
163 années de règne Achéménide furent nécessaires pour que le retour d'exil puisse s'accompagner d'une réelle indépendance de culte. C'est aussi une des leçons de la Méguila.

États Unis - Le procès Rosenberg

Le 6 mars 1951, débutait le procès pour espionnage des époux Rosenberg, Ethel et Julius.



Encore aujourd'hui, malgré les différents témoignages et documents secrets que le temps passé a livrés, le doute persiste sur la culpabilité réelle des Rosenberg.
Une des dernières révélations fut celle, donnée au New York Times, de Morton Sobell, accusé lui aussi à l'époque d'espionnage en faveur des Soviétiques: après avoir clamé son innocence pendant des années, il a reconnu en 2008 son rôle d'espion, impliquant en même temps les Rosenberg.
Mais certains fervents défenseurs d'Ethel et Julius n'y voit que la déformation des paroles d'un vieillard malade (91 ans alors), obtenues sous la pression du journaliste.
Ethel et Julius, enfants de familles juives habitant la ville de New York, se rencontrèrent à la Ligue des jeunes communistes des États-Unis, dont ils étaient tous les deux membres. Julius perdit son poste dans l'armée pendant la Peur rouge, cette période anticommuniste qui décrit la méfiance extrême du gouvernement américain à l'égard des sympathisants communistes.
Les versions de la suite des évènements diffèrent selon les points de vue, mais la plus communément admise reste celle-ci :
Après avoir pris la décision d'espionner les Etats-Unis pour le compte de l'Union soviétique, Julius et Ethel convainquirent le frère de celle-ci, David Greenglass, de leur fournir des informations secrètes. Greenglass, modeste technicien, travaillait alors pour le projet Manhattan, celui-là même qui aboutit à la création de la première bombe atomique.
En juin 1950, Greenglass fut arrêté par le FBI pour espionnage.
Il accusa assez rapidement – sous une vraisemblable forte pression des autorités - son beau-frère, Julius, d'être le cerveau de l'entreprise, et sa sœur, Ethel, d'avoir dactylographié les notes secrètes qu'il lui avait transmises.
Greenglass avouera près de 50 ans plus tard, il dans une émission télévisée, que ce rôle était en fait tenu par sa propre femme, Ruth, mais qu'il avait alors voulu la protéger et protéger ses enfants.
"Je n'aurai pas sacrifié ma femme et mes enfants pour ma sœur", dira-t-il.
Julius et Ethel Rosenberg furent reconnus coupables et condamnés à la peine de mort en 1951, et mis à mort le 19 juin 1953.
Ce sont, encore à l'heure actuelle, les seuls Américains exécutés pour espionnage en temps de paix.
Les protestations s'élevèrent dans le monde pour condamner le procès et son verdict. Etaient mis en avant l'insuffisance du dossier en regard de l'extrême sévérité du jugement, les excès du maccarthysme, et même des soupçons d'antisémitisme.
De grands noms ont soutenu les Rosenberg, parmi lesquels, en France, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Albert Camus, François Mauriac, Marguerite Duras ou Jacques Prévert.


ENERGIE

Israël et Chypre vont se cabler

L'Etat d'Israël et la République de Chypre ont signé dimanche un accord pour le lancement du projet Euro-Asia Interconnect, visant à construire un câble électrique sous-marin entre les deux pays.

Le ministre israélien de l'Energie et de l'eau, Uzi Landau, a signé dimanche un protocole d'entente avec les ambassadeurs de Chypre et de Grèce.
Ces accord impliqueront la filiale société gréco-chypriote DEH de Quantum Energy, et Israel Electric Corporation.

Le câble, d'une longueur de 287 kilomètres, sera enfoui à plus de 2 kilomètres de profondeur et pourra supporter une tension électrique de 2000 mégawatts. Les couts sont chiffrés à 1,5 milliard d'euros, et sa mise en service ne se fera pas avant 2016.

En dehors de garantir des échanges énergétiques entre Israël et Chypre, - et, à proximité, la Grèce -, le projet permettra à l'Etat hébreu d'être relié au réseau électrique européen, et d'en devenir un fournisseur, grâce aux énormes quantités de gaz naturel découvertes au large des côtes israéliennes.

"Pour Israël, il est également important d'être connecté à l'Europe", a déclaré le ministre. "Nous sommes une ile énergétique, et cela a une signification politique".


SOCIETE

Israël - Personnes agées : maltraitances en augmentation

En Israël, près d'une personne agée sur cinq subit des mauvais traitements physiques ou psychologiques, ou une forme d'exploitation financière, parfois infligés par le personnel accompagnant.

C'est ce que révèle une étude réalisée par la Société gérontologique d'Israël à laquelle s'est intéressée le Jerusalem Post.

Dirigée par les professeurs Miri Cohen and Gideon Fridman, l'étude s'est basée sur un échantillon de 1317 personnes âgées de plus de 60 ans, sélectionnées dans les différents secteurs de la société israélienne.

16% des sondés ont répondu avoir déjà subi des mauvais traitements, et parmi eux, 22% indiquent que les aides engagées pour s'occuper d'eux en étaient à l'origine.

Les chercheurs ont notés des points communs entre les victimes: elles vivent souvent seules, figurent sur les listes des services sociaux et bénéficient de soins infirmiers par l'Institut d'assurance national; elles sont généralement en difficulté financière, d'un bas niveau d'instruction, et assez souvent atteintes de démence. Il apparait également que les Israéliens arabes sont plus touchés par ce triste phénomène.

Pour les auteurs, l'étude traduit les difficultés de la société israélienne dans la prise en charge de ses anciens.

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