Numéro 1076 - 21.02.2012 - 28 Shevat 5772       Imprimer

A LA UNE

Une présence juive dans le désert blanc

Les émissaires du mouvement Habad-Loubavitvh – sont habitués à se rendre là où aucun autre mouvement juif ne va; un nouveau défi, l'Antarctique.

Après avoir ouvert des Beit Habad aux quatre coins du monde, le mouvement lubavitch va désormais investir le grand froid : un des émissaires a quitté l'Argentine en direction du continent froid.

Pour Meir Alfasi,il ne s'agit que d'une nouvelle mission :" le Rabbi a déclaré que le Tanya devait être imprimé dans chaque endroit où résidaient des juifs..Même si il n'y en a qu'un ". Et, selon l'émissaire, il y a de nombreux scientifique ou voyageurs juifs en Antarctique.
(Ndlr : le Tanya est le livre fondateur du mouvement loubavitch, un recueil de conseils donné par le fondateur de la hassidout habad, édité pour la première fois en 1797; le Tanya tire son nom du premier mot de l'ouvrage, Tanya, qui signifie "on a enseigné").

Meir Alfasi reconnaît qu'il va se retrouver su place face à deux défis : constituer un mynian (10 hommes) pour assurer les offices religieux, et disposer de nourriture casher sur place.
Mais il assure s'être préparé à cela : "Nous avons pris a bateau depuis Ushuaïa en Argentine, la ville située la plus au sud dans le monde; il y avait à bord six israéliens et 4 touristes juifs, nous avions donc un mynian.

J'ai emporté avec moi de la nourriture, du pain, des fruits, donc je gère".
Mais l'envoyé du mouvement loubavitch reconnaît que les premiers jours, dans une violente tempête, et ceux qui ont suivis, représentent une expérience qui n'est pas facile, mais cela ne le fait pas renoncer à ses habitudes " le premier shabbat était fantastique avec du pain et du saumon congelés, mais de magnifiques chants", raconte—t-il.

Etre au bout du monde durant l'été signifie aussi des heures de soleil en plus, avec shabbat qui se termine à 23h30 certains samedis "une façon de profiter encore plus longtemps du shabbat dans un monde tout blanc, entouré d'icebergs, de pingouins et de dauphins" apprécie Meir Alfasi.

Égypte - Fantasmes : touche pas à mon poulet

Selon un officiel du ministère égyptien de la santé, des produits chimiques entrés clandestinement depuis Israël infectent les volailles égyptiennes avec de dangereux virus.

Osama Selim, qui dirige l'Autorité vétérinaire égyptienne en a appelé à l'Assemblée du peuple afin d'inciter les éleveurs à combattre l'importation illégale de vaccins et de sérums qui provoquent des maladies chez les bêtes et menacent la santé publique.
Selon lui, "il ne faut pas écarter l'hypothèse d'une guerre biologique menée par l'état juif".

Pour le docteur Suhair Hassan, un spécialiste de la prévention en matière vétérinaire, qui s'exprimait devant le comité de la santé de l'assemblée égyptienne, "une étude conduite dans 200 fermes démontre que 75% des volailles traitées avec des produits israéliens contractent souvent des maladies virales ou la grippe aviaire, causent une diminution de la ponte voir les conduisent à la mort".

Selon les affirmations égyptiennes, les volailles ne sont pas les seules victimes d'Israël.

Une émission de télévision, "The Truth " –la Vérité- vient de lancer une campagne pour empêcher l'importation de produits israéliens dans le Sinaï, après que les journalistes "aient appris que les produits israéliens provoquent stérilité et cancers".

Parmi ces produits présentés durant l’émission, on trouve le chocolat, le café, les biscuits ou les yoghourts.

Un membre de la tribu bédouine Sawarka, Muhammad al-Mani'i, interviewé durant l'émission, a aussi accusé Israël de fabriquer des jeans "toxiques", qui provoquent la stérilité. Selon lui, Israël les écoulerait dans les pays arabes pour limiter la croissance de la population. D'après son enquête, les jeans sont équipés de ceintures qui contiennent un magnet, la source de l'écoulement des produits toxiques.

Selon Al-Mani'i, les résident du Sinaï achètent des bouteilles d'eau israélienne car la production égyptienne est trop salée, ou la soupe car elle est meilleure.

Un porte-parole du mouvement des "révolutionnaires du Sinaï" a appelé, durant l'émission, au boycott des produits israéliens: " nous devons comprendre que l'entité sioniste tue nos enfants et vole notre terre; ses produits sont mortels et contiennent du poison; vous ne le sentez peut être pas mais vous ne pourrez pas y échapper. Israël continue à être un ennemi malgré nos accords de paix, parce qu'il lorgne sur notre terre".

Bah, les égyptiens n'inventent rien : ils ne font que reprendre à leur compte les plus vieux stéréotypes antisémites colportés depuis la nuit des temps.

Cents avions pour bombarder l'Iran

Un article du New York Times, rédigé avec plusieurs experts militaires proches du Pentagone, analyse la complexité d'une éventuelle intervention militaire israélienne contre les installations nucléaires iraniennes.

Selon ces experts, l'opération israélienne nécessiterait au moins une centaine d'avions, qui, tous, auraient besoin d'être ravitaillés en vol.
Avant de pouvoir bombarder simultanément plusieurs sites liés à la filière nucléaire iranienne, les appareils devraient affronter l'aviation iranienne et la défense anti-aérienne.

Pour les experts, une telle opération serait très différente de la "frappe chirurgicale" contre le réacteur nucléaire syrien en 2007, ou le réacteur irakien Osirak en 1981.

Selon le général David Deptula, un responsable de l'US Air Force qui a pris sa retraite l'année dernière et a planifié les campagnes américaines en Afghanistan et durant la guerre du Golfe, "ce sera tout sauf facile", ce que confirme Andrew Hoehn, un ancien du Pentagone – le ministère américain de la Défense.

Pour Michael Hayden, ancien directeur de la CIA de 2006 à 2009, l'opération est "au-delà des capacités militaires israéliennes", en raison de la distance, mais également de "l'ampleur que nécessiterait une telle opération".

Selon les experts, la première difficulté que devront affronter les avions israéliens, est bien entendu, la distance.
Trois routes sont possibles: la première, au nord, implique un survol de la Turquie, la seconde au sud, un survol de l'Arabie saoudite, ou au centre, au dessus de la Jordanie puis de l'Irak.

Cette dernière et la plus directe et probablement la moins dangereuse puisque l'Irak ne dispose d'aucune défense anti aérienne, et que les américains, depuis leur retrait en décembre, ne sont liés au pays par aucun accord de défense.

En admettant que la Jordanie ferme les yeux sur un survol de son territoire par l'aviation israélienne, il subsiste la difficulté de la distance.
Les F-15 et F-16 israéliens peuvent transporter de lourds chargements de bombes, mais leur rayon d'action est en deçà des 3200 kilomètres à parcourir à l'aller et au retour (surtout si les appareils sont chargés et obligés de voler à haute altitude).

Et le calcul ne prend pas en compte le temps que les appareils pourraient perdre à trouver leur cible ou faire face à une attaque iranienne qui pourrait comprendre avions de chasse et missiles.

Dans tous les cas, Israël devrait utiliser des avions ravitailleurs, des "tankers", mais il dispose d'un tout petit nombre de ces appareils.
D'après Scott Johnson, Israël disposerait de huit avions ravitailleurs de fabrication américaine de type KC-707, dont il ne sait pas s'ils sont tous opérationnels.

L'état hébreu se heurterait ensuite à un obstacle majeur : disposer de bombes assez puissantes pour atteindre les installations nucléaires iraniennes de Natanz, réputées pour être profondément enterrées, ou celle du site de Fordo- construit dans une montagne.
Sans compter que personne ne sait si les bombes américaines GBU-28 ("gorge profonde", la bombe anti bunker) est à même de percer la protection des sites iraniens, ni si Israël dispose d'un nombre suffisant de ces charges.

Il y a quelques semaines, un ancien sénateur démocrate de Virginie, Charles Robb, conjointement avec un général en retraite recommandaient à l'administration Obama de vendre à Israël 3 avions ravitailleurs et 200 bombes anti bunker.

Le seul champ dans lequel les analystes s'accordent à reconnaitre la capacité d'Israël serait celui de la guerre électronique : d'intenses opérations de brouillage devraient permettre aux israéliens de pénétrer l'espace aérien iranien en neutralisant les radars pour créer un couloir aérien qui permettrait l'attaque –sachant que la défense anti aérienne est obsolète.

Tous les experts s'accordent donc à reconnaitre une opération militaire hors de portée pour Israël, mais également pour la plupart des pays occidentaux.
Selon eux, seuls les Etats Unis seraient à même de lancer une telle attaque avec des chances de succès optimales.
Ils disposent en effet des armements (bombes, missiles, avions furtifs, ravitailleurs etc).

Pour les USA, la question du ravitaillement en vol est moins cruciale en raison des bases aériennes dont le pays dispose au Qatar, en Grande Bretagne, ou à Diego Garcia dans l'océan indien.
Selon le général Deptula, " seule une super puissance a les moyens de mener à bien une telle opération, et il n'y en a qu'une".

Ces longues analyses peuvent cependant relever des grandes manœuvres entamées par les USA pour dissuader une intervention israélienne, en faisant notamment douter l'état hébreu de ses capacités militaires dans cette opération.

Israël n'a jamais, en effet, prétendu détruire le programme nucléaire iranien ou renverser le régime des mollahs, mais simplement retarder la marche iranienne vers le nucléaire.
De l'efficacité des frappes dépendront le retard que prendra le programme iranien, mais également l'étendue éventuelle des représailles iraniennes.

Et comme après chaque conflit, il faudra ensuite négocier la fin des hostilités.
Dans les conflits dans lesquels Israël a été impliqué, ces négociations se sont souvent tenues sous les auspices des Etats-Unis, qui mis au pied du mur, pourraient refuser cette fois ci ce rôle médiateur.

D'autres analyses estiment qu'une frappe israélienne pourrait, au contraire, durablement retarder l'Iran dans sa course au nucléaire; nous les publierons ultérieurement.


DIPLOMATIE

Le Soudan du Sud mise sur Israël pour développer ses infrastructures technologiques

Des discussions ont été récemment engagées entre la compagnie israélienne de communications par satellite, Spacecom, et les autorités du Soudan du Sud.

Spacecom espère qu'elles aboutiront rapidement à un rôle accru de la compagnie dans ce vaste pays en construction.

Dans un communiqué, le ministère des Télécommunications et des Postes du Soudan du Sud, affirme que les discussions entre les deux parties ont porté sur la coopération dans le futur. D'autres rencontres sont également programmées avec d'autres sociétés technologiques israéliennes opérant dans les télécommunications, les nouvelles technologies et l'espace.

Dans un contexte où leurs infrastructures de télécommunications sont encore insignifiantes, les autorités sud-soudanaises espèrent que la coopération avec Israël leur permettra d'accéder aux meilleures technologies. "Dans le processus de mise en place de notre infrastructure, Israël et ses industries peuvent nous faire profiter de leur vaste expérience des meilleures pratiques que nous pouvons imiter", a affirmé Madut Biar Yel, ministre des Télécommunications et des Postes. (Avec Ecofin)


DEFENSE

L'armée israélienne a trouvé un engin explosif d'origine iranienne à proximité de la barrière de sécurité qui sépare Israël et la bande de Gaza, à proximité d'autres engins de fabrication locale.

L'armée israélienne a trouvé un engin explosif d'origine iranienne à proximité de la barrière de sécurité qui sépare Israël et la bande de Gaza, à proximité d'autres engins de fabrication locale.

L'appareil, qui visait des soldats israéliens, a été désamorcé et est maintenant étudié par le génie militaire de Tsahal. Selon Yedihot Aharonot, son origine ne fait pas le moindre de doute: il porte la marque de l'Iran, semblable aux armes en route pour la bande Gaza interceptées auparavant.

D''après une source militaire, Tsahal a déjà, à plusieurs reprises, trouvé des dispositifs explosifs qu'elle pensait venus d'Iran.
"C'est intéressant, mais pas surprenant de trouver un engin iranien. La plupart des appareils sont fabriqués sur place, peu sont introduits clandestinement. 100 ou 200 appareils étrangers supplémentaires ne changeront pas le tableau d'ensemble", a indiqué une source militaire au Yediot Aharonot.

La quantité d'explosifs cachés découverts par la division de Gaza de Tsahal a baissé l'année passée, la moyenne est de 50 engins par an. Ils sont en général trouvés par les éclaireurs de l'armée ou par les membres du génie militaire, souvent avec l'aide des Renseignements de Tsahal.

Ils sont ensuite désamorcés par des robots, ou, si l'on craint qu'ils explosent, neutralisés par des snipers ou des tanks.

Israël - Défense : l'armée pousse à une offensive d'envergure sur Gaza

Des voix de plus en plus nombreuses réclament, au sein de la hiérarchie militaire, une opération de grande envergure sur la bande de Gaza.

Répondant à des tirs de Katioucha de la bande de Gaza sur Israël et à une attaque au lance-roquettes sur une patrouille de Tsahal le long de la frontière, l'armée de l'air israélienne a attaqué samedi soir des cibles dans la bande de Gaza.

Mais faut-il envisager une opération du type de Plomb durci, lancée contre le Hamas en 2008?

La réponse semble positive dans les sphères militaires, et les interrogations portent plutôt sur le moment opportun pour le faire: l'armée doit-elle attendre une attaque réussie du mouvement terroriste, c'est-à-dire faisant des victimes, pour le frapper durement ?

"Il n'est pas nécessaire d'attendre une provocation pour lancer une offensive contre les infrastructures terroristes dans la bande de Gaza", répond un responsable du commandement du Sud.
"Les attaques en cours, par des roquettes et le long de la frontière, accumulées, sont plus que suffisantes pour justifier une action immédiate".

Le mois dernier, le chef d'Etat-major a demandé au commandement du Sud d'accélérer les préparations en vue d'une potentielle grande opération sur la bande de Gaza dans les prochains mois, et cette semaine, Tsahal va installer le système de défense antimissile Dôme d'acier aux environs de Tel Aviv.

En 2011, 680 roquettes, parmi lesquelles des Katioucha à longue portée, et tirs de mortier ont visé Israël. En 2010, seules deux Katioucha avaient été tirées. Depuis le début de l'année 2012, près de 30 roquettes ont été tirées sur Israël.

La Turquie bloque l'accès israélien aux informations de l'Otan

Selon le quotidien turc Zaman, la Turquie mettra tout en œuvre pour empecher Israël d'accéder aux données fournies par le système antimissile installé par l'Otan sur son territoire.

Cela vaut en particulier pour une éventuelle attaque de missiles en provenance d'Iran, précise le ministre turc des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu, qui ajoute "qu'il ne sera jamais permis à un pays tiers d’utiliser une installation de l’Otan. Notre position devient encore plus claire s’il s’agit d’Israël".

Selon Zaman, "la Turquie a négocié avec les Américains afin de garantir la sécurité des données du système de défense antimissile et d’éviter toute fuite de ces informations en Israël".

Ces propos constituent une réponse à des informations qui faisaient état de l'utilisation d'informations recueillies par ce radar, l'an dernier, lors de test effectués conjointement par les USA et Israël.
L'Otan aurait d'ailleurs accepté la présence d'un général turc au quartier général opérationnel de l'Alliance en Allemagne, afin de contrôler l'utilisation de ces données.

L’Otan et les Etats-Unis veulent déployer un système d’interception de missiles pour contrer la menace iranienne de tirs de missiles de courte et moyenne portée.


Territoires disputés

Barta'a - La ville qui réunit

A quelques kilomètres au nord de Jénine, Barta'a est une petite ville au milieu de laquelle passe une ligne invisible.

A l'ouest Israël, à l'est la Cisjordanie ou Judée Samarie, disputée.

Généralement, les Arabes palestiniens ont besoin d'un permis pour entrer en Israël, tandis que les Israéliens doivent obtenir une autorisation de l'armée pour pénétrer dans les territoires sous contrôle de l'Autorité palestinienne (AP).

Mais à Barta'a, les deux populations se mélangent librement.
Aucune barrière physique ne vient limiter leurs déplacements. Aussi les Israéliens peuvent-ils se rendre au grand marché à l'est de la ville, qu'on dit florissant.

"Ils ont de bons produits, et les prix sont beaucoup moins chers», déclare Sharon Ben Harosh, un Juif israélien de 43 ans qui fait souvent le voyage de quatre heures depuis Eilat pour fournir sa boutique en textile.

Même chose pour Yusuf Zahar-Din, 52 ans, venu du village druze israélien de Usfiyya, avec sa femme. "Les gens d'ici sont très gentils. J'adore venir ici" dit-il, tout en ajoutant que les prix sont de 50 à 60 pour cent moins chers qu'à l'intérieur d'Israël.

Le propriétaire du magasin, Ali Hamarshi, 48 ans, dit à qui veut l'entendre en souriant : "J'apporte des choses provenant de nombreux pays - Chine, Turquie, Italie, Philippines, Vietnam.
L'Inde et la Chine font les meilleurs biens de cuisine, et beaucoup d'Israéliens viennent ici pour en acheter ".

Selon Zidran Bartan, le maire de la partie israélienne de la ville, 80% des acheteurs sont des citoyens arabes d'Israël et 20% des Israéliens juifs.
Néanmoins tout le monde ne peut en profiter.
Les boutiques sont alignées sur une route étroite et sinueuse et il y a peu de stationnement possible. Et à l'ouest, les prix sont plus chers, car les taxes plus élevées.
Côté israélien, on compte près de 4.000 habitants.

De 1948 à 1967, l'est de Barta'a appartenait à la Jordanie, et les familles étaient divisées.

Depuis 1967, elles ont été réunies et aujourd'hui de nombreuses familles sont mélangées, avec un conjoint israélien et l'autre non.
Dans les écoles de l'ouest de la ville, environ un tiers des élèves viennent de l'est, car si un de leurs parents est un citoyen israélien, ils peuvent bénéficier de l'école locale israélienne, ce qui est souvent le passeport pour l'entrée à l'université.

C'est presque le double du taux global des autres villes arabes israéliennes.


GUERRE INFORMATIQUE

Guerre informatique - L'Iran a neutralisé le virus Stuxnext

Les Iraniens sont parvenus à supprimer le virus informatique, Stuxnet, découvert en juin 2010, qui avait attaqué leur infrastructure nucléaire, ont indiqué des sources américaines et européennes.

Stuxnet, aurait été introduit dès 2009 dans des machines qui contrôlent les centrifugeuses que l'Iran utilise pour enrichir l'uranium, et à terme, selon à présent la plupart des observateurs, pour concevoir des armes nucléaires.

Des responsables européens et américains qui souhaitent conserver l'anonymat ont confirmé aux journalistes de Reuters que les spécialistes de leurs gouvernements s'accordent à dire que les Iraniens ont réussi à neutraliser le virus et à l'extraire de leurs ordinateurs.

Des experts reconnus du secteur privé, interrogés par Reuters, vont dans le même sens.
"Si l'Iran ne s'est pas toujours pas débarrassé de Stuxnet, cela voudrait dire qu'ils sont des idiots finis", a répondu Ralph Langner, consultant en sécurité informatique allemand. Et il connait le dossier: il est considéré comme le premier spécialiste occidental à avoir identifié le virus.
C'est aussi ce que confirme, de façon plus lisse, un expert en sécurité informatique anglais, Peter Sommer.

"Une fois que l'on sait qu'il est là, ce n'est pas si difficile de travailler sur son code à rebours…", explique-t-il. "Neutraliser Sutxnet, une fois que son fonctionnement est compris, n'est pas si compliqué puisqu'il a été conçu pour perturber un élément précis de la structure".
"Une fois la marque du virus identifiée, il peut être éliminé du système", résume Sommer.

Les sources anonymes de Reuters ont ajouté qu'il est probable que l'Iran ait reçu l'aide d'experts occidentaux pour venir à bout du virus.
Pour David Albright, un ancien inspecteur des Nations Unies qui a suivi de près le dossier iranien, les créateurs de Stuxnet, qu'il assimile à des agences de renseignements, travaillent surement déjà depuis longtemps à des attaques informatiques différentes, plus avancées que celle lancée avec Stuxnet.

Bien qu'aucune preuve n'ait été découverte, plusieurs analystes considèrent qu'Israël est derrière la création du virus et sa mise en action, probablement avec l'assistance des Etats-Unis.

Quoiqu'il en soit, les responsables de l'attaque ont dû surmonter deux difficultés principales: mettre au point un virus informatique d'une grande complexité, et parvenir à l'inoculer aux ordinateurs visés qui n'étaient pas connectés à l'Internet.

Israël - Le piratage de la Banque Hapoalim inquiète

Les investigations menées sur plusieurs tentatives de piratage informatique dont a fait l'objet la banque Hapoalim depuis plusieurs semaines montrent que le profil des hackers a sensiblement changé aux cours des dernières attaques.

Les enquêtes font montre d'une escalade dans la guerre que se livrent hackers pro israéliens et pro arabes.

La sophistication des attaques fait penser qu'il s'agit plus, désormais, d'opérations organisées – peut être à la demande de gouvernements -, plutôt que d'amateurs qui s'enflamment pour une cause.
La semaine dernière, les hackers ont introduit un virus dans le serveur de mail de la banque.

La tentative a été déjouée par les systèmes de sécurité.
Deux jours auparavant, les banques israéliennes avaient reçu un avertissement les avisant d'une possible attaque massive.

La banque d'Israël, avec l'Agence nationale de sécurité informatique, avait publié une série de conseils pour contrecarrer ces piratages.

Initialement, Hapoalim, la deuxième plus grande banque israélienne, avait détecté une tentative de piratage de son serveur de mails; il s'est avéré par la suite qu'il s'agissait en fait d'infecter tout le système informatique.

Le soupçon d'une tentative de piratage en provenance d'Iran ou d'autres pays arabes a amené tous les établissements bancaires à relever leur niveau de protection et les institutions financières devraient limiter le stockage des dossiers sensibles ou de nature financière dans les ordinateurs qui utilisent des "boites mail".

La "hack" de la banque Hapoalim était l'attaque la plus aboutie, parmi celles qui ont touché différents sites financiers israéliens – d'autres établissements bancaires ou la bourse de Tel Aviv.

Tous les employés en charge de la sécurité informatique dans les banque ont été invités à participer à une réunion d'urgence au cours de laquelle les modalités de l'infection ont été étudiées : le virus –ou cheval de Troie – a été implanté dans un programme "Power Point ", qui sert à générer des présentations, et laissé dormant dans les systèmes durant un temps inconnu avant d'être activé.

Il avait été inséré dans une des présentations de questions. Ainsi, dès que la question est cliquée -pour recevoir une réponse-, un code a déclenché l'activation du virus, le libérant pour aller chercher ou détruire des informations.
Power Point ne devrait plus être utilisé sur les ordinateurs sensibles des banques.

La méthode utilisée, sa complexité, laissent à penser aux responsables israéliens de la sécurité informatique qu'il pourrait s'agir de groupes de hackers spécifiquement formés et soutenus par des gouvernements étrangers.
L'agence nationale de sécurité informatique a été impliquée lorsqu'il s'est avéré que les multiples mesures de sécurité déjà en place avaient échoué à bloquer l'attaque.

Le virus utilisé est de type "Zero Day ", qui exploite les failles des systèmes qui n'ont pas encore été détectées auparavant- ni par les autres virus, ni par les systèmes de sécurité -


JORDANIE

Jordanie - Les principaux leaders juifs américains rendent visite au roi Abdallah II

Une centaine de responsables des principales organisations juives américaines seront en Jordanie aujourd'hui pour rencontrer le roi Abdallah II.

La " Conférence des Présidents" de ces organisations, qui tient sa rencontre annuelle à Jérusalem entend ainsi marquer son soutien au roi de Jordanie pour ses efforts en faveur des négociations israélo-palestiniennes et "son souci de la stabilité régionale".

Malcolm Hoenlein, le vice Président exécutif de la Conférence a régulièrement rencontré, ces dernières années, différents leaders arabes, y compris Bashar Al Assad en décembre 2010.
Au menu des discussions devraient figurer l'Iran, le printemps arabe et ses conséquences dans la région, ainsi que les négociations entre Israël et les palestiniens, à nouveau au point mort.

Le dernier round de discussions, tenu en Jordanie, a vu les cinq rencontres entre israéliens et palestiniens ne déboucher que sur un constat de désaccord.
Selon le communiqué de la Conférence des Présidents, "il existe une longue tradition de relation étroite avec le roi de Jordanie, comme avec son père et nous accordons une valeur particulière aux relations que le roi entretient avec l'état d'Israël".


SOCIETE

Israël- Le veau décapité

Une curieuse cérémonie s'est tenue près de la route 66,qui traverse Israël du nord au sud, le rituel du veau décapité.

Dirigée par des rabbins de l'association religieuse israélienne Tzohar, cette version moderne – sans la décapitation du veau – visait à réveiller l'opinion après la mort tragique d'une soldate, percutée par plusieurs voitures qui ont ensuite continué leur route, sur "l'injustice morale" de ces accidents avec délit de fuite.

"Nos mains n'ont pas fait couler ce sang, et nos yeux ne l'ont pas vu. Pardonne à ton peuple Israël que tu as sauvé. Ne dépose pas le sang innocent au sein de ton peuple Israël", ont récité les 10 rabbins, guidés par le président de Tzohar, rabbi David Stav.

Ce rituel, institué par la Torah, est réalisé quand une personne est trouvée morte et que l'on ne connait pas l'identité du coupable.
En l'appliquant, les rabbins espèrent "attirer l'attention des leaders de communautés et celle du public, sur le fait qu'une situation où du sang est versé sans raison ne devrait pas exister sans que la population n'exprime de remord".

"La Torah institue un principe moral sans compromis", explique Stav.
"Nous sommes responsables du sang versé dans les accidents de la route, lors des stupides batailles de gangs, lorsque des femmes sont tuées par leur mari, et de celui versé lors des meurtres qui remplissent les pages de nos journaux".
La mort d'un individu ne doit pas passer inaperçue et rester impunie, insiste-t-il.


DANS LA PRESSE

Israël : le compromis ou la mort - Alain Finkielkraut

Gershon Scholem a écrit à Hannah Arendt, après la parution de son livre sur le procès Eichmann, une lettre très critique.

Dans cette lettre, il lui reprochait notamment de manquer d'haavat israël, d'amour du peuple juif.

Tout en affirmant qu'elle avait toujours considéré sa judéité comme une des données réelles et indiscutables de sa vie qu'elle n'avait jamais souhaité changer ou désavouer, Hannah Arendt a répondu à Gershon Scholem : "Vous avez absolument raison : je ne suis animée d'aucun amour de ce genre. Et cela pour deux raisons : je n'ai jamais dans ma vie aimé aucun peuple, aucune collectivité − ni le peuple allemand, ni le peuple français, ni le peuple américain, ni la classe ouvrière, ni rien de tout cela.

J'aime uniquement mes amis et la seule espèce d'amour que je connaisse, c'est l'amour des personnes.
En second lieu, cet amour des Juifs me paraîtrait, comme je suis juive moi-même, plutôt suspect.
Je ne peux m'aimer moi-même, aimer ce que je sais être une partie, un fragment de ma propre personne" (1). Ces arguments sont forts.

Comment, lorsqu'on est juif, déclarer son amour du peuple juif sans se rengorger, sans se pousser du col, sans tomber dans la complaisance ou l'attendrissement narcissique ?

Pourtant, dans cette grande querelle, et en dépit de tout ce que je dois à la pensée d'Hannah Arendt, je prends le parti de Gershon Scholem.
J'aime, sinon tout le peuple juif tout entier et moi à travers lui, Israël, au sens "État d'Israël" du terme. Je ne suis pas sioniste, la France est ma patrie mais je suis lié à Israël par un amour d'autant plus poignant que ce pays est fragile, vulnérable, menacé, contesté dans son existence même.

Cette contestation qui fait toujours plus d'adeptes sur les cinq continents ressuscite les stéréotypes effrayants de l'antisémitisme radical. Israël, pays minuscule, Cisjordanie comprise, est doté par ses ennemis d'un pouvoir tentaculaire. Israël tire les ficelles, Israël fait la pluie et le mauvais temps, Israël inspire la politique américaine, Israël produit l'islamisme, Israël est la cause de tous les maux et, par la souffrance quotidiennement infligée aux Palestiniens, l'incarnation du mal.

Cette souffrance existe et elle a indéniablement des effets corrupteurs, dévastateurs même sur la société israélienne.

Mais quand Stéphane Hessel fait d'Israël l'unique objet de son indignation, quand il néglige toutes les autres injustices qui fleurissent sur la terre, quand il reste muet sur les conditions de vie des réfugiés palestiniens au Liban, frappés d'interdiction professionnelle et confinés dans des camps dont ils ne peuvent améliorer ni les infrastructures ni les espaces habitables, quand il passe sous silence la charte ouvertement antisémite du Hamas, quand il oublie qu'à l'intransigeance de l'actuel gouvernement israélien répond la non moins grande intransigeance d'une Autorité palestinienne campant sur le "droit au retour" des réfugiés, en Palestine et en Israël, il démontre qu'une morale sans pensée conduit à l'immoralité.

Cette immoralité moralisatrice est devenue monnaie courante, comme l'atteste le succès planétaire de son petit livre beige.
Qu'est-ce à dire, sinon que le grand espoir sioniste de normalisation de l'existence juive ne s'est pas réalisé ? La rupture avec le destin juif n'a pas eu lieu.

Israël cristallise aujourd'hui la haine même à laquelle sa création devait mettre fin. Nul n'a mieux formulé cette terrible ironie de l'histoire que David Grossman. "
Tragiquement, écrit-il, Israël n'a pas réussi à guérir l'âme juive de sa blessure fondamentale, la sensation amère de ne pas se sentir chez soi dans le monde."
Or le même David Grossman, qui a dit aussi que l'Israélien moderne et connecté sent le tragique du destin juif se refermer sur lui, a signé les accords de Genève (2) et critique sans relâche l'immobilisme de son gouvernement. Il voit l'antisémitisme à l'œuvre dans la délégitimation croissante d'Israël, mais il ne cède pas pour autant au vertige de l'irresponsabilité.

Je me reconnais dans son attitude.
Je redoute l'hiver islamiste du printemps arabe, je prends d'autant plus au sérieux la menace iranienne d'effacer Israël de la carte que l'Iran va se doter de l'arme nucléaire, et pourtant je soutiens David Grossman et ses amis.

Avec les autres signataires de J Call3, j'en appelle même aux États-Unis et à l'Union européenne pour qu'ils obligent les deux protagonistes à trouver un compromis avant qu'il ne soit trop tard.
Si, en effet, par attachement à la terre ancestrale de Judée-Samarie, pour des raisons sécuritaires ou pour ne pas encourir la colère armée des colons les plus fanatiques, Israël retarde jusqu'à rendre impraticable la décision de divorcer d'avec les Palestiniens, alors les Juifs deviendront une minorité dans leur propre État.
Les seuls qui peuvent souhaiter une telle issue sont ceux qui militent pour la disparition d'Israël. Il ne faut pas leur faire ce cadeau.

(1) Ecrits juifs, réédités par Fayard en 2011.
(2) Accord de Genève : plan de paix alternatif concocté par des Israéliens et des Palestiniens qui n'étaient au pouvoir ni les uns ni les autres mais qui espéraient montrer à leurs deux peuples que la solution existait.
Les Palestiniens renonçaient au "droit au retour" pour tous les réfugiés en échange de la reconnaissance de l'autorité arabe sur l'Esplanade des mosquées à Jérusalem.
Il a été soutenu par de nombreuses personnalités européennes.

(3) J Call : appel lancé au printemps 2010 par de nombreuses personnalités juives d'Europe, qui dans la terminologie israélienne seraient rangées dans la gauche sioniste, pour relancer le processus de paix entre Israéliens et Palestiniens selon le principe "deux Peuples, deux États", J Call a suscité pas mal de remous, notamment en France, où une partie de l'intelligentsia juive et pro-israélienne, a signé un appel concurrent intitulé "Raison Garder". Alain Finkielkraut figurait parmi les signataires de J Call.
Causeur.fr (20 février 2012)


AGENCE JUIVE POUR ISRAEL

Agence juive - controverse autour de salaires mirobolants

Le 26 Février se tiendra comme chaque année, à l'Hotel Inbal de Jérusalem, durant trois jours, le Conseil des gouverneurs de l'Agence juive pour Israël.

Au programme figurent notamment la stratégie de l'Agence juive pour les années à venir et bien entendu, les problèmes budgétaires.

Sauf que derrière ce titre, révèle Haaretz, se cachent d'une part de sérieux problèmes de financement face à la baisse des dons (qui entraineront restrictions et licenciements), d'autre part le rapport financier de 2010 réalisé avec le Service de revenus internes (IRS), qui dévoile les 22 plus hauts revenus de l'agence.

Parmi eux le directeur de l'agence, Nathan Sharansky.

L'arrangement officieux durant des décennies, comprenait un salaire équivalent au premier ministre israélien.
En 2010 pourtant, Sharansky aurait totalisé 214 000 dollars bruts (165 000 euros) , soit 30% de plus que Netanyahou et ses 164 000 dollars par an.

Et pourtant, Sharansky n'aurait pas le plus haut revenu de l'Agence.
Il n'est que le numéro quatre sur la liste.

La prime irait au chef de la direction et président de l'Agence Juive pour le développement international (Jaid), et chef de l'agence de collecte de fonds, basée à New York, le Dr. Misha Galperin. Il aurait totalisé 478000 $ en 2010 (près de 370 000 euros), selon le rapport IRS.
Salaire d'autant plus important qu'Halperin n'a pris ses fonctions qu'en juin dernier.
Galperin toucherait donc près de deux fois plus que son prédécesseur Maxyne Finkelstein.

Pour sa défense, Galperin avance que son salaire ne fait que refléter la norme des dirigeants des grandes organisations américaines.
Or en 2010, seuls huit cadres supérieurs au sein d'organisations juives ont touché plus d'un demi-million de dollars.

Le sujet prête d'autant plus à controverses que Galperin aurait reçu d'autre garanties, sans contrepartie de résultats, et d'autre part fait que l'Agence juive est un organisme public israélien.

Il se dit dans les coulisses, que Galperin aurait été le gage donné aux mouvements juifs conservateurs et réformés aux Etats-Unis, qui voyaient d'un mauvais œil la nomination de Sharansky.

Sont également en cause les revenus des deuxième et troisième plus hauts revenus de l'Agence juive : respectivement Yonah Bezaleli à la tête des travailleurs de l'agence, et le conseiller juridique Mark Ismaïloff.

Pour sa défense, l'Agence juive indique qu'elle est en concurrence avec les grandes organisations juives internationales, et non pas avec le gouvernement israélien, pour attirer du personnel de haut niveau.

Une partie des revenus de l'Agence juive est constituée par les dons des communautés juives de diaspora.


SPORTS

Football -Dur, dur d'etre entraineur et israélien

Selon le site internet Serbian Cafe, l'équipe iranienne de football Sepahan Isfahan de la ville d'Ispahan a annulé un match amical, lorsqu'elle a appris que l'entraineur de l'équipe adverse, le club Partisan de Belgrade, était israélien.

L'équipe serbe avait déjà du annuler sa participation à un stage d'entrainement à Dubaï, en raison des difficultés pour l'entraîneur israélien, Avram Grant, à obtenir un visa; le club avait alors décidé de tenir son stage en Israël.

"Je suis désolé que le match soit annulé parce que je suis israélien", a commenté Grant, très décu "le sport, ce n'est pas de la politique, et je ne mélange jamais", ajoute-t-il.

Grant a entrainé l'équipe nationale israélienne durant quatre ans, avant de travailler pour le club anglais de Chelsea qu'il a amené jusqu'à la finale de la Champions league en 2008.

En février 2007, un paquet suspect et des menaces de mort à caractère antisémites contre Grant entraînent l'intervention de la police anglaise3.
Passé à Manchester United comme directeur technique, il prend la direction du club après le départ de José Mourinho.

Après plusieurs échecs avec différents clubs britanniques, il est depuis janvier 2012 l'entraineur du Partizan de Belgrade.

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