Numéro 1073 - 13.02.2012 - 20 Shevat 5772       Imprimer

A LA UNE

L'Iran promet l'annonce d'une réussite majeure de sa filière nucléaire

Alors que l'Iran célèbre le 33e anniversaire de la révolution islamique de 1979, les experts de la république islamique tentent de déchiffrer le dernier message sibyllin de Mahmoud Ahmadinedjad.

Celui-ci a en effet déclaré que Téhéran "dévoilerait très prochainement un succès majeur dans le domaine du nucléaire".

Dans une intervention télévisée samedi, le président iranien n'en a pas dit plus que "cette réalisation majeure" mais a réaffirmé que l'Iran ne renoncerait jamais à sa filière d'enrichissement d'uranium.

Selon le site internet Diplomatic news, Téhéran annoncerait avoir commencé la production de combustible nucléaire.

En janvier, l'Iran annonçait avoir testé avec succès le fonctionnement de ses barres de combustible nucléaire, officiellement utilisées pour des recherches médicales.

L'Iran pourrait également annoncer la mise en activité du site enterré de Fordo, un site d'enrichissement d'uranium près de la ville sainte de Qom; le site de Natanz a, en effet, été transféré de dans les installations souterraines et fortifiées de Fordow, qui, selon l'Iran, serait invulnérable à de possibles bombardements.

Récemment, Ehud Barak, ministre israéliens de la Défense, lançait un avertissement : l'enfouissement des installations nucléaires iraniennes rendra très rapidement toute intervention militaire inefficace.

Les annonces iraniennes devraient intervenir avant les prochaines élections législatives qui devraient se dérouler le 2 mars, et avant le prochain "round" de négociations avec les occidentaux.

La stratégie iranienne du fait accompli, qui consiste entre deux séances de ces négociations, à faire avancer les progrès de sa filière nucléaire pour faire repartir les discussions sur la base de ce qui a été acquis, fonctionne à plein.

La menace Anonymous : info, intox.- Analyse du message

Il est certainement très difficile d'affirmer ou d'infirmer la véracité de la déclaration de guerre à Israël par le groupe de pirates informatiques Anonymous.

Le début du message est un véritable "travail d'artiste" sur le plan de la conception du message.

Un élément du texte pose cependant question : le passage sur l'Iran, dont on peut estimer qu'Anonymous ne porte pas dans son cœur les limitations à la liberté d'expression, et notamment à l'accès à Internet.

Pourtant le message annonce que ne sera pas tolérée "une attaque contre un état souverain sur la base d'une campagne de mensonges".
D'autres passages, les accusations contre Israël, ressemblent aux diatribes habituelles d'Ahmadinedjad ou du Hamas.

La vidéo elle-même contient des expressions, tirées de stéréotypes antisémites, très éloignés des habitudes d'Anonymous : "la propagande dans les médias que vous contrôlez", "le lobby politique", ou les appels à la destruction d'Israël.

Dans les forums officieux autour d'Anonymous, en ce moment, les sujets de discussions sont les campagnes contre le traité ACTA sur le copyright, l'opération Blietzkrieg, qui a visé des sites néo nazis antisémites – le caractère militant de Blitzkrieg a d'ailleurs suscité des débats internes au sein d'Anonymous – mais pas un mot sur Israël, alors qu'interviendrait une déclaration de guerre contre l'état hébreu.

Par contre, cette menace intervient au moment de la célébration du 33è anniversaire de la révolution islamique en Iran, et quelques jours après que Sami Abu Zuhri, un des porte paroles du Hamas ait déclaré, en janvier : " attaquer les sites web israéliens ouvre un nouveau champ de résistance, et le début de la guerre électronique contre l'occupation israélienne".

La vidéo pourrait bien, donc, ne pas porter le copyright "Anonymous"; elle pourrait cependant constituer une menace réelle d'accentuation de la Cyberguerre contre Israël.

Le collectif de pirates informatiques Anonymous veut couper Israël d'Internet.

En novembre dernier, Anonymous avait déjà menacé Israël et avait revendiqué le piratage de plusieurs sites gouvernementaux israéliens, en réponse au blocus de Gaza.
VOIR VIDÉO COLONNE DE DROITE

Le gouvernement israélien avait, à l'époque, nié le piratage, attribuant la 'chute" des sites à des dysfonctionnements de serveurs -voir notre édition du 7 novembre 2011-.

Vendredi dernier, le site de la CIA était hacké, piratage revendiqué par Anonymous.

Cette voix ci, la voix électronique qui s'exprime au nom d'Anonymous, accuse Israël de "crimes contre l'humanité", ajoutant : "Aussi longtemps que votre régime existe, la paix sera entravée".

Le message affirme : "Grâce à la duplicité des médias et à la corruption politique, vous avez gagné la sympathie de beaucoup. Vous affirmez être démocratiques, en réalité, ceci est loin d’être vrai.

En fait, votre objectif est d’améliorer la vie de quelques uns en piétinant avec insouciance les libertés de la majorité", poursuit la voix, qui conclut "depuis trop longtemps, nous tolérons vos crimes contre l’humanité".

"Notre croisade contre votre règne de terreur a commencé", annonce Anonymous, qui prévient : "Nous n’arrêterons pas tant que l’Etat policier se sera pas devenu un Etat libre".

Une opération qui devrait, selon le communiqué, se dérouler graduellement et devrait couper Israël d’internet, ce qui serait "la première étape".
Le communique précise que la seconde étape sera "révélée plus tard mais elle est déjà en préparation".
"La troisième étape, prenez le comme un cadeau d'Anonymous, nous ne nous arrêterons plus jusqu'à ce que vous deveniez un pays vraiment libre".

La voix termine par la formule habituelle "nous sommes Anonymous, nous somme une légion, nous ne pardonnons pas, nous n'oublions pas le gouvernement israéliens, croyez nous"!
VOIR VIDÉO COLONNE DE DROITE

Deux attentats contre des ambassades israéliennes

Un jour à peine après l'anniversaire de l'assassinat d'Imar Mugnyeh, un responsable du Hezbollah à Damas le 12 février 2008 - imputé par l'organisation terroriste à Israël -, deux attaques semble-t-il coordonnées viennent de viser des ambassades israéliennes.

Au cours de la première attaque, la femme d'un diplomate israélien a été blessée dans l'explosion d'une bombe placée dans sa voiture, à New Delhi, en Inde.

Elle venait de déposer ses enfants avant que la bombe explose; ses jours ne semblent pas, pour l'instant, en danger; elle a pu revenir jusqu'à l'ambassade et a été hospitalisée.

Selon la police indienne, l'explosif aurait été placé sous le véhicule mais aucun scénario n'est écarté : la bombe aurait pu être fixée au véhicule, alors qu'il roulait ou était à l'arrêt par un terroriste en moto, être jeté par la fenêtre à l'intérieur de la voiture. Les autorités indiennes attendent de pouvoir interroger la victime.
Quatre autres personnes auraient été blessée : le chauffeur de la voiture et les occupants de la voiture voisine.

A Tbilissi, en Géorgie, un membre du personnel local de l'ambassade a découvert une bombe sous son véhicule alors qu'il conduisait en direction de la représentation diplomatique.
Entendant un bruit suspect , il s'est arrêté et a repéré l'explosif sous le véhicule.
La bombe a été neutralisée par les services du déminage géorgien.

Israël a relevé à son niveau maximal l'état d'alerte de ses représentations diplomatiques après ces attentats.
La sécurité des ambassades a été renforcée par les polices locales et Israël prépare un renforcement de ses propres mesures à l'intérieur des bâtiments.

De même, les israéliens qui voyagent à l'étranger ont été mis en garde sur les risques possibles et les précautions à prendre.
Ces nouvelles attaques interviennent après des tentatives déjouées d'attentats ces dernières semaines en Thaïlande et en Azerbaïdjan, ou encore contre un avion de ligne au dessus de la Turquie
Le Hezbollah promet, chaque année depuis 2008, de venger la mort .


Renseignement

Azerbaïdjan : la nouvelle terre d'accueil du Mossad

Il semblerait que les agents du Mossad ait jeté leur dévolu sur l'Azerbaïdjan.

Ce petit pays de 8 millions d'habitants, peuplé essentiellement d'azeris –d'origine turque – a cependant un intérêt particulier pour les renseignements israéliens : il a une frontière commune avec l'Iran de près de 700 kms.

Selon le Times, qui a recueilli une interview d'un agent israélien présenté sous le pseudonyme de "Shimon" : la présence israélienne est paisible mais substantielle; nous l'avons accrue depuis l'année dernière, car nous sommes tout proches de l'Iran et que l'Azerbaïdjan est un pays très poreux".

Selon Shimon, la frontière avec l'Iran est un terrain de premier plan pour collecter des informations sur l'Iran, avec une frontière située à quatre heures de la capitale, Bakou.

"Il est aisé de recueillir des informations, car les gens passent régulièrement et librement la frontière entre les deux pays" ajoute "Shimon".

i y aurait d'ailleurs encore plus de gardiens de la révolution iraniens dans la zone que d'agents israéliens, mais leurs méthodes diffèreraient de celles du service israélien.

Ils agiraient à visage découverts, souhaitant que "tout le monde sache qu'ils sont là"; les israéliens agiraient, eux, à couvert, mais, selon l'agent, en fin de compte " tout le monde sait que nous somes la et tout le monde regarde tout le monde".

Selon le Times, Israël profite de la tension récente entre l'Azerbaïdjan et l'Iran – qui ont toujours eu, traditionnellement, de bonnes relations – pour prendre pied dans cette région de l'Eurasie.

Ces tensions sont essentiellement dues aux menaces qui planent sur la minorité azérie en Iran (minorité qui revendique son autonomie dans un Iran fédéral), et au rapprochement entre l'Iran et l'Arménie –avec qui existe un conflit territorial larvé au sujet du Haut Karabach.

Une partie de la population de l'Azerbaïdjan, qui entretien d'étroites relations avec la république islamique d'Iran ne voit pas d'un bon œil la présence israélienne.

Le démantèlement, le mois dernier, d'une cellule terroriste qui préparait des attentats contre la représentation diplomatique israélienne et des sites de la communauté juive à Bakou, démontre la vivacité des réseaux qu'entretiennent l'Iran et le Hezbollah dans le pays.
Si un iranien a bien été arrêté, ceux qui devaient commettre les attentats étaient des résidents azerbaïdjanais.

Le Président Ilham Aliyev a lui déclaré que l'Azerbaïdjan, qui entretien également de bonnes relations avec l'état hébreu, poursuivrait ses relations avec Israël, y compris dans le domaine sécuritaire.

D'après Arastun Orujlu, un ancien responsable du contre-terrorisme azeri, la région est "devenue comme la Norvège ou Casablanca durant la seconde guerre mondiale, le centre mondial de l'espionnage"; mais, selon lui, il n'y aurait qu'un petit nombre d'agents israéliens "qui opèrent beaucoup plus efficacement que les agents iraniens qui eux sont des milliers".


HAMAS

Le Hamas ne reconnaitra jamais Israël.

C'est ce qu'a martelé sans surprise, samedi, le premier ministre et chef du Hamas à Gaza dans un discours à Téhéran.

La république islamique lui avait offert le privilège de pouvoir haranguer la foule réunie à l'occasion du 33è anniversaire de la révolution islamique.

"Notre lutte continuera jusqu'à la libération de la totalité de la terre de Palestine et de Jérusalem, et le retour de tous les réfugiés palestiniens chez eux" a jouté Hanyieh.

"On veut que nous reconnaissions l'occupation israélienne et que nous abandonnions la résistance, mais en tant que représentant du peuple palestinien et au nom de ceux qui sont épris de liberté dans le monde, je réaffirme comme nous l'avons toujours dit auparavant que nous ne reconnaîtrons jamais Israël", a-t-il conclu.


EGYPTE

Egypte - saisie d'armes destinées à Gaza

Les forces de sécurité égyptienne ont saisi une importante cache d'armes dans la péninsule du Sinaï; l'essentiel de ces matériels était destiné à la bande de Gaza, à travers les tunnels du couloir de Philadelphie.

Selon l'agence palestinienne Maan, l'arsenal saisi comprendrait des missiles sol-air et plusieurs tonnes d'explosifs, du TNT.

Cette saisie illustre la détérioration de la sécurité et l'augmentation des tarifs en tous genres dans cette région du Sinaï depuis la chute d'Hosni Moubarak et ce, en dépit de la présence d'une douzaine de bataillons de l'armée égyptienne – présence autorisée par Israël alors que le traité de paix signé entre le deux pays fait de cette région une zone démilitarisée.

Le Hamas a notamment établi des bases régulières pour entreposer une partie de son arsenal militaire, et le mettre à l'abri d'éventuels bombardements israéliens.

Le trafic d'armes qui s'est mis en place permet notamment d'alimenter les organisations terroristes de Gaza en armements dérobés en Libye, à la faveur des troubles qui ont conduit à la chute de Kadhafi.


IRAN

Iran : la visite d'Hanyeh accentue l'éclatement du leadership du Hamas

Le guide supreme de la révolution iranienne, l'ayatollah Ali Khamenei a confirmé son soutien au Hamas à l'issue de sa rencontre dimanche avec le premier ministre de Gaza, Ismail Hanyieh.

Khameini a réaffirmé considérer " la cause palestinienne comme une cause islamique".
Le rencontre était la première du genre depuis que le Hamas a pris le pouvoir à Gaza, après avoir gagné les élections législatives de janvier 2006.

Pour l'ayatollah, les éruptions du monde arabe sont directement issues de la question palestinienne : " le ressentiment des peuples de la région à l'égard de la situation de la bande de Gaza a apporté une éruption volcanique dans la région" ajoutant que " l'on n'attend de l'endurance et de la persévérance de la part de la résistance palestinienne".

Khameini a également mis en garde contre toute tentative "de compromis; Arafat a perdu sa popularité lorsqu'il s'est éloigné de la résistance".

Hanyieh, tout en remerciant l'Iran pour son soutien, a lui rappelé les axes stratégiques du Hamas : "libérer la Palestine de la mer jusqu'à la rivière – NDLR : le Jourdain, ce qui signifie la destruction d'Israël -, poursuite de la lutte armée, soutenir le caractère islamique de la cause palestinienne".

Hanyieh s'est rendu en Iran alors que le pays a pris ses distances avec le Hamas, ou plutôt avec le chef de son bureau politique, Khaled Meshaal, qui a refusé de s'engager plus loin dans le soutien à Bashar El Assad, que la république islamique porte à bout de bras.

Meshaal a également été vivement critiqué pour avoir signé avec Mahmoud Abbas un accord de réconciliation qui permet au Président de l'Autorité palestinienne de cumuler ses fonctions avec celles de Premier ministre.

Le divorce entre les leaders du Hamas précédemment réfugiés à Damas, Meshaal en tête, et ceux qui dirigent la bande de Gaza au quotidien est encore plus flagrant et pourrait prochainement conduire à de profonds changements au sein de l'organisation islamiste.

Au contraire, les leaders du Hamas en Cisjordanie soutiennent l'accord, renforçant encore plus l'éclatement de l'organisation et critiquent la visite d'Hanyieh en Iran, alors que la république islamique participe activement à la répression de l'opposition au régime syrien.

Il semble en tous cas que l'Iran n'ait assorti son soutien moral d'aucune promesse financière, alors que l'organisation islamiste recherche de nouveaux financeurs, après que l'Iran ait gelé une partie des 300 millions de dollars qu'elle lui versait annuellement.

L'Iran met en demeure l'Azerbaïdjan d'expulser les agents du Mossad

Selon l'agence de presse iranienne IRNA, le ministère des Affaires étrangères de la république islamique aurait convoqué l'ambassadeur d'Azerbaïdjan à la suite de la publication de l'article du Times relatant l'activité grandissante d'agents du Mossad dans le pays à la frontière avec l'Iran.

L'ambassadeur, Javanshir Akhundov, se serait vu remettre une lettre officielle de protestation demandant au gouvernement azerbaïdjanais "d'empêcher les services israéliens d'utiliser le territoire azerbaïdjanais pour mener des actions contre l'Iran".

D'après les allégations iraniennes, les responsables de l'élimination d'un scientifique iranien de la filière nucléaire iranienne se sont échappés et ont regagné Israël en passant par l'Azerbaïdjan – allégations sans preuves bien entendu.

Selon d'anciens responsables du contre espionnage azeri, plusieurs milliers d'agents iraniens opèreraient en Azerbaïdjan


SYRIE

Anonymous : comment l'Iran aide la Syrie à contourner les sanctions internationales

C'est ce que révèle le quotidien Haaretz, à partir de documents obtenus par le groupe de pirates informatiques Anonymous.

En attaquant le serveur de mails du Bureau du président syrien, Bachar el-Assad Anonymous a récupéré plusieurs documents confidentiels, et en particulier sur deux d'entre eux trouvés dans le compte mail du ministre des Affaires présidentielles syrien, Mansour Azzam.

Rédigés deux mois plus tôt, ils rendent compte de la visite en Syrie d'une délégation de responsables iraniens, dont l'objectif principal semblait être d'aider la Syrie à contourner les sanctions qui pèsent sur elle.

Devant l'ampleur de la répression que fait subir le régime syrien à son propre peuple (plus de 8000 morts au 10 février, d'après l'opposition syrienne), l'Union européenne, les Etats-Unis, la Turquie et la Ligue arabe imposent à Damas de sévères sanctions: embargo pétrolier, vols commerciaux interdits, et rupture des contacts avec la banque centrale syrienne.

Rappelons que la Syrie réalise 20% de son produit intérieur brut grâce aux ventes de pétrole, dont près de 90% sont habituellement exportés vers l'Union européenne.

La révolte et les sanctions y ont provoqué une grave crise économique.
Le gouvernement d'Al-Assad a besoin d'argent pour faire fonctionner le pays, mais surtout pour payer les dizaines de milliers de fonctionnaires, policiers, soldats et chabihas qui lui sont encore fidèles.

Le 8 décembre, Azzam, ministre des Affaires présidentielles a envoyé un Email au président syrien et à d'autres importants responsables du régime, intitulé "Mémo sur la visite de la délégation iranienne en Syrie".

Dix responsables du Cabinet de Mahmoud Ahmadinejad, des représentants de la Banque centrale d'Iran et de ministères iraniens ont rencontré le Premier ministre syrien Adel Safar, le directeur de la Banque centrale et les ministres des Finances, du Commerce et du Pétrole.

Selon le document rédigé par Azzam, la délégation iranienne a annoncé que son gouvernement avait alloué un milliard de dollars à l'achat de produits syriens, parmi lesquels de l'huile d'olive, de la volaille et des fruits. Elle s'est également engagée à examiner l'option d'acheter 150 000 barils de pétroles par jour à la Syrie.

Les deux parties auraient aussi discuté de la création d'une plateforme de correspondance aérienne et de celle d'une banque commune destinée à transférer de l’argent par la Russie et la Chine, qui ne participent pas aux sanctions contre la Syrie.

"L'Iran a promis de transmettre à la Syrie son savoir-faire sur les méthodes de transfert de fonds vers l'extérieur et l'intérieur du pays, fondé sur l'expérience accumulée par l'Iran dans ce domaine", indique Azzam.

Dans le second document évoqué par Haaretz et daté du 14 décembre 2011, la Syrie et l'Iran s'accordent sur l'utilisation de banques russes et chinoises pour s'échanger des fonds.

"Les Banques centrales de Syrie et d'Iran ont convenu d'utiliser des banques en Russie et en Chine pour faciliter le transfert de fonds entre les deux pays, compte tenu des conditions actuelles en Syrie et en Iran", peut-on y lire.

Syrie-Al Qaïda contre Bashar Al-Assad

Dans une vidéo de huit minutes postée sur un site internet islamiste, le leader d'Al Qaïda, Ayman al-Zawahri, demande aux musulmans en Turquie, en Irak, au Liban et en Jordanie de venir en aide aux opposants syriens qui affrontement le régime de Bashar Al Assad.

"La Syrie saigne, jour après jour, alors que le boucher et fils de boucher Assad n'est pas décidé à arrêter ses massacres; mais la résistance de notre peuple en Syrie s'accroît, malgré les sacrifices et le sang qui coule".

Chaque musulman doit "aider ses frères syriens comme il le peut, en donnant de l'argent ou sa vie, mais le peuple syrien ne doit pas dépendre des occidentaux, des pays arabes corrompus ou de la Turquie " ajoute Zawahri pour qui "le peuple syrien doit poursuivre son combat et sa colère sans rien accepter des gouvernements corrompus".

Zawahei a posté un premier message vidéo sur des forums islamistes annonçant que le groupe terroriste somalien Al Ashahab rejoignait les rangs d'Al Qaïda et menacerait désormais, les intérêts occidentaux.
En juillet, le leader d'Al Qaida avait appelé les contestataires syriens à s'en prendre aux USA et à Israël.

Selon des officiels irakiens, des combattants liés à Al Qaida auraient déjà pris la route de la Syrie pour renforcer les forces armées syriennes libres.

Selon des officiels américains, Al Qaida serait à l'origine de plusieurs attentats commis en Syrie des derniers jours, dont celui d'Alep qui a fait 28 morts vendredi, même si l'opposition syrienne les a attribuées à "une manipulation du gouvernement d'Assad".

Zawahri a pris la direction d'Al Qaïda après la mort d'Oussama Ben Laden dans un raid des forces spéciales américaines au Pakistan, en mai dernier.


FRANCE

L'Affaire Guéant : un symptome pathologique, par Shmuel Trigano

La dernière affaire médiatique en forme de controverse autour des déclarations de Claude Guéant sur les civilisations constitue un événement très significatif du point de vue sociologique, c'est à dire du point de vue de la forme et non du contenu.

Remarquons tout d'abord un fait central : l'islam n'a jamais été désigné si ce n'est indirectement, même par Claude Guéant, mais c'est ce que tout le monde a pourtant entendu, au point que le CFCM ait sommé le ministre de dire si ses propos visaient bien l'islam.

Mais ce qu'il y a de bien plus intéressant, c'est que la comparaison avec la Shoah et les Juifs n'a pas tardé à fuser, là aussi, avec l'intervention du député socialiste de la Martinique, accusant le ministre de promouvoir une idéologie nazie promettant les musulmans à un avenir de camps de concentration, et rappelant à cette occasion, de façon apparemment aberrante, la mémoire de l'esclavage.

Sans me prononcer sur le fond idéologique de cette affaire et en l'étudiant comme un symptôme d'une pathologie collective, je retiendrai 3 choses.

Premièrement – et c'est ce que nous savons depuis plus de 10 ans - l'islam est l'objet d'une sanctuarisation dans le débat public. C'est le mot, c'est la chose à ne même pas proférer. On peut en mesurer l'épaisseur si on compare cet état de faits à la critique idéologique, virulente ou sourde, dont le judaïsme, le christianisme, l'Occident, la modernité sont, par contre, les objets soir et matin.
Il y a là l'expression d'un jugement de valeur déséquilibré et discriminatoire, qui implique un classement hiérarchique, réputé moral alors qu'il infériorise et criminalise d'autres "civilisations" qui elles sont bien nommées et assignées à l'infamie. C'est là qu'est avant tout le scandale : la condamnation permanente des uns et l'innocentement permanent des autres. Quand on se livre à ce jeu de massacre, aucune "civilisation" ne peut être épargnée.

Deuxièmement, cette sanctuarisation prend systématiquement la mémoire de la Shoa en otage pour se légitimer.
Cela ne signifie pas que les Juifs s'en retrouvent valorisés. Bien au contraire, car la sanctuarisation de l'islam, si prégnante dans le discours médiatique, s'accompagne de la délégitimation et de la diffamation permanentes d'Israël, du sionisme et des Juifs fondamentalement coupables de génocide : en 1948, à Djénine ou à Gaza.

De là à se demander s'il y a un rapport de cause à effet entre les deux phénomènes il n'y a qu'un pas. Et c'est ce déséquilibre général dont la gauche réputée "éclairée" est grandement responsable qui conduit une partie de l'électorat juif, chrétien ou laïque à aller vers le FN.

Troisièmement, il en découle que la Shoah est devenue dans cette galère un mythe, une figure rhétorique sans plus grand rapport avec sa réalité. C'est un argument de discours complètement creux qui peut ainsi se voir retourné contre les Juifs. Les vrais usufruitiers de la Shoa ce sont effectivement aujourd'hui les Palestiniens, "victimes des victimes" comme le disait l'idéologue du post-colonialisme, Edward Saïd.

Ce système-là, bi-polaire (sanctuarisation de l'islam-diffamation d'Israël), n'est le fait en apparence ni des Juifs, ni des musulmans – il faut le souligner – mais des élites des médias, de la politique, de l'intelligentsia. Elle mériterait une étude en soi qui a à voir avec la conscience collective.

Ce qui est fascinant, c'est de constater avec quelle rapidité les gardiens du sanctuaire se sont levés comme un seul homme dans cette affaire, comment le CFCM a mis en demeure le ministre sans se voir désavoué, comment le parti socialiste en a fait un cheval de bataille électoral, voire comment Claude Guéant a voulu créer une affaire sans en avoir l'air.

Je me souviens que le CRIF a été brutalement éconduit quand il a protesté après la scandaleuse émission de Fr2, "Un œil sur la planète". Institutions nationales comme journalistes furent unanimes à rejeter cette protestation.

La solitude que l'on peut ressentir en tant que Juifs à ce moment précis n'en est que plus terrible, accablante, écrasante. Inquiétante.

Shmuel Trigano, professeur des Universités, 12 février 2012


GRANDE BRETAGNE

Times accuse le Mossad de continuer à utiliser de vrais passeports de ressortissants européens

Selon le Times de Londres, décidément très en verve sur le Mossad cette fin de semaine – voir notre article sur l'Azerbaïdjan dans l'édition du jour – le Mossad continuerait à utiliser des passeports falsifiés – dont des passeports européens – pour ses opérations clandestines.

D'après le magazine, des preuves démontreraient qu'il ne s'agit pas de passeports falsifiés mais d'israéliens possédant la double nationalité qui autoriserait l'utilisation de leurs passeports.

Deux jeunes hommes auraient ainsi interviewés sous condition d'anonymat par le Times, alors que leur passeport leur aurait été restitué, "après utilisation ".
Un troisième homme, lui aussi approché, aurait refusé de répondre car il servirait encore dans l'armée israélienne.

Un des interviewés, "Matthew", un britannique émigré en Israël aurait, selon lui, été approché par le Mossad dès sa première semaine de service militaire en Israël. "Matthew" confie qu'il a accepté de confier son passeport au Mossad, "sans hésiter".

"Pierre", un français, relate une démarche similaire mais lui aurait été approché par "une jeune femme qu'il aurait rencontrée à plusieurs reprises". Son passeport lui sera rendu un an plus tard, portant des tampons de plusieurs pays dont la Russie.

L'utilisation de passeports de pays "amis" avait été reprochée à Israël après qu'il ait été découvert que des agents du Mossad impliqués dans l'élimination d'un haut responsable du Hamas, Mahmoud al-Mabhouh, en janvier 2010 à Dubaï, avaient utilisé des passeports britanniques, français et allemands.

Israël n'avait ni confirmé ni démenti mais avait assuré que ces pratiques ne seraient plus reconduites.


EUROPE

Hollande: accoucher en Israël, une opération militaire

Un article paru début janvier dans le prestigieux journal hollandais Trouw, suscite la polémique aux Pays-Bas.

Intitulé "Les personnes élues doivent être parfaites", l'article a été condamné par de nombreuses voix qui reprochent à l'auteur, Ilse van Heusden, l'utilisation de "stéréotypes antisémites".

Cette dernière y relate la naissance de son enfant en Israël et note que "pour être enceinte dans ce pays, il faut subir d'innombrables tests sanguins, car il s'agit de produire le bébé parfait, comme l'exige l'Etat Juif".

Sans préciser le nom de l'établissement où elle a mis au monde son enfant, Ilse van Heusden n'hésite pas non plus à comparer "le processus de naissance" à une "opération militaire".

L'ONG "Missing Peace" a été la première à attirer l'attention des médias sur l'article incriminé.
Dans un entretien téléphonique au Jerusalem Post, son directeur, Yohanan Visser, a estimé que "l'article du Trouw sur les soins prénataux en Israël n'est qu'un exemple parmi tant d'autres des procédés dont use la plupart des médias néerlandais, dans leur tentative de diaboliser, puis de délégitimer l'Etat hébreu".

Spécialiste des relations néerlando-israéliennes, Visser écrit par ailleurs sur le site de l'organisation que "mis à part les mensonges et les distorsions que contient l'article d'Ilse van Heusden, on y trouve de nombreuses insinuations et accusations qui rappellent les diatribes antisémites les plus classiques".

De son côté, Willem Schoonen, le rédacteur en chef de Trouw, a formellement nié que l'article soit "antisémite", et considéré que celui-ci n'est que le témoignage de "l'expérience d'une femme enceinte venant d'un milieu différent, alors même que la société israélienne ouvre un nouveau chapitre de son histoire".

"Publier des déclarations antisémites n'a jamais été un bon moyen de s'attirer un nouveau lectorat", a-t-il enfin confié, tandis que Tom Gross, un commentateur politique hollandais, a estimé qu'en se solidarisant avec cet article, "le rédacteur en chef de Trouw se place sur un terrain très dangereux".


HISTOIRE

USA : Julius Rosenwald, philanthrope juif et pionnier des relations avec la communauté noire

En décembre dernier, la Sears Holdings Corporation annonçait la fermeture de 120 de ses magasins en raison de l'effondrement des ventes.

C'est l'occasion saisie par Stephen Whitfield, du JointMedia News Service, de publier un article au sujet d'un des plus importants présidents qu'ait eu la compagnie Sears: Julius Rosenwald.

Né en 1862 dans une famille juive immigrée d'Allemagne aux Etats-Unis, Rosenwald devint en 1929 président de la Sears, Roebuck and Company, qui fut longtemps le plus puissant groupe au monde de vente au détail, et tout un symbole pour l'Amérique.

Lorsque, pendant la Seconde Guerre mondiale, on demanda au président américain Franklin D. Roosevelt quel livre américain il aimerait voir distribué en Union soviétique, il désigna le catalogue de produits Sears Roebuck.

Rosenwald ne signait pas de son nom le texte introductif qu'il joignait au fameux catalogue.
Certains y voient la crainte de réactions antisémitismes de la part de clients potentiels, qui auraient pu nuire aux ventes de la société, dans un environnement conservateur et rural.

Brillant homme d'affaires, il fut aussi un grand philanthrope.
Deux ans avant d'être nommé à la tête de la Sears, il participa à la création de l'American Jewish Committee, qui fut une des premières organisations de défense des communautés juives.
En 1908, lorsqu'il devint président de la Sears, il fut également nommé président des organisations juives de bienfaisance à Chicago.

Si aujourd'hui son nom n'est guère connu du grand public, ceux qui s'en souviennent l'associent généralement à son engagement pour l'éducation des populations noires.

Il était en particulier membre du conseil d'administration du Tuskegee Institute, célèbre établissement d'enseignement afro-américain porté par Booker T. Washington.
Ce dernier, grand militant de la cause des Noirs, était un proche de Rosenwald: il lui arrivait de dormir chez lui quand il était de passage, et même de prendre la parole dans sa synagogue, le Temple Sinai.

Il fit de nombreux dons à des établissements scolaires destinés aux afro-américains, dans une région où l'accès à l'éducation était pour eux extrêmement limité: plus de 5300 écoles, sur près de 20 ans, ont été construites grâce à lui.

Il veillait même à préserver l'amour propre de la communauté noire, en laissant volontairement à ses membres le soin de compléter le financement des écoles, après que lui ait versé l'argent nécessaire à leur construction.

A sa mort, il y a exactement 80 ans, le secrétaire exécutive de la puissante National Association for the Advancement of Colored People (NAACP) déclarait: "Aucun nom n'est plus révéré et profondément aimé par les Noirs américains que celui de Julius Rosenwald".


SHOAH

Shoah - La Pologne veut changer les modalités d'indemnisation des biens spoliés aux juifs

Le gouvernement polonais a décidé de changer le mode de restitution des propriétés juives spoliées pendant la Shoah, ou pendant la période communiste qui suivit.

La communauté juive polonaise a annoncé qu'elle s'opposerait vigoureusement à ces changements.

Jusqu'à aujourd'hui, les dossiers des restitutions étaient gérés à la fois par le gouvernement et par des représentants des communautés concernées.

Ces commissions, en place depuis 1997, ont restitué des milliers de propriétés à la communauté juive, propriétés qui avaient été spoliées par les nazis ou par le régime communiste, au pouvoir après la Seconde Guerre mondiale. 3000 autres cas sont en cours de traitement.
D'après la nouvelle procédure, qui devrait être votée en mars par le parlement polonais, les demandes de restitution seront traitées par le système judiciaire.

On s'attend à ce que les tribunaux demandent des documents officiels, qui n'existent souvent plus. Les communautés faisant une réclamation devront payer une garantie de 3% de la valeur du bien, versée au Trésor public si la demande n'aboutit pas.

La communauté juive n'est la seule concernée par ce changement, et pas la seule à s'y opposer: c'est aussi le cas de plusieurs Eglises non-catholiques.

Le gouvernement polonais essaie de trouver un arrangement qui permettrait de régler la question sans imposer la nouvelle législation.
Mais le dirigeant de la communauté juive de Pologne, Piotr Kadlcik, a déjà annoncé qu'il ne signerait pas un tel accord.

Les intentions de la Pologne en la matière ne vont pas la rendre plus populaire auprès de la communauté juive et des différentes
associations qui la défende, notamment celles basées aux Etats-Unis: la Pologne est un des derniers pays à ne pas avoir encore indemnisé les Juifs pour les biens spoliés pendant la Shoah.


SANTE

Du Kazakhstan en Israël pour réapprendre à marcher

Pavel Sadyshev et sa mère séjournent dans la partie hotelière de l'hopital Assaf Harofeh, depuis le début janvier, aux frais de l'Etat d'Israël, afin qu'il puisse subir les opérations chirurgicales et les soins qu'exige sa maladie.

Pavel souffre d'une paralysie cérébrale qui le fait marcher avec de plus en plus de difficultés depuis qu'il a commencé à se tenir debout.

Il marche le plus souvent avec des béquilles, mais ses muscles et ses ligaments se raccourcissent, limitant de plus en plus ses capacités à se mouvoir.

Le jeune garçon de 12 ans ne vit pas en Israël mais au Kazakhstan.
Sa famille habite une petite ville proche de la capitale, Astana. Ses parents, au chômage, ne pouvaient assumer les frais des soins, ni dans leur pays ni ailleurs.

En septembre dernier, le Docteur Simona Bar Haim, une neurophysiologue et chercheuse israélienne, d'Assaf Harofeh est invitée au Kazakhstan pour une conférence.

Elle visite ensuite un centre de rééducation à Astana, où elle rencontre plusieurs patients, dont Pavel, à la demande de l'ambassadeur d'Israël Mei-Ami.

Les choses s'enchainent ensuite très vite car il apparaît que l'enfant souffre d'une forme inhabituelle de la maladie, avec peu de chances d'être traité sur place.
Bar Haim estime qu'une opération à l'hôpital Assaf Harofeh et de la rééducation, Pavel pourrait retrouver ses fonctions motrices.

L'ambassade d'Israël organise alors le transport de l'enfant et de sa mère avec le concours financier d'une banque du pays et de la Turkish airlines.

Examiné par le médecin chef du service d'orthopédie, le docteur Lionel Copeliovitch, l'opération est planifiée puis réalisée avec succès il y a 3 semaines.

Les pansements viennent d'être enlevés récemment, lui permettant de suivre une rééducation quotidienne, qui devrait durer encore un mois.
"C'est un garçon très intelligent qui ne souffre d'aucune maladie mentale. Il parle russe et a appris quelques mots d'hébreu" raconte le docteur Copeliovitch.

Il est resté en relation avec son père et ses proches grâce à Skype et un ordinateur portable qui lui a été remis à l'hôpital.
Celui-ci réalise une douzaine d'opérations identiques chaque année, au bénéfice d'enfants entre cinq et treize ans. Selon Simona Bar Haim a acquis une réputation mondiale sur le sujet, depuis le traitement d'enfants victimes de l'épidémie de polio dans les années 1950.

Si tout se passe bien, Pavel devrait pouvoir réapprendre à marcher quasiment normalement dans quelques semaines.
Compte tenu de la situation de la famille, les frais de l'opération et de la rééducation sont pris en charge par l'hôpital.(Photo Jpost)

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