Numéro 444 - 10.04.2008 - 5 Nisan 5768       Imprimer

A LA UNE

Attentat palestinien à Nahal Oz

Deux israéliens ont été tués mercredi, en début d'après-midi, au cours d'un attentat perpétré à proximité d'un kibboutz jouxtant la bande de Gaza.

L'attaque a été immédiatement revendiquée par le Djihad islamique et l'Unité des Moudjahiddins, groupuscule affilié aux Brigades des martyrs d'Al-Aqsa.
Deux des terroristes, qui ont jeté plusieurs grenades et tiré à l'arme légère sur les employés d'une centrale de carburant, ont été éliminés par des soldats de l'unité Guivati, tandis que deux autres complices ont pu prendre la fuite, en direction de la bande de Gaza.

Les forces de sécurité israéliennes ont bouclé le secteur, où le niveau d'alerte maximale a été décrété. Un communiqué du gouvernement israélien a peu après condamné l'attentat, en précisant notamment : "Nous tenons le Hamas pour entièrement responsable de cette action, dont il lui faudra payer le prix".

Plus tard dans la journée, Abou Moudjhad, le porte-parole de la branche armée des Comités de résistance populaire, a déclaré dans un entretien diffusé par la chaîne arabe Al-Jazeera : "Cette opération avait un double but : kidnapper des soldats israéliens, et briser le siège auquel est soumise la bande de Gaza". Pour sa part, Abou Ahmed, porte-parole de la branche armée du Djihad islamique, a annoncé : "Les combattants palestiniens qui ont pris part à cette action sont rentrés sains et saufs à Gaza".
Tsahal a immédiatement réagi à l'attentat en visant des objectifs palestiniens, parmi lesquels le véhicule à l'intérieur duquel circulaient deux des terroristes qui ont pu prendre la fuite. Selon des sources palestiniennes, plusieurs civils ont été touchés au cours de ces opérations, et une maison a été entièrement détruite par des tirs israéliens.


DIPLOMATIE

Déclarations controversées du ministre suédois des Affaires étrangères

Les déclarations de Carl Bildt, ministre suédois des Affaires étrangères actuellement en visite en Israël et dans les territoires autonomes, selon lequel "il est possible de parvenir à la paix sans le Hamas, côté palestinien, ni Binyamin Netanyahou, côté israélien", ont soulevé de vives protestations dans les milieux de droite et parmi les militants du Likoud.

Selon le journal Haaretz, l'annulation de la rencontre entre Bildt et son homologue israélienne, Tzipi Livni, qui était prévue mercredi après-midi, à Jérusalem, n'est cependant pas liée à "la petite phrase" du ministre suédois, mais "à de simples questions d'emploi du temps".

Pour l'ancien ambassadeur d'Israël à Washington et actuel responsable des relations extérieures du Likoud, Zalman Shoval, "il s'agit d'une déclaration lamentable, qui démontre que le ministre suédois des Affaires étrangères n'entend absolument rien à la réalité du Proche-Orient".
Il a également ajouté : "Il est vraiment navrant que Bildt ne sache pas distinguer une organisation qui sanctifie le terrorisme, d'un parti démocratique, qui prône la liberté d'expression et soutient un plan de paix qui ne négligerait pas la sécurité d'Israël".


CULTURE

Prix Pulitzer

Le prestigieux prix Pulitzer vient d'être décerné à l'historien franco-israélien Saül Friedländer, pour son essai "L'Allemagne nazie et les Juifs", publié en deux tomes, aux éditions du Seuil.

Parmi les autres lauréats, le chanteur et poète Bob Dylan a été récompensé pour "l'influence profonde de son œuvre sur la musique pop et la culture américaine contemporaine".


SECURITE

La communauté druze en deuil

Des centaines d'amis, et membres de la famille de Sayyef Bisan, le sergent de l'unité Egoz tué dans la nuit de mercredi à jeudi, dans le sud de la bande de Gaza, ont afflué dès l'aube vers le village druze de Jat, en Galilée occidentale, où vivait le soldat.

L'oncle de l'officier défunt, Karim Bisan, a déclaré dans un entretien au journal Maariv : "Nous savions que Sayyef servait dans une unité d'élite, et nous vivions dans une angoisse perpétuelle".
Il a par ailleurs souligné que la mort de son neveu constituait "une nouvelle tragédie pour la communauté druze, qui a enterré récemment un autre de ses fils, Tamir Navouani, qui appartenait à l'unité d'élite Matkal".


ANNONCE

1948- 2008 : Panorama de l'Economie d'Israël

A la veille de son 60ème anniversaire, Israël «vieux pays neuf» selon le mot de Théodore Herzl, contemple les résultats d’une économie à forte croissance (plus de 5 %) depuis cinq années consécutives.

Doté d’un système capitaliste moderne bien loin du Kibboutz de ses fondateurs, Israël est le deuxième pays en nombre de sociétés cotées au NASDAQ.

Avec un taux de chômage réduit en quelques années, malgré l’Intifada de 11 % à 7,5 %, l’économie Israélienne pourrait faire pâlir d’envie nombre de dirigeants des pays développés car le PIB par habitant en 2007, devrait atteindre un nouveau record à 31,676 $, soit la 18ème place parmi les pays de l’OCDE, se rapprochant ainsi des grandes puissances économiques comme le France et l’Allemagne.

L’année de sa création en 1948, l’Etat d’Israël avait un taux de croissance à deux chiffres mais après la guerre de Kippour en 1973, s’est installée une inflation à trois chiffres résorbée grâce au plan de stabilisation économique et des réformes d’une économie de marché mis en place par Shimon PERES.

Ainsi la croissance fut elle au rendez-vous de la décennie 1990 grâce à l’arrivée en Israël d’un million de juifs soviétiques.

De même, la conférence de Madrid d’octobre 1991, puis les accord d’Oslo signés à Washington en 1993 ont-ils mis un terme à l’isolement économique d’Israël dont les exportations atteignirent rapidement le continent asiatique tandis qu’affluaient les investissements étrangers car la monnaie israélienne, le Shekel est aujourd’hui considéré comme l’une des plus fortes monnaies du monde.

Pour les années 2000, une réelle récession se fit sentir en 2001-2002 après le déclenchement de ‘l’Intifada des Mosquées » en septembre 2000 où, pour la première fois le taux de croissance s’avéra négatif (- 0,3 % en 2001 et – 1,2 % en 2002) avec un taux de chômage de près de 11 % en 2003.

L’éclatement de la bulle « high-tech » dans un pays tourné vers les nouvelles technologies, explique aussi cette récession combattue vigoureusement dés 2003 par le Ministre des Finances, Benyamin NETANYAHOU qui imposa des réformes profondes par une baisse des impôts, une privatisation accrue des services publics, des coupes drastiques dans le budget de l’Etat et la refonte du système d’assurance maladie et des retraites, entraînant ipso facto un appauvrissement des catégories sociales les plus défavorisées.

Parallèlement, une catégorie très nombreuse de nouveaux riches s’est faite jour grâce au dynamisme de la bourse de Tel-Aviv qui, en 2007 a atteint les 1000 points … contre 100 en 1992.

Pourtant relativement pauvre en ressources naturelles et, vu l’exiguïté de son territoire, Israël, grand comme deux départements français, importe une bonne part de sa consommation énergétique (dont le pétrole à 100 %).

L’activité économique d’Israël est principalement tournée vers l’Union Européenne et les Etats-Unis avec qui existent des traités de libre-échange étendus aujourd’hui au Mercosur, au Canada et la Jordanie, deuxième pays signataire d’un traité de paix en 1994 après l’Egypte en 1979.

Israël est donc un pays en pointe dans des domaines où sa coopération est très recherchée comme l’armement (4ème pays exportateur), les équipements électroniques et biomédicaux tout comme c’est une terre d’attraction touristique ayant dépassé les deux millions de visiteurs en 2007et le pays qui comporte le plus fort taux mondial d’ingénieurs par habitants (pas de pétrole, mais des idées !).

Ces vingt dernières années, et malgré un contexte géopolitique compliqué, l’économie israélienne s’est donc profondément transformée grâce à une main d’œuvre qualifiée, un appareil productif performant, une structure bancaire solide et des investissements en recherche et développement importants ( de l’ordre de 4,5 % du PIB), créant ainsi un environnement favorable à l’investissement étranger notamment grâce à un dispositif d’aides financières et fiscales.


Samy BOCHNER
Auteur de “L’économie d’Israël, Joker des entreprises françaises » (Biblieurope- 1997)
www.israelbusinessclass.net


BOYCOTT D'ISRAEL

Vers une nouvelle crise franco-syrienne ?

Nouveau rebondissement dans l'affaire de la disparition, en France, de l'ex-agent syrien, Mohammed Zouhair Al-Seddik, dont le Tribunal international attendait le témoignage, dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat de Rafik Hariri.

Dans un entretien publié mercredi à Damas par le quotidien "Al-Watan", Imad Al-Seddik, un des frères du disparu, a accusé la France d'avoir liquidé ce "témoin gênant", afin de "satisfaire les exigences de la majorité libanaise".
Omar, le frère aîné de Mohammed Zouhair Al-Seddik, a pour sa part déclaré que "cet enlèvement pourrait être exploité par les ennemis de la Syrie en accusant celle-ci de l'avoir organisé".


SOCIETE

Eloge d'un massacre

Le journal "Al-Qods", qui paraît à Jérusalem-Est et s'apparente idéologiquement à l'OLP, vient de publier un entretien avec le poète palestinien Almatouqal Tah, auteur d'un livre qui célèbre le massacre perpétré le 9 août 2001, dans une pizzeria de Jérusalem, où quinze personnes (parmi lesquelles sept enfants, dont cinq appartenant à une même famille) avaient été tuées.

La jeune étudiante palestinienne, Akhlaham Eltamimi, qui avait "guidé" le kamikaze jusqu'à son objectif, situé en plein centre de la capitale, et qui purge une peine de prison à perpétuité en Israël, est notamment qualifiée par le poète de "splendide héroïne", dont l'action suscite un "infini respect".

Suspicion réciproque ?

L'Université de Haïfa organise cette semaine un Congrès intitulé "Responsabilité sociale" qui sera entièrement consacré aux relations entre les communautés juive et arabe d'Israël.

Un "indice des relations judéo-arabes" y sera notamment présenté par le Professeur Sammy Smooha, dont les dernières investigations en la matière, menées en 2007, révélaient des données inquiétantes.
On y apprenait par exemple que 64,6% des Juifs interrogés "évitent de pénétrer" dans une localité arabe, par crainte d'être victimes d'agression, ou même d'attentat; 62% d’entre eux affirmaient par ailleurs redouter un soulèvement populaire des Arabes israéliens. Parmi ces derniers,76% affirmaient ne pas accorder leur confiance aux pouvoirs publics.

Par contre, 86% des Juifs et 75% des Arabes pensaient toutefois qu'Israël est un pays où il est agréable de vivre.

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