Numéro 589 - 13.10.2008 - 14 Tishri 5769       Imprimer

A LA UNE

Les Grands rabbins d'Israël appellent au "calme et au dialogue" à Akko

Après que de nombreux responsables politiques, et les principaux dirigeants de la communauté arabe israélienne, aient lancé des appels au calme et au dialogue dans la ville d’Akko - où des centaines de membres des forces de l’ordre sont toujours déployés après les violents affrontements entre les populations juive et arabe qui ont éclaté durant la célébration du jour de Kippour - les deux Grands rabbins d’Israël, Shlomo Amar et Yona Metzger, ont adressé une lettre à la municipalité de la ville et au responsable de la police pour cette région, dans laquelle ils insistent sur la «nécessité de dépasser les divergences et les conflits» afin de restaurer le calme.

Les deux dirigeants religieux appellent les juifs et les musulmans à «cesser immédiatement de s’affronter, à agir ensemble pour ramener le respect, la compréhension et la confiance mutuels, et à ne pas oublier que nous n’avons qu’un seul Père».
«Il est essentiel d’œuvrer à l’entente entre les peuples», écrivent notamment Amar et Metzger, «d’autant plus lorsqu’il s’agit de peuples voisins, dont la proximité doit déboucher sur l’amitié, et doit inciter chaque homme responsable à inviter la communauté à laquelle il appartient à la tolérance».
Les deux leaders spirituels ont enfin «exigé» des représentants officiels du judaïsme et de l’islam qu’ils s’engagent et ne «négligent aucun effort» afin de «ramener l’harmonie et la coexistence pacifique à Akko».
Rappelons que vendredi dernier, de nombreuses personnalités musulmanes ont profité de la prière du vendredi pour appeler les fidèles à la retenue, au calme, et le député arabe israélien Abbas Zakour (Raam/Taal) est même allé jusqu'à encourager les «juifs à se rendre en masse dans les mosquées du pays afin d’entendre de leurs propres oreilles les messages pacifiques qu’y diffusent les prêcheurs à tous leurs fidèles».


DIPLOMATIE

Rencontre Abbas-Assad

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a rencontré son homologue syrien, Bachar el-Assad, dimanche après-midi, à Damas, dans le cadre des efforts diplomatiques actuellement déployés dans le monde arabe pour permettre la «réconciliation» entre les différents groupes armés palestiniens.

Au même moment, le dirigeant de la branche politique du mouvement islamiste établi dans la capitale syrienne, Khaled Mashaal, a déclaré, au cours d’une allocution prononcée durant la visite qu’il effectue au Qatar, que les récents entretiens, entre les négociateurs de son organisation et les représentants du Fatah, ont permis aux deux parties d’aborder des «questions importantes», et ont d’ores et déjà donné des «résultats très positifs», qui doivent encourager «tous les courants de la résistance palestinienne à s’unir contre leur ennemi commun».


AUTORITE PALESTINIENNE

Solidarité avec les "palestiniens d'Akko"

Des centaines de palestiniens ont participé, dimanche après-midi, dans la bande de Gaza, à un «défilé de solidarité avec l’insurrection arabe d’Akko», et appelé leurs «frères» établis dans cette ville à ne pas se laisser «séduire par le mirage de la coexistence avec les juifs et les autorités de l'entité sioniste».

Mohammed al-Hindi, un des responsables du Djihad islamique, a notamment déclaré au cours de la manifestation : «Les slogans et les formules creuses sur la démocratie n’ont pas protégé un seul habitant arabe d’Akko», avant d’ajouter : «Israël est une démocratie qui pratique le meurtre, et dont les dirigeants sont des assassins qui sacrifient la vie de nos enfants en conservant leur sang-froid et sans éprouver la moindre pitié».


MONDE ARABO MUSULMAN

Nouveau massacre à Bagdad

Les autorités irakiennes ont annoncé, dimanche après-midi, que sept personnes, dont un enfant, ont été tuées, et neuf autres blessées, parmi lesquelles certaines se trouvaient dans un état jugé «critique», au cours d’un attentat à la voiture piégée, perpétré quelques heures auparavant, au sud est de la capitale, rue Souane, à l’entrée d’un des plus importants lieux de culte chiite de Bagdad.

Rappelons que la communauté duodécimaine a été l’objet d’attaques particulièrement sanglantes tout au long le mois du ramadan, où des dizaines de pèlerins, venus en famille de tout le pays se recueillir dans les lieux saints du chiisme, ont été abattus durant des opérations montées par les groupes salafistes locaux, qui professent l’idéologie djihadiste d’Oussama Ben Laden et tiennent «les fidèles d’Ali et de Hussein», autrement dit les croyants chiites, pour des «schismatiques» et des «hérétiques qui ont dévié de la vraie voie de l’islam, rejettent la sunna et idolâtrent leurs imams».

Elections iraniennes

L’ancien chef du parlement iranien, Mahadi Khrovi, qui est considéré comme le leader de la tendance favorable à l’adoption de réformes dans le pays, a annoncé, dimanche après-midi, son intention de se présenter aux élections présidentielles, qui se dérouleront en 2009.
«Après avoir longtemps réfléchi et m’être entretenu avec de nombreux conseillers, j’ai décidé de présenter ma candidature au poste de président», a-t-il notamment déclaré, avant d’ajouter : «La République islamique d’Iran doit impérativement s’apprêter à dialoguer avec ses ennemis, à commencer par les Etats-Unis».

Soulignons enfin que le leader spirituel du régime des Mollahs, l’ayatollah Ali Khamenei, a offert publiquement son soutien à l’actuel président Mahmoud Ahmadinejad, qui selon lui «ne quittera pas ses fonctions et sera réélu, car il mène une politique juste et courageuse qui préserve les intérêts et l’honneur de la nation face à l’arrogance du camp occidental et de l’impérialisme américain».


ANNONCE

Subprimes / Généalogie d'une crise

Ce n'est pas "l'avidité capitaliste" qui a conduit à la crise financière actuelle. Mais au contraire une politique "sociale".

L'enfer financier est pavé de bonnes intentions. Ce n'est pas le capitalisme classique qui est à l'origine de la crise des subprimes. Mais une législation à caractère social, remontant à Roosevelt, renforcée sous Nixon et consolidée sous Clinton.

En 1938, dans le cadre du New Deal, le président Franklin Roosevelt (démocrate) crée la Federal National Mortgage Association, vite baptisée FaNnie MAe. But : apporter une garantie fédérale aux prêts immobiliers accordés par les banques, afin de permettre à l' «Américain moyen » d'accéder à la propriété.

Société semi-publique (des actionnaires privés y figurent à côté de l'Etat fédéral), Fanny Mae est autorisée à accorder et à garantir des prêts, mais aussi à procurer des liquidités à des agences publiques en charge de l'immobilier, à des banques commerciales, des courtiers, des caisses d'épargne, etc., en rachetant les hypothèques que ces opérateurs ont prises sur les logements qu'ils ont financés.

Ces hypothèques, Fannie Mae les rassemble et les revend par paquets – produits sûrs appuyés sur du « tangible » et garantis par l'Etat – aux banques d'investissement, assureurs et autres établissements financiers, qui, à leur tour, les cèdent à des investisseurs.

Le 21 décembre 1965, l'Assemblée générale des Nations-Unies adopte la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale (CERD) qui mentionne, au nombre des droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels devant être garantis sans distinction de race, le droit au logement (article V, paragraphe e, alinéa iii). Cette convention devient Traité avec son entrée en vigueur, le 4 janvier 1969.

Dans le même esprit, le président Richard Nixon (républicain) crée en 1970 la Federal Home Loan Mortgage Corporation, rebaptisée Freddie MaC, sur le modèle de Fannie Mae : pour étendre le marché hypothécaire et élargir un peu plus encore l'accès à la propriété. Mais les Etats-Unis ne ratifient le Traité sur l'élimination de toutes les formes de discrimination que le 20 novembre 1994, sous l'administration Bill Clinton (démocrate).

En 1999, le président Clinton confie à Franklin D. Raines, vice-président de Fannie Mae de 1991 à 1996, puis directeur du U.S. Office of Management and Budget jusqu'en 1998, la présidence de Fannie Mae.

Clinton charge Raines de mettre la législation américaine en matière d'accès à la propriété en accord avec la législation internationale en matière de lutte contre les discriminations. Fanny Mae lance donc un programme-pilote : les banques sont incitées à proposer des prêts à des personnes aux revenus modestes, appartenant le plus souvent aux minorités ethniques. (Noirs, Hispaniques, etc) ; et les conditions dans lesquelles la centrale foncière rachète ces prêts sont assouplies. Freddie Mac ne tarde pas à s'aligner sur cette pratique.

Le 29 septembre 1999, Steven A. Holmes décrit cette réforme dans le New York Times et met en garde contre les risques qu'elle implique :

« Fanny Mae… assouplit les règles concernant les conditions de crédit auxquelles sont accordés les prêts qu'elle rachète aux banques et autres prêteurs, ce qui pourrait aider à l'accession à la propriété des minorités et des personnes à faible revenu.

[…] Le programme pilote [implique] 24 banques présentes sur 15 marchés – incluant la région du grand New York… Il s'agit d'encourager ces banques à élargir l'offre d'hypothèque sur un bien immobilier aux personnes dont le crédit n'est généralement pas assez bon pour prétendre aux prêts classiques. Les responsables de Fannie Mae […] espèrent étendre ce programme à la totalité du pays au printemps prochain.

Fannie Mae, le plus gros acteur du marché des hypothèques du pays, a été soumise à une pression grandissante de l'Administration Clinton pour qu'elle facilite l'octroi de prêts hypothécaires aux personnes à revenu faible et moyen, et à celle de ses actionnaires, désireux de la voir maintenir la croissance phénoménale de ses profits.

En outre, les banques, caisses d'épargne et institutions spécialisées dans les hypothèques ont fait pression sur Fannie Mae pour qu'elle les aide à accorder plus de prêts aux emprunteurs dits subprime (« sous-prime »). Ces emprunteurs, dont le revenu, la note de crédit et les économies ne sont pas assez bons pour prétendre aux prêts classiques, ne peuvent emprunter de l'argent qu'auprès d'institutions financières qui demandent des intérêts plus élevés – de 3 à 4% – que ceux de ces prêts-là.

'' Fannie Mae a permis l'accession à la propriété de millions de familles dans les années 1990, en réduisant le montant de l'apport initial (!) '', a déclaré F. D. Raines… '' Mais il y a encore trop d'emprunteurs dont le crédit est juste en-deçà de ce que les règles comptables exigeaient jusque-là, et qui ont été contraints de payer des intérêts significativement plus élevés sur ce qu'on appelle le 'marché des sous-primes' .''

[L'information sur ces emprunteurs-là est maigre mais, selon une étude… 18% des prêts du marché des « sous-primes » auraient été accordés à des emprunteurs noirs, contre 5% sur le marché des prêts classiques.]

En se lançant, même prudemment, dans ce nouveau type de prêts, Fannie Mae augmente significativement ses risques, ce qui ne devrait poser aucun problème en période croissance économique. Mais l'entreprise subventionnée par le gouvernement pourrait se retrouver dans une situation difficile en cas de retournement de tendance, ce qui forcerait le gouvernement à intervenir comme il l'a fait dans les années 1980, quand il est venu au secours des Caisses d'épargne qui avaient fait faillite.

'' Plusieurs personnes, j'en fais partie, estiment que c'est l'histoire des Caisses d'épargne qui se répète '', déclare Peter Wallison, de l'American Entreprise Insitute. '' Si [Fannie Mae et Freddie Mac] échouent, le gouvernement devra intervenir et les racheter entièrement, comme il a racheté [la totalité] des Caisses d'épargne] ''… »


Dans le même article, Steven Holmes note encore ceci :

« En fait, le nombre des accédants à la propriété appartenant aux minorités ethniques a explosé pendant le boom économique des années 1990. Le nombre de prêts hypothécaires accordés aux demandeurs hispaniques a augmenté de 87% de 1993 à 1998 selon le Harvard University's Joint Center for Housing Studies. Pendant la même période, le nombre de prêts hypothécaires… accordés aux [demandeurs] Afro-Américains a augmenté de 71,9%, celui de ceux accordés aux [demandeurs] Asiatico-Américains, de 46,3%. A comparer avec l'accroissement du nombre de ces prêts accordés aux Blancs non-hispaniques, 31,2%. »

Un autre facteur va aggraver ces dérives. L'un des premiers actes de l'administration Roosevelt, en 1933, avait été de couper les institutions bancaires en deux catégories : banques de dépôt et banques d'affaires. Le Glass-Steagall Act, qui instituait cette dichotomie, entendait lutter contre les excès de la spéculation financière. Mais en 1999, l'administration Clinton vide cette législation de son contenu, à travers le Gramm-Leach-Bliley Act. Le gonflement des hypothèques à risques induit donc un développement de la spéculation au moment précis où celle-ci perd ses garde-fous.

Détail révélateur : Raines doit démissionner de façon précipitée en 2004 de la présidence de Fanny Mae. Pour prise illicite de bénéfices et fausse présentation de comptes, entre autres choses.

La générosité a mené à l'irresponsabilité. Et celle-ci à un naufrage général.

© Richard Zrehen, 2008

RETROUVEZ LES DEBATS ET LES ACTIVITES DE L'INSTITUT JEAN-JACQUES ROUSSEAU (JJRI) SUR www.jjri.net


JUDAISME

"Tente de la paix"

Les responsables du «Forum pour l’entente civique» ont annoncé leur intention de construire une «tente de la paix», lundi, à l’occasion de la fête juive des Cabanes (Souccot), dans la ville de Akko, où le rabbin et parlementaire Michaël Melchior, (Meimad, gauche religieuse sioniste), ainsi que le fondateur du mouvement islamique israélien, le cheikh Ibrahim Nimer Darwich, assureront un enseignement et des cercles d’étude, ouverts au public, consacrés aux notions de «respect mutuel», «tolérance» et «dialogue» dans les traditions spirituelles du judaïsme et de l’islam.

Les deux personnalités religieuses ont par ailleurs appelé, au cours d’une déclaration commune, «les juifs et les arabes à agir dans l’esprit des fêtes du Nouvel an hébraïque et du ramadan, qui sont des moments de réconciliation».


BOYCOTT D'ISRAEL

Spéculations sur la mort de Jörg Haider

Alors que de nombreux sites Internet dénonçaient dès samedi matin les «agents israéliens du Mossad» pour leur «implication» dans l’accident qui a coûté la vie, quelques heures plus tôt, au leader de l’extrême droite autrichienne, Jörg Haider, près de Klagenfurt, dans son fief de Carinthie (dont les habitants avaient majoritairement salué l’arrivée d’Hitler au pouvoir), le parquet local a annoncé, dimanche, que le leader populiste, qui sortait d’une «boîte de nuit», roulait à 142 km/h, au lieu des 70 km/h autorisés, que son véhicule (une Volkswagen Phaeton V6 de fonction) était neuf et en parfait état, et que «toute spéculation sur une autre cause d'accident est caduque».

Rappelons que Haider, né en 1950 en Haute-Autriche, dans une famille de nostalgiques du troisième Reich, avait déjà été victime d’un grave accident de la route, en 1993.


SPORTS

Qualification israélienne

L'équipe israélienne de football s'est qualifiée pour la phase suivante des éliminatoires comptant pour la Coupe du monde 2010 en battant, samedi soir, celle du Luxembourg par 3 buts à 1. Yossi Benayoun a ouvert la marque dès le tout début du match, Omer Golan a ensuite marqué le deuxième but, et a été suivi par Salim Toama qui a concrétisé cette victoire à la 82e minute de jeu.


NOUVELLES BREVES

Israël, le 12/10/08

Diplomatie : Amos Guilad, le directeur des affaires politiques du ministère de la Défense, se rendra aujourd'hui au Caire afin d'y rencontrer Omar Souleiman, le ministre des renseignements égyptiens, qui l'a notamment invité à discuter de la progression des négociations pour la libération de l'otage du Hamas, Guilad Shalit.

Environnement : Après avoir fait installer au prix de 90.000 shekels un système d'électricité solaire sur le toit de leur maison au Moshav Moledet, une famille de cette localité vend désormais son excédent d'énergie solaire au réseau d'électricité Israel Electric Corp.

Sécurité : Des dizaines d'Arabes se sont rendus à Adé-Ad en Samarie, où vivent quelques jeunes israéliens, et ont entrepris de les attaquer. Les forces de sécurité sont intervenues afin de disperser les agresseurs.

Société : Shimon Lancry, le maire de St Jean d'Acre, où, pour la 4e nuit consécutive, des altercations ont eu lieu entre habitants juifs et arabes, a accepté les excuses des dirigeants arabes de la ville, qui ont condamné la conduite du chauffeur arabe "qui aurait dû éviter de circuler en voiture dans un quartier juif le soir de Kippour".


NOUVELLES BREVES - INTERNATIONAL

Monde, le 12/10/08

USA : Le président du Comité monétaire et financier international (CMFI), le ministre égyptien des finances, Youssef Boutros-Ghali, a approuvé le plan d'action annoncé par le G7 pour faire face à la crise en prenant toutes les mesures pour débloquer les marchés du crédit. "C'est un élément essentiel pour le rétablissement de la confiance", a-t-il notamment déclaré.

PAKISTAN : En réaction aux accusations des Etats-Unis et de l'Afghanistan sur l'inaction du Pakistan dans la lutte contre Al-Qaïda et les talibans, le directeur général du ministère de l'Intérieur, Rehman Malik, s'est plaint du manque de coopération de ces deux pays qui n'empêchent pas les terroristes islamistes d'entrer sur le territoire pakistanais.

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