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Mardi 24 Avril 2018 / 9 Iyyar 5778
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  BANDE DE GAZA
Numéro 1278 - 14.02.2018 - 29 Shevat 5778 

Gaza - La pollution des eaux concerne aussi Israël
par Sarah Cohen
Selon Ahmed Yaakobi, un hydrologue qui conseille l'Autorité palestinienne dans la bande de Gaza, 97% de l'eau potable de ce territoire serait impropre à la consommation humaine en raison de la pollution provenant des eaux usées non traitées, ou d'un fort taux de salinité.

Yaakobi s'exprimait lors d'un débat sur la crise de l'eau à Gaza lors d'une conférence de l'Institut environnemental israélien Arava qui s'est tenue cette semaine.
Les données indiquent qu'une grande partie des habitants de Gaza ne consomment pas l'eau "du robinet" en raison de sa mauvaise qualité, mais achètent plutôt de l'eau potable à des entreprises privées qui exploitent 136 petites usines de dessalement - six fois plus cher que l'eau du réseau public.
Les habitants de Gaza utilisent cette eau polluée pour d'autres usages domestiques, mais même cette ressource est insuffisante.

Selon Yaakobi -et d'autres spécialistes-, le manque d'eau mais surtout sa mauvaise qualité sont le résultat d'un pompage excessif des eaux souterraines dans les nappes côtières, sur lesquelles vivent deux millions de gazaouis – l'eau délivrée par Israël ne représentant qu'une petite quantité de l'eau nécessaire.

"La quantité annuelle qui peut être pompée sans nuire à la capacité de régénération des nappes est de 60 millions de mètres cubes", a déclaré Yaakobi au quotidien Haaretz, soulignant que "en raison de la croissance démographique et du déficit de précipitations, les habitants de la bande de Gaza "tirent" près de 200 millions de mètres cube des réserves ", soit près de quatre fois plus que ce que peuvent supporter les nappes aquifères. La moitié de cette quantité est destinée à un usage domestique.

Le "sur pompage" a provoqué une chute brutale du niveau de l'eu dans les nappes, ce qui a permis à l'eau de mer –salée- de pénétrer ces nappes et d'élever la concentration du sel dans les réserves d'eaux souterraines. La concentration de sel dans les puits de Gaza atteint parfois 2 000 milligrammes de chlorure par litre, plus de 8 fois la norme. Ainsi, près de 90% des réserves d'eau ne répondrait pas aux normes de salinité de l'Organisation Mondiale de la santé.
S'ajoutent à ces problèmes, une pollution chronique de l'eau.

Environ 70% des habitations de Gaza sont raccordées à un réseau de collecte des eaux usées.
Cependant, en raison d'un entretien et d'une maintenance catastrophique, ces eaux usées infiltrent les sols et la concentration de nitrates (composés azotés indicateurs de pollution) augmente.
"En raison de la pénurie d'électricité, nous ne sommes pas en mesure d'exploiter pleinement les sources et les puits, le pompage de l'eau étant parfois effectif seulement quelques heures par jour", a expliqué Yaakobi. Le déficit d'électricité gêne également le fonctionnement des cinq usines de retraitement des eaux usées de la bande de Gaza; des eaux usées qui finissent par s'écouler vers la mer sans être traitées.
La pollution par les eaux usées de Gaza atteint les plages d'Ashkelon et d'Ashdod, représentant un problème écologique et sanitaire régional.

L'Autorité palestinienne a un plan à long terme qui vise l'installation d'une usine de dessalement de grande capacité dans la bande de Gaza, qui fournirait 135 millions de mètres cubes d'eau par an. L'Autorité palestinienne essaie de collecter le montant correspondant aux travaux, puisque le soutien de près d'un milliard de dollars reçu des pays donateurs ne semble pas suffir.
Mais même après la construction hypothétique de l'usine, sans alimentation électrique suffisante, elle ne fonctionnera pas – de même pour les nouvelles stations d'épuration des eaux usées qui sont en cours de construction.

Se posera ensuite la question de la rentabilité de ce système de distribution d'eau aux particuliers:
Avec le niveau de chômage actuel à Gaza, la faiblesse des salaires de ceux qui travaillent, une démographie galopante, il n'y aura pas assez de "clients" pouvant payer l'eau.

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