Accueil  
  Toute l'actualité  
  Contact  
  Qui sommes-nous  
  Archives  
    Faire connaître Israel-Infos

Israel infos : Actualites Israel, Presse monde juif,
Informations communauté juive francophone
Mercredi 13 Décembre 2017 / 25 Kislev 5778
Abonnement Gratuit aux Newsletters

  A LA UNE
Numéro 1276 - 26.01.2017 - 28 Tevet 5777 

Israel a dramatiquement sous estimé la menace des tunnels
par Gerard Fredj
Yossi Langotsky a longtemps été traité comme un pestiféré par la hiérarchie militaire israélienne comme par le gouvernement. Il est soudainement très courtisé.

"Après des années d'ignorance, il est rafraîchissant d'être invité par Eisenkot," commente Langotsky après avoir été convié à rencontrer le chef d'état major.

L'homme est d'un naturel agréable mais n'a pas peur des violentes polémiques publiques sur ses prises de positions.
Durant la guerre des Six Jours, il a dirigé une unité de reconnaissance au cours des combats contre l'armée jordanienne à Jérusalem. Il a d'ailleurs reçu les plus hautes décorations de l'armée israélienne.

Il a créé plus tard le département des opérations spéciales du renseignement militaire et a commandé sa branche technologique. Là encore, décoré à plusieurs reprises.
Il est aussi celui qui découvre le premier gisement de pétrole au large des côtes israéliennes, qu'il nomme Tamar, le prénom de sa petite fille.

Depuis des années, son cheval de bataille est la question des tunnels sur – ou plutôt sous – la frontière entre Israël et la bande de Gaza.
Différents généraux de Tsahal, les ministres les plus importants de plusieurs gouvernements Netanyahou l'ont écouté, et plus ou moins poliment éconduit.
Langotsky est considéré comme un abcès pour ses violentes critiques de l'incompétence de l'establishment militaire et gouvernemental, les ambitions personnelles des uns et des autres.

Sa cible préférée est au sein du ministère de la Défense, le département en charge de la recherche et du développement.
"Depuis des années, ils pensent qu'ils savent plus que tous sur tout et veulent réinventer la roue" sur la question des tunnels, refusant d'écouter les préconisations de Langotsky qui proposait tout simplement d'utiliser les outils de géophysique.
Pour lui, il suffit d'utiliser les mêmes outils que la prospection gazière ou pétrolière, en sous sol ou sous les mers, notamment les capteurs.
Ces capteurs sont commercialisés aux Etats Unis et en Europe, ils détectent aussi bien les sons que les mouvements souterrains.

"Tout ce que le ministère de la Défense avait à faire c'était d'acheter ces capteur et de les installer", critiquant implicitement le choix de développer une solution spécifique, qui, jusqu'à présent, a échoué. Il dénonce cet échec, la perte de temps, et les dizaines de millions de shekels gaspillés.
Durant un moment, les fonctionnaires de la Défense ont accusé Langotsky de représenter les intérêts des firmes qui fabriquaient les capteurs.

Entre temps, Tsouk Eitan; la guerre de l'été 2014 a dramatiquement démontré qu’Israël n'avait aucune réponse technologique à la menace des tunnels, juste à envoyer de jeunes soldats s'y faire trouer la peau.
Dès lors, Tsahal comme le ministère de la Défense ont commencé à reconsidéré les propositions de Langotsky, et la plupart de ses recommandations, jusqu'à alors ignorées sont en cours de mise en œuvre.
Aujourd'hui, l'armée israélienne déploie son système de détection et de repérage des tunnelsà 3 niveaux.

Le premier consiste à creuser pour repérer des tunnels.
Le second niveau, plus souple, consiste en des forages aléatoires ou des capteurs sont placés; ils permettant de délecter la direction des tunnels, leur distance et les mouvements à l'intérieur. Une sorte de clôture "sismique" souterraine.
Un Chantier de plusieurs centaines de millions de shekels confié à Elbit, l'une des principales entreprises dans le domaine de la Défense. Mais là encore Langotsky ne ménage pas ses critiques: selon lui, l'Institut de géophysique, une institution d'état, aurait pu s'en charger pour un côut selon lui de vingt fois inférieur.

La troisième ligne de défense de ce système consisterait à construire un mur fortifié souterrain, en profondeur. Pour l'instant, le gouvernement n'a pas trouvé le budget (2 milliards de shekels, plus d'un demi milliard d'euros) pour ce chantier colossal qui pourrait nécessiter 3 à 5 ans de travaux.

Mais Langotsky prévient: "le mur est une idée ambitieuse qui doit être testé pendant une période longue pour être opérationnelle, sinon ce sera un "éléphant blanc" – une idée plus coûteuse que bénéfique »."
Enfin, il estime que la question devrait relever d'un service centralisé qui traiterait le problème sous tous ses aspects, alors qu'aujourd'hui les structures de décision et de mise en œuvre sont morcelées et trop nombreuses.

Et de donner l'exemple du projet Manhattan - la bombe atomique américaine – un projet dirigé et mené par un seul homme, le professeur Robert Oppenheimer, qui avait la responsabilité et toute autorité sur le projet.
«Voici ce que nous avons besoin pour combattre efficacement la menace des tunnels", commente-t-il sobrement.

Pour mettre ces infos sur votre site, Cliquez ici
Le journal video (en anglais)