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Mercredi 13 Décembre 2017 / 25 Kislev 5778
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Numéro 1276 - 26.01.2017 - 28 Tevet 5777 

Défense : le Hezbollah représente-t-il vraiment un risque pour Israël
par Gerard Fredj
Le calme qui prévaut à la frontière libanaise est trompeur, alors que de nombreux commentateurs militaires évoquent à nouveau le spectre d'une guerre avec le Hezbollah.

Car la course régionale aux armements fait toujours rage, en particulier entre Tsahal et son ennemi juré, le Hezbollah.
Dix ans après la seconde guerre du Liban, l'armée israélienne se transforme et améliore ses capacités. Tout comme l'armée chiite.

Si le Hezbollah n'a jamais abandonné le terrorisme, son arme favorite, à la faveur de son engagement en Syrie, il s'apparente de plus en plus à une armée régulière – une armée "parallèle" à l'armée régulière libanaise.
Avec un stock de quelques 120.000 roquettes et de missiles sol-sol, la puissance de feu de la milice chiite surpasserait celle de la plupart des armées du monde. Le Hezbollah possède des centaines de missiles longue portée et de drones qu'il utilise déjà dans les combats contre les rebelles sunnites syriens opposés à Bashar al Assad.

Jusqu'à une époque récente, l'armée syrienne jouait le rôle de "Grand frère du Liban", occupant une partie importante du pays, et protégeant le Hezbollah; la situation est aujourd'hui inversée, avec une milice chiite engagée totalement en Syrie dans la défense du régime – à la demande de l'Iran, preuve ultime qu'elle est devenue aujourd'hui une puissance régionale.
Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah vise aujourd'hui 3 objectifs simultanés: le maintien de la stabilité au Liban, la victoire dans la guerre en Syrie, et la préparation du prochain conflit avec Israël.

Le Hezbollah dispose d'un budget annuel d'un milliard de dollars dont les trois-quarts proviennent de l'Iran. La milice investit l'essentiel de ce budget dans l'armement, les sites de commandement mais également dans le développement de son infrastructure militaire dans le nord du Liban, d'où elle était pratiquement absente.
Son armement provient essentiellement de l'Iran et de la Syrie. Israël est à la manœuvre, notamment à travers ses services de renseignements pour contre cet effort d'armement.

Sur le terrain, le Hezbollah dispose d'environ 45000 hommes; essuyant de lourdes pertes dans la guerre en Syrie (près de 1500 tués et 5000 blessés), il peine désormais à recruter parmi les chiites du sud Liban.
Selon tous les commentateurs militaires, une nouvelle guerre avec Israël sera couteuse en vie humaine pour l'état hébreu, mais entrainera la destruction au Liban et probablement l'effondrement du Hezbollah.
Pourtant, Nasrallah est peut être devenu réaliste : pendant une décennie, il a évité l'ouverture d'un nouveau front avec Israël tout en conservant ce qu'il appelle "le droit de riposter contre ce qu'il perçoit comme des attaques israéliennes contre le Hezbollah, que ce soit en Syrie ou au Liban.
Israël ne peut pas ignorer cette posture de Nasrallah de «l'équilibre», et toute erreur de calcul stratégique pourrait déclencher, même involontairement, une troisième guerre du Liban, plus destructrice que les précédente.

Une nouvelle guerre entrainerait des tirs quotidiens sur l'état hébreu, autrement plus importants et dévastateurs que pendant la guerre avec Gaza en août 2014. Mais la puissance de feu israélienne ravagerait probablement le Liban, déclenchant une crise majeure en termes de réfugiés, qui finirait d'achever l'état libanais qui vacille déjà aujourd'hui.
D'autant que sur l'échiquier politique libanais, le Hezbollah est désormais bien installé, contrôlant un tiers des députés du parlement de Beyrouth.
Une aventure militaire qui laisserait le Liban en lambeaux ferait perdre à la milice chiite le statut auto proclamé de protecteur du Liban –qui justifie l'entretien d'une milice armée au sein même du pays.

Pour la Syrie et l'Iran, l'effondrement du Hezbollah, qui est la "béquille" des deux pays aurait des conséquences aujourd'hui inestimables dans l'équilibre des forces de la guerre chiite-sunnite qui déchire le Moyen Orient.
Depuis la dernière guerre avec Israël en 2006, le Hezbollah n'a plus de postes militaires dans la zone frontalière avec l'état hébreu mais reste très présent, gardant un œil bien vissé sur Israël.
Le commandement militaire israélien dans la région nord du pays a averti à plusieurs reprises qu'il ne fallait pas "s'endormir" sur les intentions du Hezbollah et préparer les populations civiles à "l'éventualité d'une opération militaire complexe", ainsi que l'a déclaré jeudi dernier, le brigadier-général. Amir Baram, commandant de la brigade 91.
Si l'engagement en Syrie représente un vrai "bourbier" pour le Hezbollah, il y a acquis une solide expérience non plus de la guérilla mais de la guerre, une expérience qui pourrait lui être utile lors d'une éventuelle guerre contre Israël et Tsahal ferait face à une armée autrement plus expérimentée et aguerrie que lors du dernier conflit de 2006.

Cela ne veut pas dire que la milice chiite soit dans une bonne configuration : il est encore engagé –et jusqu'à preuve du contraire pour un certain temps – dans une guerre couteuse en Syrie où elle fait face à la fois à Daech et aux opposants au régime syrien.
Le Hezbollah serait par ailleurs confronté à une crise financière en raison des sanctions iposées à son encontre par les Etats Unis, qui oblige les banques libanaises, dans leur majorité, à lui fermer les flux financiers.
L'argent que lui rapporte le trafic de drogue ne suffit pas à compenser les pertes financières et les besoins en "trésorerie" au quotidien.

Aujourd'hui, le Hezbollah peut atteindre, encore plus que par le passé, de nombreux objectifs civils et militaires en Israël. Mais il doit aussi faire face à des défis régionaux qu'il n'affrontait par psr le passé : ouvrir un front avec Israël reviendrait à devoir affronter une armée autrement plus efficace et plus aguerrie que Daech en Syrie, sans pour autant se dégager dans la guerre en Syrie.
Un troisième front pourrait s'ouvrir au Liban même : comme le Hamas, le Hezbollah installe ses infrastructures militaires au milieu des populations civiles.
Une riposte israélienne sur ces régions du Liban, dont les civils feraient inévitablement les frais, pourrait les pousser à se dresser contre la milice chiite.

Enfin, le Hezbollah est conscient qu'Israël sait à peu près tout de lui, de ses capacités, de ses installations, et que la préparation de l'armée israélienne à un affrontement des troupes de Nasrallah est en tête de l'agenda de Tsahal. Nasrallah sait pertinemment que ses troupes seront durement frappées, et qu'il pourrait perdre politiquement et militairement ses positions et en Syrie, et au Liban. De quoi faire réfléchir le pragmatique qu'il est !

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