USA, IRAN : pendant la crise, le business continue
par
Washington peine à dissuader les sociétés d'entreprendre en Iran
Pendant la crise, le business continue, "as usual"...
Au cours des dix dernières années, le gouvernement américain a versé 107 milliards de dollars à des sociétés présentes en Iran...
en même temps qu'il faisait des efforts pour décourager l'investissement dans la République islamique, selon deux journalistes du New York Times qui ont travaillé sur les archives fédérales. Ces sommes ont été versées sous forme de contrats, subventions, prêts ou garanties de prêts à des sociétés qui dans le même temps, exerçaient des activités en Iran, directement ou par le biais de filiales.
Ils en concluent, paradoxalement, que les autorités américaines ne parviennent pas à imposer leur autorité à des entreprises étrangères ou des filiales à l'étranger de multinationales américaines.
Sur les 74 entreprises que le journal a identifiées comme faisant à la fois des affaires avec Washington et Téhéran, 49 continuent de travailler en Iran et n'ont pas manifesté leur intention d'interrompre leurs activités.
L'Iran Sanctions Act a été voté pour corriger en partie cet état de fait, en prévoyant de sanctionner les sociétés étrangères investissant plus de 20 millions de dollars dans le secteur pétrolier et gazier iranien. Mais dans les 14 années qui ont suivi l'adoption de cette loi, aucune société n'a été sanctionnée.
Le New York Times cite notamment le cas de Royal Dutch Shell, le conglomérat énergétique brésilien Petrobras, mais aussi l'avionneur américain Honeywell, ou encore Mazda ou le sud-coréen Daelim, comme sociétés ayant bénéficié de cet argent.
Plus étonnant, près de 15 milliards ont été versés à des sociétés dont les contrats dans le secteur énergétique semblent enfreindre l'Iran Sanctions Act, selon le Congrès, alors que le gouvernement américain interdit aux entreprises américaines tout type d'échange commercial avec l'Iran, en vertu d'un embargo en place depuis les années 1990
|