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Mardi 18 Juin 2019 / 15 Sivan 5779
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  TURQUIE
Numéro 1241 - 04.06.2013 - 26 Sivan 5773 

Turquie - Nouvelles violences policières
par Gerard Fredj
Un quatrième jour de contestation en Turquie a vu une soirée de manifestations succéder à une journée calme - alors que les turcs étaient au travail.

La police est intervenue à nouveau lundi soir à Istanbul pour disperser des centaines de manifestants par des tirs de gaz lacrymogène.

Des incidents violents ont déjà opposé les forces de l’ordre aux protestataires ces deux dernières nuits dans ce quartier, situé non loin des bureaux du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan qui ont en partie brulé.

Sur la place Taksim, abandonnée par la police après 48 heures de répression violente, des milliers de personnes manifestaient, demandant la démission du Premier ministre Erdogan.

À Ankara, sur la place Kizilay qui accueille depuis plusieurs jours les manifestants antigouvernementaux, la police a violemment chargé les lycéens et étudiants. Dans un autre quartier, ce sont des balles en caoutchouc qui ont été utilisées.

Tard dans la nuit, les violences policières reprenaient et on signalait plusieurs dizaines de blessés parmi les protestataires.

Selon Recep Tayyip Erdogan, qui s’est exprimé depuis Rabat, "A mon retour de cette visite au Maghreb, les problèmes seront réglés".
Erdogan qui laisse entendre que des "interventions étrangères" pourraient être derrière les manifestations.

L’un des plus importants syndicats a appelé à une grève de deux jours pour dénoncer la « terreur d’Etat exercée contre les manifestants qui défient le gouvernement, une menace contre la vie des civils". a déclaré dans un communiqué la Confédération des syndicats du secteur public (KESK).

Alors que les émeutes ont débuté à Istanbul autour du projet gouvernemental de raser un square – souvent utilisé par l'opposition – pour y implanter un centre commercial, Erdogan a déclaré que le projet serait mis en œuvre et complété la construction d'une nouvelle mosquée et la construction de la réplique d'une caserne.de l'époque ottomane

Qualifiant les protestataires de "quelques pillards", le Premier ministre Tayyip Erdogan a accusé le principal parti d'opposition laïque d'inciter la foule à l'émeute, pour affaiblir son parti, l'AKP, à un an des élections.

Si Erdogan reste populaire dans une bonne moitié de l'opinion publique, les derniers sondages montrent que sa cote de popularité chute : les critiques soulignent son autoritarisme et l'ingérence religieuse dans la vie privée d'une république attachée à la laïcité.
Les restrictions sur la vente d'alcool aux turcs, l'interdiction de s'embrasser dans la rue ou des marques d'affection ont également provoqué des protestations.

Plus globalement, l'empilement des mécontentements pour des raisons différentes (l'intrusion de l'islam dans la vie privée, les restrictions des libertés individuelles ou de la presse, la position vis-à-vis de la Syrie, l'affaire de la flottille pour Gaza et la rupture avec Israël, l'accord avec le parti des travailleurs du Kurdistan) font que le camp des opposants gonfle.

Dimanche, Erdogan est apparu à la télévision pour la quatrième fois en moins de 36 heures, et justifié les restrictions sur l'alcool : "les gens doivent savoir que je veux ces restrictions sur l'alcool: quiconque boit de l'alcool est un alcoolique".

Quant à la Syrie – dont la Turquie était autrefois un allié très proche avant qu'elle ne se range aux côtés de la rébellion – elle raille Erdogan en utilisant la rhétorique du Premier ministre turc.
Ce week end, le ministère des Affaires étrangères syriens a émis un avis déconseillant de voyager en Turquie "en raisons des troubles" et des dangers pour la sécurité des voyageurs

Samedi, le ministre de l'information, Omrane Al Zohbi, a repris mot pour mot les appels à la démission adressés par Erdogan à Bachar Al-Assad. "Le fait qu'il empêche les manifestations pacifiques prouve qu'Erdogan est déconnecté de la réalité. Le peuple turc ne mérite pas une telle sauvagerie".

Alors que les médias turcs ont peu couvert les manifestations et la répression, les protestataires – et la population – se sont tournés vers les médias sociaux pour trouver des informations fiables – d'autant que la liberté de la presse est, en Turquie, une notion qui se perd.

Ce qui a amené Erdogan à déclarer : "Il y a maintenant une menace qui s'appelle Twitter, on y trouve les meilleurs exemples de mensonges. Pour moi, les médias sociaux sont les pires menaces pour la société."

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Le journal video (en anglais)