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Numéro 1219 - 15.04.2013 - 5 Iyyar 5773 

Témoignage : le nounours et la vareuse, par M. Simah
par Israel Infos Redaction
C’est aussi cela etre Israélien, vivre ces cérémonies du souvenir qui s’enchaînent de semaine en semaine.

Du Yom HaShoah au Yom HaZikaron pour finir dans l’explosion de joie, de son et de lumière du Yom HaHatsmaout.

Mais en attendant, les feux d’artifice, les chants, les danses (et les odeurs de barbecue), il nous faut vivre l’épreuve des commémorations, solennelles, douloureuses, réglées comme du papier à musique.
Les Israéliens que l’on dit volontiers désordonnés, brouillons et constamment dans l’improvisation font preuve à cette occasion d’un sens de l’organisation, du rituel millimétré et du respect du cérémonial impressionnant.

Dans les multiples célébrations auxquelles il m’a été donné d’assister depuis ces quelque huit années, je n’ai jamais entendu une mouche voler dans le public, un petit doigt bouger et ceux qui, sur la scène, enfants ou adultes, lisent des textes, chantent ou jouent des saynettes sont pénétrés de leur mission.

On dit qu’en Israël, pas une famille, pas un individu n’est épargné.
Chacun, chacune, dans son entourage proche, familial, amical, professionnel a dû éprouver la perte d’un des siens.

Pour nous qui sommes "nouveaux" et qui, par la grâce de D-ieu, n’avons pas eu à souffrir dans notre chair ni de la Shoah, ni des guerres, ni du terrorisme, il nous a fallu du temps pour rentrer dans le "rythme", pour le comprendre.

Il nous était d’autant plus important en revanche de n’en rien rater pour, peu à peu, avec les années, non seulement nous y associer par la présence mais nous identifier corps et âme à cette histoire devenue pleinement la nôtre.

Ce serait se mentir que de dire que, du jour de notre alya, nous avons, en même temps que rangé la Téoudat zéout dans notre poche, éprouvé dans notre cœur les mêmes douleurs que ces mères, ces pères, ces frères et ces sœurs, ces orphelins et ces compagnons d’armes.

De la compassion, énormément, non dénuée d’une certaine frayeur, d’une angoisse sourde, mise à distance comme pour nous protéger.
Mais aujourd’hui, dans l’école de mon fils, pour la première fois, il m’a été donné non pas de comprendre mais de vivre le yom Hazikaron, par le mérite d’une petite saynète interprétée par une adolescente de 13 ans, toute menue, toute fragile dont je savais que la famille avait payé par deux fois un lourd tribut à la défense d’Israël et à la terreur aveugle puisque, entre autres, l’un de ses cousins avait été, avec sept autres jeunes garçons âgés de 15 à 18 ans, fauché dans l’attentat de la Yechiva Merkaz Harav le 6 mars 2008.

Elle s’avance sur la scène improvisée dans le hall de l’école.
Sa tête est recouverte d’un foulard, elle est vêtue d’un tablier et porte contre elle une lourde corbeille à linge.
On avise alors cette corde tendue au-dessus d’elle et qui traverse la scène, parsemée de pinces à linge.
On comprend aussitôt.

Cette mère en étendant son linge, va se remémorer un fils, un père… On croit comprendre.
La petite pose sa corbeille et puise dedans… une couche de bébé. Insolite.
Mais personne ne rit.
Elle l’accroche consciencieusement.

Elle plonge à nouveau sa main et en sort… un vieux nounours en peluche tout fripé qu’elle lisse du plat de la main, presse sur son cœur puis, hésitante, comme à regret, accroche à la corde.

Ses mains à nouveau d’enfoncent dans la corbeille et brandissent un à un une paire de lunettes attachées par un cordon, un vieux sac d’écolier, un boîtier de téphilines, un talit, une vareuse kaki…
La jeune fille a dû mal à maîtriser son émotion et c’est en larmes qu’elle termine son petit sketch qui n’en est pas un, qui est, au-delà des mots et de tous les discours, l’expression crue de notre réalité, notre vie israélienne.

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