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Numéro 1156 - 16.11.2012 - 2 Kislev 5773 

Pilier de Défense : en finir avec les stéréotypes sur l'opération israélienne
par Gerard Fredj
L'opération militaire israélienne qui a débuté avec l'élimination d'Ahmed Jabari est une situation complexe qui a généré, dans la presse de multiples analyses stéréotypées.
Pour en finir avec les idées recues....


ISRAËL N'A PAS DE STRATÉGIE

C'est probablement vrai, mais il est fort probable que personne ne soit capable d'avancer une vision stratégique sur la question de Gaza.
Gaza n'est pas un problème soluble : le territoire est virtuellement "indépendant", n'est pas occupé, dispose depuis plus d'un an d'un point de passage (via l'Egypte) qui rend le blocus israélien bien moins opérant qu'à l'ère Moubarak (qui maintenait fermé le point de passage de Rafah).

Les observateurs et commentateurs oublient trop souvent qu'Israël et Gaza sont en guerre, avec un gouvernement de Gaza dont la charte fondatrice prévoit la destruction de l'état juif.
(Comme l'ont à plusieurs reprises déclaré des responsables du Hamas, les trêves ne sont que des étapes nécessaires avant l'étape finale, la "destruction de l'entité sioniste")

Il est probable qu'un état palestinien indépendant, aux côtés d'Israël, serait rapidement amené au bord de la guerre civile, puis de l'implosion, par l'incorporation de la bande de Gaza -sauf à considérer une solution à trois états.

LES PRÉOCCUPATIONS DE NETANYAHOU ET BARACK SONT AVANT TOUT ÉLECTORALES

Les préoccupations électoralistes seraient à l'origine de l'offensive israélienne, trois mois avant les élections générales.

Tout le monde peut avoir cette idée en tête, toutes les escalades de tirs en provenance de Gaza n'ayant entrainé, jusqu'à présent, que des "représailles" formelles d'Israël, des attaques aériennes suivies rapidement de trêves généralement conclues sous les auspices de l'Egypte.

Benjamin Netanyahou et Ehud Barak, dont on ne peut pas dire légitimement qu'ils sont dépourvus de toute préoccupation électorale, savent toutefois que le possible résultat de telles offensives peut rapidement avoir un effet boomerang : que les opérations militaires s'enlisent, qu'il n'y ait pas de vainqueur "net", et le prix électoral à payer sera élevé.

Considérons les choses sous un autre angle.
Un million d'israéliens vivent depuis des années sous le feu incessant des tirs de Gaza (entre 750 et 1000 roquettes par an, soit entre 60 et 90 tirs par mois) qui perturbent totalement leur vie quotidienne, entraine des troubles psychologiques graves chez les enfants, gangrène la vie économique, une situation que ces résidents, qui sont aussi des électeurs, trouvent depuis longtemps intolérable et la réponse du gouvernement insipide et sans effet.

Or les élections sont faites pour cela : elles permettent - exercice de base de la démocratie- aux électeurs, de faire entendre leurs problèmes, et obligent les hommes et femmes politiques qui se soumettent au suffrage universel à y être plus réceptifs.

Benjamin Netanyahou vient juste de comprendre qu'Israël n'était pas seulement Jérusalem et Tel Aviv mais que les habitants du sud pesaient aussi d'un poids électoral non négligeable, et qu'ils étaient exaspérés par l'absence de solution à leur problème quotidien essentiel : les tirs de roquettes.

Si le fait que le gouvernement soit obligé de se préoccuper du problème d'un millions de ses citoyens est électoraliste, alors oui, la décision des dirigeants israéliens est électoraliste.

Tout le monde considérait que le fait que Tel Aviv puisse être touchée par des roquettes constituait la "ligne rouge" pour le gouvernement : la ligne rouge vient de se déplacer au sud de 70 kilomètres.

LE HAMAS SE SENT FORT

Le Hamas semble avoir commis plusieurs erreurs "de calcul".
Les islamistes ont estimé le moment venu de s'engager ouvertement dans des tirs contre Israël, pariant sur le fait que l'état hébreu n'irait pas au-delà de représailles habituelles pour ne pas compromettre ses relations avec l'Egypte - dont le gouvernement a désormais des liens étroits avec le Hamas.

Les récents succès diplomatiques du Hamas, au détriment de l'Autorité palestinienne (la visite de l'émir du Qatar, celle annoncée du Premier ministre turc ou de l'émir de Bahreïn) l'ont aussi amené à penser que la fin de son isolement diplomatique lui procurerait le soutien politique d'acteurs régionaux majeurs, avec un "coût diplomatique" élevé pour Israël en cas d'opération militaire.

Il est également probable que le Hamas n'avait pas prévu un changement aussi rapide de la riposte israélienne : l'état hébreu a "switché" d'attaques sporadiques à une action radicale, l'élimination d'un personnage clé de l'appareil militaire et terroriste islamiste.
Jabari est un artisan de la prise du pouvoir du Hamas à Gaza en 2007, il a organisé les "troupes" du Hamas pour en faire une quasi force militaire, mais il était aussi l'architecte des opérations suicides de la seconde Intifada, comme de l'enlèvement de Guilad Shalit.

Parmi les israéliens ou dans les médias (notamment le quotidien Haaretz), quelques voix se font entendre pour expliquer qu'Israël a tué "la mauvaise personne".
Jabari aurait été en charge du maintien du calme de la bande de Gaza et aurait été "virtuellement" un allié d'Israël.
Force est de constater qu'aucun de ces commentateurs ne formule d'objection morale, éthique, ou tactique sur la question des éliminations ciblées.

Jabari a peut être, exécutant les ordres du gouvernement du Hamas, travaillé à contenir les groupes radicaux lorsqu'on le lui demandait; mais cette volonté du Hamas était "tactique", Jabari était avant tout le chef militaire d'un groupe terroriste impliqué dans les attentats contre des civils, l'enlèvement de Guilad Shalit sur le territoire israélien.
Israël est donc fondé à la considérer comme un ennemi.

L’ÉGYPTE A ADOPTE UNE POSITION FERME
La situation de l'Egypte n'est pas confortable : son attitude permettra de savoir à la fois si elle reste un partenaire du traité de paix signé avec Israël, pouvant agir pour prévenir une escalade, ou un allié fidèle du Hamas prêt à jeter de l'huile sur le feu.
Également de savoir si Le Caire reste un allié des USA (avec son milliard et demi de dollars d'aide à une économie égyptienne à la dérive) .
Une situation inconfortable car son engagement aux côtés du Hamas ne fait pas oublier que les tirs qui ont tué des policiers et des soldats égyptiens au cours des deux dernières années provenaient de groupes radicaux de Gaza, aujourd'hui alliés du Hamas (voir notre article de ce jour)

Une situation qui pourrait devenir encore plus inconfortable si, comme avant-hier, des tirs sur Israël en provenance du Sinaï égyptien se multipliaient.
L'appel de Barack Obama à Mohamed Morsi venait à point pour rappeler les fondamentaux de la diplomatie américaine.

En dépit d'un communiqué délirant de la présidence Egyptienne (Barack Obama serait tombé d'accord avec Morsi pour reconnaître que l'agression israélienne devait être stoppée), aux antipodes de celui de l'administration américaine, Obama aurait clairement fait comprendre au Président égyptien que le dossier de Gaza pourrait avoir de plus larges implications sur les relations israélo-égyptiennes, mais également sur les relations egypto-américaines.

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Le journal video (en anglais)