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Lundi 17 Décembre 2018 / 9 Tevet 5779
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  ONU
Numéro 1141 - 24.09.2012 - 8 Tishri 5773 

ONU - Première conférence sur les réfugiés juifs des pays arabes
par Misha Uzan
Israël a lancé une nouvelle initiative diplomatique – controversée- qui vise à placer sur les plateaux d'une balance le sort des Juifs expulsés des pays arabes et celui arabes réfugiés à la suite des guerres israélo-arabes de 1948 et 1967, insistant sur le fait que la résolution de ces deux problèmes est une condition préalable à la paix au Moyen Orient.

S'exprimant lors d'une conférence spéciale tenue la semaine dernière au siège de l'ONU à New York, le vice-ministre israélien des Affaires étrangères, Danny Ayalon, a déclaré : "Nous ne parviendrons pas à la paix sans résoudre le problème des réfugiés – ce qui signifie aussi le problème des réfugiés juifs.
La justice ne peut pas se trouver d'un seul côté, et les mesures appliquées doivent l'être de manière égale ".

Il s'agissait d'une première en son genre à l'ONU.
La réunion s'est tenue en dépit des objections des représentants arabes.
Elle a attiré plusieurs centaines de participants, dont des diplomates israéliens et juifs, des dirigeants de l'organisation internationale, des représentants de l'État de New York, des politiciens de la ville et un nombre (modeste) d'ambassadeurs de différents pays auprès de l'ONU.
La conférence a entendu des responsables israéliens et juifs - ainsi que des témoignages de juifs dont les familles ont été persécutées et expulsées des pays arabe.

Dans un discours passionné, l'ambassadeur d'Israël à l'ONU, Ron Prosor, a fustigé les dirigeants arabes qui "ont lancé une guerre de terreur, d''expulsion systématique et de destruction de leurs communautés juives.
Leur effort a été systématique. C'était délibéré et prévu."

Prosor a rappelé des déclarations de dirigeants arabes incitant à la violence, des décrets officiels privant les juifs de leurs droits.
Il a affirmé également que "des milliards de dollars de biens et d'avoirs ont été dérobés aux juifs" et que "la superficie totale des terres confisquées aux Juifs dans les pays arabes est équivalente à cinq fois la taille d'Israël."

Prosor a également salué la contribution des Juifs originaires des pays arabes à la société israélienne, qui constitue selon lui "un centre de documentation et de recherche, à travers les 850.000 histoires inédites des réfugiés juifs des pays arabes.
Ils sont devenus nos grands hommes d'État, nos médecins, des avocats de premier plan et nos comptables, nos esprits les plus brillants de l'art, de la science et du commerce".

La nouvelle initiative a suscité des critiques de la part de la gauche sioniste, qui la décrit comme un subterfuge qui sera, selon elle, un nouvel obstacle pour les négociations de paix. Par ailleurs, ils estiment que cette nouvelle initiative jette un doute sur l'engagement sioniste des immigrants juifs des pays arabes,- en insistant sur l'expulsion plutôt que sur le départ volontaire.

Malcolm Hoenlein, vice-président exécutif de la Conférence des présidents des grandes organisations juives américaines, a rejeté les allégations selon lesquelles les Juifs ont quitté volontairement les pays arabes, affirmant que les preuves démontrent qu'il existait "une campagne coordonnée par la Ligue arabe" contre les juifs, qui ont été persécutés et discriminés sur leurs terres.

Hoenlein rappelle les 172 résolutions de l'ONU sur la question des réfugiés arabes, remarquant qu'il n'en existe pas une seule sur les réfugiés juifs.
Selon lui l'ONU doit "réparer cette injustice", afin de "restaurer sa crédibilité."

Le Président du Congrès Juif Mondial Ronald Lauder, a estimé que les pertes juives de la guerre de 1948 et ses conséquences "en termes de personnes et de biens sont proportionnellement plus élevées que celles de la partie arabe."
Lauder a également rejeté la demande de l'AP selon laquelle les Arabes devraient être autorisés à retourner dans leurs anciens foyers.
"Le droit au retour est un sujet de livres d'histoire", a déclaré Lauder.
"Mais il y a un droit de recours" pour la reconnaissance, la réparation et l'indemnisation.
Je vois un enfant juif et un enfant arabe, qui ont tous deux quitté le pays de leur naissance - rien ne peut leur ramener le sentiment d'être chez soi.
Mais on peut les indemniser pour ce qui s'est passé ".

Le juriste canadien et député Irwin Cotler, dans un discours enflammé, a quant à lui décrit la "double guerre d'agression que les pays arabes ont mené en 1948, non seulement contre l'Etat d'Israël naissant, mais contre leurs propres Juifs avec des lois qu'il a qualifiées de "Lois de type Nuremberg.

Il a proposé une série de mesures, qui comprennent l'incorporation de la question des réfugiés juifs dans le plan de paix arabe de 2002, à l'ONU et dans les discussions du Conseil de sécurité, mais aussi le démantèlement de l'UNRWA, qui traite exclusivement les réfugiés arabes des guerres israélo-arabes,la prise en compte de la question des réfugiés juifs dans les négociations sur la paix au Moyen-Orient.
Pour Cotler il y a eu une "double Naqba" en 1948.

Enfin, Alan Dershowitz, professeur à Harvard, a fustigé les "cyniques qui ne connaissent pas l'histoire en Israël et ailleurs" et qui ont jeté le doute sur l'initiative, alors que, a-t-il déclaré : "la situation des Juifs dans les pays arabes était bien pire que celle que connaissent les Arabes en Israël."

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