Malaise en Malaisie
par David Koskas
En déclarant son engagement en faveur de la sécurité d'Israël dans la presse, le leader de l'opposition malaisienne, Ibrahim Anwar, s'est attiré les foudres de ses adversaires politiques.
Anwar a récemment fait part, dans le Wall Street journal, de son soutien aux "efforts pour protéger la sécurité de l'Etat d'Israël", et dans le même temps son soutien aux "droits légitimes des Palestiniens".
Mais ce savant équilibre dans ses déclarations n'a pas suffi, semble-t-il. Des hommes politiques du parti majoritaire, l'Organisation nationale des Malaisiens unis, l'ont accusé d'abandonner la cause palestinienne, et de promouvoir les "intérêts sionistes".
La solution à deux Etats qu'il soutient est pourtant celle promue officiellement par les Nations Unies, a répondu Anwar. "Je mets en garde quiconque essaierait de déformer mes propos afin de dire que j'ai trahi les aspirations du peuple palestinien", a-t-il averti dans un communiqué. Mon parti "défend les droits de toutes les victimes".
Le gouvernement malaisien, qui n'avait pas tardé à critiquer sévèrement Israël après l'opération Plomb durci et l'abordage de la flottille pour Gaza, a rappelé qu'il soutient lui aussi la solution à deux Etats, mais que la sécurité d'Israël n'est pas sa préoccupation.
Selon le Wall Street Journal, ces échanges "démontrent une fois encore combien les questions relatives à Israël continuent de diviser ce pays à majorité musulmane, et pourraient influencer la prochaine élection nationale qui s'y déroulera".
Anwar, considéré par le prestigieux magazine The Economist comme "le politicien le plus extraordinaire de l'Asie du Sud-Est", avait pourtant eu par le passé une sortie assez contradictoire avec sa position actuelle: il avait accusé les dirigeants politiques du parti rival d'être liés à une entreprise "contrôlée par des sionistes".
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