Mahmoud Abbas joue avec le feu
par Gerard Fredj
Il ne s'agit plus là de savoir quel type de paix Israël veut.
Il ne s'agit pas là de savoir s'il faut échanger la paix contre la paix, où la terre contre la paix.
La tuerie d'Itamar pose véritablement la question du partenaire d'Israël pour la paix.
Bien sur, Mahmoud Abbas a vigoureusement condamné le massacre, qui, politiquement, ne le sert pas et ruine ce qu'il décrit comme une "campagne non violente" qui devrait conduire à la déclaration d'un état palestinien.
Bien sur, Salam Fayyad, le Premier ministre palestinien a déclaré " "Nous condamnons clairement et fermement toutes les formes de violences et je condamne ce qui s'est passé à Itamar hier soir exactement comme je condamne les crimes à l'encontre des Palestiniens".
Bien sur, ni l'un ni l'autre n'ont directement armé ou commandité la tuerie.
Mais Abbas –comme Arafat avant lui – joue avec le feu, et même en Orient, le double discours a ses limites, lorsqu'il est politique.
Abbas est pris en tenaille en les islamistes du Hamas, qui remettent en question son leadership, la rue palestinienne qui réclame des réformes et l'unité palestinienne, et sa volonté d'arracher un état à l'assemblée générale de l'Onu plutôt que par la négociation avec Israël, qu'il juge désormais politiquement inutile pour lui.
On ne peut pas donner comme nom à un centre de jeunes, celui de la première femme kamikaze a s'être faite exploser en Israël, comme cela était le cas la semaine dernière, et dans le même temps parler de paix.
On ne peut donner à la famille de chaque palestinien qui tente une attaque contre Israël, et meurt ou se fait arrêter, une prime de 2000 dollars comme cela a été le cas en janvier et février 2011, et dans le même temps parler de paix.
On ne peut pas œuvrer à faire retirer le Hamas - qui a organisé les réjouissances dans la bande de Gaza après le massacre d'Itamar-, de la liste des organisations terroristes de l'Union européenne, sans contreparties, et dans le même temps parler de paix.
On ne peut pas diffuser la haine des juifs et des israéliens dans les manuels scolaires palestiniens, à la télévision, et dans le même temps parler de paix.
A force d'inciter à la haine, Abbas est, indirectement ou directement -peu importe, responsable de la tuerie d'Itamar.
Il n'y gagnera rien chez ceux qui cherchent à instaurer un état islamiste et finiront par le liquider, il perdra la confiance des palestiniens qui attendent leur état, et celle des israéliens qui le considèrent encore comme un interlocuteur.
Quant aux occidentaux, qu'ils lèvent un peu le voile qui obstrue leur vision: il ne suffit pas d'être capable de construire les bases d'une administration, pour être un bâtisseur de paix.
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