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Numéro 1153 - 05.11.2012 - 20 Heshvan 5773 

Mahmoud Abbas et le boomerang
par Gerard Fredj
Dans notre édition du 2 novembre, nous rapportions les propos de Mahmoud Abbas, Président de l'Autorité palestinienne, semblant signifier qu'il renoncait au droit au retour des Palestiniens et fixait sa demande en un état palestinien constitué de Gaza, la Cisjordanie avec pour capitale Jérusalem-est. Le reste est Israël, affirmait-il.

"La Palestine pour moi ce sont les frontières de 1967 avec Jérusalem-est comme capitale, voila la Palestine; je suis un réfugié, je vis à Ramallah, la Cisjordanie et Ramallah est la Palestine, le reste est Israël" avait déclaré Abbas sur la chaine de télévision israélienne Aroutz 2.

Mais revenant sur ses déclarations dans le magazine égyptien Al-Hayat, Abbas tourne immédiatement le dos à ses propos, précisant qu'il n'a exprimé que son avis personnel, et que cette interview à la chaine israélienne ne représente pas "une ligne politique".

"Ce que je dis à propos de Tsfat n'est que ma position; ça ne veut rien dire sur une position politique concernant le droit au retour.
Personne ne peut abandonner leur droit au retour – des palestiniens, ndlr".

Abbas, qui avait également déclaré "qu'il n'y aurait pas de 3è intifada tant qu'il serait au pouvoir" tempère son propos en précisant "qu'il a toujours été opposé à la violence armée et qu'il a été élu sur cette base".

Mahmoud Abbas a probablement été lui-même surpris par la levée de boucliers que ses propos ont provoqué, provenant bien entendu des organisations radicales ou du Hamas, mais encore de son propre camp: ce qui explique sa reculade peu glorieuse, dont, finalement personne n'est dupe.

Le Président palestinien, lui-même, est en partie responsable du fait que les palestiniens se soient tellement radicalisés, que toute ombre d'une concession en direction d'Israël apparaisse comme une "haute trahison".

Pendant des années, Abbas a présenté le droit au retour des palestiniens comme une cause sacrée, une "ligne rouge", bien qu'il sache (il l'a reconnu notamment dans ses négociations avec Ehud Olmert et la Secrétaire d'Etat américaine, Condoleeza Rice en 2008) qu'il s'agira d'un des points les plus épineux de futures négociations avec Israël.

Ce faisant, il a lui-même donné à ses opposants armes et munitions pour le "tirer à vue" dès lors qu'il ouvrirait un débat sur la question.
De même, son opposition officielle à toute action armée, à une "troisième Intifada" a souvent permis a ses opposants de l'attaquer comme "un simple exécutant de la politique israélienne".

Sans peur de justifier un "double langage", son porte-parole, Nabil Abu Rudaineh, a expliqué pour l'entretien donné à la chaine Aroutz 2 était "destiné au public israélien".
Autrement dit, Abbas dit au public israélien ce qu'il a envie d'entendre, et à la rue arabe ce que ses oreilles attendent.

Et de se voir en victime expiatoire d'un complot ourdi par le Hamas et Israël pour l'abattre, et surtout l'empêcher de mener à bien son offensive diplomatique à l'ONU – dont, il est vrai, ni le Hamas ni Israël ne veulent.

Le mal est fait, tout ce qu'Abbas pourra apporter comme clarifications sur la question des réfugiés et du droit au retour ,ne tomberont que dans des oreilles de sourds.

De nombreuses organisations palestiniennes lui dénient désormais le droit de parler "au nom de millions de réfugiés palestiniens", ou lui refusent le mandat de négocier la question avec l'état hébreu.

La controverse autour des déclarations d'Abbas pose une question : a-t-il encore un mandat de son peuple pour déclarer un état à l'ONU et retourner à la table des négociations?

A-t-il encore un mandat pour négocier avec Israël et créer un état palestinien ou ceux qui réclament la libération de "toute la Palestine" sont ils majoritaires?

Représente-t-il un courant politique majoritaire ou le Hamas exprime-t-il désormais l'expression essentielle de la rue palestinienne?

L'inconsistance et l'inconstance de Mahmoud Abbas pourraient lui revenir très rapidement en boomerang dans les prochaines semaines.

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Le journal video (en anglais)