Lee Zitouni - Ce qui me fait le plus de peine, c'est que ce soir les deux fuyards penseront qu'ils ont gagné une bataille - Gil Taieb
par Israel Infos Redaction
Vous n'êtes pas sans connaître mon engagement personnel auprès de Roy et Itsik Zeitouni.
La famille de Lee Zeitouni s'est en effet adressée à moi afin de leur organiser une réunion publique à Paris.
Leur objectif était d'informer et de sensibiliser le peuple français et les autorités françaises au drame qu'ils vivent depuis le tragique accident.
C'est sans hésitation que je me suis mis à leur service.
Je pense qu'il est de notre devoir à tous d'être à leurs côtés.
C'est un devoir moral et de justice.
Rappelons ici que deux fuyards ont consciemment choisi la fuite laissant sans secours et agonisant une jeune femme qu'ils ont renversée sur le sol israélien.
Lors de notre conférence du lundi 6 février, toute la presse française est venue rencontrer le père et le fiancé de la défunte.
Tous étaient persuadés qu'ils seraient présents au Dîner du Crif, non pour interpeller qui que se soit ou perturber ce grand rendez-vous annuel, mais pour sensibiliser toutes les personnalités qu'ils rencontreraient lors du cocktail.
Mais comme vous l'avez annoncé, les responsables du Crif l'ont refusé.
J'ai échangé avec le Président Richard Prasquier et avec l'un de ses vice-présidents mais leur réponse est restée la même.
Je sais que le drame de la famille les a choqués et qu'ils ont agi au début de l'affaire, mais sans doute pas suffisamment pour comprendre que la soirée du Crif aurait pu être un temps fort, fraternel et important pour la famille endeuillée.
Je veux remercier le Grand Rabbin de France, Gilles Bernheim qui dans une lettre au corps rabbinique, a soutenu la famille et demande justice.
Je pensais que tous les dirigeants communautaires apporteraient, à leur tour, leur appui à la démarche de la famille.
J'ai personnellement trouvé très peu de soutien au niveau de« l'establishment »,voire même des critiques sévères quant à mon engagement.
Trop nombreux sont ceux qui sont restés silencieux mettant en priorité leur image plutôt que le visage de cette jeune femme et de ses proches.
Je le regrette et suis scandalisé par cette attitude.
Personnellement, j'assume ma prise de position et affirme qu'elle n'est en rien contraire au droit et au respect profond que j'ai pour les deux démocraties que sont Israël et la France.
La France est un État de droit et chacun sait que tout citoyen peut avoir confiance en sa justice.
Loin de moi l'idée de mettre un seul instant en doute la capacité de la justice de la république.
Le combat de la famille est légitime et nous devons être à leur côté.
La décision est entre leurs mains quant à savoir s'ils porteront plainte ou et quand !
Ce qu'ils attendaient de nous étaient un témoignage de tendresse.
Hier le président Sarkozy s'est adressé à eux mais pas le président du Crif !
Quel dommage !
Ce qui me fait le plus de peine, c'est que ce soir les deux fuyards penseront qu'ils ont gagné une bataille !
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