Accueil  
  Toute l'actualité  
  Contact  
  Qui sommes-nous  
  Archives  
    Faire connaître Israel-Infos

Israel infos : Actualites Israel, Presse monde juif,
Informations communauté juive francophone
Lundi 24 Juin 2019 / 21 Sivan 5779
Abonnement Gratuit aux Newsletters

  A LA UNE
Numéro 1226 - 26.04.2013 - 16 Iyyar 5773 

Le dernier sacrifice des Samaritains
par Mylène Sebbah
Bien qu'il n'existe aujourd'hui pas plus de 800 Samaritains en Israël, leur sacrifice de Pessah, fixé en fonction d'un calendrier différent du calendrier traditionnel juif, se déroule chaque année devant plus d'un millier de spectateurs venus des quatre coins du monde.

Cinquante moutons ont été abattus pour l'occasion mardi sur le mont Garizim au cours d'une cérémonie au rituel antique préservé sous la direction d'un nouveau prêtre.

Celui-ci, Aabed-El Ben Asher venait en effet d'être tout juste élevé Grand prêtre, titre réservé au membre le plus âgé de la famille sacerdotale, après la mort la semaine dernière du Grand prêtre Aaron Ben Ab-Hisda, à l'âge de 84 ans.
Aabed-El Ben Asher, lui-même âgé de 78 ans, est le 133ème Grand prêtre d'une lignée qui, selon les Samaritains, remonte à Aaron, le frère de Moïse.

Lorsque le soleil s'est couché mardi, Aabed-El Ben Asher a mené sa communauté prier au pied du mont Garizim, là où, disent-ils, D-ieu aurait enjoint à Abraham de sacrifier Isaac.
Tous vêtus de blanc, les membres de la communauté ont scandé en hébreu et en araméen ancien des passages du chapitre 12 de l'Exode qui décrit comment les Israélites ont fui l'Égypte.

(Les Samaritains apprennent aux enfants à lire l'hébreu ancien, une partie de leur liturgie se fait en langue araméenne et ils utilisent l'arabe et l'hébreu moderne pour la vie de tous les jours).
Puis les "sacrificateurs" de la communauté ont tranché simultanément et d'un coup bref les gorges des cinquante moutons.

La viande grillée a été servie à minuit avec des herbes amères et de la matsa.
Mis à part son sacrifice annuel, la communauté est surtout connue pour la fabrication d'une te'hina particulièrement riche (crème ou sauce que l'on mange seule avec de la pita ou en accompagnement de viandes ou de salades, faite à base de sésame).

"Ma tâche est de préserver notre religion, de conduire les offices et de veiller à ce que les gens de notre peuple s'aiment les uns les autres", expose Aabed-El Ben Asher depuis son domicile dans la ville de de Kiryat Luza en Samarie, (Nord de la Cisjordanie).

Kiryat Luza est une destination populaire pour les touristes chrétiens, en raison de la parabole du "Bon Samaritain" qui a conféré au lieu une "réputation positive" inaltérable.
De fait, les Samaritains ont été forcés de quitter la ville après s'être affrontés durant la première Intifada (1987-1993) avec leurs voisins musulmans de Naplouse.
Depuis, ils se sont réconciliés et les Samaritains sont revenus.

Les origines de la communauté sont entourées de mystère, selon Abraham Tal, un chercheur de l'Université de Tel Aviv, expert en araméen samaritain.

"Beaucoup de chercheurs pensent que les Samaritains sont une secte qui a divergé du judaïsme à l'époque du Second Temple".
Quoiqu'il en soit, ils sont mentionnés par l'historien Flavius Josèphe dans ses écrits qui datent du premier siècle de l' ère chrétienne.
Les Samaritains eux-mêmes plongent leurs racines dans les tribus d'Ephraïm et de Manassé, les premières tribus "perdues" d'Israël.
Leur nom, shomronim en hébreu, donne à penser qu'ils sont les "gardiens" de la loi.

Ils pratiquent une religion, similaire au judaïsme, basée sur la Torah.
Ils sont environ 760 aujourd'hui, la moitié d'entre eux vivent à Kiryat Luza et l'autre moitié à Holon. Mais pour la semaine de Pessah, ceux de Holon s'installent à Kiryat Luza afin d'éviter de consommer du pain au levain.
Benyamin Tsédaka, 68 ans, porte-parole de la communauté, historien, vit la plupart de l'année à Holon et vient de publier une traduction anglaise de la version samaritaine de la Torah, distincte de la Torah hébraïque traditionnelle.

Les Samaritains, estime-t-il, font "partie intégrante" de l'État d'Israël ; ils détiennent la citoyenneté israélienne – mais ils peuvent aussi avoir des passeports palestiniens et jordaniens – et servent dans les Forces de défense israéliennes, ceux de Holon en tous cas.

Mais leur taux d'assimilation dans la société dominante israélienne demeure relativement faible.
Du reste, lorsque la communauté s'est dangereusement réduite en 1919 jusqu'à passer en dessous du seuil de 150 personnes, au lieu de disparaître, elle a trouvé assez de ressort pour convaincre des femmes juives d'adopter le mode de vie samaritain et de se marier avec les siens.

"Nos jeunes préfèrent rester dans notre communauté, explique Bejamin Tsedaka. Ils veulent sauvegarder leur patrimoine, leur langue, leurs textes qui portent des milliers d'années de tradition.".

Pour mettre ces infos sur votre site, Cliquez ici
Le journal video (en anglais)