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Numéro 1064 - 31.01.2012 - 7 Shevat 5772 

Le Hamas à la dérive, rongé par ses divisions
par Gerard Fredj
Le Premier ministre du Hamas, Ismail Hanyeh, poursuit sa visite des états arabes et du proche Orient.

Il entame lundi la deuxième partie de son périple qui l'emmènera dans les pays du Golfe ainsi qu'en Iran.

L'Iran- comme la Syrie, son alliée -, a été pendant des années le principal soutien de l'organisation islamiste, fournissant armes et argent.
Le "printemps arabe" a obligé les palestiniens – qu'il s'agisse du Hamas ou de l'autorité palestinienne – à revisiter leurs alliances, tout comme leurs zones d'influence respectives.

Il ne faut pas, cependant, sous estimer "la mise à plat" de précédentes alliances "contre-nature".
Le Hamas, majoritairement sunnite, a été alimenté et protégé pendant des années par le gouvernement de Bashar Al Assad, issu de la minorité alaouite – une branche ou scission de l'islam chiite, dont les racines sont en Iran, un pays musulman majoritairement chiite, mais non arabe.

Les alaouites sont considérés dan une large partie du monde arabe, comme exerçant une forme d'oppression sur la majorité de la population syrienne, sunnite.
La décision de la Ligue arabe d'exclure la Syrie, ses appels à la démission lancés à Bashar al Assad émanent de pays ou l'islam sunnite est majoritaire.

Au contraire, l'axe chiite constitué de l'Iran, du Liban (Hezbollah, chiite), de l'Irak, tous des pays dans lesquels l'islam chiite est majoritaire (soit dans la population, soit parmi les musulmans) ne se dément pas.
C'est un peu comme si, à l'aune du printemps arabe, les zones de fractures entre les tendances de l'Islam, un temps oubliées, ressurgissaient.

L'avenir du Hamas est devenu largement incertain tant s'accumulent les interrogations sur son futur immédiat.

Son problème essentiel est tout d'abord un problème de leadership : Khaled Meshaal a annoncé à plusieurs reprises qu'il ne briguerait plus la direction du mouvement –en dépit de démentis de son entourage -; Ismail Hanyeh serait candidat, témoignant des tensions et dissensions entre la "direction historique" du mouvement et celle qui exerce le pouvoir à Gaza.

La question des alliances est aussi problématique: l'éloignement de l'Iran, la fin prochaine du régime syrien oblige les islamistes du Hamas à rechercher de nouveaux alliés, cette fois ci au sein de la "famille arabe" si possible.

La visite d'Hanyeh en Iran complique singulièrement les choses : la république des mollahs reste l'alliée jusqu'au-boutiste du régime syrien.
Cette visite, - alors que Khaled Meshaal paie le prix de la distance prise avec Téhéran sur la question syrienne – pourrait couter la rue arabe au Premier ministre de Gaza.

Le commentateur palestinien Ibrahim Hamamy lui écrivait ce lundi " nous vous demandons avec insistance de reconsidérer votre décision d'aller en Iran, pays hostile aux aspirations démocratiques du peuple syrien".

Alors que le Hamas quitte massivement la Syrie et se cherche une nouvelle terre d'accueil, les choix se restreignent.

De l'Egypte au Qatar en passant par la Jordanie, plusieurs choix sont possibles; mais américains et européens classifient toujours le Hamas comme une organisation terroriste; le déplacement du "quartier général" de l'organisation islamiste vers l'un de ces pays pourrait ne pas être sans conséquences politiques et financières.

Le déplacement d'Hanyeh relève avant tout d'un "souci de gestion": selon des sources iraniennes, le financement par l'Iran ne se serait pas seulement tari, il serait en fait gelé depuis l'été 2011, et n'arriverait que par "à coups", alors que les islamistes bénéficiaient, par le passé, d'un flot continu d'environ 300 millions. Il risque cependant de devoir éponger une addition politique bien plus coûteuse.

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Le journal video (en anglais)