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  MONDE ARABO MUSULMAN
Numéro 1241 - 04.06.2013 - 26 Sivan 5773 

La gifle de Moqtada al-Sadr au Hezbollah
par Gerard Fredj
Vous etes des traitres, voici comment Hassan Nasrallah, le leader du Hezbollah, a conclu un entretien avec Moqtada al-Sadr, le leader de l'opposition chiite irakien.

Le sujet était d'importance : il s'agissait pour Nasrallah de convaincre le leader de "l'organisation sœur" dirigée par Sadr, d'envoyer des combattants pour épauler le Hezbollah sur le terrain de la guerre civile syrienne.

Selon la déclaration d'un un ancien leader chiite -qui a quitté les rangs de l'organisation de Sadr- à l'hebdomadaire kowitien Al-Seyassah, Sadr n'aurait pas mâché ses critiques : " La participation des chiites irakiens dans la guerre en Syrie signifie une guerre civile en Irak. Si vous voulez mettre en danger le Liban c'est votre affaire, mais vous n'avez pas le droit de mettre en danger les chiites en Irak ".

L'ensemble du monde chiite irakien semble avoir adopté une attitude analogue, interdisant toute implication irakienne dans le bourbier syrien.
Or Nasrallah semble de plus en plus en difficultés. Si le parti des Fous de D.ieu affiche une armée de 50 000 hommes, il aurait engagé par loin du cinquième de ses troupes aux côtés de Bashar el-Assad, et bon nombre de ses ressources en armes et matériels.

Pour garder les positions de Qusayr, prises il y a une dizaine de jours, protéger ses bases à Beyrouth sud et ses positions dans la vallée de la Bekaa, au sud Liban, Nasrallah semble ne plus disposer d'assez de moyens.

Selon un commentateur libanais, "l'ensemble des tâches devient surdimensionnée pour une organisation comme le Hezbollah".
Une raison pour laquelle l'organisation terroriste – comme Bashar el-Assad, voir notre article – tente de mettre sur pieds une armée de volontaires chiites en provenance du monde arabe.

Le refus de Sadr est une gifle politique au Hezbollah, mais également à l'Iran qui a fiancé et équipé son armée de 60 000 hommes.
Mais Moqtada al-Sadr a désormais d'autres chats à fouetter sur l'échiquier politique irakien: il essaie de faire tomber le Premier ministre Nouri al-Maliki et espère le remplacer.

Il est soutenu dans sa lutte politique par l'opposition sunnite irakienne. Pas question donc, pour lui, d'aller tuer des sunnites dans les rues syriennes.
Le monde chiite n'est finalement, peut-être, pas si homogène que cela, dès lors qu'il s'engage, dans chacun des pays concernés, dans des luttes politiques intérieures.

La situation se complexifie donc pour Hassan Nasrallah, critiqué au Liban, vilipendé dans le monde arabe. Même les leaders d'autres factions chiites libanaises commencent à critiquer son D'autant que, contrairement à la seconde guerre du Liban où il "affirmait combattre l'occupation", il n'y a aujourd'hui, en face de lui, aucun occupant en Syrie; il aura les plus grandes difficultés à refaire l'union sacrée du monde chiite.

Selon plusieurs médias libanais, des membres importants du Hezbollah, dont Subhi al-Tufayli, neveu d'un ancien chef du Hezbollah, auraient décidé de quitter l'organisation.
La situation pour le Hezbollah devient celle d'une lutte existentielle, pas seulement un renvoie d'ascenseur à Assad, mais une lutte désespérée pour maintenir vivace le poumon qui l'oxygène, l'axe Téhéran-Damas, par lequel lui parviennent armes et financements.

Un soutien qui, s'il prend fin, fera perdre aux Hezbollah ses capacités à représenter une menace pour Israël, notamment en raison des voix qui élèvent, de plus en plus nombreuses dans l'arène politique libanaise, pour désarmer les terroristes chiites au Liban.

C'est l'une des raisons pour lesquelles l'Iran – comme la Russie – attache une grande importance à la conférence internationale qui doit débuter cette semaine à Genève – mais qui pourrait être à nouveau repoussée, tant l'opposition syrienne reste divisée.

On ignore encore d'ailleurs le statut de la représentation iranienne à "Genève 2" : les européens comme les américains s'y opposent, la Russie soutient sa présence – et affirme qu'elle n'est pas opposée à la présence d'une délégation israélienne.

L'armée syrienne libre a, par ailleurs, lancé un ultimatum au Hezbollah : le retrait total de ses combattants de Syrie..Ou la guerre, un ultimatum qui expirera mardi.

Dimanche, un violent accrochage au Liban, entre le Hezbollah, et des rebelles syriens (en fait des membres du groupe Jabhat al-Nusra, lié à Al Qaïda), qui se sont violemment affrontés, faisant un mort dans les rangs du Hezbollah, et 17 dans les rangs du groupe radical.


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