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Samedi 14 Décembre 2019 / 16 Kislev 5780
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  HISTOIRE
Numéro 1227 - 29.04.2013 - 19 Iyyar 5773 

Juifs du Brésil : un souffle de liberté venu de Hollande
par Mylène Sebbah
Fuyant l'Inquisition au Portugal, les juifs se sont installés au Brésil où respirait un souffle de liberté sous administration hollandaise.
Mais l’arrivée des Portugais les a à nouveau poussés dehors.


Lorsque l'Inquisition a initialement été mise en œuvre au Portugal en 1497, tous les Juifs ont été forcés de subir "le baptême" et n'avaient pas le droit d'émigrer.
Nombre d'entre eux ont continué à pratiquer leur judaïsme dans la clandestinité mais dès qu’ils ont pu partir, un certain nombre d’entre eux a gagné le Brésil.

Là, ils ont rapidement représenté une part importante des 50.000 Européens qui s’y sont installés en 1624, travaillant dans le commerce, la création des plantations de sucre, des moulins et d'autres professions (on en a même retrouvé quelques-uns devenus prêtres !).
Au XVIIème siècle, la monarchie hispano-portugaise était engagée dans un long conflit avec les Pays-Bas – La guerre de Quatre-vingts Ans -.
Ce conflit a gagné le Nouveau Monde où les forces des sociétés Dutch East et West India luttaient face aux Portugais pour le contrôle des avant-postes coloniaux portugais - qu’elles finirent par conquérir.
En 1630, la colonie portugaise à Recife, Pernambuco, sur la côte atlantique, a fait partie des régions du nord-est du Brésil occupées par l'armée hollandaise.

Pendant la période de domination hollandaise, les Juifs conversos (Juifs convertis) ont été autorisés à pratiquer ouvertement leur foi.
En 1636, les Juifs ont établi à Recife une synagogue - Kahal Zur Israël -, la première dans le Nouveau Monde.
La communauté juive a ouvert une école primaire Talmud Torah, un centre d’étude de la Guemara pour les plus avancés et un fonds de bienfaisance.

Un livre de bord de la communauté, qui a traversé le temps, décrit l’ensemble des services qu’elle fournissait et détaille les coutumes et les règlements selon lesquels elle fonctionnait.
Par exemple, la synagogue avait assigné des places aux fidèles dans la synagogue, et personne n’était autorisé à en changer.
Le Chabbat Na’hamou, le premier chabbat après Tisha B'Av, des fonds étaient collectés pour la communauté juive en Terre d'Israël.

Ce "Livre des minutes" comporte les signatures de 171 membres de la communauté, et constitue une précieuse source quant aux noms des Juifs qui peuplaient le Brésil à cette époque.
Des familles impliquées dans la fondation de synagogues à New York pourraient ainsi retrouver leurs racines à Recife en se basant sur ce Livre des minutes.

Pendant cette période "libre"de vingt-quatre années, les Juifs de Recife ont également prospéré dans la construction d'infrastructures (routes, ponts, systèmes d'égouts) dans la colonie, dans le commerce des esclaves et aussi dans l'industrie de la production de sucre.
En 1645, selon l'historien hollandais Franz Leonard Schalkwijk, 1.630 Juifs vivaient à Recife, un nombre équivalent à celui de la population juive d'Amsterdam à l'époque.
Mais ces succès commerciaux et économiques ont fini par attiser jalousie et ressentiment parmi les chrétiens de la colonie qui ont prêté main forte aux Portugais dans leurs tentatives répétées pour chasser les Hollandais.

Le 26 janvier 1654, les Néerlandais ont fini par capituler devant les forces portugaises.
La transition vers la domination portugaise en 1654 a été marquée par un ultimatum posé aux résidents néerlandais et aux Juifs qui leur donnait trois mois pour liquider leurs actifs (ils ont été autorisés à prendre leurs biens avec eux) et s’en aller.

La plupart des Juifs sont partis vers à Amsterdam, certains se sont installés sur d'autres îles de la mer des Caraïbes, tandis que vingt-trois d’entre eux se sont installés à New Amsterdam, qui deviendra New York.
Les "nouveaux chrétiens" qui ont osé rester au Brésil, se sont retrouvés poursuivis par l'Inquisition et ont parfois été renvoyés vers le Portugal pour y être jugés.

Le bâtiment de deux étages qui abritait la synagogue Kahal Zur, dans la rue des Juifs, a été démoli au début du XXème siècle.
Il a été reconstruit plus tard et, en 2001, il a ouvert en tant que musée de l'histoire juive au Brésil.

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Le journal video (en anglais)