Israël - Sport : enfin un Clochemerle à l'israélienne
par David Koskas
Les marathons seront peut etre le nouveau Cloche merle d'Israël.
Les adeptes de la course à pied d'Israël s'entrainent, les grands marathons annuels de Jérusalem et de Tel Aviv auront lieu dans six semaines, à deux semaines d'intervalle.
Mais l'année prochaine, ils devront choisir: les courses dans les deux villes tombent le même jour.
Les marathoniens sont bien sûr déçus, car nombre d'entre eux veulent se confronter à la fois au Marathon Gillette, à Tel Aviv, et au Marathon de Jérusalem.
Leur format est d'ailleurs identique: mi-marathon proprement dit et mi-course de dix kilomètres. Il semble que quoiqu'ils fassent, les deux courses auront un point commun supplémentaire en 2013, celui de la date: le 15 mars.
Car aucune des deux mairies ne parait prête à changer de jour, chacune revendiquant d'avoir la première réserver la date. S'en suit une bataille d'egos, dans laquelle Jérusalem frappe fort.
"C'est une honte que la municipalité de Tel Aviv nuise à la communauté des coureurs juste parce qu'elle veut s'en prendre au marathon de Jérusalem", a déclaré le porte-parole de la municipalité de Jérusalem.
"La capitale d'Israël offre aux coureurs à pied le marathon le plus stimulant et le plus intéressant, et il est malheureux que la municipalité de Tel Aviv agisse de façon égoïste, pour des raisons non professionnelles, ce qui nuit aux deux marathons", ajoute-t-il.
Et Jérusalem n'hésite pas à promouvoir son marathon en plein Tel Aviv.
La municipalité a loué un affichage publicitaire de la taille d'un immeuble sur un des grands axes de la ville, la rue Ibn Gvirol. Son marathon est "à couper le souffle", y lit-on.
Mais l'organisation des marathons, version 2012 cette fois-ci, gène aussi les habitants des deux villes.
Comme l'année dernière, les écoles de Jérusalem sur le chemin du marathon devront annuler les cours ce jour-là parce que les élèves ne pourront pas se rendre en classe. Ils travailleront une heure de plus pendant un mois chaque vendredi pour rattraper cette journée.
L'Union des instituteurs a demandé à la municipalité d'organiser le marathon pendant les vacances de Pessah, quand les élèves n'ont pas cours, mais elle a refusé.
A Tel Aviv, ce sont les 22 familles qui vivent actuellement dans le parc Sacher, - d'où le marathon part et où il se termine-, qui désapprouvent la course.
Elles y voient un prétexte utilisé par le maire pour les expulser du parc.
Mais elles ont gagné la bataille sur le plan juridique: une injonction temporaire contre l'ordre d'éviction leur permet de rester dans leurs tentes jusqu'à une date postérieure au marathon.
L'année dernière, 10 000 personnes ont participé au marathon de Jérusalem, contre 15 000 à celui de Tel Aviv.
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