Israël - Économie : ne pas prendre aux très riches pour donner aux pauvres
par Gerard Fredj
Stanley Fischer, le gouverneur de la banque d'Israël, s'est prononcé contre l'instauration d'une taxation supplémentaire des très hauts revenus.
Cette proposition était issue de la Commission Trajtenberg, créée après les mouvements sociaux de l'été dernier, en vue de réduire les inégalités les plus criantes dans la société israéliennes.
Manuel Trajtenberg avait proposé de créer une "super taxe " de 2% sur tous les revenus, pour les israéliens qui disposent de plus d'un million de shekels de revenus annuels (soit près de 20 000 euros par mois), qu'il s'agissent de salaires ou de revenus des placements.
Pour Fischer – qui semble ne pas vraiment croire au civisme de ses concitoyens-, l'instauration de ce nouvel impôt pousseraient les israéliens concernés à déplacer leurs investissements à l'étranger, provoquant une fuite des capitaux.
Pour Fischer, cette taxes ne rapporterait que 400 millions de shekels (moins de cent millions d'euros) et cette rentrée fiscale supplémentaire ne mérite pas de prendre un tel risque.
Israël est l'un des pays de l'OCDE dans lequel le taux de redistribution des richesses est le plus faible.
Le gouverneur de la banque d'Israël estime par ailleurs que prévaut en Israël "un sentiment "anti-riche" dans le pays, contre les hommes d'affaires à qui l'opinion publique reproche des situations de monopoles" qui pourrait rendre le pays moins attractif, notamment dans le domaine de la High Tech.
Bien que le même Fischer soit à la tête du combat contre les "monopoles financiers et industriels" en Israël.
L'opposition de Fischer à cette nouvelle taxation a amené Yuval Steinitz, ministre des finances, a retirer in extremis la proposition de l'ensemble du projet de lois soumis à la Knesset, projet de loi qui comprend les recommandations de réformes de la commission Trajtenberg.
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