Israël - Défense : à la recherche d'une doctrine militaires sur les menaces des intérets à l'étranger
par Laurent COHEN
Après la récente arrestation en Thaïlande du terroriste Hussein Atris, qui projetait de un attentat contre l'ambassade israélienne à Bangkok, se pose la question pour Israël de l'adoption d'une démarche stratégique à l'égard des attaques de ses interets à l'étranger.
S'agissant de la Thaïlande, le 8 janvier, les agents du Mossad avaient repris contact avec les autorités thaïlandaises, pour les avertir que les préparatifs de l'attaque venaient d'entrer dans leur phase finale, et que celle-ci devait être lancée entre les 13 et 15 du mois.
La capture d'Atris, selon les responsables de la défense thaïlandaises, témoigne des "capacités impressionnantes du Mossad à recueillir des renseignements" et pourrait indiquer que les services secrets israéliens sont arrivés à "pénétrer" l'appareil du Hezbollah lui-même.
Ely Karmon, un expert en terrorisme de l'Institute for Counter-Terrorism, à Herzlya, estime que le Parti de Dieu dirigé par Hassan Nasrallah cherche actuellement à "opérer dans les pays dont il estime que les forces de sécurité manquent de moyens et n'ont pas conscience des réalités proches-orientales".
Au sein de l'armée israélienne, plusieurs officiers de haut rang estiment que l'Etat hébreu devrait tenir pour un "acte de guerre" toute attaque qui se solderait par un "grand nombre de victimes".
Les experts de la défense s'interrogent donc actuellement sur le type de réplique qu'il s'agirait d'apporter à un attentat perpétré à l'étranger.
Selon les spécialistes de l'organisation shiite pro-iranienne, celle-ci tend à privilégier une action dirigée contre une ambassade israélienne, un consulat ou un avion d'El Al, pour mieux pouvoir nier par la suite en être responsable, ce qu'une opération "classique", le long de la frontière libanaise, ne lui permettrait pas.
Toutefois, plusieurs voix émanant du ministère de la Défense et de l'état-major de Tsahal considèrent qu'Israël doit dès aujourd'hui clarifier sa position sur ce point, et annoncer qu'une telle attaque doit être interprétée comme un casus belli, au même titre que l'enlèvement d'un soldat, et pourrait donc justifier des représailles.
Selon les partisans de cette conception, une telle clarification serait susceptible de "dissuader le Hezbollah" de passer à l'acte.
D'autres, cependant, pensent qu'Israël ne doit en aucun cas "partir en guerre", mais plutôt décider, le moment venu, ce que devrait être sa réaction en fonction de la cible choisie par les terroristes, et de l'importance du bilan.
En outre, ils affirment que si Israël lance dès aujourd'hui ce genre de mises en garde, mais ne "tient pas sa parole", sa puissance de dissuasion s'en trouvera gravement altérée, tandis que le Hezbollah y verra un encouragement à poursuivre ses opérations hors du Moyen-Orient.
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