Israël - Ariel Sharon, la dernière élection directe d'un Premier ministre
par Laurent COHEN
Le 6 février 2001, se déroulait en Israël la troisième et dernière élection directe d'un Premier ministre, dont Ariel Sharon sortit vainqueur.
Cette réforme, qui constituait une rupture formelle avec l'ancien système parlementaire, avait été adoptée dès 1992, à la suite d'une importante campagne médiatique menée par des universitaires, et des membres de la Knesset, qui voulaient affranchir les grands partis des exigences, parfois qualifiées de "chantage politique", des petites formations, dont ils avaient besoin pour obtenir une majorité à la Knesset, puis former un gouvernement.
Décidé quelques mois à peine après l'arrivée de Yitzhak Rabin au poste de Premier ministre, ce changement électoral fut d'abord "testé" au cours des élections qui suivirent son assassinat, et en juin 1996, Benjamin Netanyahou devint le premier chef de l'Etat directement élu.
Le gouvernement suivant fut dirigé par Ehoud Olmert, auquel succéda à nouveau Benjamin Netanyahou, considéré comme "l'un des gouvernements les plus stables" de l'histoire d'Israël.
Dans leur majorité, les gouvernements successifs d'Israël n'ont pas été jusqu'au terme de leur mandat de quatre ans, et la réforme de 1992 vit le jour afin de mettre un terme aux chutes successives des gouvernements qui se succédaient.
L'effet escompté par ses auteurs, cependant, a été significativement atténué par des facteurs qu'ils n'avaient pas prévu, ou dont ils avaient sous-estimé l'ampleur.
Ainsi, parce qu'ils étaient désormais en mesure de voter pour un Premier ministre indépendamment du parti de leur choix, les électeurs israéliens ont commencé à donné leurs voix aux petites formations, ce qui ne fit qu'augmenter la force de celles-ci, au détriment des partis traditionnels, Travaillistes et Likoud, "émiettant" encore plus les majorités parlementaires sur lesquelles ils devaient s'appuyer.
La réforme produisait donc ses propres effets pervers et fut finalement annulée.
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