Israël - Archéologie : le pollen sur les traces de Soukot
par Gerard Fredj
La plus ancienne trace de la culture locale de trois des quatre espèces dont l'usage est spécifié dans la fete juive de Soukot, a été mise a jour dans le plus ancien jardin royal jamais découvert en Israël.
Le jardin, retrouvé dans le Kibboutz Ramat Rahel près de Jérusalem, a livré ses secrets à travers de restes de pollen fossilisés retrouvés dans le plâtre des murs.
Le jardin faisait partie d'un palais israélite, retrouvé dans des fouilles menées il y a déjà plusieurs années; le chantier a été poursuivi récemment par des fouilles par plusieurs archéologues, les professeurs Oded Lipschits et Yuval Gadot de l'Université de Tel Aviv, et Manfred Oeming de l'université d'Heidelberg.
Les derniers chantiers ont montré que les jardins devaient avoir une vue magnifique, mais surtout stratégique; il ne disposait par contre d'aucune ressource propre en eau, ce qui avait contraint les architectes de l'époque à construire des canaux d'alimentation et des bassins de stockage pour l'eau.
De même le sol d'origine avait été totalement enlevé et remplacé par de la terre plus adéquate aux plantations.
Ne parvenant pas à retrouver de traces des fleurs plantées, les archéologues ont imaginé qu'au printemps, le vent aurait pu rabattre les graines et pollens vers les murs de plâtre –poreux - du jardin.
Avec l'aide d'une botaniste de l'université de Tel Aviv, le docteur Daphne Langot, ils ont alors entrepris enlevés les différentes couches de plantes, qui contenaient, effectivement, des pollens de nombreuses espèces.
S'ils ont identifié beaucoup d'espèces sauvages, dans une des couches de plâtre datée de l'époque perse (correspondant au retour d'exil de Babylone, en 538 avant l'ère chrétienne), ils ont trouvé des pollens correspondant aux plantes ornementales, à des arbres fruitiers dont certains de pays lointains.
La découverte la plus intéressante a été le pollen correspondant à de l'étrog (citron) un fruit qu'on trouvait à l'époque en Inde, et dont les chercheurs pensent qu'il serait arrivé en Israël par la Perse; sa dénomination hébraïque, étrog, préserve la dénomination perse du fruit, turung.
C'est la première trace connue d'étrog dans la région.
Tout comme les traces retrouvées de myrte et de saule dans le même jardin, sont les premières évidences de ces fruits jamais mises à jour dans la région.
Dans le jardin du palais de Ramat Rahel, poussaient donc trois des quatre espèces de fruits (avec le palmier) dont la consommation a été ritualisée pour la fête de Soukot.
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