ISRAËL -Médias : Shimon Pérès vs Benjamin Netanyahou autour du sort de la Chaine 10
par Laurent COHEN
La démocratie est certes coûteuse, mais la fermeture de la dixième chaîne, Canal 10, marquerait avant tout une faillite sociale, a déclaré mercredi le président israélien, Shimon Perès.
Le chef de l'Etat s'est entretenu avec les représentants de la chaîne, dont beaucoup estiment que sa fermeture est probable, ainsi que divers annonceurs, après que le Comité économique de la Knesset se soit opposé au report de la dette que celle-ci doit à l'Etat.
Au cours de cette rencontre, à laquelle participaient le directeur de l'information de la chaîne, Uri Rozen, aisni que le journaliste vedette Moti Kirshenbaum, Shimon Perès a souligné que "ce ne sont pas seulement aux mille salariés de Canal 10 que la décision de fermeture portera atteinte, mais à l'ensemble du paysage médiatique".
Selon lui, "si les médias nationaux sont ainsi bafoués, la jeunesse du pays s'en détournera, pour lire des journaux étrangers sur Internet, en se coupant de ce qui se passe dans le pays".
"Aucun de nous", a-t-il encore estimé, "et certainement pas moi, ne peut rester neutre face à la situation qu'affronte actuellement la dixième chaîne.
Notre démocratie repose sur deux dimensions : l'action ouvernementale et l'action critique de la presse libre.
Impossible de les séparer, tout comme un oiseau ne saura prendre son envol, s'il ne possède qu'une aile".
Certains, dont le président de la chaine, Yossi Warshavski, voient dans la décision de la Knesset, une vengeance du gouvernement.
Netanyahou avait été éclaboussé lorsque la chaine avait diffusé un reportage très critique sur le milliardaire américain Sheldon Adelson, propriétaire de casinos et du quotidien gratuit Israel haYom, et proche du Premier ministre.
Adelson avait demandé des excuses de la chaine, ce qui avait conduit à la démission de trois de ses plus grands journalistes.
Un responsable de la chaine révélait le mois dernier, que le bureau du Premier ministre et son parti, le Likoud, avaient proposé aux dirigeants de la chaine de faciliter le report de la dette si le célèbre analyste politique Raviv Drucker était licencié ou mis en congé sans solde, suite au dossier Adeslon.
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