ISRAËL - Politique : Yair Lapid décide de quitter la télévision pour entrer en politique
par Gerard Fredj
Dans notre édition du 2 janvier dernier, nous relations les bouleversements politiques qui pourraient advenir dans le paysage politique israélien si deux hommes, le journaliste Yair Lapid, et Arie Redi, ancien leader du Shas, décidaient d'entrer en politique.
Yair Lapid vient de franchir le pas.
Il vient en effet d'informer le directeur de la deuxième chaine de télévision israélienne, sur laquelle il anime depuis quatre ans une émission hebdomadaire à grand succès, "Ulpan Shishi", qu'il souhaitait quitter ses fonctions pour entrer en politique.
Lapid devrait concourir pour les prochaines élections à la Knesset.
Lapid, qui est le fils de Yossef (Tommy) Lapid, fondateur du parti Shiniu et ancien ministre, et de l'écrivaine Shulamit Lapid; il a animé de nombreux talk-shows télévisés, il écrit également pour les quotidiens Maariv et Yediot Aharonot.
L'inconnue réside maintenant dans le choix que l'ancien journaliste fera: ou bien Lapid intègre une formation politique existante – et les opérations de charme ont déjà débuté -, ou bien il décide de créer son propre parti politique: dans ce cas, les sondages le créditent d'emblée de 15 sièges (un score analogue à celui de son père lorsqu'il avait créé Shinui), essentiellement au détriment de Kadima, le parti de Tsipi Livni, qui passerait de 28 sièges – le groupe politique qui compte actuellement le plus d'élus – à 10.
Tsipi Livni a d'ailleurs déclaré qu'elle "félicitait toute personne qui souhaitait entrer en politique et contribuer à la vie publique".
Shelly Yachimovich, la dirigeante du parti travailliste a estimé pour sa part "que Yair Lapid était un homme de grande qualité, mais qui représente des valeurs en totale opposition avec les valeurs sociales et démocratiques" de la formation politique qu'elle dirige.
Du côté de la droite, on considère que Lapid pourrait mordre sur l'électorat d'Israël Beteinou (du ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman) sans craindre vraiment sa candidature, dont on considère qu'elle menace surtout les partis du centre.
Le ministre des Affaires religieuses, Yakov Margi (Shas), a déclaré, au sujet de l'annonce : "qui a besoin de Lapid?Nous avons Lieberman, ils pensent et disent la même chose".
Pour Nissim Zeev, un parlementaire du Shas " c'est comme un monstre, plein de haine du judaïsme, qui vient d'être créé, comme l'était son père, c'est la seconde édition de Tommy Lapid".
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