ISRAËL - Le réfugié et la survivante
par David Koskas
Le quotidien Yediot Aharonot a rencontré un réfugié du Darfour dévoué aux survivants de la Shoah.
Adam Mahdi, 28 ans, qui a échappé à la mort au cours de la guerre civile au Darfour - qui a fait plus de 300 000 victimes et en a déplacé plus de 2 millions et demi- , consacre une part importante de son temps à s'occuper de rescapés de la Shoah en Israël.
"Il m'apporte de la nourriture et des médicaments de la pharmacie, il répare ce qui ne va pas dans la maison, et, surtout, il me tient compagnie", raconte Hava. "Il s'intéresse à moi, il m'écoute. Les heures qu'il passe ici sont toutes pour moi".
Si Mahdi a commencé à s'intéresser à la situation des survivants de la Shoah en Israël, c'est grâce au patron de l'épicerie dans laquelle il travaille, à Kfar Shemaryahu.
Après s'être rendu compte que son responsable leur faisait parvenir gracieusement de la nourriture, il a voulu en savoir davantage, et, de fil en aiguille, s'est engagé dans une association de soutien aux survivants.
"Certains d'entre eux souffrent vraiment", explique Mahdi.
"Aider les survivants du mieux que je peux leur permet de se sentir mieux.
Je leur donne de la nourriture parce qu'ils sont en grande difficulté financière, je nettoie leur maison et je fais quelques réparations, je les aide même à se doucher si c'est nécessaire, mais ce n'est rien pour moi. Le plus important est de consacrer un peu de son temps à les aider".
Il aimerait que la population israélienne se dévoue plus encore pour ces victimes de l'histoire.
"Si moi, un réfugié du Darfour, je peux aider des survivants, n'importe qui peut le faire", rappelle-t-il.
Convaincre les autres de s'investir lui tient d'autant plus à cœur que lui-même va devoir interrompre son engagement. Pour aider sa famille encore au Soudan, il a dû se couvrir de dettes, et doit maintenant consacrer tout son temps à les rembourser.
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