IRAK - La fin de la communauté juive de Bagdad
par Laurent COHEN
Autrefois florissante, la communauté juive de Bagdad qui, jusqu'à présent, se composait en tout et pour tout de sept personnes, doit faire face à de nouvelles vagues de violence qui, cette fois, pourrait bien mettre son existence en péril.
Un article du Jerusalem Post rapporte ainsi le cas de Amer Moussa Nasim, trente huit ans, qui en prenant la décision de quitter l'Irak pour la Jordanie, vient de faire tomber à six le nombre de juifs de Bagdad, où il explique avoir toujours dû "dissimuler son identité" afin d'éviter de "s'attirer des ennuis".
Aidés par un prêtre anglican qui travaille avec l'ambassade américaine, les derniers juifs de Bagdad ne sont pourtant pas tous prêts à abandonner leur patrie, et les plus âgés d'entre eux affirment ouvertement souhaiter y mourir et y être enterrés.
"Le dernier mariage juif en Irak remonte à 1978", souligne Amer Moussa Nassim, avant d'ajouter : "En tant que juif, je n'avais aucun avenir dans le pays".
Issu d'une famille autrefois "réputée", il évoque notamment l'action de son grand-oncle, Mir Basri, économiste, auteur de plusieurs ouvrages et qui occupa le poste de Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères irakien dans les années 1940.
Il y avait environ cent cinquante mille juifs irakiens avant la création de l'Etat d'Israël en 1948.
Installés depuis les temps reculés de l'Antiquité dans le pays, ils durent fuir massivement les vagues de violence nationaliste qui le frappèrent entre 1948 et 1951.
"La question juive en Irak remonte à l'année 1948, lorsque le sionisme a décidé de déplacer les juifs hors de leur terre natale", a pour sa part confié Kamel al-Amin, l'actuel porte-parole du ministère des Droits de l'homme irakien.
"Mais l'Irak est un pays tolérant, qui ne s'oppose nullement à la présence d'une communauté juive, et il n'existe aucune action ni aucun plan officiels dirigés contre eux".
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