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Numéro 1230 - 07.04.2013 - 27 Nisan 5773 

Frappes aérienne sur la Syrie : pour Israël, un calcul périlleux qui n'est pas un choix
par Gerard Fredj
Le mouvement s'amplifie : sous la pression iranienne, et probablement sans le vouloir totalement, Bashar Al Assad transfère des armes de hautes technologies aux milices du Hezbollah qui combattent pour lui sur le terrain de la guerre civile.

Ces armes sont ce que les stratèges israéliens appellent des "changing games", des armes capables de changer " les règles du jeu", c'est-à-dire de modifier l'équilibre des forces au détriment d'Israël et au profit de la milice chiite installée face à Israël au sud Liban, et désormais en Syrie.

L'entrepôt attaqué est apparemment une base isolée des zones d'habitation, utilisée par les miliciens d'Hassan Nasrallah comme centre d'entrainement au maniement de ces nouvelles armes, mais également de sites de transit avant les livraisons vers le Liban.

LA Syrie dispose de nombreux sites identiques localisés près de Damas, là où sont localisées les poches de populations alaouite et chiites libanaises.

Les survols du territoire libanais par la chasse israélienne, avec des simulations d'attaques, étaient un avertissement clair : "nous connaissons vos intentions et nous ne vous laisserons pas faire", montrant que les attaques pouvaient s'exercer au départ des convois, en Syrie, aussi bien quà leur destination, au Liban.

L'attaque de dimanche n'a pas été menée via l'espace aérien libanais, mais "de loin", peut être même depuis la mer – l'on sait qu'Israël dispose de tels missiles air-surface, les "Popeye", extrêmement précis ou les "Popeye turbos", capables de transporter des charges explosives sur plus de 1500 kms de portée. Un avertissement clair à l'Iran : la république islamique n'est pas hors de portée.

Parmi les armes dont Israël interdit le transfert figurent les missiles Scud D, basés sur les missiles russes Scud, améliorés par les syriens grâce à des financements iraniens.
Ces missiles peuvent être équipés de charges chimiques lancées à plus de 700 kilomètres.

Les armes visées par les bombardements n'étaient pas équipées de têtes chimiques selon le Pentagone, mais elles en avaient la capacité.

Les missiles de précision et longue portée qu'Assad a tenté de transférer au Hezbollah étaient en capacité de menacer les installations militaires et civiles depuis le nord jusqu'à Eilat; ils peuvent être activés depuis l'intérieur du Liban – les bases du Hezbollah par exemple – selon des modalités qui rendent quasi impossible leur détection par les avions israéliens, et donc leur interception.

Le seul système d'interception efficace dans ce cas est la batterie anti missiles Arrow, à condition qu'elle ne soit pas saturée par une multitude de tirs simultanés, ce qui explique que le Hezbollah ait tout intérêt à recevoir le plus de missiles possibles.
Assad a commencé ces livraisons d'armes à la milice chiite avant même le déclenchement de la guerre civile syrienne – essentiellement des Scud.

Israël le sait mais n'a pas agi contre ces transferts en raison de l'opposition de Washington à une frappe aérienne, qui craignait, à l'époque, une déstabilisation du Proche orient à l'époque – une opinion qui n'a plus cours aujourd'hui.

D'autres armes sont également susceptibles de menacer la supériorité israélienne, et notamment de limiter sa capacité à intervenir au Liban, en direction des implantations militaires du Hezbollah.

Il s'agit de batteries extrêmement mobiles de missiles anti aériens, notamment les fameux SA-17 russes que la Syrie a décidé d'acquérir après le bombardement de sa centrale nucléaire par Israël en 2007.
La Russie continue à livrer les SA 17 pour dissuader toute intervention occidentale, comme avait pu le faire l'OTAN en Libye.
Les SA 17 limiteront la capacité d'action d'Israël au Liban, c'est là la raison essentielle pour laquelle Assad tente de les livrer au Hezbollah.

Mais les plus dangereuses de ces armes avancées vendues par la Russie à la Syrie dans le contexte d'aujourd'hui restent les missiles sol-mer, anti navires, notamment les "Yakhont".

Si les Hezbollah a déjà en sa possession des missiles sol-mer fournis par l'Iran, ceux-ci, du type de ceux qui ont touché un navire israélien durant la seconde guerre du Liban en 2006, sont désormais largement obsolètes.
Il en va autrement du Yakhont : une portée de 300 kilomètres, la capacité de voler à très haute altitude, et une grande précision grâce à un système de guidage GPS : tiré depuis la Syrie ou le Liban, aucun navire israélien ne serait plus à l'abri.
Il a la capacité de voler à quelques mètres seulement –donc difficilement détectable - : alors qu'Israël débute l'exploitation de vastes gisements gaziers en mer, aucune de ces installations ne serait plus en sécurité.

Ces systèmes qu'Assad livre au Hezbollah, il n'en a pas l'utilité pour combattre la rébellion sur le terrain.
Si il se maintient au pouvoir, il sait qu'il pourra les "récupérer".

Les révélations les plus précises sur les attaques israéliennes des deux derniers jours ne sont pas venues d'Israël ou d'un des pays du Proche orient, mais… des Etats Unis !
Au cours de l'attaque contre un convoi de missiles SA 17 en janvier, Washington avait gardé le silence, tout en donnant l'impression de juger l'attaque justifiée.

Durant sa visite en Israël, Barack Obama avait clairement affirmé qu'il ne voulait pas de bouleversement de l'équilibre militaire ou stratégique au Proche orient, et donc de transferts d'armes avancées au Hezbollah – une position réaffirmée par le secrétaire d'Etat à la Défense, Chuck Hagel le mois dernier lors de sa rencontre avec Moshe Ya'alon.

Cette fois ci, Washington s'assure de distiller les informations sur l'attaque israéliennes aux médias, en précisant quelles étaient les cibles.
Une façon de soutenir l'action israélienne et d'affirmer clairement aux alliés d'Asssad – Iran, Chine, Syrie en tête – que "toutes les options sont sur la table".

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Le journal video (en anglais)