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  HISTOIRE
Numéro 1241 - 04.06.2013 - 26 Sivan 5773 

Farhud, le début de la fin des juifs d'Irak
par Gerard Fredj
Le 2 juin 1941 est connu comme la deuxième journée du Farhud.

Le Farhud, ou littéralement "la dépossession violente" est un pogrom qui a duré deux jours, provoquant la mort de centaines de juifs de Bagad, de nombreux blessés, a sonné le glas de la présence de la très ancienne communauté juive d'Irak, forte de 135 000 âmes, qui quittera le pays avant la fin de la décennie.

L'Irak, sous mandat britannique depuis 1921, accède à une indépendance partielle en 1932, sous supervision britannique.
1941 est une année charnière de la guerre, le régime nazi cherchant à déstabiliser le proche orient pour avoir notamment accès aux vastes champs pétroliers.

Le 2 Avril 1941, un coup d'Etat militaire, dirigé par un politicien anti anglais, - Rashid Ali al-Kailani, renverse le gouvernement pro-britannique d'Abdul Ilah, régent d'Irak, et conteste la présence des troupes britanniques dans le pays.
Le 25 mai, Hitler annonce son intention d'élargir sa zone d'influence sur la région, en s'appuyant sur l'Irak.

Depuis 1935, l'ambassade allemande de Bagdad avait multiplié les efforts pour attirer la sympathie de la rue iranienne au régime nazi.
Elle avait notamment acheté un hebdomadaire qui avait publié de larges extraits de Mein Kampf.

Haj Amin al-Husseini, Grand Mufti de Jérusalem, et proche du régime nazi, soutenait la démarche allemande et a permis d'établir des liens étroits entre Rashid Ali et Berlin.
Un tandem suffisamment dangereux pour que David Ratziel, de l'Irgoun, concocte un plan – probablement avec les britanniques pour enlever al-Husseini et détruire l'accès aux puits de pétrole irakiens (pour empêcher les allemands de s'en emparer). La mort de Ratziel dès le lendemain de son arrivée en Irak fait avorter l'opération.
Une contre attaque des britanniques permet de chasser Rashid Ali, et de réinstaller à la régence Abdul Ilah.

Le 1er juin 1941, le jour de Chavouot, les Juifs de Bagdad, soit environ 90 000 personnes, rassurés par la restauration de la régence, se sentent suffisamment en sécurité pour célébrer la fête dans leur ville.

Mais les soldats et les policiers fidèles à Rashid Ali, ainsi que les membres de Futtuwa, la version irakienne de la Jeunesse hitlérienne, rejoints par des habitants de la ville, attaquent les quartiers juifs, tuant, pillant, détruisant les maisons des juifs.

Selon les rapports officiels irakiens, entre 150 et 200 juifs auraient été tués durant ce pogrom.
Mais d'après les archives britanniques, il y aurait eu au moins 600 morts.
Un bilan d'autant plus difficile à établir que la communauté a enterré ses morts rapidement, dans une fosse commune.
La journée aurait également fait près d'un millier de blessés; près de 2000 habitants et commerces auraient été pillés et détruits.

Si le pogrom a pu se développer en toute impunité, c'est que les forces britanniques présentes dans la capitale sont restées totalement passives : l'ambassadeur britannique, Sir Kinahan Cornwallis, a décidé en toute connaissance de la situation de ne pas les faire intervenir, ce qui lui vaudra de nombreuses critiques, tout comme la superficialité de ses dépêches au Foreign Office à Londres, ou sa décision de ne pas purger l'administration irakienne de ses éléments pro nazis.

La communauté juive irakienne vivait paisiblement dans le pays depuis l'époque du premier Temple; son soutien aux anglais dans une administration gangrénée par l'influence nazie, comme ses sympathies pour la cause sioniste ont servi de caisse de résonnance à la haine dont elle a été victime.
Un sentiment de menace qui s'est amplifié après la création de l'Etat d'Israël, en 1948.

Une grande partie des juifs irakiens ont alors été exclus de la fonction publique irakienne, d'autres ont été trainé devant les tribunaux sous de fausses accusations d'espionnage.

En mars 1950, une loi irakienne de dénaturalisation est promulguée permettant aux Juifs d'émigrer, ceux-ci sont spoliés de tous leurs biens. Entre la fin 1950 et 1952, Israël met en place l'Opération Ezra et Néhémie, un pont aérien organisé au départ via Chypre, puis ensuite directement entre Bagdad et Lod.
En 1952, 110 000 juifs ont déjà quitté.

Pour ceux qui ont choisi de rester, la situation devient intenable, notamment après la proclamation de la République d'Irak en 1958. Ils sont porteurs d'une carte d'identité de couleur jaune, et personne n'est autorisé à leur vendre de biens.

Le 27 janvier 1969, 9 juifs sont pendus en public pour "complot sioniste".
Sous la pression internationale, l'Irak autorise ses derniers juifs à quitter le pays.
Il resterait aujourd'hui une dizaine de juifs à Bagdad.

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