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Numéro 1247 - 21.06.2013 - 13 Tammuz 5773 

Etats Unis - Soixante-quatre ans de tranquillité pour un ancien nazi
par Mylène Sebbah
Michael Karkoc, 94 ans cette année, avait assuré en 1949 aux autorités américaines de l'immigration qu'il n'avait effectué aucun service militaire durant la Seconde Guerre mondiale.

C'est une enquête de l'Associated Press qui a révélé que Michael Karkoc avait, en fait, servi pendant la Seconde Guerre mondiale comme officier supérieur de la Ligue de Défense ukrainienne dont il était membre fondateur.

L'unité est accusée de crimes de guerre, dont l'incendie de villages remplis et de leurs habitants - femmes et enfants compris.
Il devint plus tard officier dans la Division SS galicienne.
Ces deux organisations nationalistes, l'ukrainienne et la galicienne, étaient toutes deux inscrites sur la liste noire secrète du gouvernement américain – une liste d' organisations dont les membres étaient interdits d'entrée aux États-Unis après la guerre.

Bien que les dossiers ne montrent pas si Michael Karkoc a pris une part directe à des crimes de guerre, les déclarations de témoins et d'autres documents confirment qu'il a donné l'ordre de tuer des civils.
Selon des fichiers SS, son unité a également participé à la campagne de 1944 contre le soulèvement de Varsovie brutalement réprimé par les nazis.

Après la guerre, Mikaël Karkoc s'est retrouvé dans un camp pour personnes déplacées à Neu Ulm, en Allemagne.
Les documents indiquent que sa femme y est morte en 1948, un an avant que lui et ses deux jeunes garçons nés en 1945 et 1946 n'émigrent aux USA où il a déclaré qu'il était charpentier.
Il a travaillé pour une entreprise de construction à Minneapolis et c'est là qu'il vit depuis plus de soixante ans. Naturalisé citoyen américain en 1959, s'est remarié et a eu quatre autres enfants dont le dernier est né en 1966.

Vendredi soir, l'un de ses fils, Andriy Karkos qui orthographie son nom de famille différemment, a nié que son père ait jamais été nazi.
Mikaël Karkoc lui-même n'a pas voulu commenter ses états de service pendant la guerre.
Bien qu'âgé, il est venu ouvrir la porte aux journalistes sans l'aide d'une canne.

Lui et sa famille sont membres de longue date de l'Église orthodoxe ukrainienne du quartier dont le pasteur le décrit comme "un homme bon, un bon citoyen, bien connu dans la congrégation".
Cette révélation est un choc pour tous ceux qui l'ont approché : "Je le connais personnellement", déclare, troublé, son voisin de longue date Gordon Gnasdoskey, lui-même petit-fils d'un immigrant ukrainien. "Nous parlons, nous rions ensemble. Il prend soin de son jardin et se promène avec sa femme".

Les procureurs polonais ont annoncé vendredi qu'ils allaient ouvrir une enquête et fournir "toute l'assistance possible" au ministère américain de la Justice qui pourrait, sur la base du mensonge de Mikaël Karkoc pour entrer aux USA, le déchoir de sa citoyenneté et l'expulser.
Les autorités allemandes pourraient également manifester leur intérêt à le poursuivre, le fait qu'il ait exercé des "responsabilités de commandement" entrainant de façon quasi-automatique des accusations de crimes de guerre (même si son implication directe dans des atrocités ne pouvait être prouvée)

Des poursuites en Pologne seraient aussi possibles, car la plupart des crimes présumés des unités qu'a commandées Mikaël Karkoc, étaient tournés contre des Polonais sur le territoire polonais.

En revanche, il est peu probable qu'il soit jugé dans son Ukraine natale où les hommes comme lui sont aujourd'hui largement considérés comme des héros ayant combattu pour la Nation ukrainienne contre l'Union soviétique.

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Le journal video (en anglais)