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Numéro 1076 - 21.02.2012 - 28 Shevat 5772 

Cents avions pour bombarder l'Iran
par Gerard Fredj
Un article du New York Times, rédigé avec plusieurs experts militaires proches du Pentagone, analyse la complexité d'une éventuelle intervention militaire israélienne contre les installations nucléaires iraniennes.

Selon ces experts, l'opération israélienne nécessiterait au moins une centaine d'avions, qui, tous, auraient besoin d'être ravitaillés en vol.
Avant de pouvoir bombarder simultanément plusieurs sites liés à la filière nucléaire iranienne, les appareils devraient affronter l'aviation iranienne et la défense anti-aérienne.

Pour les experts, une telle opération serait très différente de la "frappe chirurgicale" contre le réacteur nucléaire syrien en 2007, ou le réacteur irakien Osirak en 1981.

Selon le général David Deptula, un responsable de l'US Air Force qui a pris sa retraite l'année dernière et a planifié les campagnes américaines en Afghanistan et durant la guerre du Golfe, "ce sera tout sauf facile", ce que confirme Andrew Hoehn, un ancien du Pentagone – le ministère américain de la Défense.

Pour Michael Hayden, ancien directeur de la CIA de 2006 à 2009, l'opération est "au-delà des capacités militaires israéliennes", en raison de la distance, mais également de "l'ampleur que nécessiterait une telle opération".

Selon les experts, la première difficulté que devront affronter les avions israéliens, est bien entendu, la distance.
Trois routes sont possibles: la première, au nord, implique un survol de la Turquie, la seconde au sud, un survol de l'Arabie saoudite, ou au centre, au dessus de la Jordanie puis de l'Irak.

Cette dernière et la plus directe et probablement la moins dangereuse puisque l'Irak ne dispose d'aucune défense anti aérienne, et que les américains, depuis leur retrait en décembre, ne sont liés au pays par aucun accord de défense.

En admettant que la Jordanie ferme les yeux sur un survol de son territoire par l'aviation israélienne, il subsiste la difficulté de la distance.
Les F-15 et F-16 israéliens peuvent transporter de lourds chargements de bombes, mais leur rayon d'action est en deçà des 3200 kilomètres à parcourir à l'aller et au retour (surtout si les appareils sont chargés et obligés de voler à haute altitude).

Et le calcul ne prend pas en compte le temps que les appareils pourraient perdre à trouver leur cible ou faire face à une attaque iranienne qui pourrait comprendre avions de chasse et missiles.

Dans tous les cas, Israël devrait utiliser des avions ravitailleurs, des "tankers", mais il dispose d'un tout petit nombre de ces appareils.
D'après Scott Johnson, Israël disposerait de huit avions ravitailleurs de fabrication américaine de type KC-707, dont il ne sait pas s'ils sont tous opérationnels.

L'état hébreu se heurterait ensuite à un obstacle majeur : disposer de bombes assez puissantes pour atteindre les installations nucléaires iraniennes de Natanz, réputées pour être profondément enterrées, ou celle du site de Fordo- construit dans une montagne.
Sans compter que personne ne sait si les bombes américaines GBU-28 ("gorge profonde", la bombe anti bunker) est à même de percer la protection des sites iraniens, ni si Israël dispose d'un nombre suffisant de ces charges.

Il y a quelques semaines, un ancien sénateur démocrate de Virginie, Charles Robb, conjointement avec un général en retraite recommandaient à l'administration Obama de vendre à Israël 3 avions ravitailleurs et 200 bombes anti bunker.

Le seul champ dans lequel les analystes s'accordent à reconnaitre la capacité d'Israël serait celui de la guerre électronique : d'intenses opérations de brouillage devraient permettre aux israéliens de pénétrer l'espace aérien iranien en neutralisant les radars pour créer un couloir aérien qui permettrait l'attaque –sachant que la défense anti aérienne est obsolète.

Tous les experts s'accordent donc à reconnaitre une opération militaire hors de portée pour Israël, mais également pour la plupart des pays occidentaux.
Selon eux, seuls les Etats Unis seraient à même de lancer une telle attaque avec des chances de succès optimales.
Ils disposent en effet des armements (bombes, missiles, avions furtifs, ravitailleurs etc).

Pour les USA, la question du ravitaillement en vol est moins cruciale en raison des bases aériennes dont le pays dispose au Qatar, en Grande Bretagne, ou à Diego Garcia dans l'océan indien.
Selon le général Deptula, " seule une super puissance a les moyens de mener à bien une telle opération, et il n'y en a qu'une".

Ces longues analyses peuvent cependant relever des grandes manœuvres entamées par les USA pour dissuader une intervention israélienne, en faisant notamment douter l'état hébreu de ses capacités militaires dans cette opération.

Israël n'a jamais, en effet, prétendu détruire le programme nucléaire iranien ou renverser le régime des mollahs, mais simplement retarder la marche iranienne vers le nucléaire.
De l'efficacité des frappes dépendront le retard que prendra le programme iranien, mais également l'étendue éventuelle des représailles iraniennes.

Et comme après chaque conflit, il faudra ensuite négocier la fin des hostilités.
Dans les conflits dans lesquels Israël a été impliqué, ces négociations se sont souvent tenues sous les auspices des Etats-Unis, qui mis au pied du mur, pourraient refuser cette fois ci ce rôle médiateur.

D'autres analyses estiment qu'une frappe israélienne pourrait, au contraire, durablement retarder l'Iran dans sa course au nucléaire; nous les publierons ultérieurement.

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Le journal video (en anglais)