"Maison de la discorde" : évacuation "brève et violente"
Les médias israéliens ont annoncé jeudi, en fin d’après-midi, que les activistes radicaux opposés à l’évacuation de la «maison de la discorde» ont été «surpris en plein jour par les forces de l’ordre» : le bâtiment a été vidé de ses occupants «en moins d’une heure», tandis que de violents affrontements se déroulaient tout autour.
Le responsable militaire de la région, Noam Tivon, a interdit l’accès de celle-ci à ceux qui n’y vivent pas, afin d’empêcher «l’arrivée de nouveaux manifestants qui pourraient élargir le cercle des désordres», alors que de nombreuses ambulances du Maguen David Adom sont arrivées sur place dès le début des violences.
La radio a annoncé qu’un policier a été «sérieusement atteint à l’œil» après qu’un activiste l’ait aspergé d’un produit qui pourrait être du vitriol, et au moins vingt contestataires ont été blessés, parmi lesquels une des dirigeantes des «Femmes en Vert» (mouvement d’extrême droite fondé en «réponse» au groupe d’extrême gauche des «Femmes en Noir»), qui a été transportée à l’hôpital.
Les services médicaux ont indiqué que deux hommes ont été transférés à Hadassah Ein-Kerem, dans un état «sérieux», l’un d’eux ayant eu la «mâchoire brisée au cours d'une bagarre avec des policiers».
Les premières images de l’évacuation, diffusées par la télévision israélienne, ont montré des membres de l’unité Yassam au moment où ils pénétraient dans la maison pour en déloger les occupants, tandis que des gardes-frontière, qui selon certains témoignages ont utilisé des gaz lacrymogènes, empêchaient des militants d’intervenir et les repoussaient loin du centre des opérations.
Le site Internet Ynet annonçait plus tard que «des incidents ont commencé à se produire un peu partout dans les Territoires, où des maisons palestiniennes ont été lapidées à Kalkylia, à Hébron et à Ramallah», et que les premières agressions ont eu lieu dans la région de Yitzhar, alors que "des sources palestiniennes ont informé les services de sécurité israéliens que des villageois ont été attaqués par des extrémistes juifs, lesquels ont également incendié des voitures et causé de lourds dégâts matériels".
Ynet a aussi relaté l’attaque, qui s’est déroulée à côté de l’ancienne «ferme» de l’activiste radical Noam Federman (construite illégalement et évacuée en pleine nuit par Tsahal, il y a plusieurs semaines, cette opération ayant d'ailleurs vivement été condamnée par les tribunaux israéliens) , de la seule famille palestinienne installée dans cette zone.
Un des membres de celle-ci, dont la propre fille a déjà été victime d’une agression à caractère xénophobe le mois dernier, a ensuite raconté à la presse israélienne que les extrémistes ont mis le feu à son champ, avant de détruire la clôture menant à sa demeure.
|